Archives des blockchain - Imep CNRS https://www.imep-cnrs.com//tag/blockchain/ Magazine d'actualité scientifique Tue, 21 Apr 2026 06:42:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 Quelles sont les crypto-monnaies les plus populaires ? https://www.imep-cnrs.com//quelles-sont-les-crypto-monnaies-les-plus-populaires/ Thu, 02 May 2024 08:57:20 +0000 https://www.imep-cnrs.com//?p=155 Découvrez quelles sont les crypto-monnaies les plus populaires et restez informé des dernières tendances sur le marché des monnaies numériques

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Début 2026, l’univers des crypto-monnaies compte plus de 14 000 actifs recensés par CoinGecko et plus de 16 000 selon CoinMarketCap. Pour une capitalisation mondiale oscillant autour de 3 000 milliards de dollars. Mais ce chiffre masque une concentration extrême : Bitcoin et Ethereum représentent à eux seuls plus de la moitié de la valeur totale, et les 10 premières crypto-monnaies accaparent près de 85 % de la capitalisation. Derrière les deux mastodontes, un écosystème foisonnant s’est développé : stablecoins pour la stabilité, plateformes de smart contracts concurrentes d’Ethereum, jetons d’échange, memecoins portés par les communautés. Alors quelles sont les crypto-monnaies les plus populaires en 2026 ? Voici un tour d’horizon factuel, actualisé, et pédagogique — avec un rappel essentiel : cet article informe, il ne recommande aucun investissement.

⚠ Avertissement : cet article présente les crypto-monnaies les plus populaires à titre informatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Les crypto-monnaies sont des actifs hautement spéculatifs dont la valeur peut fluctuer violemment. Les classements et capitalisations cités sont ceux de début 2026 et peuvent évoluer rapidement. Ne jamais investir plus que ce qu’on peut se permettre de perdre.

Le top 15 des crypto-monnaies en 2026

Le tableau ci-dessous présente les 15 crypto-monnaies les plus capitalisées au début de l’année 2026. L’ordre peut varier quotidiennement en fonction des fluctuations de marché — il s’agit d’un instantané, non d’un classement figé.

# Crypto-monnaie Capitalisation approx. Catégorie Année de création
1 Bitcoin (BTC) ~1 800 Mds $ Réserve de valeur 2009
2 Ethereum (ETH) ~400 Mds $ Smart contracts 2015
3 Tether (USDT) ~150 Mds $ Stablecoin USD 2014
4 XRP ~130 Mds $ Paiements transfrontaliers 2012
5 BNB ~120 Mds $ Jeton d’échange / Layer 1 2017
6 Solana (SOL) ~90 Mds $ Smart contracts rapides 2020
7 USD Coin (USDC) ~55 Mds $ Stablecoin USD 2018
8 Dogecoin (DOGE) ~35 Mds $ Memecoin 2013
9 TRON (TRX) ~28 Mds $ Smart contracts 2017
10 Cardano (ADA) ~20 Mds $ Smart contracts (recherche) 2017
11 Toncoin (TON) ~15 Mds $ Écosystème Telegram 2018
12 Chainlink (LINK) ~14 Mds $ Oracles 2017
13 Avalanche (AVAX) ~13 Mds $ Smart contracts 2020
14 Shiba Inu (SHIB) ~12 Mds $ Memecoin 2020
15 Polkadot (DOT) ~10 Mds $ Interopérabilité 2020

Au-delà de ce top 15, des crypto-monnaies comme Bitcoin Cash, Litecoin, Stellar, Monero, Uniswap ou Near Protocol restent actives et largement utilisées. Le classement évolue vite, porté par les narratifs du moment : intelligence artificielle, paiements institutionnels, memecoins, scalabilité Layer 2.

Les deux piliers historiques

Bitcoin (BTC) : l’or numérique

Première crypto-monnaie de l’histoire, le Bitcoin a été lancé le 3 janvier 2009 par l’énigmatique Satoshi Nakamoto, dont l’identité réelle reste inconnue à ce jour. Sa proposition : un système de paiement entièrement numérique, sans banque ni autorité centrale, sécurisé par la cryptographie et la preuve de travail (Proof of Work). Le Bitcoin est souvent surnommé « l’or numérique » en raison de sa rareté programmée : seuls 21 millions de BTC seront jamais créés, dont plus de 19,8 millions déjà émis en 2026. Le rythme d’émission est divisé par deux tous les quatre ans environ, lors d’un événement appelé halving — le dernier a eu lieu le 20 avril 2024, réduisant la récompense par bloc de 6,25 à 3,125 BTC.

Le Bitcoin a atteint un sommet historique proche de 126 000 dollars en octobre 2025, avant de corriger à environ 80 000-90 000 dollars fin 2025. L’approbation des ETF Bitcoin spot aux États-Unis le 10 janvier 2024 (BlackRock IBIT, Fidelity FBTC) a marqué son institutionnalisation : en 2026, les ETF américains détiennent environ 7 % de l’offre totale de Bitcoin.

Ethereum (ETH) : la plateforme programmable

Lancé en juillet 2015 par un jeune canado-russe de 21 ans, Vitalik Buterin, Ethereum n’est pas qu’une crypto-monnaie : c’est une plateforme blockchain permettant d’exécuter des programmes autonomes appelés smart contracts. Cette innovation a donné naissance à des écosystèmes entiers : finance décentralisée (DeFi), jetons non fongibles (NFT), organisations autonomes décentralisées (DAO), applications Web3. Ethereum a opéré le 15 septembre 2022 une transition technique majeure appelée The Merge : abandon de la preuve de travail au profit de la preuve d’enjeu (Proof of Stake), réduisant sa consommation énergétique de 99,95 %.

La différence avec Bitcoin est fondamentale : Bitcoin se veut monnaie et réserve de valeur, Ethereum cherche à devenir l’infrastructure d’une internet décentralisée. Les deux répondent à des besoins distincts et ne sont pas directement comparables. Pour approfondir, notre article sur les différences entre le Bitcoin et l’Ethereum explore leurs divergences techniques et philosophiques.

« La décentralisation doit évoluer d’un slogan à un ensemble concret de garanties pour l’utilisateur, sous peine de devenir une promesse creuse. »

Vitalik Buterin, Ethereum Community Conference, Cannes, juillet 2025

Buterin a développé cette vision dans son essai Balance of Power publié le 30 décembre 2025, où il exhorte l’industrie crypto à redevenir fidèle à l’idéal de décentralisation et à ne pas céder à la concentration du pouvoir, au risque de perdre sa raison d’être.

Les stablecoins : stabilité et liquidité

Les stablecoins sont des crypto-monnaies conçues pour maintenir une parité stable avec une monnaie fiduciaire — généralement le dollar américain (1 stablecoin = 1 $). Ils jouent un rôle systémique dans l’écosystème : refuge lors des corrections, unité de compte pour le trading, rail pour les paiements transfrontaliers dans les pays à monnaie instable.

Tether (USDT)

Lancé en 2014, Tether est le plus grand stablecoin au monde, avec une capitalisation d’environ 150 milliards de dollars en 2026. Il domine largement les volumes d’échanges sur les plateformes. Son émetteur, Tether Limited, affirme détenir en réserve un dollar pour chaque USDT en circulation, principalement en bons du Trésor américain. L’entreprise a toutefois fait l’objet de controverses historiques sur la composition exacte de ses réserves, et n’a pas cherché à se conformer au règlement européen MiCA — ce qui a conduit plusieurs plateformes européennes à dé-lister l’USDT pour les clients de l’UE.

USD Coin (USDC)

Lancé en 2018 par Circle et initialement soutenu par Coinbase, USDC est le deuxième stablecoin majeur (~55 Mds $ de capitalisation). Il se distingue par sa transparence — réserves intégralement vérifiables, audits mensuels par BlackRock — et sa conformité proactive au règlement MiCA européen. C’est aujourd’hui le stablecoin de référence pour les acteurs institutionnels et les utilisateurs européens.

💡 Bon à savoir : tous les stablecoins ne se valent pas. L’effondrement de Terra/Luna en mai 2022 — stablecoin algorithmique qui a perdu 99 % de sa valeur en une semaine — a rappelé qu’un stablecoin non adossé à des réserves réelles peut s’effondrer brutalement. Les stablecoins sérieux en 2026 sont adossés à des réserves liquides auditables (USDC, USDT), ou sur-collatéralisés par d’autres crypto-actifs (DAI de MakerDAO).

Les concurrents d’Ethereum : la course au Layer 1

Ethereum a longtemps souffert de frais de transaction élevés et de limites de vitesse. Plusieurs blockchains concurrentes se sont positionnées comme des alternatives plus rapides et moins chères — on les appelle parfois « Ethereum killers », même si aucune n’a détrôné Ethereum à ce jour.

Solana (SOL)

Lancée en mars 2020 par Anatoly Yakovenko (ex-Qualcomm), Solana privilégie la vitesse et les faibles coûts : environ 3 000 transactions par seconde en pratique, frais médians de 0,00064 dollar. Elle a failli disparaître lors du crash FTX en novembre 2022 (Sam Bankman-Fried était un soutien majeur), plongeant de plus de 250 $ à moins de 10 $. Mais la communauté a reconstruit, et Solana est redevenue l’un des écosystèmes les plus actifs du secteur — notamment pour les memecoins, les NFT et les paiements.

BNB (Binance Coin)

Lancée en 2017 comme jeton utilitaire de la plateforme d’échange Binance (la plus grande au monde, avec plus de 300 millions d’utilisateurs en 2026), BNB a vu sa valeur décupler après que Binance en a développé une blockchain dédiée (BNB Chain) et divers cas d’usage. Binance a connu une période difficile : son fondateur Changpeng Zhao (« CZ ») a plaidé coupable en novembre 2023 pour violations de la lutte anti-blanchiment, et a été condamné à 4 mois de prison en avril 2024, tandis que Binance payait 4,3 milliards de dollars d’amendes. BNB a néanmoins atteint un sommet historique au-dessus de 1 300 dollars en octobre 2025.

Cardano (ADA), Avalanche (AVAX), Polkadot (DOT)

Ces trois projets adoptent des approches distinctes. Cardano, lancée en 2017 par Charles Hoskinson (ancien cofondateur d’Ethereum), mise sur une approche scientifique et revue par les pairs — avec une vitesse de développement critiquée comme lente. Avalanche, lancée en 2020 par Emin Gün Sirer, propose un mécanisme de consensus particulièrement rapide. Polkadot, lancée en 2020 par Gavin Wood (autre cofondateur d’Ethereum), mise sur l’interopérabilité : permettre à différentes blockchains de communiquer entre elles via un réseau de parachains.

TRON (TRX) et Toncoin (TON)

TRON, lancée en 2017 par Justin Sun, s’est imposée comme une rails majeure pour les transactions USDT, notamment en Asie et en Amérique latine. Toncoin, lancée en 2018, connaît un essor spectaculaire grâce à son intégration directe dans la messagerie Telegram (plus de 1 milliard d’utilisateurs), qui lui sert de pont vers le grand public.

XRP et les paiements transfrontaliers

XRP, lancée en 2012 par l’entreprise Ripple, est spécialisée dans les paiements transfrontaliers entre institutions financières. Son positionnement diffère des autres crypto-monnaies : Ripple noue des partenariats directs avec les banques pour faciliter les transferts internationaux rapides et peu coûteux. XRP a été au cœur d’une bataille juridique majeure avec la SEC américaine, qui accusait Ripple d’avoir vendu XRP comme un security non enregistré. En juillet 2023, une juge fédérale a statué que les ventes de XRP sur le marché secondaire (aux particuliers) ne constituaient pas des valeurs mobilières — une victoire partielle mais historique pour Ripple. Sous l’administration Trump et avec un changement de politique de la SEC en 2025, les poursuites ont été largement abandonnées. XRP a battu son record de prix en juillet 2025, et sa capitalisation a dépassé 100 milliards de dollars.

