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Institut Méditerranéen d'Ecologie et de Paléoécologie |
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DÉPARTEMENT 3 : Processus
fonCtionnels et adaptatifs


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L |
es écosystèmes méditerranéens continentaux sont
soumis à des contraintes climatiques particulières (sécheresse estivale) et
sont caractérisés par la présence de sols souvent pauvres en matière organique
et en éléments minéraux. Ces conditions déterminent l’installation d’une
végétation souvent sclérophylle, hétérogène et productrice de métabolites
secondaires (Gershenzon 1984, Chaves et Escudero 1999). Ces écosystèmes sont
par ailleurs soumis à une pression anthropique ancienne, qui a profondément
modifié leur dynamique (Barbero et al.
1990). Ces caractéristiques justifient notre investissement depuis plusieurs
années dans l’étude des processus fonctionnels qui déterminent la dynamique
successionnelle de ces écosystèmes
méditerranéens (Ballini 1993 ; Robles 1998 ; Robles et al. 1999 ; Montès et
al. 2000, 2002). De plus, les propriétés spécifiques de tels écosystèmes
sont à l’origine de certaines activités microbiennes particulières (Criquet et al., 1999, Farnet et al., 2000). Ces activités impliquées dans le fonctionnement de
ces écosystèmes peuvent également jouer un rôle dans leurs capacités de
résilience lorsqu’ils sont soumis à des perturbations de différentes natures.
Nous nous proposons de continuer cette étude en élargissant nos investigations
afin de répondre aux questions suivantes :
- Comment les relations interspécifiques
structurent les communautés végétales méditerranéennes et contrôlent la
dynamique de la végétation ?
- Dans ces écosystèmes méditerranéens, par quels
moyens et dans quelle mesure les espèces dominantes modifient-elles les
conditions stationnelles permettant l’installation d’autres espèces ?
- Quelle est l’action différentielle des
conditions du milieu sur les capacités d’interférence des espèces
dominantes selon leur groupe fonctionnel ? Comment cette action
modifie-t-elle les processus de recyclage de la matière ?
- Dans quelle mesure les modifications des cycles
biogéochimiques par des perturbations anthropiques ou naturelles affectent les
capacités de résilience des écosystèmes méditerranéens ? Quelles sont les
incidences de ces perturbations sur la biodiversité ? La diversité d’un
milieu peut-elle influencer l’impact d’une perturbation ? Comment les
mécanismes fonctionnels d’un écosystème donné répondent-ils à la présence de
certains composés xénobiotiques ?
Par ailleurs, le fonctionnement
même des écosystèmes fait largement appel à la communication chimique. Nous
nous proposons d’élargir nos études antérieures en contribuant à répondre à la
question suivante:
- Comment les insectes interviennent dans le
fonctionnement des écosystèmes, notamment au travers de la pollinisation, du
mutualisme plante-insecte et du parasitisme ? Ces études impliquent
l’analyse des composés chimiques émis-reçus dans le cadre des interactions
plante-insecte ou insecte-insecte et des interactions avec les parasites, par
différentes techniques (comportementales, biochimiques, génétiques,
chromatographiques, électroantennographiques...). Nous nous intéresserons aux
insectes en tant que bio-indicateurs de la qualité des sols.
Nous aborderons ces problématiques par l’étude des
thèmes suivants :
L’originalité
du fonctionnement des cycles biogéochimiques en région méditerranéenne repose
en particulier sur le caractère sclérophylle et sempervirent de nombreuses
espèces, ayant pour conséquence un ralentissement du turn-over de la matière
organique (Aerts, 1995). L'étude de l'intensité et du sens des flux de
nutriments au sein de la plante, mais également entre le compartiment épigé et
hypogé de l'écosystème sera abordée à travers la quantification des principaux
cycles biogéochimiques.
Cette
approche fonctionnelle et dynamique de l’écosystème suppose donc la prise en
compte des caractéristiques structurales des peuplements. L’architecture
forestière peut en effet être décrite comme la distribution spatiale des biomasses
(Zenner et Hibbs, 2000) ce qui implique la connaissance de l’organisation
tridimensionnelle des espèces (Crow et al., 1994)
Dans un
milieu qui tend depuis plusieurs années vers une recolonisation d’espaces
dévégétalisés, les données de biomasse, couplés à un modèle architectural
permettront de déterminer les potentialités de stockage en éléments minéraux
(minéralomasse) des communautés végétales des différents stades de la
succession
L’analyse des teneurs en carbone organique du sol,
de la litière et de la végétation, permettra, en outre, d'évaluer le stock
carboné aérien et souterrain, données qui mobilisent actuellement une partie de
la communauté scientifique dans l'optique d'une évaluation des changements
globaux.
