Thèmes
de recherche développés
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Au sein du département « Processus fonctionnels
et adaptatifs » de l’IMEP, l’équipe dans laquelle
j’ai été intégré en septembre 2000,
s’intéresse aux patrons fonctionnels qui déterminent,
en région méditerranéenne, la vitesse et le sens
des successions végétales. A cette fin, les modèles
d’étude portent tant sur les successions autogéniques
que sur les successions allogéniques régressives ou progressives.
L’étude du cycle de la matière organique à
l’échelle écosystémique (stockage, décomposition,
minéralisation) nous renseigne entre autres sur les conséquences
des imports ou des exports de matière organique sur la dynamique
successionnelle.
Au sein de l’équipe « écologie fonctionnelle
», mes compétences concernent plus particulièrement
l’estimation des biomasses végétales en tant que compartiment
de stockage des principaux bioéléments, et les stratégies
d’allocation de la biomasse à l’échelle de l’individu
(organes pérennes et non pérennes) et de l’écosystème
(différences entre groupes fonctionnels) en fonctions des contraintes
environnementales.
L’organisation
spatiale des individus et des communautés ainsi que les relations
biotiques et abiotiques qu’entretiennent les différents compartiments
de l’écosystème placent l’étude des flux
de matière et d’énergie et leurs modalités
de stockage au cœur des problématiques soulevées par
l’écologie fonctionnelle. Dans le cadre de l’étude
du fonctionnement des écosystèmes, la caractérisation
des compartiments de stockage de la matière et des flux de nutriments,
implique une formalisation précise de la géométrie
de la biomasse et donc du biovolume. Dans cette optique, mes travaux en
cours portent notamment sur le développement d ‘un modèle
unifié d’estimation du biovolume des arbres par la modélisation
architecturale tridimensionnelle.
Dans le cas des successions autogéniques, mes
travaux ont pour objet d’étude les différents stades
de la série du chêne vert, avec un effort particulier sur
la garrigue calcaire et le rôle des espèces dominantes dans
la dynamique de la végétation.
Dans le cas des successions allogéniques, mon approche s’articule
autours de deux scénarii : l’un concernant un apport de matière
organique exogène (compost) dans une garrigue oligotrophe (rive
nord de la méditerranée, Provence calcaire), l’autre
concernant des exports de matière organique dans un milieu soumis
à une action anthropique intense (coupe de bois de feu, surpâturage)
conduisant à un phénomène de steppisation (rive sud
de la méditerranée, Haut Atlas marocain).
Les principaux résultats obtenus révèlent que l’amélioration
des potentialités nutritives du sol suite à l’apport
de matière organique permet au brachypode (Brachypodium retusum),
herbacée ayant une stratégie compétitive, d’obtenir
un développement supérieur aux autres espèces qui
ont une stratégie de résistance au stress en milieu pauvre.
Cette augmentation de biomasse s’accompagne également d’une
hausse de la teneur en macro nutriments du brachypode.
Le chêne kermès (Quercus coccifera) réagit
différemment à l’apport de matière organique
: lorsque la disponibilité en éléments nutritifs
augmente, on observe une augmentation de la proportion de la biomasse
foliaire, compartiment pérenne, augmentant ainsi le turnover des
éléments dans les cycles biogéochimiques. 
La dominance du brachypode sur les autres espèces de la garrigue
s’explique par un potentiel de croissance maximale supérieur,
lui conférant un avantage en milieu riche alors que le chêne
kermès moins sensible à la pauvreté du milieu est
plus compétitif en milieu oligotrophe.
L’apport de matière organique entraîne donc une augmentation
du recouvrement global et plus particulièrement du brachypode et
du chêne kermès, participant ainsi à la « fermeture
» du couvert végétal (pris dans le sens d’une
obstruction physique à l’installation d’autres espèces),
pouvant entraîner une réduction des espèces minoritaires.
En outre, ces espèces peuvent conduire à un blocage de la
dynamique de la végétation sur plusieurs décennies.
On peut donc s’interroger sur les conséquences d’une
colonisation accrue du couple brachypode / chêne kermès sur
le ralentissement de la succession végétale par un blocage
à ce stade intermédiaire.
Sur
la rive sud de la méditerranée, les exports de matière
organique affectent le fonctionnement des écosystèmes au
point de menacer leur pérennité. Les steppes et pré-steppes
correspondent à une importante variété de paysages,
de végétation et de potentialités agro-sylvo-pastorales
(e.g. steppes graminéennes à Alfa, steppes arbrissellées
ou chaméphytiques à Armoise, steppes d’altitude à
xérophytes épineuses en coussinet, forêts pré-steppiques
à Genévrier thurifère, à Arganier). Dans ces
milieux, les discontinuités de la couverture végétale
se manifestent par l’individualisation de conditions micro-édapho-climatiques
dont l’incidence sur le fonctionnement et la biodiversité
à l’échelle écosystémique est déterminante.
Ces communautés structurées autour d’un faible nombre
d’individus, sont ainsi particulièrement sensibles au rôle
de l’Homme et des ses activités, actuelles et passées.
Ce dernier constitue, notamment en région méditerranéenne,
un facteur essentiel, déterminant dans une large mesure, la direction
prise par la succession végétale, soulevant ainsi des questions
relatives à la dynamique de ces écosystèmes. Nos
travaux sur les forêts pré-steppiques du Haut Atlas ont en
outre révélé l’importance des xérophytes
en coussinet dans les processus de régénération des
taxons forestiers ainsi que leur rôle de protection à l’égard
des plantules (plantes « nurses »). Il ressort que ces chaméphytes
peuvent dans une certaine mesure, assurer la régénération
des peuplements forestiers, rôle normalement dévolu au couvert
des arbres, aujourd’hui bien altéré. A ce titre, elles
doivent être considérées comme un acteur fondamental
du maintien des capacités nutritionnelles et reproductrices des
ces écosystèmes. Bien que la productivité de ces
écosystèmes soit faible, elle excède cependant les
prélèvements par les populations villageoises. Cependant,
les modes de gestion étatiques ou communautaires de ces espaces
sont inadaptés et ne permettent pas d’endiguer l’érosion
des sols et du couvert végétal. La disparition progressive
de ces formations pré-steppiques s’inscrit dans une dynamique
régressive générale de la capacité de stockage
du carbone des écosystèmes méditerranéens
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