Les memecoins : la puissance des communautés

Les memecoins sont des crypto-monnaies créées initialement sans autre ambition qu’humoristique ou communautaire. Contre toute logique financière classique, certaines ont acquis des capitalisations considérables, portées par l’enthousiasme des réseaux sociaux et des endossements de personnalités.

Dogecoin (DOGE)

Créé en décembre 2013 par Billy Markus et Jackson Palmer comme parodie de l’enthousiasme crypto, Dogecoin reprend la mascotte du chien Shiba Inu popularisée par le mème « Doge ». Sa popularité a explosé en 2021, soutenue par les tweets répétés d’Elon Musk, qui l’a présenté comme « la crypto-monnaie du peuple ». Avec ~35 Mds $ de capitalisation en 2026, Dogecoin reste un acteur majeur, malgré un modèle économique (inflation illimitée) fondamentalement différent du Bitcoin.

Shiba Inu (SHIB) et la vague meme

Lancé en 2020, Shiba Inu s’est positionné comme « le Dogecoin killer » avec un écosystème étendu (ShibaSwap, exchange décentralisé). Depuis 2023-2024, une nouvelle vague de memecoins a émergé : Pepe (PEPE), Bonk (BONK, sur Solana), Dogwifhat (WIF), et en janvier 2025, le jeton officiel du président américain $TRUMP, qui a atteint 14 milliards de dollars de capitalisation en quelques jours avant de s’effondrer.

Une catégorie à haut risque

Les memecoins illustrent la face la plus spéculative du marché crypto. Leurs mouvements sont dictés par les réseaux sociaux, pas par des fondamentaux. Les gains spectaculaires annoncés sur Twitter cachent un écrasante majorité de pertes : selon plusieurs études, plus de 95 % des memecoins lancés finissent par perdre l’intégralité de leur valeur dans les mois qui suivent. À manipuler avec une prudence extrême.

Les infrastructures spécialisées

Chainlink (LINK) : le pont vers le monde réel

Chainlink, lancée en 2017 par Sergey Nazarov, est un réseau d’oracles décentralisés : il fournit aux smart contracts des données extérieures à la blockchain (prix de marché, données météo, résultats sportifs). C’est une infrastructure indispensable à la DeFi : sans oracle fiable, un contrat qui se déclenche en fonction du prix du pétrole ne peut pas fonctionner. Chainlink est utilisé par la quasi-totalité des grandes applications DeFi.

Uniswap (UNI) : l’échange décentralisé

Uniswap, lancé en 2018 par Hayden Adams sur Ethereum, est le plus grand échange décentralisé (DEX) au monde. Contrairement à une plateforme centralisée comme Binance, Uniswap ne conserve pas les fonds des utilisateurs : les échanges s’effectuent directement entre les portefeuilles via des pools de liquidité gérés par des smart contracts. Le jeton UNI donne des droits de gouvernance sur le protocole.

Stellar (XLM) et Litecoin (LTC) : les anciens du paiement

Stellar, fondée en 2014 par Jed McCaleb (cofondateur de Ripple), facilite les paiements transfrontaliers à bas coût, notamment vers les pays en développement, en partenariat avec des ONG. Litecoin, créé en 2011 par Charlie Lee (ancien de Google), est souvent décrit comme « l’argent quand Bitcoin est l’or » : transactions plus rapides (2,5 minutes par bloc contre 10 pour Bitcoin), frais plus bas. Ces deux crypto-monnaies sont moins en vue que dans les années 2010 mais restent largement utilisées.

Qu’est-ce qui fait la popularité d’une crypto-monnaie ?

La capitalisation n’est qu’un indicateur. Plusieurs facteurs se combinent pour faire — ou défaire — la popularité d’une crypto-monnaie.

La capitalisation boursière

La capitalisation boursière (market cap) se calcule en multipliant le prix par le nombre de jetons en circulation. C’est l’indicateur de référence pour comparer des crypto-monnaies, mais il peut être trompeur. Un projet avec peu de jetons en circulation mais un prix élevé peut afficher une capitalisation modeste ; un projet avec une offre très large et un prix faible peut en afficher une énorme. Les analystes regardent aussi la Fully Diluted Valuation (FDV), qui intègre l’offre maximale future.

L’utilité réelle et l’adoption

Une crypto-monnaie qui sert à quelque chose — paiements, smart contracts, oracles, gouvernance — a plus de chances de survivre sur le long terme qu’un simple jeton spéculatif. Les indicateurs clés incluent : nombre d’utilisateurs actifs, volume de transactions, valeur verrouillée (TVL) pour les plateformes DeFi, nombre de développeurs actifs sur le code, partenariats réels (non annoncés sans suite).

L’offre, la demande et la tokenomics

La tokenomics d’un projet — sa politique monétaire — est fondamentale : offre totale fixe (Bitcoin, 21 millions) ou illimitée (Dogecoin), calendrier d’émission, répartition initiale entre fondateurs, investisseurs et public, mécanismes d’inflation ou de déflation (burning de jetons pour Ethereum depuis 2021). Une tokenomics mal conçue — trop de jetons aux insiders, émission inflationniste non justifiée — est souvent le signe d’un projet à éviter.

La communauté et la gouvernance

Une communauté active et un modèle de gouvernance clair sont des actifs précieux. Les projets dont les fondateurs sont anonymes, dont les canaux communautaires sont vides ou dont les décisions se prennent en cercle fermé présentent des risques plus élevés. À l’inverse, Bitcoin, Ethereum ou Chainlink bénéficient d’écosystèmes robustes de développeurs, chercheurs et utilisateurs.

Le cadre réglementaire en 2026

L’Union européenne a adopté en 2023 le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), entré en application complète le 30 décembre 2024. Il impose aux prestataires de services crypto un agrément auprès de l’AMF en France, encadre strictement les émetteurs de stablecoins et protège les investisseurs par des obligations de transparence. Les PSAN français enregistrés avant 2024 bénéficient d’une période transitoire jusqu’au 1er juillet 2026.

Aux États-Unis, l’arrivée de l’administration Trump a marqué un tournant pro-crypto : création de la Strategic Bitcoin Reserve en mars 2025, positions plus conciliantes de la SEC, approbations réglementaires. En France, les plus-values de cession sont imposées à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec déclaration via les formulaires 3916-bis (comptes à l’étranger) et 2086 (plus-values).

Conclusion : un écosystème riche mais risqué

Les crypto-monnaies les plus populaires en 2026 forment un écosystème stratifié : deux piliers historiques (Bitcoin, Ethereum), des stablecoins systémiques (USDT, USDC), des plateformes concurrentes (Solana, BNB, Cardano, TRON, Toncoin), des spécialités (XRP, Chainlink, Uniswap) et des memecoins à haut risque. La hiérarchie évolue constamment, portée par l’innovation technologique, l’adoption institutionnelle et les mouvements de marché. Pour un investisseur, comprendre cette diversité est essentiel — toutes les crypto-monnaies ne sont pas équivalentes, ne répondent pas aux mêmes besoins, et ne présentent pas les mêmes profils de risque. Avant tout investissement, il est recommandé de comprendre chaque projet (whitepaper, équipe, tokenomics, adoption), de diversifier, de ne jamais investir plus que ce qu’on peut se permettre de perdre, et de consulter un conseiller financier qualifié. La popularité d’une crypto-monnaie à un instant T ne garantit ni sa pérennité ni son succès futur.

FAQ — Questions fréquentes sur les crypto-monnaies populaires

Quelles sont les crypto-monnaies les plus populaires en 2026 ?

Les 10 crypto-monnaies les plus capitalisées au début de 2026 sont, dans l’ordre approximatif : Bitcoin (BTC, ~1 800 Mds $), Ethereum (ETH, ~400 Mds $), Tether (USDT, stablecoin, ~150 Mds $), XRP (~130 Mds $), BNB (~120 Mds $), Solana (SOL, ~90 Mds $), USD Coin (USDC, stablecoin, ~55 Mds $), Dogecoin (DOGE, ~35 Mds $), TRON (TRX, ~28 Mds $), et Cardano (ADA, ~20 Mds $). Bitcoin et Ethereum représentent à eux seuls plus de la moitié de la capitalisation totale du marché crypto, estimée à environ 3 000 milliards de dollars en 2026.

Qu’est-ce qui détermine la popularité d’une crypto-monnaie ?

Plusieurs facteurs se combinent : la capitalisation boursière (prix × offre en circulation), l’utilité réelle du projet (paiements, smart contracts, infrastructure), l’adoption (nombre d’utilisateurs, volume de transactions, TVL), la tokenomics (politique d’émission, distribution), la qualité de l’équipe et sa transparence, l’activité de la communauté de développeurs, et les partenariats institutionnels. La capitalisation seule est insuffisante — elle ne reflète pas la qualité du projet sous-jacent. Les analystes regardent aussi l’activité on-chain, la décentralisation effective, et les catalyseurs de long terme (ETF, régulation, adoption).

Quelle est la différence entre Bitcoin et Ethereum ?

Bitcoin et Ethereum répondent à des besoins très différents. Bitcoin (2009) est conçu comme une monnaie numérique et une réserve de valeur (« l’or numérique »), avec une offre strictement limitée à 21 millions. Il utilise la preuve de travail pour sécuriser son réseau. Ethereum (2015) est une plateforme blockchain programmable permettant d’exécuter des smart contracts et de déployer des applications décentralisées (DeFi, NFT, DAO). Il fonctionne depuis septembre 2022 en preuve d’enjeu, réduisant sa consommation énergétique de 99,95 %. Bitcoin est souvent comparé à de l’or numérique, Ethereum à une « infrastructure mondiale programmable ».

Qu’est-ce qu’un stablecoin comme USDT ou USDC ?

Un stablecoin est une crypto-monnaie conçue pour maintenir une parité stable avec une monnaie fiduciaire, généralement le dollar américain (1 stablecoin = 1 $). Tether (USDT, 2014) est le plus grand avec ~150 Mds $ de capitalisation en 2026. USD Coin (USDC, 2018) est le deuxième avec ~55 Mds $ et se distingue par une transparence accrue et une conformité au règlement européen MiCA. Les stablecoins sont adossés à des réserves en dollars (bons du Trésor, liquidités) dans un rapport 1:1. Ils servent de refuge lors des corrections, d’unité de compte pour le trading, et de rail pour les transferts internationaux, surtout dans les pays à monnaie instable. Attention : tous les stablecoins ne se valent pas — l’effondrement de Terra/Luna en mai 2022 l’a rappelé.

Qu’est-ce qu’un memecoin et faut-il y investir ?

Un memecoin est une crypto-monnaie créée initialement sans autre ambition qu’humoristique ou communautaire, dont la valeur dépend essentiellement de l’enthousiasme des réseaux sociaux. Les plus connus : Dogecoin (2013, ~35 Mds $), Shiba Inu (2020, ~12 Mds $), Pepe, Bonk, Dogwifhat. Ils peuvent connaître des hausses spectaculaires (x100, x1000 en quelques semaines) mais aussi des chutes brutales : selon plusieurs études, plus de 95 % des memecoins lancés finissent par perdre l’intégralité de leur valeur. Leur fonctionnement relève de la pure spéculation, non de fondamentaux techniques ou économiques. Ils sont à manier avec une extrême prudence et ne conviennent qu’à la partie la plus spéculative d’un portefeuille.

Les crypto-monnaies peuvent-elles être utilisées pour des achats courants ?

Oui, mais de façon encore limitée. De nombreux commerçants acceptent les crypto-monnaies directement (notamment le Bitcoin via Lightning Network, ou les stablecoins). Des cartes de paiement crypto émises par des acteurs comme Binance, Crypto.com ou Coinbase permettent de dépenser ses crypto-actifs partout où une carte Visa/Mastercard est acceptée — la conversion en euros est automatique. Les stablecoins sont particulièrement utilisés comme moyens de paiement dans les pays à forte inflation (Argentine, Turquie, Nigeria). Attention fiscale : en France, l’utilisation de crypto-monnaies pour acheter des biens et services constitue une cession imposable et peut déclencher la flat tax de 30 % sur les éventuelles plus-values.