Pour chaque stade de la succession végétale, et
pour les principales espèces structurant l'écosystème cette action portera sur
les compartiments suivants :
Ø
les
différents organes épigés de l’espèce
Ø
les
pluviolessivats
Ø
la
litière et le sol
L'étude
des flux de nutriments dans l'écosystème pourra intégrer des paramètres
physiologiques, tels que l’activité photosynthétique, pour évaluer l’efficacité
des cycles biogéochimiques comme moyen d’adaptation aux variations des
conditions environnementales.
D’autre
part, l’influence des facteurs environnementaux sur les processus fonctionnels
sera analysée en étudiant les variations des activités microbiennes en fonction
de paramètres biotiques et abiotiques.
En premier lieu, nous nous proposons d’élargir
notre cadre d’étude à différentes litières méditerranéennes comme la litière de
chêne liège (Quercus suber L.) ou la
litière de pin d’Alep afin d’estimer l’importance des facteurs édaphiques sur
les activités enzymatiques -aussi bien bactériennes que fongiques- impliquées
dans les cycles biogéochimiques.
Parallèlement à cette étude in situ, la mise en place en laboratoire de microcosmes permettra
une analyse en système contrôlé. Effectivement, nos précédents travaux ont mis
en évidence l’importance de certains facteurs abiotiques tels que le stress hydrique
sur les mécanismes impliqués dans la biodégradation des litières (Criquet et
al ., 2000, 2002). Ces résultats seront donc
complétés de manière plus précise en établissant des bilans en carbone, azote
et phosphore sous l’influence d’un type de paramètre. Les expérimentations in vitro en microcosmes nous permettront
également de mieux comprendre le rôle de la diversité des microarthropodes du
sol dans les processus de décomposition de la matière organique en milieu
méditerranéen. Des élevages d’espèces locales de collemboles seront mis en
place. Ces modèles seront ensuite validés par les études de terrain réalisées
depuis de nombreuses années en forêts méditerranéennes.
Les espèces végétales méditerranéennes sont riches
en métabolites secondaires dont le stress climatique caractéristique de la
région méditerranéenne favorise la production. L’étude de ces métabolites
secondaires se justifie en raison de leur rôle dans les réactions de défense de
la plante à divers stress et, à l’échelle écosystémique, par leur implication
dans les processus d’interférence. A la suite des études concernant la
variabilité spatio-temporelle des ces métabolites, nos recherches s’orientent
sur la caractérisation précise des facteurs biotiques et abiotiques
susceptibles d’influencer le contenu et l’émission de métabolites secondaires.
Dans le cadre de l’étude de l’influence des
facteurs biotiques et abiotiques sur la production de métabolites secondaires,
nous avons choisi d’étudier les composés
organiques volatils émis et contenus dans des espèces arbustives. Les espèces
choisies sont représentatives des trois groupes fonctionnels décrits dans la
littérature sur la base de leur capacité de stockage et/ou d’émission.
Les facteurs que nous nous proposons de prendre en
compte sont :
-
la
compétition, un des phénomènes majeurs agissant sur le comportement
écophysiologique des végétaux et pourtant très rarement étudiée,
-
le
facteur hydrique, principal facteur limitant en région méditerranéenne,
-
la
teneur en nutriments du sol qui peut être très contrastée dans les écosystèmes
méditerranéens.
Cette démarche sera, dans un premier temps,
réalisée en conditions contrôlées afin d'évaluer l'influence conjointe et
isolée de ces trois paramètres. Par la suite, des mesures in situ permettront d'évaluer le poids de ces facteurs par rapport
aux autres variables mésologiques. L'étude en milieu naturel de la présence de
nappes de COV permettra d'évaluer la zone d'influence d'une espèce sur une
autre, ce qui peut se traduire en termes de processus allélopathiques.
