Ecologie et biogéographie insulaires
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- Ecologie et biogéographie insulaires Les systèmes insulaires apparaissent classiquement comme des laboratoires naturels d’évolution au sein desquels les patrons et les processus écosystémiques, généralement simplifiés dans ces communautés spatialement réduites, peuvent être abordés de manière optimale. Les diverses études concernant les peuplements insulaires, puis ultérieurement les conditions de maintien de la biodiversité en habitats fragmentés, ont trouvé leur cadre conceptuel et méthodologique dans la théorie de l'équilibre dynamique développée par MacArthur & Wilson. Cette théorie abordait plus particulièrement les relations superficie-richesse spécifique et la dualité entre les taux d'immigration qui contrebalancent les processus d'extinction des espèces dans le cadre de la colonisation de nouveaux habitats. Même si cette théorie s’avère aujourd’hui dépassée car elle ne prend pas en compte l’hétérogénéité des paysages, donc la diversité des types d’îles, elle continue d’être la base conceptuelle de multiples orientations de recherches notamment en biologie de la conservation.
Les phénomènes de disséminations et de migrations à distance, de turnovers d’espèces, de saturations ou d’extension des niches, et la dynamique des populations en relation avec le " syndrome d’insularité " ont donné lieu à de multiples travaux, mais les peuplements des îles de Méditerranée, particulièrement la composante végétale, s’avèrent encore peu étudiés suivant les méthodes de la biogéographie insulaire, enrichie des apports plus récents de l’écologie du paysage.
Les systèmes insulaires sont donc des systèmes de choix pour étudier les patrons écologiques en raison de la simplification des communautés et des intéractions biotiques, notamment sur les îles de faible superficie. Mais ces systèmes s'avèrent très fragiles et sensibles vis à vis des multiples perturbations ce qui conduit souvent à des déséquilibres spectaculaires et des phénomènes invasifs de premier ordre. La situation d'insularité accroît la fragilité de ces milieux dont les capacités intrinsèques de restauration sont limitées en grande partie par la faible richesse et la spécificité des peuplements, la rareté des espèces redondantes et par des modalités plus réduites de dispersion des taxons. Or, les ensembles isolés, lieux privilégiés de spéciation abritent fréquemment des taxons endémiques ou nettement différenciés d'un point de vue génétique et phénétique.
Dans ce contexte, le littoral provençal présente un grand nombre d'îles et îlots de superficie et de niveaux de perturbations variables. Alors que certaines îles protégées bénéficient d'un état de conservation satisfaisant (archipel des îles d'Hyères) mais où la dynamique naturelle engendre la disparition ou la régression des végétaux héliophiles, d'autres (notamment les îles de Marseille : archipels de Riou et du Frioul) s’avèrent fortement perturbés sous l'effet combiné de l’accroissement des zoopopulations liées à l’homme (goéland leucophée, lapin, rat), de l’extension d'espèces végétales allochtones et rudérales, et de l’impact direct de l’homme.
Après avoir examiné en détail la structuration de la diversité végétale et de la malacofaune sur les îles de Marseille, les objectifs à développer consistent :
(i) à examiner plus finement les turn-overs des végétaux sur une maille d’échantillonnage fixe, mais sur des îles et îlots de superficie variable ;
(ii) à étudier la structuration des populations de goélands entre les îles et le continent (modèle source-puits) ;
(iii) à examiner sur le plan morphologique et/ou génétique les différences éventuelles entre les populations insulaires de certaines espèces végétales clés pouvant expliquer les potentialités invasives plus importantes de certaines xénophytes (modèle Carpobrotus) ou des phénomènes plus ou moins cryptés de spéciation.