Comment choisir une plateforme d’échange de crypto-monnaies ?

Plusieurs critères sont essentiels : 1) Agrément réglementaire — en France, vérifiez qu’il s’agit d’un PSAN enregistré auprès de l’AMF, ou bientôt d’un PSCA agréé sous MiCA. 2) Sécurité — privilégiez les plateformes avec une longue histoire sans piratage majeur, des assurances, et de l’authentification à deux facteurs. 3) Frais de transaction — varient considérablement selon la plateforme et le volume. 4) Crypto-monnaies disponibles — certaines plateformes offrent des centaines de cryptos, d’autres quelques dizaines. 5) Support client en français. 6) Réputation — consulter des avis indépendants. Les plateformes internationales comme Coinbase, Kraken, Bitstamp sont souvent citées, ainsi que des acteurs français/européens comme Bitpanda ou Bitvavo. Pour des montants significatifs, conserver ses crypto-monnaies sur un portefeuille matériel (cold wallet) est vivement recommandé.

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Qu’est-ce qu’un NFT (jeton non fongible) ? https://www.imep-cnrs.com//quest-ce-quun-nft-jeton-non-fongible/ Thu, 07 Dec 2023 13:40:03 +0000 https://www.imep-cnrs.com//?p=36 Apparus dans la conscience du grand public en 2021 avec la vente spectaculaire de Everydays: The First 5000 Days de Beeple pour 69 millions de [Lire la suite...]

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Apparus dans la conscience du grand public en 2021 avec la vente spectaculaire de Everydays: The First 5000 Days de Beeple pour 69 millions de dollars chez Christie’s, les NFT (Non-Fungible Tokens, « jetons non fongibles ») ont connu une trajectoire en montagnes russes. Après un pic de capitalisation à 20 milliards de dollars début 2022, le marché s’est effondré de près de 90 % pour atteindre environ 2,4 milliards de dollars fin 2025. Mais derrière cette correction sévère, la technologie sous-jacente continue de se transformer et de trouver des usages plus durables — billetterie, tokenisation d’actifs réels, certificats numériques, gaming. Ce guide explique ce qu’est réellement un NFT, d’où viennent ces jetons, comment ils fonctionnent, et ce qui reste de leur promesse initiale en 2026.

Qu’est-ce qu’un NFT exactement ?

La non-fongibilité en une phrase

Un NFT est un jeton numérique unique, enregistré sur une blockchain, dont chaque exemplaire est distinct de tous les autres. Le terme oppose deux propriétés économiques fondamentales :

  • Un actif fongible est interchangeable à l’identique. Un billet de 10 € vaut rigoureusement la même chose qu’un autre billet de 10 € ; un bitcoin vaut la même chose qu’un autre bitcoin.
  • Un actif non fongible est unique. Un tableau de Van Gogh n’est pas interchangeable avec un autre tableau du même artiste ; une maison précise n’a pas la même valeur qu’une autre ; un billet d’avion avec votre nom au 14B n’est pas équivalent à celui de votre voisin au 23A.

Avant les NFT, la blockchain ne savait gérer que des actifs fongibles (bitcoins, ethers, stablecoins). Les NFT ont apporté la brique manquante : un moyen de représenter sur blockchain des actifs individuels, chacun avec son identifiant propre, ses métadonnées propres, et son historique de propriété traçable publiquement.

Comment un NFT est-il constitué ?

Techniquement, un NFT est un enregistrement dans un smart contract déployé sur une blockchain programmable — le plus souvent Ethereum, mais aussi Solana, Polygon, Base, ou Bitcoin depuis 2023. Cet enregistrement contient :

  • Un identifiant unique (token ID)
  • L’adresse du propriétaire actuel
  • Un lien vers des métadonnées (généralement un fichier JSON stocké sur IPFS) décrivant l’actif représenté : nom, description, image associée, attributs…
  • Un historique complet des transferts depuis la création

Point souvent mal compris : l’image n’est généralement pas stockée directement sur la blockchain. Le NFT contient un pointeur vers l’image (hébergée sur IPFS, Arweave, ou parfois un serveur centralisé). C’est la raison pour laquelle certains NFT mal conçus sont devenus inaccessibles quand leurs serveurs d’hébergement ont disparu — un rappel que « décentralisation » ne va pas automatiquement de soi.

L’histoire des NFT : de Quantum au krach

Le premier NFT : Quantum, 3 mai 2014

L’histoire des NFT commence bien avant le boom médiatique de 2021. Le 3 mai 2014, l’artiste américain Kevin McCoy, en collaboration avec le développeur Anil Dash, enregistre sur la blockchain Namecoin (un fork de Bitcoin) une œuvre d’art numérique intitulée Quantum — une image animée octogonale aux couleurs pulsantes. L’événement a lieu lors d’une conférence Seven on Seven organisée par l’association artistique Rhizome à New York. Au cours de la présentation en direct, McCoy vend Quantum à Dash pour 4 dollars. C’est la naissance du premier NFT de l’histoire.

« J’avais l’idée d’utiliser la technologie blockchain pour créer une provenance et une propriété indélébiles pour les images numériques. Quantum fut le premier à être enregistré ainsi. »

Kevin McCoy, à propos de Quantum, 2021

L’histoire rebondira en 2021 : McCoy reminte Quantum sur Ethereum le 28 mai, et le vend chez Sotheby’s le 10 juin pour 1,47 million de dollars — un écart vertigineux avec les 4 dollars de 2014 qui illustre à quel point la perception de ces jetons a changé en sept ans.

Les prémices (2015-2020)

Plusieurs étapes jalonnent la maturation des NFT :

  • Juin 2017 : CryptoPunks — Matt Hall et John Watkinson (studio Larva Labs) lancent une collection de 10 000 personnages pixelisés sur Ethereum. Distribués gratuitement à l’origine, certains se revendront à plusieurs millions de dollars en 2021.
  • Novembre 2017 : CryptoKitties — un jeu de chats virtuels collectionnables, développé par Dapper Labs, provoque une telle congestion du réseau Ethereum que les frais de transaction explosent. C’est le premier succès viral d’un NFT.
  • Janvier 2018 : le standard ERC-721 est officiellement adopté sur Ethereum — la norme technique qui permet à tout développeur de créer facilement des NFT.
  • 2019 : le standard ERC-1155, plus polyvalent, permet de gérer simultanément des jetons fongibles et non fongibles dans un même smart contract.

Le boom de 2021-2022

L’explosion médiatique a lieu au premier trimestre 2021. Plusieurs événements marquants :

  • Mars 2021 : Everydays: The First 5000 Days de Beeple (Mike Winkelmann) est vendu 69 millions de dollars chez Christie’s — la troisième œuvre la plus chère jamais vendue d’un artiste vivant. Le NFT entre dans l’histoire de l’art contemporain.
  • Avril 2021 : Bored Ape Yacht Club (BAYC) est lancé par Yuga Labs. Les 10 000 singes stylisés deviennent rapidement un phénomène social — possédés par Eminem, Madonna, Jimmy Fallon, Snoop Dogg, Post Malone, Justin Bieber. Le prix plancher dépassera 150 ETH (400 000 $) en avril 2022.
  • Été 2021 : NBA Top Shot, cartes numériques de moments forts de NBA, atteint 700 millions de dollars de ventes cumulées.
  • Janvier 2022 : le marché atteint son pic. OpenSea, la principale marketplace, génère alors 125 millions de dollars de revenus mensuels et est valorisée 13,3 milliards de dollars. Le volume global des ventes NFT atteint 17 milliards de dollars pour le seul mois de janvier.

Le krach de 2022-2024

La chute a été aussi brutale que la montée. Plusieurs facteurs se sont conjugués :

  • Saturation de l’offre : des millions de nouvelles collections sont lancées, diluant la demande.
  • Effondrement des prix du crypto : avec la chute de l’ETH de 4 800 $ à 1 000 $, les portefeuilles des acheteurs se réduisent mécaniquement.
  • Multiplication des arnaques (rug pulls) : projets créés puis abandonnés par leurs fondateurs avec les fonds.
  • Crise de confiance : réalisation tardive que beaucoup de NFT n’avaient aucune utilité réelle.
  • Arrivée de Blur (octobre 2022), concurrent d’OpenSea qui a supprimé les frais pour séduire les traders, déclenchant une guerre des commissions qui a fragilisé les royalties des créateurs.

Résultat : en fin 2025, le prix plancher de Bored Ape est redescendu à environ 5,5 ETH (une chute de -83 %), CryptoPunks à 29 ETH (-78 %), Azuki à 0,8 ETH (-93 %). Le volume moyen d’une transaction NFT est passé de plus de 400 $ en 2021 à 96 $ en 2025. Le revenu mensuel d’OpenSea s’est effondré de 125 millions à moins d’un million de dollars, forçant la plateforme à licencier les deux tiers de ses effectifs et à pivoter vers un modèle multi-actifs.

Les événements et collections majeurs : un tableau récapitulatif

Année Événement / Collection Importance
3 mai 2014 Quantum (Kevin McCoy) Premier NFT de l’histoire (Namecoin)
Juin 2017 CryptoPunks (Larva Labs) Premier phénomène collectibles Ethereum
Novembre 2017 CryptoKitties (Dapper Labs) Premier succès viral grand public
Janvier 2018 Standard ERC-721 Norme technique de référence
Mars 2021 Beeple chez Christie’s (69 M $) Reconnaissance du marché de l’art
Avril 2021 Bored Ape Yacht Club Phénomène culturel et statut social
Juin 2021 Quantum revendu (1,47 M $) Valorisation du patrimoine NFT
Janvier 2022 Pic du marché (20 Mds $) Sommet historique, puis retournement
Janvier 2023 Ordinals sur Bitcoin Extension des NFT à la blockchain Bitcoin
2023-2025 Pudgy Penguins (Luca Netz) Pivot vers IP physique (Walmart, Target)
2024-2025 Krach prolongé (-90 %) Contraction durable du marché spéculatif

Comment fonctionne techniquement un NFT ?

La frappe (minting)

Créer un NFT, c’est le « frapper » (mint en anglais) sur une blockchain. Le processus :

  1. Le créateur prépare le contenu (image, vidéo, musique, modèle 3D) et ses métadonnées.
  2. Ces métadonnées sont généralement uploadées sur IPFS (système de stockage décentralisé) qui génère un hash unique.
  3. Le créateur appelle un smart contract qui enregistre le NFT sur la blockchain, en l’associant à son adresse publique.
  4. Les frais de transaction (gas fees) sont payés en cryptomonnaie native (ETH sur Ethereum, SOL sur Solana, etc.).
  5. Le NFT existe désormais de façon publique et traçable ; il peut être transféré, vendu, ou détruit (burn).

Les standards techniques

Plusieurs standards coexistent :

  • ERC-721 (Ethereum, 2018) : le standard historique pour les NFT uniques.
  • ERC-1155 (Ethereum, 2019) : gère à la fois fongible et non fongible, utilisé notamment dans le gaming.
  • SPL Token (Solana) : équivalent sur Solana, avec des frais très faibles.
  • Ordinals (Bitcoin, janvier 2023) : inscrivent des données arbitraires sur des satoshis individuels — une forme de NFT sur Bitcoin.
  • BRC-20 / Runes (Bitcoin) : standards dérivés pour créer des jetons (fongibles ou non) sur Bitcoin.

Propriété du jeton ≠ droits d’auteur

Point juridique essentiel, souvent mal compris : posséder un NFT ne confère pas automatiquement les droits d’auteur sur l’œuvre sous-jacente. En achetant un Bored Ape, on devient propriétaire du jeton, mais le droit de reproduire, modifier ou exploiter commercialement l’image dépend de la licence accordée par le créateur. Yuga Labs a choisi d’accorder ces droits à ses détenteurs — beaucoup d’autres projets ne l’ont pas fait. Une décision de justice fédérale américaine de mars 2023 (Free Holdings v. McCoy) a d’ailleurs confirmé que la chaîne de propriété d’un NFT peut faire l’objet de litiges complexes.