Les mécanismes allélopathiques
influencent les processus fonctionnels et agissent également sur la
biodiversité végétale. Peu d’études ont été réalisées sur les groupements
méditerranéens or nous avons pu mettre en évidence, dans le cas des cistaies,
le rôle des mécanismes allélopathiques sur la structure des communautés et la
dynamique de la végétation par autorégulation (Robles et al.,
1999). Nous nous proposons maintenant d’étudier ces processus dans le cas d’un
modèle végétal arboré pionnier. Nous avons choisi le pin d'Alep, en raison de
son expansion en région méditerranéenne et de sa richesse en métabolites
secondaires. L'installation du pin d'Alep dans un écosystème peut donc être à
l’origine de phénomènes allélopathiques pouvant modifier la biodiversité et la
dynamique des écosystèmes.
L’objectif
est d'évaluer les potentialités allélopathiques du pin d'Alep, d'identifier les
espèces végétales sensibles aux allélochimiques. Les métabolites secondaires
seront isolés et identifiés dans divers organes du végétal. Leur mode prépondérant de transfert sera
recherché. Des bioessais seront réalisés in vitro et in situ. L’objectif est
d'apprécier la perte de biodiversité liée à l'expansion du pin d'Alep et ses
conséquences en termes de dynamique.
L’impact de ces métabolites
secondaires sur les activités microbiennes dans différents écosystèmes
méditerranéens sera également évalué en terme d’inductions enzymatiques.
Effectivement, des essais préliminaires ont montré que certains métabolites
secondaires comme les terpènes semblent induire les activités phénoloxydasiques
fongiques. Les phénoloxydases sont impliquées dans les processus de dégradation
de la lignine et la stimulation de leur activité par ces composés d’origine
végétale est un processus important à analyser afin de mieux appréhender les relations
fonctionnelles entre les différents niveaux d’un écosystème (Tagger et al., 1998, Farnet et al., 1999).
Les écosystèmes méditerranéens sont fréquemment
soumis à des perturbations d’origine naturelle et anthropique. L’intensité et
la fréquence de ces perturbations, telles que les aléas climatiques, les
incendies et l’utilisation du milieu peuvent avoir des effets plus ou moins
durables sur le fonctionnement des écosystèmes (Gauquelin et al.,
1999). Notre approche consiste à étudier à la fois les conséquences de ces
perturbations sur les écosystèmes (Korboulewsky et al, 2002a et b) ainsi que
l’impact des mesures de restauration sur leur
résilience. L’une de ces mesures consiste en
l’apport de compost organique telle
qu’elle a été proposée récemment dans plusieurs pays européens dans un objectif
de développement durable. Les effets de l’apport du compost organique seront
évalués par comparaison des résultats entre écosystèmes amendés et écosystèmes
dégradés utilisés comme témoins. . Un secteur sécurisé du plateau de l’Arbois a
été choisi comme site expérimental à grande échelle
Dans les différents compartiments de
l’écosystème (végétal, sol, litière) et leurs interfaces, nous proposons
d’étudier l’effet des perturbations et des mesures de restauration (amendement)
sur :
Ø
Les réponses écophysiologiques des espèces végétales (phénologie,
croissance, stratégie nutritionnelle, photosynthèse, production de métabolites
secondaires)
Ø
Les potentialités allélopathiques des espèces végétales dominantes
Ø
Les
cycles biogéochimiques et les flux de matière organique
Ø
Les relations interspécifiques et la biodiversité
Ø
Les risques environnementaux (toxicité des métaux lourds)
De plus, des études en microcosmes nous permettront de
mieux comprendre, par exemple, l’effet de l’apport de composts ou de différents
types de boues (physico-chimiques chaulées, biologiques, compostées) sur les
activités biologiques de la litière, sur
l’entomo-faune et sur la biodiversité (Albiach et al., 2000). Il s’agira d’identifier des bioindicateurs, tels que
des microorganismes, des microarthropodes
ou des insectes, puis de les valider en mettant au point des tests rapides
de contrôle de l’impact des perturbations sur l’écosystème. .
Dans le cadre de la biodégradation de
xénobiotiques par des microorganismes, nous nous attacherons à déterminer dans
quelles limites les activités microbiennes d’un écosystème sont capables de
transformer des composés xénobiotiques perturbant son fonctionnement (Farnet et al., 2002). Nous nous intéresserons
plus particulièrement à la biotransformation de pesticides organochlorés par
des phénoloxydases fongiques.
Nos
modèles sont (ou seront) des insectes pollinisateurs (abeilles, cétoines) ou
des insectes intervenant dans d’autres types de relations mutualistes avec des
végétaux ou présentant un caractère invasif (fourmis, termites) ou parasitaire
tel le varroa de l’abeille..
