Institut Méditerranéen d'Ecologie et de Paléoécologie
imep Département 2
Organisation et vulnérabilité des systèmes écologiques

 

Axe 4 : Changements d’usages, résilience et persistance des systèmes écologiques sensibles

 

Les changements d’usage sont une des deux composantes des changements globaux (Vitousek 1994). Dans le bassin méditerranéen, l’identification et la modélisation des conséquences de ces changements apparus depuis le début du 20e siècle revêtent une importance majeure en matière de conservation des agro-écosystèmes cultivés traditionnellement et de leur importante biodiversité (terres de parcours, systèmes de terrasses, paysages bocagers, matorral, mares temporaires, etc). Nos recherches s’orientent donc vers une meilleure appréhension des processus de résistance de ces écosystèmes face aux changements de pratiques (intensification, abandon) de leur persistance à long terme après changement des régimes de perturbations mais également de leur résilience au cours d’opérations de gestion conservatoire ou de restauration écologique. Au sein du département 2, ce type de recherches a pris deux orientations prinicpales, la première concerne les changements d’usages qui voient la disparition des cultures céréalières au profit de vignobles dans le territoire du Parc naturel régional du Luberon. La deuxième concerne la transformation des paysages méditerranéens de référence (garrigues, pinèdes) en lotissement dans les zones péri-urbaines (Marseille, Aix-en-provence).

 

Les agro-écosystèmes de cultures céréalières de Haute-Provence représentent des écosystèmes très anthropisés qui posent le problème du maintien de leur cortège d’espèces compagnes (messicoles) dans des environnements changeants tant au niveau des pratiques agricoles aux échelles de la parcelle que des changements des mosaïques parcellaires au niveau de la matrice paysagère. Une meilleure connaissance des traits d’histoires de vie de ces espèces apparaît donc comme primordiale pour expliquer le maintien de cette importance biodiversité. Après avoir discriminé les impacts des changements de pratiques parcellaires par rapport aux changements paysagers, nos expérimentations visent à mieux identifier les traits fonctionnels permettant d’expliquer la persistance de ces espèces. Nous recherchons notamment à hiérarchiser la part d’explication relative aux traits de persistance des espèces (viabilité des graines) par rapport à leurs traits de reproduction, de dispersion et d’installation dans de nouveaux environnements.

Les recherches sur les agrosystèmes intégreront nécessairement les investigations sur les relations entre les dynamiques urbaines et les patrons de biodiversité au niveau de l'ensemble des paysages ruraux du sud de la France.

Parallèlement, une attention particulière sera portée sur le fonctionnement écologique de ces paysages, en différenciant les indicateurs et en comparant plusieurs contextes socio-économiques, depuis le littoral jusqu'en moyenne montagne.

 

Les zones humides temporaires endoréiques sont les milieux aquatiques les plus typiques de la région méditerranéenne. Abondantes en Méditerranée méridionale  (Maroc) elles subissent des changements d’usages en fonction des conditions climatiques en passant du pastoralisme à l’agriculture. Ces perturbations génèrent des modifications sensibles sur la structure et le fonctionnement de ces écosystèmes.

Seront étudiés :

-                      Pour les plantes, le rôle des fluctuations de régimes hydriques sur la structuration des communautés, comment ces actions interfèrent  avec le cycle de vie des espèces sur le maintien des populations.

-           Pour les animaux, l’impact des perturbations sur la diversité spécifique de groupes cibles (Invertébrés) et sur la phénologie de reproduction de certaines espèces appartenant aux groupes cibles.