À quoi servent les NFT en 2026 ?

L’art numérique

Malgré le krach, l’art numérique reste un cas d’usage majeur. Des artistes établis (Beeple, Pak, Tyler Hobbs, Refik Anadol) continuent à vendre des œuvres authentifiées par NFT, parfois pour des sommes significatives. Les plateformes spécialisées comme SuperRare, Foundation ou Art Blocks (pour l’art génératif) conservent un écosystème actif.

Le gaming et les objets virtuels

Les NFT représentent environ 38 % du volume total des transactions NFT en 2025, essentiellement dans le gaming. Des éditeurs comme Ubisoft (avec Quartz), Square Enix, ou Gunzilla Games intègrent des NFT pour représenter des items in-game, des cartes à collectionner ou des personnages. Les play-to-earn ont cependant largement déçu, beaucoup étant des schémas de Ponzi déguisés. Les modèles plus durables (play-and-own) s’imposent progressivement.

La tokenisation d’actifs réels (RWA)

Les usages les plus solides aujourd’hui sont ceux qui ancrent le NFT dans un actif physique :

  • Cartes de collection physiques : la plateforme Courtyard.io stocke des cartes Pokémon authentiques dans des coffres-forts sécurisés et émet un NFT correspondant — 230 000 transactions et 12,7 M $ en 30 jours fin 2025.
  • Montres de luxe et spiritueux : Vacheron Constantin, Hublot, LVMH utilisent les NFT comme certificats d’authenticité.
  • Immobilier : plusieurs projets tokenisent des fractions de biens immobiliers, permettant d’investir dès quelques centaines d’euros.
  • Œuvres d’art physiques : les maisons de ventes utilisent les NFT pour documenter la provenance et les transferts.

Billetterie et gestion d’accès

La FIFA a déployé des NFT « priorité d’achat » pour la Coupe du Monde 2026 — un usage anti-scalping plutôt que spéculatif. Plusieurs festivals, clubs et salles de concert expérimentent la billetterie NFT pour éviter la revente au marché noir et offrir des bonus aux détenteurs. Ticketmaster et Eventbrite intègrent progressivement ces fonctionnalités.

Identité numérique et profil (PFP)

L’usage comme Profile Picture sur les réseaux sociaux a largement régressé depuis 2022, mais reste significatif dans certaines communautés. Twitter/X, qui permettait d’afficher un NFT comme photo de profil authentifiée, a abandonné la fonctionnalité en 2023 ; d’autres réseaux (Farcaster, Lens) conservent cette fonction.

L’exception Pudgy Penguins

Pudgy Penguins, collection de 8 888 pingouins, illustre le pivot réussi d’un projet NFT vers une marque grand public. Sous la direction de Luca Netz (rachat en 2022), le projet a commercialisé des peluches, livres, jouets et accessoires vendus dans plus de 10 000 points de vente (Walmart, Target, Walgreens). Le projet a généré environ 50 millions de dollars de revenus physiques annuels, et investi 500 000 $ dans une publicité sur le Sphere de Las Vegas à Noël 2025 — en évitant soigneusement le jargon crypto. C’est le modèle que plusieurs projets tentent désormais de suivre.

Acheter et vendre des NFT en 2026

Les principales marketplaces

Malgré le krach, plusieurs plateformes restent actives :

  • OpenSea : leader historique, plus de 51 % du volume NFT Ethereum en 2025. Pivot en cours vers un modèle multi-actifs « trade everything ».
  • Magic Eden : multi-chaîne (Solana, Ethereum, Bitcoin, Polygon), très active sur les Ordinals.
  • Blur : destiné aux traders professionnels (frais zéro, outils avancés), en fort déclin (-99 % depuis son pic).
  • Rarible, SuperRare, Foundation : plateformes plus petites spécialisées dans l’art numérique.
  • Binance NFT et Coinbase NFT : places de marché intégrées à des plateformes d’échange crypto.

Comment procéder

  1. Créer un portefeuille crypto compatible (MetaMask, Rabby, Phantom pour Solana, ou Ledger pour la conservation sécurisée).
  2. Alimenter ce portefeuille en ETH, SOL ou la cryptomonnaie native de la blockchain concernée via une plateforme régulée PSAN/PSCA en France.
  3. Se connecter à une marketplace et parcourir les collections.
  4. Vérifier l’authenticité du projet (équipe, historique, smart contract audité).
  5. Acheter en tenant compte des frais de transaction, qui peuvent varier fortement selon la congestion du réseau.

La fiscalité française des NFT

En France, les plus-values sur NFT sont soumises au même régime que les autres cryptoactifs : flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) lors de la cession contre euros. Comme pour les autres crypto-monnaies, les échanges NFT-NFT ou NFT-crypto ne déclenchent pas d’imposition tant qu’il n’y a pas de retour à la monnaie fiduciaire. Les créateurs doivent quant à eux déclarer leurs revenus selon leur régime (BNC ou BIC). Pour en savoir plus sur le régime fiscal général, consultez notre article sur les avantages et inconvénients des crypto-monnaies.

Les risques à connaître

Les NFT comportent plusieurs risques spécifiques qu’il est indispensable de bien mesurer :

  • Volatilité extrême : de nombreux NFT ont perdu 95 %+ de leur valeur depuis 2022.
  • Illiquidité : à la différence d’une action ou d’un bitcoin, il peut être difficile de revendre rapidement un NFT spécifique.
  • Arnaques et rug pulls : projets créés puis abandonnés avec les fonds des acheteurs.
  • Vol de portefeuilles : phishing, scripts malveillants, signatures abusives sur des sites frauduleux.
  • Disparition des métadonnées : si l’image est hébergée sur un serveur centralisé qui ferme, le NFT devient une référence vers un lien mort.
  • Confusion sur les droits : possession du jeton ≠ droits sur l’œuvre sous-jacente.
  • Incertitudes réglementaires : le règlement MiCA classe certains NFT comme des crypto-actifs soumis à obligations ; la SEC américaine a poursuivi plusieurs projets dont Yuga Labs.

⚠ Avertissement : cet article présente les NFT à des fins éducatives. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les NFT sont des actifs hautement spéculatifs, souvent illiquides, et exposés à des risques techniques, réglementaires et de marché majeurs. Le marché a perdu environ 90 % de sa valeur entre 2022 et 2025. N’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre intégralement, et consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision significative.

Conclusion : une technologie qui a mué

Les NFT ont traversé en quelques années toutes les étapes d’un cycle d’innovation technologique extrême : curiosité confidentielle (2014-2020), euphorie spéculative (2021-2022), désillusion brutale (2022-2024), maturation silencieuse (2024-2026). Ce qui reste, passé le tumulte médiatique, c’est une brique technique utile : un moyen de représenter de manière vérifiable et traçable la propriété d’un actif unique dans l’univers numérique. Les usages les plus solides ne sont pas les plus médiatisés : billetterie, certificats d’authenticité, tokenisation d’actifs physiques, gaming responsable. La bulle spéculative a éclaté, mais la technologie reste — et il n’est pas exclu qu’elle refasse parler d’elle autrement, quand elle aura trouvé ses applications vraiment indispensables. Comme souvent avec les innovations blockchain, il faut distinguer la promesse de l’enveloppe marketing.

FAQ — Questions fréquentes sur les NFT

Qu’est-ce qu’un NFT exactement ?

Un NFT (Non-Fungible Token, « jeton non fongible ») est un jeton numérique unique enregistré sur une blockchain, dont chaque exemplaire est distinct de tous les autres. Contrairement à un bitcoin ou à un euro qui sont interchangeables (fongibles), un NFT est individualisé par un identifiant propre, des métadonnées propres, et un historique de propriété traçable publiquement. Il peut représenter une œuvre d’art numérique, un personnage de jeu, un billet d’événement, un certificat d’authenticité, un titre de propriété fractionnelle, ou tout autre actif unique. Les NFT sont majoritairement créés sur Ethereum via le standard ERC-721, mais existent aussi sur Solana, Polygon, Base, et Bitcoin (via les Ordinals depuis 2023).

Qui a créé le premier NFT ?

Le premier NFT de l’histoire est Quantum, une œuvre d’art numérique créée par l’artiste américain Kevin McCoy en collaboration avec le développeur Anil Dash. Il a été enregistré sur la blockchain Namecoin (un fork de Bitcoin) le 3 mai 2014, lors d’une conférence Seven on Seven organisée par l’association artistique Rhizome à New York. Pendant la présentation en direct, McCoy a vendu Quantum à Dash pour 4 dollars. En 2021, McCoy a re-minté Quantum sur Ethereum, et l’œuvre a été revendue chez Sotheby’s le 10 juin 2021 pour 1,47 million de dollars, devenant l’un des symboles de la reconnaissance patrimoniale des NFT.

Le marché des NFT est-il mort ?

Le marché spéculatif des NFT a connu un krach majeur entre 2022 et 2025, avec une perte d’environ 90 % de sa valeur globale — d’un pic de 20 milliards de dollars de capitalisation début 2022 à environ 2,4 milliards fin 2025. Les prix planchers des collections emblématiques ont chuté massivement : Bored Ape -83 %, CryptoPunks -78 %, Azuki -93 %. OpenSea, leader historique, a perdu 99 % de ses revenus mensuels et licencié les deux tiers de ses équipes. Mais la technologie elle-même continue de se développer dans des usages plus solides : tokenisation d’actifs physiques, billetterie, gaming, certificats d’authenticité. Les projets qui pivotent vers une utilité réelle (comme Pudgy Penguins avec ses produits physiques dans 10 000 points de vente) montrent qu’un marché NFT mature peut coexister avec l’effondrement de la bulle spéculative.

Comment crée-t-on un NFT ?

Créer un NFT s’appelle le « frapper » (minting). Le processus : 1) Préparer le contenu (image, vidéo, musique, modèle 3D) et ses métadonnées. 2) Uploader les métadonnées sur un système de stockage comme IPFS qui génère un hash unique. 3) Se connecter à une marketplace (OpenSea, Magic Eden, Rarible) ou utiliser un smart contract personnalisé. 4) Signer la transaction de création avec son portefeuille crypto, ce qui déclenche les frais de gas (en ETH, SOL, MATIC selon la blockchain). 5) Le NFT existe désormais sur la blockchain et peut être transféré, vendu ou burné. Les coûts varient fortement : quelques centimes sur Solana ou Polygon, parfois plusieurs dizaines d’euros sur Ethereum mainnet.

Quelle est la différence entre un NFT et une cryptomonnaie classique ?

Les cryptomonnaies classiques (Bitcoin, Ether, USDC, etc.) sont fongibles : toutes les unités sont interchangeables et ont la même valeur. Un bitcoin vaut exactement la même chose qu’un autre bitcoin. Les NFT, au contraire, sont non fongibles : chaque jeton est unique, avec son propre identifiant, ses propres métadonnées, son propre historique de propriété. On peut comparer cela à la différence entre un billet de 10 euros (fongible, interchangeable) et un tableau de Van Gogh (non fongible, unique). Techniquement, les cryptomonnaies fongibles utilisent sur Ethereum le standard ERC-20, tandis que les NFT utilisent le standard ERC-721 (ou ERC-1155 pour les cas hybrides).

Acheter un NFT me donne-t-il les droits d’auteur sur l’œuvre ?

Non, pas automatiquement. C’est un point juridique essentiel souvent mal compris. Posséder un NFT signifie être propriétaire d’un jeton enregistré sur une blockchain — mais les droits d’auteur (reproduction, modification, exploitation commerciale) sur l’œuvre sous-jacente dépendent de la licence accordée par le créateur. Certains projets comme Bored Ape Yacht Club ont explicitement transféré ces droits commerciaux aux détenteurs. D’autres projets conservent tous les droits et n’accordent qu’un droit d’usage personnel. Avant tout achat significatif, il est essentiel de lire les conditions d’utilisation du projet. Une décision de justice fédérale américaine de mars 2023 (Free Holdings v. McCoy) a d’ailleurs souligné la complexité juridique de la propriété NFT.

