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Phryganes littorales : Astragalus tragacantha (Fabaceae), Plantago subulata (Plantaginaceae), Thymeleae tartonraira (Thymeleaceae)
Phryganes littorales : Astragalus
tragacantha (Fabaceae),
Plantago subulata
(Plantaginaceae), Thymeleae
tartonraira (Thymeleaceae) Les phryganes méditerranéennes correspondent aux formations
arbustives sclérophylles thermo-méditerranéennes basses (en coussinets)
présentes le long des côtes du bassin méditerranéen. En Provence, dans l'état
actuel des choses, il est important de noter deux faits "contradictoires"
(i) ces formations végétales sont remarquables et originales de part leur taux
d'endémisme et de rareté et, pourtant, (ii) leur habitat et les espèces
elles-mêmes sont soumis à des stress environnementaux importants (salinité et xéricité extrêmes, substrat essentiellement minéral,
quasi-absence de sol) et des perturbations anthropiques notoires du fait d'une surfréquentation (piétinement) et/ou d'une pollution des
eaux, sols et embruns. Objectif :
Quelle est l’influence des populations de goélands leucophées
sur les potentialités de germination des graines d’A. tragacantha ?
Année universitaire 2005-2006 Les systèmes insulaires étant
marqués par une plus grande sensibilité aux perturbations, l’archipel du Frioul
situé à proximité de la ville de Marseille constitue un site d’excellence pour
étudier les effets des perturbations sur ces espèces endémiques du bassin
méditerranéen. La proximité de l’agglomération Marseillaise en fait un
écosystème prédisposé aux perturbations d’origine anthropique directes ou indirectes :
piétinement, constructions, introduction d’espèces, présence de goélands leucophées. Il a été constaté une diminution significative
de la présence d’Astragalus tragacantha L
(Fabaceae) dans l’archipel du Frioul. De plus, aucune
plantule n’a jamais été observée. Cette espèce pérenne stress-tolérante se
rencontre sur des sols rocailleux calcaires squelettiques, avec un fort déficit
hydrique, et exposés aux vents marins chargés d’embruns pollués. Ses fleurs
hermaphrodites sont pollinisées par les Hyménoptères
et Lépidoptères. Dans ce contexte, une étude a été alors entreprise afin
d’acquérir à court et moyen terme des connaissances sur la structure
démographique de cette espèce. Il est ici question de vérifier si les fortes concentrations de colonies de goélands leucophées – associées à de fortes teneurs en composés azotés dans les sols - ne peuvent pas expliquer l’absence de juvéniles dans les populations naturelles. ![]() Le sol a été prélevé dans 3 stations
abritant des colonies de taille décroissante (station 1: colonie comptant le
plus grand effectif etc.) ce qui correspond à des degrés d’impact d’ordre
décroissant. Les fruits ont été récoltés au cours de l’été 2005 sur l’archipel
du Frioul. Ainsi, 30 graines par plante mère ont été mises à germer, dans les
serres expérimentales, dans les 3 types de sol disposés dans des bacs de 20*10
cm (200 cm2). Le nombre de graines ayant germé pour chaque plante mère a été
noté et la taille maximale a été mesurée sur 3 plantules de 10 plantes mères
par type de sol. Objectif : Effets du stress hydrique et des
embruns salés et pollués sur la germination et l’établissement d’Astragalus tragacantha et
Plantago subulata,
espèces rares des phryganes littorales. Année universitaire 2006-2007 La structure démographique des populations naturelles de ces deux espèces littorales, rares et protégées montre dans les Calanques un très faible pourcentage de juvéniles. Par ailleurs les individus adultes présentent un taux important et constant de nécrose des organes aériens. Ces constatations ont amené à formuler les hypothèses selon lesquelles le stress hydrique et/ ou les embruns salé et pollués pourraient être responsables de ce manque de régénération démographique et/ou de la nécrose des individus. Une expérience sous serre a donc été menée en automne-hiver 2006-2007 en soumettant des plantules à trois niveaux d’arrosage d’une part et à des embruns salés, salés et additionnés de tensioactif, d’hydrocarbures et d’un mélange des deux polluants précédents. ![]() Résultats : montrent un effet négatif important du stress hydrique sur tous les paramètres de croissance mesurés. La pulvérisation de sel ainsi que celle des polluants agit négativement sur les paramètres foliaires mais l’effet des polluants n’est pas toujours distinguable de celui du sel seul. Objectif : Effet croisé des interactions biotiques et de la salinité sur la performance de trois plantes littorales rares. Peut-il expliquer leur distribution restreinte ? Année universitaire 2008-2009 La
distribution d’Astragalus tragacantha, Plantago subulata et Thymeleae
tartonraira, en dehors de la zone halophile stricte en ceintures parallèles
au rivage, amène à formuler plusieurs questions : (1)
Ces espèces trouvent-elles leur optimum avec un certain degré
de salinité du milieu ? (2)
Ces espèces sont-elles contraintes du fait de la compétition
de plantes de garrigue, occupant des zones plus éloignées du rivage à
croître dans des milieux plus stressés ? (3)
Peut-on déceler une modification dans l’intensité ou le sens
de l’interaction entre espèces de garrigue et de phryganes lorsquele milieu de
culture est pulvérisé avec du sel ? Une
expérience sous serre évaluant l’effet de la présence et de la densité de Pistacia
lentiscus et Brachypodium retusum sur les trois espèces de phryganes
le long d’un gradient de salinité a été mise en place.
Résultats : L’analyse des
données aux deux premières dates de collecte montre que le sel n’a pas d’effet
sur les espèces hormis un effet négatif sur Pistacia. La croissance d’Astragalus
est réduite par la présence de voisins de garrigue, et de manière plus forte
que celle de Plantago. Thymeleae semble globalement être
facilitée par la présence de voisins. L’interaction statistique entre le sel et
la présence de voisin n’est pas significative ou marginalement en fonction des
paramètres mesurés. ![]() En
bordure du pot : Nécrose des individus de Pistacia résultant de la
pulvérisation d’embruns salés. Au centre ; individu d’Astragalus
tragacantha. Objectif : Effet compétiteur
de l’espèce envahissante Carpobrotus edulis sur deux espèces littorales rares le long d’un
gradient de salinité. ![]() Année universitaire 2008-2009 La littérature existante suggère que des milieux moins productifs ou plus stressés diminuent l’effet compétitif des plantes envahissantes sur les plantes natives. Néanmoins, cette hypothèse n’a pas été testée sur des espèces du littoral méditerranéen. Une expérience sous serre a été mise en place pour évaluer l’effet de la présence et de la densité de Carpobrotus edulis sur Astragalus tragacantha et Plantago subulata le long d’un gradient de salinité. ![]() Les premiers résultats montrent une
forte diminution de croissance des deux espèces de phryganes en présence de Carpobrotus mais l’apport de sel ne modifie pas
significativement l’amplitude de la compétition. |