L’impact des métabolites secondaires sur les
activités pollinisatrices des insectes sera étudié par la recherche des
substances végétales attractives. Le modèle étudié sera le « couple »
ciste / cétoine. Les substances
volatiles émises seront piégées et analysées. Les tests biologiques seront des
tests comportementaux et électrophysiologiques.
Nous poursuivrons l’analyse (collaboration avec le
CEFE) du mutualisme entre la plante légumineuse Leonardoxa africana et la fourmi Petalomyrmex phylax. Nous analysons, en particulier, l’évolution
des profils cuticulaires en fonction du site géographique et en fonction de la
structure sociale (polygynes- monogynes). Par ailleurs, nous recherchons, par
l’analyse de la signature chimique, les limites des colonies de Cataulacus
mckeyi (qui entrent en compétition avec Petalomyrmex pour l’occupation du végétal) selon leur mode de vie polydomique ou
monodomique.
La structure des populations d’une autre espèce de
fourmi du sud de la France, occupant les versants nord et humides, sera
étudiée. Ces colonies sont susceptibles de fusionner en laboratoire (Provost et al. ,1991), bien que monogynes.
Elles seraient selon certains auteurs (Foitzik et Heinze,1998)
susceptibles d’adopter des reines étrangères. Ces fusions existent-elles dans
la nature ? - sont-elles favorisées ou non selon les contraintes
écologiques ? Ces questions seront examinées par les outils de la biologie
moléculaire.
La présence de l’acarien parasite Varroa destructor dans les colonies de
l’abeille européenne constitue un fléau non seulement pour l’apiculture mais
aussi pour la sauvegarde de la conservation des espèces et de la biodiversité,
l’abeille assurant un rôle clé dans la pollinisation de nombreuses espèces.
Devant les phénomènes de résistance développés par l’acarien contre les
acaricides de synthèse, devant le risque de retrouver ces derniers dans les
produits de la ruche, il est urgent de développer une lutte alternative. Dans
ce but, nous voulons mieux caractériser les molécules impliquées dans la
détection de la cellule infestée et dans les comportements de nettoyage et
d’épouillage (Martin et al.
2001 ; Martin et al. 2002). Nous
déterminerons également les facteurs physiologiques et pharmacologiques qui
peuvent réguler cette perception et ces comportements.
1)
Introduction
La thématique
considérée est partie intégrante de l’étude des processus fonctionnels et
adaptatifs et prend en compte en particulier la génétique fonctionnelle et la
biologie de la reproduction en tant que facteurs de l’adaptation, ainsi que la
caractérisation de la diversité génétique et la fréquence de l’hybridité liées
à des environnements différents. Elle est donc tout à fait complémentaire à
l’approche écologie fonctionnelle développée et parallèle par d’autres membres
du département 3.
Toutes les études
envisagées sont basées sur le recours au marquage moléculaire dont les moyens
ont été récemment réunis au sein d’un service commun de l’IMEP.
Les espèces
modèles, très essentiellement ligneuses et méditerranéennes, sont principalement
choisies parmi celles déjà appréhendées par les membres de l’équipe chargés de
la thématique à l’occasion du précédent plan quadriennal (1998-2002) dans le
cadre de l’axe III correspondant (Biodiversité Génétique et Evolution des
Ligneux).
2)
Etudes envisagées
a)
Concernant la
caractérisation de la diversité génétique et la fréquence de l’hybridité liées
à des environnement différents.
a.1. Chez le pin noir
Vu la rareté et le
diminution de pin de Salzmann en
France, et l’importance de maintenir la biodiversité dans les habitats naturels
il est indispensable et urgent de mener une recherche pour mieux connaître le
degré de la variabilité génétique dans les populations naturelles. Nos travaux
sur les analyses terpéniques foliaires du pin noir nous ont montré une séparation
entre les pins noirs d’Autriche, Corse et Cévennes/Pyrénées (Rafii et al., 1998,2001). Les recherches plus
détaillées qui ont été effectuées dans les Cévennes et Languedoc Roussillon font apparaître d’une part ; un mélange de ces trois
sous espèces et d’autre part, certaines populations de pin de Salzmann pure. Nos analyses moléculaires microsatellites.
ADNcp (transmission paternelle) sur quelques individus provenant de Malbosc (P.
Salzmann) et de Bavella en Corse (P.