Quels sont les principaux risques liés aux NFT ?

Les principaux risques sont : 1) Volatilité extrême — de nombreux NFT ont perdu plus de 95 % de leur valeur depuis 2022. 2) Illiquidité — difficile de revendre rapidement un NFT spécifique. 3) Arnaques et rug pulls — projets créés puis abandonnés avec les fonds des acheteurs. 4) Phishing et vol — sites frauduleux qui font signer des transactions malveillantes. 5) Disparition des métadonnées — si l’image est hébergée sur un serveur centralisé qui ferme, le NFT pointe vers un lien mort. 6) Confusion sur les droits — posséder le jeton ne donne pas automatiquement les droits d’auteur. 7) Incertitudes réglementaires — le règlement européen MiCA classe certains NFT comme cryptoactifs soumis à obligations. Avant toute acquisition significative, il est indispensable de bien comprendre ce qu’on achète, de vérifier la crédibilité du projet, et de n’investir que ce qu’on peut se permettre de perdre.

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Qu’est-ce que la crypto-monnaie Ethereum ? https://www.imep-cnrs.com//quest-ce-que-la-crypto-monnaie-ethereum/ Thu, 07 Dec 2023 10:12:01 +0000 https://www.imep-cnrs.com//?p=33 Lancée le 30 juillet 2015 par un jeune programmeur russo-canadien nommé Vitalik Buterin, Ethereum est la deuxième blockchain la plus capitalisée au monde — environ [Lire la suite...]

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Lancée le 30 juillet 2015 par un jeune programmeur russo-canadien nommé Vitalik Buterin, Ethereum est la deuxième blockchain la plus capitalisée au monde — environ 400 milliards de dollars en 2026, loin derrière le Bitcoin mais devant toutes les autres. Contrairement à une idée reçue, Ethereum n’est pas seulement une crypto-monnaie : c’est une plateforme blockchain programmable, sur laquelle s’est développé tout un écosystème d’applications décentralisées — finance (DeFi), jetons non fongibles (NFT), jeux, stablecoins, organisations autonomes décentralisées (DAO). Depuis septembre 2022, elle fonctionne avec un mécanisme de consensus radicalement différent de celui du Bitcoin, ce qui a divisé par 2 000 sa consommation énergétique. Ce guide explique ce qu’est réellement Ethereum, comment il fonctionne, d’où il vient, et ce qu’il permet de faire en 2026.

Les origines d’Ethereum : une vision au-delà de Bitcoin

Le whitepaper de 2013

L’histoire d’Ethereum commence à la fin de l’année 2013, lorsqu’un jeune programmeur de 19 ans, Vitalik Buterin, rédige un document qui deviendra l’un des textes fondateurs du monde crypto. Russo-canadien, contributeur actif à Bitcoin Magazine, Buterin considère que le Bitcoin est remarquable mais limité : il ne sait faire qu’une chose — transférer de la valeur. Sa proposition : créer une blockchain qui soit aussi une plateforme de calcul distribuée, capable d’exécuter n’importe quel programme.

Le whitepaper d’Ethereum, officiellement publié fin 2013 puis diffusé début 2014, s’intitule Ethereum: A Next-Generation Smart Contract and Decentralized Application Platform. Buterin y présente publiquement sa vision le 26 janvier 2014, lors de la conférence North American Bitcoin de Miami. Sa formule est restée célèbre : il compare Bitcoin à une calculatrice — puissante mais limitée à une seule opération — et Ethereum à un ordinateur, capable d’exécuter n’importe quelle application.

« Ethereum se veut la couche fondamentale ultime : une blockchain dotée d’un langage de programmation Turing-complet, permettant à chacun d’écrire des contrats intelligents et des applications décentralisées. »

Vitalik Buterin, Ethereum Whitepaper, décembre 2013

Cette phrase condense toute l’ambition d’Ethereum : être une infrastructure ouverte, neutre, programmable, sur laquelle n’importe qui peut construire — sans demander de permission, sans intermédiaire, sans pouvoir central.

Les huit cofondateurs et le lancement

Entre fin 2013 et début 2014, une équipe fondatrice se constitue autour de Buterin. Huit cofondateurs sont officiellement reconnus : Vitalik Buterin, Gavin Wood (auteur du yellow paper technique, fondera plus tard Polkadot), Charles Hoskinson (fondera plus tard Cardano), Joseph Lubin (fondera plus tard ConsenSys), Anthony Di Iorio, Mihai Alisie, Amir Chetrit et Jeffrey Wilcke.

À l’été 2014, l’équipe organise une vente publique de jetons (crowdsale, l’une des premières ICO majeures) qui lève l’équivalent de 18,4 millions de dollars en Bitcoin. Le 30 juillet 2015, le réseau est officiellement lancé avec le minage du premier bloc — la version appelée Frontier. Plusieurs cofondateurs quittent rapidement le projet par désaccord stratégique, et la Fondation Ethereum, organisation à but non lucratif basée à Zoug (Suisse), coordonne depuis lors le développement du protocole.

L’épisode fondateur de The DAO

En avril 2016, un projet ambitieux est lancé sur Ethereum : The DAO (Decentralized Autonomous Organization), un fonds d’investissement entièrement géré par smart contracts. En quelques semaines, il accumule environ 150 millions de dollars — soit 14 % de tout l’ETH en circulation à l’époque. Le 17 juin 2016, un attaquant exploite une faille dans le code et parvient à siphonner 3,6 millions d’ETH (environ 50 à 70 millions de dollars au prix d’alors). L’événement secoue la communauté : les fonds sont bloqués temporairement par une période de réclamation, et le débat fait rage.

La communauté vote finalement pour un hard fork — une bifurcation du protocole qui annule l’attaque et restitue les fonds aux investisseurs. Une minorité refuse cette intervention, considérant qu’une blockchain ne doit jamais être modifiée rétroactivement, et continue sur la chaîne d’origine : Ethereum Classic (ETC) est né. La chaîne majoritaire reste Ethereum (ETH), et cet épisode reste fondateur — il a durablement façonné les règles de gouvernance de la communauté.

Comment fonctionne Ethereum en 2026 ?

La preuve d’enjeu depuis septembre 2022

Point essentiel souvent mal compris : Ethereum n’utilise plus la preuve de travail depuis le 15 septembre 2022. Ce jour-là, au terme de sept ans de développement, le réseau a opéré une transition technique baptisée The Merge — la fusion de la blockchain principale avec la Beacon Chain (chaîne de balises) inaugurée en décembre 2020. La consommation énergétique du réseau a chuté de 99,95 % en une nuit, passant de ~80 TWh/an à environ 0,01 TWh/an. La terminologie « Ethereum 2.0 », utilisée avant le Merge, a officiellement été abandonnée par la Fondation Ethereum en janvier 2022.

Dans la preuve d’enjeu (Proof of Stake, PoS), il n’y a plus de mineurs. Les transactions sont validées par des validateurs qui doivent mettre en jeu une somme d’ETH — initialement 32 ETH minimum, et jusqu’à 2 048 ETH maximum depuis la mise à jour Pectra de mai 2025. Les validateurs sont sélectionnés aléatoirement pour proposer ou attester des blocs. S’ils valident honnêtement, ils reçoivent des récompenses (environ 3 à 5 % annualisés) ; s’ils trichent ou deviennent malhonnêtes, une partie de leur mise est automatiquement confisquée (slashing).

En 2026, plus de 1,1 million de validateurs participent au réseau Ethereum. Cette masse de participants indépendants — particuliers solo-stakers, services de staking comme Lido, plateformes d’échange — assure la décentralisation et la sécurité du protocole.

La machine virtuelle Ethereum (EVM)

Au cœur d’Ethereum se trouve la machine virtuelle Ethereum (EVM), un environnement de calcul déterministe reproduit à l’identique sur chaque nœud du réseau. Quand un utilisateur exécute un smart contract, tous les nœuds exécutent le même calcul et obtiennent le même résultat — c’est cette redondance qui garantit l’intégrité du réseau sans tiers de confiance. L’EVM est Turing-complet : elle peut exécuter n’importe quel programme arbitrairement complexe, limité seulement par la disponibilité de gas (les frais de calcul).

Le gas : le carburant d’Ethereum

Chaque opération sur Ethereum consomme du gas, une unité qui mesure la complexité de calcul. Les utilisateurs paient ce gas en ETH, ce qui rémunère les validateurs pour leur travail et protège le réseau contre les abus (un programme infini coûterait un gas infini et serait rapidement interrompu). Depuis la mise à jour EIP-1559 d’août 2021, une partie du gas payé est automatiquement brûlée — retirée définitivement de la circulation. Plus de 5 millions d’ETH ont ainsi été détruits depuis 2022, transformant Ethereum en actif potentiellement déflationniste selon le niveau d’activité du réseau.

Les clés et les portefeuilles

Comme pour Bitcoin, un compte Ethereum est constitué d’une paire de clés cryptographiques : une clé publique (qui génère l’adresse publique, reconnaissable par son préfixe 0x) et une clé privée (qui permet de signer les transactions). Les portefeuilles populaires incluent MetaMask (extension de navigateur, plus de 100 millions d’utilisateurs), Rabby, Trust Wallet, et pour la conservation sécurisée Ledger (leader mondial, basé à Paris) ou Trezor. La règle « Not your keys, not your coins » s’applique évidemment à Ethereum.

Les principales mises à jour et leur calendrier

Contrairement à Bitcoin, Ethereum évolue régulièrement. Le tableau ci-dessous récapitule les mises à jour majeures depuis le lancement.

Mise à jour Date Innovation principale
Frontier 30 juillet 2015 Lancement du réseau
Homestead 14 mars 2016 Première stabilisation
DAO Fork 20 juillet 2016 Annulation du hack The DAO
Byzantium + Constantinople 2017-2019 Optimisations protocolaires
Beacon Chain 1er décembre 2020 Démarrage du PoS en parallèle
London (EIP-1559) 5 août 2021 Burn des frais, fee market réformé
The Merge 15 septembre 2022 PoW → PoS, -99,95 % consommation
Shanghai / Capella 12 avril 2023 Activation des retraits d’ETH stakés
Dencun (EIP-4844) 13 mars 2024 Blobs, frais Layer 2 divisés par 10
Pectra 7 mai 2025 Validators 32-2048 ETH, smart accounts
Fusaka (PeerDAS) 3 décembre 2025 Scaling majeur via sampling

Cette cadence de développement — environ une mise à jour majeure par an — est coordonnée par la Fondation Ethereum, les développeurs cœur et la communauté via les Ethereum Improvement Proposals (EIP). Une prochaine mise à jour baptisée Glamsterdam est envisagée pour 2026-2027.

Smart contracts et ERC-20 : les blocs de construction

Les smart contracts

Un smart contract (« contrat intelligent ») est un programme déployé sur la blockchain Ethereum qui exécute automatiquement des règles prédéfinies. Une fois déployé, son code est public, immuable, et s’exécute sans intervention humaine. Les développeurs écrivent ces contrats dans des langages comme Solidity (le plus répandu) ou Vyper. Un smart contract peut gérer un jeton, organiser un vote, régir un prêt, arbitrer un pari — tout ce qui peut être formulé en règles logiques.

Cette programmabilité est ce qui distingue fondamentalement Ethereum de Bitcoin. Là où Bitcoin propose un système de paiement, Ethereum propose une infrastructure de calcul décentralisée. Notre article sur les différences entre le Bitcoin et l’Ethereum développe en profondeur cette comparaison.

