En termes d'acquisition des données, l'équipe a
continué d'explorer le passé des écosystèmes selon trois échelles
temporelles :
1/ Celle du long terme (pour nous quelques centaines
de milliers d'années) qui vise à explorer les dynamiques écologiques des grands
cycles climatiques glaciaire-interglaciaire en situations non perturbées par
l'homme ;
2/ Celle du moyen terme qui constitue la période
tardi- et postglaciaire (les 13 derniers millénaires), clef de la mise en place
de nos actuels écosystèmes et de leur fond de biodiversité ;
3/ Enfin le court terme, des périodes à partir
desquelles l'homme a constitué l'élément perturbateur majeur des systèmes
écologiques.
L'acquisition des données s'est voulue
interdisciplinaire, en croisant les champs d'expertises paléoécologiques. Mais
l'objectif ultime de notre démarche est évidemment d'intégrer ces données dans
des modèles (conceptuels et mathématiques) expliquant les dynamiques et la
biodiversité actuelles et entendant contribuer à la construction de scénarios
réalistes susceptibles d'éclairer les gestionnaires de l'environnement.
Dans cette perspective il est nécessaire d'une
part d'interagir avec l'approche "actualiste" de l'IMEP ou de
partenaires extérieurs pour développer les calibrations permettant
d'interpréter les signaux du passé et d'autre part de pratiquer une
transdisciplinarité avec les autres communautés (SDU, SDV) concernées par les
déterminismes climatiques et anthropiques des changements globaux ainsi que par
leurs conséquences sur la biodiversité.
Dans le domaine de la transdisciplinarité, la
principale avancée de l'IMEP au cours des dernières année est la consolidation
du dialogue entre paléoécologues et généticiens des populations autour des
liens entre biodiversité forestière et dynamiques de recolonisation
postglaciaire qui, pour notre part, justifie notre investissement dans le
développement de l'European Pollen Database (EPD).