Laricio) confirment la séparation de ces deux sous
espèces. Cependant il est nécessaire et important de voir et examiner la
structure génétique de ces 3 ssp. pin nigra, pin laricio et pin Salzmann. Un grand nombre d’analyses moléculaires pour
chaque sous espèce est souhaitable.
a.2. Dans le groupe « chêne vert ».
Pour une meilleure compréhension du
flux génétique chez les espèces présentes en France (Quercus ilex, Q. rotundifolia) et en Californie (Q. agrifolia, Q. parvula, Q. wirlizenii),
qui correspondent à des habitats remarquablement différents,,
nous développerons les microsatellites génomiques et les analyses
chloroplastiques chez ces trois espèces
(mise au point méthodologique en cours).
b)
Concernant la
biologie de la reproduction
Etant donné que chez le frêne à fleurs
(Fraxinus ornus), espèce
androdioïque, le maintien d’hermaphrodites fonctionnels et parfois autofertiles
a été interprété comme un gage de fondation et d’extension des populations
(Dommée et al., 1999), il est fondamental de
pouvoir identifier précocement le sexe, mâle ou hermaphrodite, de descendants
de croisements expérimentaux réalisés entre différentes populations provençales
(la floraison de cet arbre n’intervenant qu’après plusieurs années). Un
marquage moléculaire précoce du sexe sera donc recherché car il représente un
préalable indispensable à toute étude génétique liée à la valeur adaptative du
sexe. A cette fin, l’application, de la Random Amplified Polymorphism DNA
(RAPD) sur des sous-populations adultes respectivement hermaphrodites et mâles
est envisagée. D’éventuelles zones codantes seront bien sûr recherchées.
Ayant récemment démontré les
nombreuses possibilités de production de gamètes non réduits chez le rosier (El
Mokadem et al., 2001 ; El
Mokadem et al., 2002 ; Crespel et al., 2002), y compris par des espèces
tétraploïdes (L. Crespel et S. Gudin, article soumis en avril 2002 à
Euphytica), et étant donné la valeur adaptative souvent attribuée à ce type de
gamètes (Crespel et al., 2002), des
croisements interspécifiques pouvant aboutir à l’obtention de descendants à
hauts niveaux de ploïdie (6x, 8x) sont envisagés. Les espèces hexa et
octoploïdes de rosiers sauvages sont en
effet présentes dans des régions «extrêmes », situées autour du cercle
polaire (Gudin, 2000). Ainsi, les descendants hautement polyploïdes résultant
des croisements ci avant cités pourront être testés pour leur valeur adaptative
dans divers environnements. Ceci sera rendu possible grâce aux relations
étroites qu’ont établi certains membres
de l’équipe avec divers obtenteurs rosiéristes ainsi que divers laboratoires
étrangers (notamment en Suède) spécialistes de la biologie du rosier et
plusieurs roseraies. En outre, les modalités de production de gamètes mâles et
femelles 2n = 4x seront recherchées, grâce à des études cytologiques, comme
elles l’ont été dans le cas de la production de gamètes 2n = 2x (El Mokadem et al., 2002).
c)
Concernant la
génétique fonctionnelle
Chez le frêne à fleurs, si le marquage
moléculaire du sexe est possible (voir plus haut), l’étude du déterminisme
génétique de l’androdioecie sera réalisée, suite à la réalisation de différents
croisements entre arbres mâles et hermaphrodites et l’analyse par Amplified
Fragment Length Polymorphism (AFLP) des descendants.
Chez le rosier, le port de la plante
varie remarquablement selon les espèces. Ces différents ports correspondent à
des adaptations au milieu et résultent de développements architecturaux
déterminés en particulier par des comportements bourgeonnaires (liés à
l’expression de la dominance apicale) et floraux (des espèces sont remontantes,
d’autres pas) variés. Suite à l’étude de la régulation de la dormance des
bourgeons le long de la tige de rosier (Le Bris et al., 1998 et 1999), des gènes orthologues de gènes de régulation
du cycle cellulaire, intervenant dans des évènements morphogènes tel que le
débourrement bourgeonnaire, sont en cours d’isolement. L’analyse fonctionnelle
de ces gènes et l’étude de leur expression (RT-PCR, hybridation in situ) dans différents organes et dans
des conditions physiologiques déterminées est envisagée.