Les standards ERC-20 et ERC-721

Ethereum a établi plusieurs standards techniques qui ont donné naissance à des écosystèmes entiers :

  • ERC-20 (novembre 2015) : le standard pour créer des jetons fongibles (tous identiques et interchangeables). Des dizaines de milliers de projets — dont les grands stablecoins USDT et USDC, ainsi que la plupart des jetons DeFi — sont des ERC-20.
  • ERC-721 (janvier 2018) : le standard pour les jetons non fongibles (NFT) — chaque jeton est unique.
  • ERC-1155 (2019) : un standard hybride utilisé notamment dans le jeu vidéo blockchain.
  • ERC-4337 (2023) : l’abstraction de compte, qui rend les portefeuilles programmables.

À quoi sert Ethereum en 2026 ?

La finance décentralisée (DeFi)

La finance décentralisée est l’usage le plus important d’Ethereum aujourd’hui. Elle consiste à reproduire sur la blockchain les services financiers traditionnels — prêts, emprunts, échanges, dérivés, assurance — sans banque ni intermédiaire. Des applications majeures :

  • Uniswap : le plus grand échange décentralisé au monde, avec plus de 2 000 milliards de dollars de volume cumulé depuis sa création en 2018.
  • Aave et MakerDAO / Sky : plateformes de prêt et d’emprunt.
  • Curve : spécialisé dans l’échange de stablecoins.
  • Lido : leader du staking liquide, environ 24 % de tout l’ETH staké.

Au total, plus de 150 milliards de dollars de valeur sont verrouillés (TVL, Total Value Locked) dans des protocoles DeFi en 2026, majoritairement sur Ethereum et ses Layer 2.

Les NFT et l’économie des actifs numériques

Ethereum est la blockchain historique des NFT. Après l’explosion médiatique de 2021-2022 (Bored Ape Yacht Club, CryptoPunks, Beeple vendu 69 M$ chez Christie’s), le marché s’est considérablement contracté. Mais les usages sérieux ont pris le relais : billetterie évènementielle, certificats d’authenticité, gaming (play-to-earn, items in-game), collectibles officiels (NBA Top Shot, produits de marques de luxe), tokenisation d’actifs réels (immobilier, œuvres d’art).

Les stablecoins

Ethereum est la principale infrastructure des stablecoins. Tether (USDT) et USD Coin (USDC), les deux plus grands stablecoins avec respectivement ~150 Mds $ et ~55 Mds $ de capitalisation, circulent massivement sur Ethereum — à la fois comme outil de trading, comme refuge lors des corrections, et comme moyen de paiement international dans les pays à monnaie instable.

Les DAO et les nouveaux modèles organisationnels

Les DAO (Decentralized Autonomous Organizations) sont des organisations dont les règles de gouvernance sont codées dans des smart contracts et dont les décisions sont votées par les détenteurs de jetons. Elles ont été popularisées par MakerDAO, Uniswap DAO, ArbitrumDAO. Les DAO gèrent collectivement des trésoreries importantes, financent des projets, et expérimentent de nouveaux modèles de décision collective.

Les Layer 2 : la vraie stratégie de scalabilité

Le réseau Ethereum principal (appelé Layer 1 ou mainnet) traite environ 15 transactions par seconde — un débit limité par design pour préserver la décentralisation. La stratégie d’Ethereum depuis 2020 est de déléguer l’exécution des transactions à des Layer 2 (L2), des blockchains qui s’ajoutent par-dessus Ethereum et héritent de sa sécurité.

Les Layer 2 majeurs en 2026 incluent :

  • Arbitrum One et Optimism : optimistic rollups, les premiers en volume.
  • Base : opéré par Coinbase, en croissance rapide.
  • zkSync Era, Linea, Scroll, Polygon zkEVM : zero-knowledge rollups, technologie plus récente offrant des preuves cryptographiques.
  • Polygon PoS : solution hybride, historiquement l’une des plus adoptées.

Ensemble, ces Layer 2 traitent plus de 5 600 transactions par seconde en 2026. Les frais ont été drastiquement réduits : là où une transaction simple sur Ethereum mainnet pouvait coûter 20 à 50 $ aux pires moments de 2021, elle coûte aujourd’hui entre 0,20 $ et 1 $ sur un Layer 2 — parfois moins après la mise à jour Fusaka de décembre 2025. L’objectif à long terme est d’atteindre plus de 100 000 TPS via les L2.

ETF, institutionnalisation et fiscalité

Les ETF spot Ethereum

Les États-Unis ont approuvé les premiers ETF Ethereum spot le 23 mai 2024 (officiellement lancés le 23 juillet 2024), environ quatre mois après ceux du Bitcoin. Des gestionnaires comme BlackRock (ETHA), Fidelity (FETH), Grayscale, Bitwise proposent désormais une exposition à Ethereum via compte-titres classique, moyennant des frais de gestion de l’ordre de 0,15 % à 0,30 % par an. Les ETF Ethereum détiennent collectivement plusieurs millions d’ETH en 2026.

Fiscalité française

En France, les plus-values de cession d’ETH par des particuliers sont soumises depuis 2019 à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Les échanges crypto-vers-crypto (ex. ETH → BTC) ne sont pas taxés en eux-mêmes — seule la conversion en euros déclenche l’imposition. Les contribuables doivent déclarer annuellement leurs comptes crypto à l’étranger (formulaire 3916-bis) et leurs plus-values (formulaire 2086). Depuis janvier 2025, la directive européenne DAC8 harmonise l’échange d’informations fiscales entre administrations européennes.

Un cas particulier : le staking

Les récompenses de staking reçues par les validateurs Ethereum (environ 3 à 5 % annualisés) sont fiscalement considérées comme des produits générés par un actif numérique. Leur régime fiscal fait encore débat en France, et il est recommandé de consulter un expert-comptable spécialisé pour toute activité de staking significative.

Avantages et limites d’Ethereum

Les forces

  • Écosystème le plus mature du monde crypto — plus de 11 000 développeurs actifs mensuels, dix ans d’itération.
  • Effet réseau considérable : la quasi-totalité des grands stablecoins, des plateformes DeFi et des NFT sont sur Ethereum ou sur ses L2.
  • Consommation énergétique très faible depuis le Merge.
  • Résistance à la censure : impossible pour un acteur isolé de bloquer une transaction valide.
  • Déflation potentielle grâce au burn EIP-1559.

Les limites

  • Complexité pour l’utilisateur final — la courbe d’apprentissage reste élevée.
  • Risques liés aux smart contracts bugués : de nombreuses applications DeFi ont été piratées (Ronin Bridge 620 M$ en 2022, Wormhole 325 M$ en 2022, etc.).
  • Dépendance aux Layer 2 pour le débit, avec des problématiques de fragmentation de la liquidité.
  • Concurrence de Solana, Sui, Aptos, et autres blockchains plus rapides.
  • Volatilité importante de l’ETH comme actif.

Pour une analyse plus détaillée de l’investissement en crypto-monnaies, consultez notre article sur les avantages et inconvénients des crypto-monnaies.

Comment acquérir de l’Ether ?

L’acquisition d’ETH suit un processus similaire à celui du Bitcoin :

  1. Choisir une plateforme régulée : en France, un PSAN enregistré auprès de l’AMF ou, après la période transitoire qui s’achève le 1er juillet 2026, un prestataire agréé PSCA sous MiCA. Plateformes reconnues : Coinbase, Kraken, Bitpanda (Autriche), Bitvavo (Pays-Bas), Coinhouse (France).
  2. Vérifier son identité (KYC) — obligation réglementaire pour toutes les plateformes régulées.
  3. Déposer des euros par virement SEPA ou carte bancaire.
  4. Acheter de l’ETH — possible en fractions (un « satoshi » d’Ethereum s’appelle un wei, un milliardième de milliardième d’ETH).
  5. Transférer vers un portefeuille personnel pour les montants significatifs — MetaMask, Ledger, Trezor.

Les ETF Ethereum spot constituent une alternative pour les investisseurs qui préfèrent ne pas gérer eux-mêmes de portefeuille crypto — accessible via un compte-titres classique.

⚠ Avertissement : cet article présente Ethereum à des fins éducatives. Il ne constitue pas un conseil en investissement. L’ETH est un actif hautement spéculatif, volatil, exposé à des risques techniques, réglementaires et de marché. Il peut perdre une part importante, voire la totalité, de sa valeur. N’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre, diversifiez vos avoirs, et consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision significative.

Conclusion : un ordinateur mondial en construction

Ethereum est souvent décrit par ses partisans comme un « ordinateur mondial » : une infrastructure partagée, ouverte, programmable, sur laquelle des développeurs du monde entier peuvent construire des applications sans avoir à demander de permission. En 2026, plus de dix ans après son lancement, cette vision s’est en grande partie concrétisée : Ethereum héberge la plus vaste économie blockchain du monde, avec des centaines de milliards de dollars de valeur en circulation, des dizaines de milliers de développeurs actifs, et des cas d’usage qui dépassent largement la simple spéculation — finance ouverte, identité numérique, organisations décentralisées, tokenisation d’actifs réels. Le chemin a été semé d’obstacles : le hack de The DAO en 2016, les frais prohibitifs de 2021, le défi technique considérable du Merge en 2022. Mais Ethereum a prouvé sa capacité à évoluer sans perdre ses utilisateurs. En 2026, avec les Layer 2 qui permettent des transactions à quelques centimes et des mises à jour régulières, la plateforme continue de mûrir. Qu’on y voie une révolution en cours ou une expérience risquée, Ethereum est devenu un élément structurant de l’économie numérique contemporaine.

FAQ — Questions fréquentes sur Ethereum

Qu’est-ce qu’Ethereum exactement ?

Ethereum est une plateforme blockchain programmable lancée le 30 juillet 2015 par Vitalik Buterin et ses cofondateurs. Contrairement au Bitcoin, qui est principalement une monnaie numérique et une réserve de valeur, Ethereum est conçu pour exécuter des smart contracts (programmes autonomes) et héberger des applications décentralisées (DeFi, NFT, DAO, stablecoins). Son actif natif s’appelle Ether (ETH) et sert à payer les frais de transaction (gas) sur le réseau. Ethereum est souvent décrit comme un « ordinateur mondial » ouvert et neutre, sur lequel chacun peut déployer des applications sans demander de permission.

Ethereum fonctionne-t-il encore en preuve de travail ?

Non. Ethereum a basculé de la preuve de travail (PoW) à la preuve d’enjeu (PoS) le 15 septembre 2022 lors d’une opération appelée The Merge. Cette transition a réduit la consommation énergétique du réseau de 99,95 %. Dans le nouveau système, les transactions sont validées par des validateurs qui mettent en jeu de l’ETH (32 à 2 048 ETH depuis la mise à jour Pectra de mai 2025) plutôt que par des mineurs utilisant de la puissance de calcul. La terminologie « Ethereum 2.0 » utilisée avant le Merge a été officiellement abandonnée par la Fondation Ethereum en janvier 2022.

Qui a créé Ethereum et quand ?

Ethereum a été conçu par Vitalik Buterin, un jeune programmeur russo-canadien, qui a rédigé le whitepaper fondateur fin 2013 (alors qu’il avait 19 ans). Le projet a été cofondé par huit personnes au total : Vitalik Buterin, Gavin Wood (qui fondera Polkadot), Charles Hoskinson (qui fondera Cardano), Joseph Lubin (qui fondera ConsenSys), Anthony Di Iorio, Mihai Alisie, Amir Chetrit et Jeffrey Wilcke. Le financement public par crowdsale en 2014 a levé l’équivalent de 18,4 millions de dollars. Le réseau a été officiellement lancé le 30 juillet 2015.

Qu’est-ce qu’un smart contract ?

Un smart contract (« contrat intelligent ») est un programme déployé sur la blockchain Ethereum qui exécute automatiquement des règles prédéfinies, sans intermédiaire. Une fois déployé, son code est public, vérifiable par quiconque, et immuable. Les smart contracts sont écrits dans des langages comme Solidity (le plus répandu) ou Vyper. Ils peuvent gérer un jeton, arbitrer un prêt, organiser un vote, distribuer des récompenses, émettre un NFT — tout ce qui peut être formulé en règles logiques. C’est cette programmabilité qui distingue fondamentalement Ethereum du Bitcoin et qui a permis l’essor de la finance décentralisée, des NFT et des DAO.

Quelle est la différence entre Ethereum et Bitcoin ?

Bitcoin et Ethereum poursuivent des objectifs différents. Bitcoin est conçu comme une monnaie numérique et une réserve de valeur (« l’or numérique »), avec une offre limitée à 21 millions d’unités, et fonctionne en preuve de travail. Ethereum est une plateforme programmable permettant d’exécuter des smart contracts et des applications décentralisées ; il n’a pas de plafond d’émission mais fonctionne en régime déflationniste depuis 2021 grâce au mécanisme de burn EIP-1559. Ethereum fonctionne en preuve d’enjeu depuis septembre 2022, ce qui a réduit sa consommation énergétique de 99,95 %. En 2026, Bitcoin capitalise ~1 800 Mds $ et Ethereum ~400 Mds $. Les deux projets sont complémentaires plus que concurrents.

Qu’est-ce que les Layer 2 d’Ethereum ?

Les Layer 2 (L2) sont des blockchains qui s’ajoutent par-dessus Ethereum et héritent de sa sécurité, tout en offrant des débits beaucoup plus élevés et des frais beaucoup plus faibles. Les principaux Layer 2 en 2026 sont Arbitrum, Optimism, Base (opéré par Coinbase), zkSync Era, Linea, Scroll, Polygon zkEVM. Ensemble, ils traitent plus de 5 600 transactions par seconde — contre environ 15 TPS sur Ethereum mainnet. Les frais sur Layer 2 sont descendus entre 0,20 et 1 $ par transaction depuis les mises à jour Dencun (mars 2024), Pectra (mai 2025) et Fusaka (décembre 2025). L’objectif à long terme est d’atteindre plus de 100 000 TPS via les L2.

Comment acheter de l’Ethereum en France ?

Plusieurs étapes : 1) Choisir une plateforme régulée — en France, un PSAN enregistré auprès de l’AMF ou, après le 1er juillet 2026, un PSCA agréé sous MiCA. Plateformes reconnues : Coinbase, Kraken, Bitpanda, Bitvavo, Coinhouse. 2) Créer et vérifier son compte (KYC). 3) Déposer des euros (virement SEPA ou carte bancaire). 4) Acheter de l’ETH — possible en fractions. 5) Pour les montants significatifs, transférer vers un portefeuille personnel comme MetaMask (hot wallet) ou Ledger/Trezor (cold wallet), en suivant la règle « Not your keys, not your coins ». Une alternative consiste à acheter des ETF Ethereum spot via un compte-titres classique. La fiscalité française soumet les plus-values à la flat tax de 30 %.

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Qu’est-ce que le bitcoin ? https://www.imep-cnrs.com//quest-ce-que-le-bitcoin/ Thu, 07 Dec 2023 09:37:09 +0000 https://www.imep-cnrs.com//?p=30 Lancé le 3 janvier 2009 par un inconnu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le Bitcoin est la première crypto-monnaie de l’histoire — et reste [Lire la suite...]

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Lancé le 3 janvier 2009 par un inconnu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le Bitcoin est la première crypto-monnaie de l’histoire — et reste en 2026 la plus connue et la plus capitalisée. Sa trajectoire est sans équivalent dans l’histoire financière récente : vendue moins d’un dollar en 2010, une unité de Bitcoin s’échangeait contre près de 126 000 dollars en octobre 2025, avant de corriger à 80 000-90 000 dollars en fin d’année. Au-delà de ses performances spectaculaires, le Bitcoin est avant tout une innovation technologique majeure : un système de paiement électronique qui fonctionne sans banque, sans État, sans autorité centrale — et qui a résisté à 17 années d’attaques, de krachs, de controverses et de tentatives réglementaires. Ce guide explique ce qu’est réellement le Bitcoin, comment il fonctionne, d’où il vient et à quoi il sert en 2026.

Les origines du Bitcoin : du whitepaper au bloc genèse

Un livre blanc en pleine crise financière

Le 31 octobre 2008, au plus fort de la crise financière déclenchée par la faillite de Lehman Brothers, un individu ou un groupe se présentant sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto publie sur une liste de diffusion de cryptographie un document de 9 pages intitulé Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System. Le ton est sobre, le texte technique, mais la proposition est révolutionnaire : créer un système de paiement électronique qui permette à deux parties de s’échanger de la valeur directement, sans passer par une banque ou un tiers de confiance.

Le livre blanc s’attaque à un problème théorique resté sans solution depuis les années 1980 — le problème de la double dépense. Sur internet, un fichier numérique peut être copié à l’infini ; comment empêcher qu’une même unité monétaire soit dépensée deux fois ? La réponse de Nakamoto : un registre public, distribué, consultable par tous, et sécurisé par un mécanisme cryptographique appelé preuve de travail.

Le bloc genèse et ses premiers pas

Le 3 janvier 2009, Nakamoto mine le premier bloc de la blockchain Bitcoin — le bloc genèse. Dans ses données, il inscrit un message qui restera légendaire : « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks ». C’est à la fois un horodatage (en référence à la une du Times du jour) et une déclaration politique : le Bitcoin naît comme une alternative au système bancaire traditionnel défaillant.

Le 12 janvier 2009, Nakamoto envoie 10 BTC au cryptographe américain Hal Finney, première transaction Bitcoin de l’histoire. Le 22 mai 2010, le développeur Laszlo Hanyecz paie 10 000 BTC pour deux pizzas Papa John’s — première transaction commerciale documentée en Bitcoin. Ces pizzas vaudraient aujourd’hui près d’un milliard de dollars, et le 22 mai est célébré chaque année comme le Bitcoin Pizza Day.

En avril 2011, Satoshi Nakamoto envoie son dernier message public et disparaît. Son identité n’a jamais été confirmée, malgré de nombreuses enquêtes. Son portefeuille, contenant environ 1,1 million de BTC minés dans les premiers mois du réseau — soit près de 100 milliards de dollars au prix de 2026 — n’a jamais été touché.

« L’objectif du minage n’est pas la création de nouveaux bitcoins. C’est le mécanisme par lequel la sécurité de Bitcoin est décentralisée. »

Andreas M. Antonopoulos, Mastering Bitcoin, O’Reilly Media, 2014

Cette phrase d’Andreas Antonopoulos, l’un des plus grands pédagogues du Bitcoin, résume parfaitement une réalité souvent mal comprise. La création de nouveaux bitcoins n’est qu’une incitation économique ; ce qui importe réellement, c’est que des milliers d’acteurs indépendants sécurisent collectivement le réseau sans avoir besoin de se faire confiance.

Comment fonctionne le Bitcoin ? Les mécanismes essentiels

La blockchain : un registre public distribué

Toutes les transactions Bitcoin sont inscrites sur une blockchain — littéralement « chaîne de blocs ». Chaque bloc contient un lot de transactions récentes, un horodatage, et une référence cryptographique au bloc précédent. Cette structure en chaîne est ce qui rend la blockchain quasi impossible à modifier : changer une transaction passée supposerait de recalculer tous les blocs suivants, ce qui demanderait une puissance de calcul colossale.

Cette blockchain n’est pas stockée sur un serveur central. Elle est répliquée sur des milliers de nœuds dans le monde entier — en 2026, environ 60 000 nœuds actifs assurent la distribution du registre. N’importe qui peut télécharger la blockchain complète (environ 650 Go) et exécuter un nœud. Cette réplication massive rend le réseau extrêmement résilient : couper l’électricité sur un continent n’arrêterait pas Bitcoin.

La preuve de travail et le minage

Les transactions Bitcoin ne sont pas validées par une autorité, mais par un processus appelé preuve de travail (Proof of Work, PoW). Des ordinateurs spécialisés — les mineurs — rivalisent en permanence pour résoudre un puzzle cryptographique complexe. Ce puzzle consiste essentiellement à trouver un nombre qui, combiné au bloc en cours de validation, produit une empreinte numérique commençant par un certain nombre de zéros.

Le premier mineur à trouver la solution propose un nouveau bloc au réseau. Les autres nœuds vérifient la solution (ce qui est très rapide), et si elle est valide, le bloc est ajouté à la chaîne. Le mineur gagnant reçoit une récompense en bitcoins nouvellement créés, plus les frais de transaction du bloc. Ce processus se répète en moyenne toutes les 10 minutes.

Cette compétition a un coût : le réseau Bitcoin consomme environ 150 térawattheures par an, soit davantage que la consommation de la Pologne ou de l’Argentine. Les défenseurs du Bitcoin soulignent que cette énergie est majoritairement issue de sources renouvelables (hydroélectricité, solaire, éolien) et de gaz naturel autrement torché ; les critiques pointent son empreinte carbone globale.

Les clés privées et l’auto-conservation

Contrairement à un compte bancaire géré par une institution, un compte Bitcoin est constitué d’une paire de clés cryptographiques : une clé publique (qui génère l’adresse publique à laquelle d’autres peuvent envoyer des bitcoins) et une clé privée (qui permet de dépenser les bitcoins reçus). Quiconque dispose de la clé privée a le contrôle total des fonds — il n’y a pas de service client, pas de procédure de récupération, pas de mot de passe oublié.

Cette responsabilité individuelle est à la fois la plus grande force et la plus grande vulnérabilité du Bitcoin. Selon Chainalysis, environ 20 % de tous les bitcoins jamais émis seraient définitivement perdus — clés oubliées, disques durs effacés, utilisateurs décédés sans avoir transmis leurs accès. La règle d’or des investisseurs expérimentés est « Not your keys, not your coins » (« Pas vos clés, pas vos pièces ») : laisser ses bitcoins sur une plateforme centralisée, c’est accepter d’être exposé à la défaillance éventuelle de cette plateforme — comme l’ont appris à leurs dépens les clients de Mt. Gox (2014), FTX (2022) ou Bybit (février 2025, 1,5 milliard de dollars piratés en un seul vol).

Les caractéristiques clés du Bitcoin

Une offre strictement limitée à 21 millions

Contrairement aux monnaies classiques qu’une banque centrale peut créer en quantités arbitraires, l’offre de Bitcoin est strictement limitée à 21 millions d’unités. Ce plafond est inscrit dans le code depuis 2009 et n’a jamais été modifié. En 2026, environ 19,8 millions de BTC ont déjà été émis ; les derniers le seront théoriquement vers l’an 2140.

Le rythme d’émission suit une règle mathématique : tous les 210 000 blocs (environ quatre ans), la récompense par bloc est divisée par deux. C’est l’événement appelé halving. Le dernier en date — le quatrième de l’histoire du Bitcoin — a eu lieu le 20 avril 2024, faisant passer la récompense de 6,25 à 3,125 BTC par bloc. Le prochain est attendu autour d’avril 2028.

Halving Date Récompense avant → après Prix BTC à la date
1er 28 novembre 2012 50 → 25 BTC ~12 $
2e 9 juillet 2016 25 → 12,5 BTC ~650 $
3e 11 mai 2020 12,5 → 6,25 BTC ~8 600 $
4e 20 avril 2024 6,25 → 3,125 BTC ~64 500 $
5e (prévu) ~avril 2028 3,125 → 1,5625 BTC ?

Cette politique monétaire prévisible — aucune banque centrale, aucun politicien ne peut décider d’imprimer plus de bitcoins — est ce qui a valu au Bitcoin le surnom d’« or numérique ». Elle contraste avec la politique de la plupart des monnaies modernes, où la masse monétaire est dictée par les décisions politiques et économiques des banques centrales.

Un réseau décentralisé sans autorité centrale

Le Bitcoin ne fonctionne pas sur un serveur possédé par une entreprise ou un État. Il fonctionne sur un réseau pair-à-pair distribué dans le monde entier. Aucune personne, aucune entité, aucun gouvernement ne peut unilatéralement modifier ses règles, bloquer une transaction, confisquer des fonds ou arrêter le réseau. Les changements au protocole (Bitcoin Improvement Proposals, ou BIP) doivent être adoptés par consensus entre les développeurs, les mineurs et les utilisateurs — un processus lent mais robuste.