L’obione (Halimione portulacoides), chénopodiacée halophyte communément
broutée en hiver (ou elle représente alors le seul « fourrage vert »
disponible) en parcours par les troupeaux en zone littorale, notamment
méditerranéenne, est présente sur des zones caractérisées par des salinités
remarquablement différentes. Cette plante, à l’occasion d’une recherche de
domestication liée à sa valeur fourragère, représente donc un bon modèle
d’étude de l’adaptation aux milieux salés. Il est ainsi envisagé d’étudier par
marquage moléculaire (AFLP) le polymorphisme génétique caractérisant des
populations se développant dans des zones de salinité variant du simple au
triple, éloignées ou proches géographiquement, afin de vérifier si le paramètre
concerné (salinité du sol) agit comme un facteur de sélection. Si tel était le
cas, une étude fonctionnelle des gènes présents en milieux plus ou moins salés
pourrait être réalisée.
Développement d’outils
méthodologiques
-
L'estimation de la biomasse végétale
dans le cadre d'une approche fonctionnelle nécessite le développement d'outils
méthodologiques permettant d'obtenir des données précises sur les différents
compartiments de la plante. Dans cette optique, nous avons développé des
méthodes non destructives d’estimation de la biomasse épigée (Montès et
Korboulewsky, 2002 ; Montès et al., 2002) et
nous travaillons actuellement sur l’élaboration d’outils méthodologiques basés
sur la construction de modèles architecturaux (Montès et al., 2000). Ce travail repose sur un échantillonnage
photographique des arbres et un traitement numérique des images. Cette méthode
devrait fournir non seulement une estimation précise de la biomasse mais
offrira également la possibilité de déterminer la productivité présente et future
des individus permettant de développer des modèles prédictifs.
- l’évaluation de la biodiversité constitue quant à elle, une approche
méthodologique essentielle afin d’estimer l’évolution d’un écosystème subissant
ou pas des perturbations. Ainsi nous procédons actuellement à la mise au point
de méthode d’extraction d’ADN à partir de litière ainsi qu’à l’élaboration de
profils DGGE (Electrophorèse sur Gradient de Gel Dénaturant) indicatifs de la
biodiversité bactérienne d’un échantillon donné. Ce type d’outil permettra donc
une appréciation rapide de la modification de l’équilibre d’un écosystème et
apportera des réponses précises lors de suivis écologiques sur de plus longues
périodes.
-
la mesure de l’activité biologique de
la litière par la consommation d’oxygène sera mise au point avec le système
Oxitop (WTW).
Programmes
-
Zone atelier : Arrière-pays méditerranéen : « Effet
allélopatique du pin d’alep : conséquence sur la biodiversité »
-
Ministère de l’Agriculture / CEREN / GIS incendie : « Emission de COV
au sein des formations arbustives méditerranéennes et relation avec les
potentialités d’inflammation »
-
ADEME / Région PACA / Conseil Général de Bouches du Rhône
/ : « valorisation d’un compost de boue urbaine en
garrigue ».
-
PNETOX 2 – Ministère de l’environnement
(2002-2004) : Impact des inocula bactériens (Azospirillum naturels et génétiquement modifiés) stimulateurs des
cultures sur le fonctionnement biologique du sol
-
Projet SéMAT, Réseau de recherche et d'innovation technologique-Eau et technologies
de l'environnement RITEAU-- (2002-2005) - Mécanismes d’épuration d’un effluent
industriel par des macrophytes en milieu méditerranéen.
- ECOGEN- FP5-LIFE
Communauté européenne (2002-2005): Soil ecological and economic evaluation of
genetically modified crops
-
ADEME (2002-2003) : Impact de l’épandage de boues de station d’épuration
sur la qualité d’un sol en milieu
sylvo-pastoral/ utilisation
des microorganismes comme
bio-indicateurs
-
Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse (2002-2005) : Impact de l’épandage des
boues de station d’épuration sur les microorganismes d’un sol sur pare-feu
forestier
Programmes ou réseaux qui sont
actuellement en cours de montage :
- Ministère de la Recherche /
INRA / ORE Incendies : « Impact à long terme des feux de forêts sur
les sols et la biodiversité.
- European
integrated project: Land degradation in
the Mediterranean : assessment, development and
risk assessment of mitigation strategies
- European integrated project : Biogeographical variability of GMO impact
in Europe (BioVar)
- European
network of excellence: Consequences of
waste management on soil sustainable functionning and water quality
- European
network of excellence : Ecological impact of innovation in plant
production
- European network of excellence : Pollutant Transfer in Terrestrial
Ecosystems: Human Health and Environmental Risk Assessment
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