Cette décentralisation est aussi ce qui rend le Bitcoin résistant à la censure. Une transaction valide sera incluse dans la blockchain indépendamment de qui l’émet, pour quoi, ou depuis quel pays. Les implications sont positives (inclusion financière, protection contre les États autoritaires) comme négatives (potentiel d’usage criminel).

Transparence et pseudonymat

Toutes les transactions Bitcoin sont publiques — n’importe qui peut consulter la blockchain via des explorateurs comme Blockchain.com ou Mempool.space. Mais elles ne sont pas anonymes, elles sont pseudonymes : les adresses publiques ne sont pas nominatives, mais une fois associées à une identité (par exemple lors d’une inscription sur une plateforme d’échange régulée), toutes les transactions passées et futures de cette adresse deviennent traçables. Des entreprises spécialisées comme Chainalysis aident les autorités à remonter les flux suspects. Contrairement à l’idée reçue, le Bitcoin n’est pas l’outil idéal pour les activités criminelles — il est même traçable à l’infini.

Pour approfondir les différents acteurs du marché crypto

Pour comprendre comment le Bitcoin se positionne dans l’écosystème, notre article sur les différences entre le Bitcoin et l’Ethereum compare les deux piliers historiques, et notre panorama des crypto-monnaies les plus populaires présente les 15 principaux actifs numériques de 2026.

À quoi sert le Bitcoin en 2026 ?

Une réserve de valeur plus qu’une monnaie de paiement

Dans la pratique, le Bitcoin est aujourd’hui utilisé principalement comme réserve de valeur plutôt que comme moyen de paiement courant. Des particuliers, des entreprises cotées et même des États en accumulent :

  • Strategy (ex-MicroStrategy), dirigée par Michael Saylor, détient plus de 580 000 BTC dans sa trésorerie — soit environ 2,8 % de l’offre totale.
  • Les ETF Bitcoin spot américains (BlackRock IBIT, Fidelity FBTC, etc.), approuvés le 10 janvier 2024, détiennent collectivement plus de 1,29 million de BTC en 2026, soit environ 7 % de l’offre totale.
  • Les États-Unis ont créé en mars 2025 une Strategic Bitcoin Reserve nationale par décret présidentiel, officialisant le Bitcoin comme actif stratégique.
  • Plusieurs pays européens (République tchèque, et potentiellement Hongrie, Pologne, Suède, Bulgarie) étudient des réserves nationales de BTC.

Des paiements dans des contextes spécifiques

Le Bitcoin reste utilisé comme moyen de paiement dans plusieurs contextes :

  • Paiements transfrontaliers et envois de fonds (remittances) : moins chers et plus rapides que Western Union ou SWIFT dans certains corridors.
  • Pays à forte inflation (Argentine, Turquie, Venezuela, Liban) : le Bitcoin sert de protection contre l’effondrement des monnaies locales.
  • Micropaiements via le Lightning Network : protocole de seconde couche opérationnel depuis 2018, qui permet des transactions Bitcoin quasi instantanées pour quelques centimes. En 2026, le réseau compte environ 15 000 nœuds actifs et plus de 5 000 BTC verrouillés en capacité.
  • Paiements internationaux pour entreprises et contournement de certaines restrictions de capitaux.

Des cas d’usage émergents

Depuis 2023, de nouveaux usages se développent sur Bitcoin :

  • Ordinals (janvier 2023) : inscriptions d’images, de texte, voire de NFT directement sur la blockchain Bitcoin.
  • Layer 2 Bitcoin : des projets comme Rootstock, Stacks, Botanix ou BOB cherchent à apporter à Bitcoin une programmabilité proche de celle d’Ethereum, tout en conservant la sécurité du réseau principal.
  • BRC-20 et Runes : standards de jetons construits sur Bitcoin, permettant de créer des actifs dérivés.

Comment acheter du Bitcoin en toute sécurité

Acquérir du Bitcoin est aujourd’hui relativement simple, mais nécessite quelques précautions. Plusieurs méthodes coexistent :

Les plateformes d’échange régulées

La méthode la plus courante consiste à ouvrir un compte sur une plateforme d’échange de crypto-monnaies. En France, il est essentiel de choisir un prestataire agréé : depuis l’entrée en vigueur complète du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) le 30 décembre 2024, les prestataires doivent être agréés PSCA — ou, pour les acteurs français historiques, enregistrés PSAN auprès de l’AMF (période transitoire jusqu’au 1er juillet 2026).

Les plateformes internationales les plus utilisées incluent Coinbase (USA, cotée au Nasdaq), Kraken, Bitstamp, Gemini. En Europe, Bitpanda (Autriche), Bitvavo (Pays-Bas) et Coinhouse (France) sont des acteurs reconnus. Les plateformes permettent de déposer des euros (virement SEPA, carte bancaire) et d’acheter des bitcoins, généralement moyennant des frais de 0,1 % à 1,5 % selon la plateforme et le volume.

Les ETF Bitcoin spot

Pour les investisseurs qui préfèrent ne pas gérer eux-mêmes de portefeuille crypto, les ETF Bitcoin spot permettent d’obtenir une exposition au Bitcoin via un compte-titres classique. Approuvés aux États-Unis en janvier 2024, ces ETF (iShares Bitcoin Trust de BlackRock, Fidelity FBTC, Grayscale GBTC, etc.) suivent le prix spot du Bitcoin moyennant des frais de gestion typiquement compris entre 0,15 % et 0,30 % par an. En Europe, les équivalents existent sous forme d’ETP (Exchange-Traded Products) et de certificats.

Les distributeurs automatiques et plateformes P2P

Les distributeurs automatiques de Bitcoin (Bitcoin ATM) permettent d’acheter ou de vendre des bitcoins contre des espèces. Ils sont présents dans plusieurs dizaines de villes en France (notamment via le réseau Bitcoin Avenue). Leurs frais sont généralement élevés (5 à 10 %) mais ils offrent une forme d’accessibilité particulière. Les plateformes P2P comme Bisq ou HodlHodl permettent des échanges directs entre particuliers, avec divers modes de paiement.

Conserver ses bitcoins : portefeuilles chauds vs froids

Une fois achetés, les bitcoins doivent être conservés dans un portefeuille (wallet). On distingue :

  • Portefeuilles chauds (hot wallets) : applications mobiles ou extensions de navigateur connectées à internet. Pratiques mais exposées aux piratages. Exemples : Trust Wallet, Exodus, MetaMask.
  • Portefeuilles froids (cold wallets) : boîtiers physiques non connectés à internet, comme ceux du français Ledger (leader mondial basé à Paris) ou de Trezor. Ils offrent la meilleure sécurité pour des montants significatifs.
  • Portefeuilles papier : clés privées imprimées. Moins pratique mais extrêmement sécurisé si bien stocké.

La règle essentielle : pour des montants importants, transférer ses bitcoins vers un portefeuille dont on contrôle la clé privée, plutôt que les laisser sur une plateforme d’échange.

Prix, volatilité et fiscalité

Une trajectoire spectaculaire mais chaotique

Le prix du Bitcoin a connu une trajectoire sans équivalent dans l’histoire financière récente. De moins d’un dollar en 2010, il a traversé plusieurs cycles majeurs ponctués de corrections brutales :

  • 2013 : premier pic à ~1 200 $, suivi d’un effondrement.
  • Décembre 2017 : sommet à ~20 000 $, puis correction de -84 % à 3 200 $ fin 2018.
  • Novembre 2021 : nouveau sommet à ~69 000 $, puis correction de -77 % à 15 500 $ en novembre 2022 (crash FTX).
  • Octobre 2025 : sommet historique à environ 126 000 $, suivi d’une correction de -36 % à 80 500 $ en novembre 2025.

La volatilité quotidienne du Bitcoin s’est toutefois nettement réduite au fil du temps : de 7,58 % en 2012 à 2,24 % en 2025 selon K33 Research, portée par l’arrivée des investisseurs institutionnels. Pour autant, elle reste bien supérieure à celle des grands indices boursiers (S&P 500 ~12,66 % annualisé en 2024).

La fiscalité française du Bitcoin

En France, les plus-values réalisées par des particuliers lors de cessions de Bitcoin contre une monnaie fiduciaire sont soumises depuis 2019 à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Une option pour le barème progressif existe si elle est plus avantageuse. Points clés :

  • Les échanges crypto-vers-crypto (ex. BTC → ETH) ne déclenchent pas d’imposition — seule la conversion en euros ou l’achat de biens et services constitue un fait générateur.
  • Les contribuables doivent déclarer annuellement leurs comptes crypto ouverts à l’étranger (formulaire 3916-bis) et leurs plus-values (formulaire 2086).
  • Depuis janvier 2025, la directive européenne DAC8 harmonise l’échange automatique d’informations fiscales entre administrations européennes sur les transactions crypto.

⚠ Avertissement : cet article présente le Bitcoin à des fins éducatives. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Le Bitcoin est un actif hautement spéculatif, volatil, exposé à des risques techniques, réglementaires et de marché. Il n’est pas garanti, il peut perdre toute sa valeur. N’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre, diversifiez vos avoirs, et consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision significative.

Conclusion : comprendre Bitcoin au-delà du prix

Le Bitcoin est trop souvent réduit à son prix ou à ses fluctuations spectaculaires. C’est pourtant d’abord une innovation technologique : une réponse concrète et élégante à un problème théorique (la double dépense numérique) qui avait résisté aux cryptographes pendant des décennies. En créant un système monétaire qui fonctionne sans tiers de confiance, résistant à la censure et à l’inflation arbitraire, Satoshi Nakamoto a inauguré une nouvelle famille d’actifs et inspiré tout un écosystème — y compris des technologies qui, comme Ethereum, prolongent cette logique dans d’autres directions. En 2026, 17 ans après son lancement, le Bitcoin continue de susciter des débats passionnés : réserve de valeur légitime pour les uns, bulle spéculative inutile pour les autres, pari politique et philosophique pour certains. Quel que soit le jugement qu’on porte sur lui, le comprendre — son histoire, son fonctionnement, ses forces, ses limites — est devenu nécessaire pour naviguer dans le paysage financier et technologique contemporain.

FAQ — Questions fréquentes sur le Bitcoin

Qu’est-ce que le Bitcoin exactement ?

Le Bitcoin est la première crypto-monnaie de l’histoire, créée en 2009 par un inconnu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Il s’agit d’un système de paiement électronique décentralisé qui permet de transférer de la valeur directement entre deux parties, sans passer par une banque ou un tiers de confiance. Le Bitcoin repose sur la technologie blockchain, un registre public et distribué qui enregistre toutes les transactions, et sur un mécanisme de consensus appelé preuve de travail pour sécuriser le réseau. Son offre est strictement limitée à 21 millions d’unités, ce qui lui vaut souvent le surnom d’« or numérique ».

Qui a créé le Bitcoin ?

Le Bitcoin a été créé par une personne ou un groupe opérant sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Son livre blanc, intitulé Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System, a été publié le 31 octobre 2008 sur une liste de diffusion de cryptographie, et le réseau a été lancé le 3 janvier 2009 avec le minage du premier bloc (bloc genèse). Satoshi Nakamoto a cessé toute communication publique en avril 2011 et son identité réelle n’a jamais été révélée. Son portefeuille, contenant environ 1,1 million de BTC, n’a jamais été touché depuis sa disparition.

Comment fonctionne le minage de Bitcoin ?

Le minage est le processus par lequel les transactions Bitcoin sont validées et ajoutées à la blockchain. Des ordinateurs spécialisés (les mineurs) rivalisent pour résoudre un puzzle cryptographique complexe. Le premier à trouver la solution propose un nouveau bloc au réseau et reçoit une récompense en bitcoins nouvellement créés (actuellement 3,125 BTC par bloc depuis le halving d’avril 2024) plus les frais de transaction du bloc. Ce processus se répète en moyenne toutes les 10 minutes. Le minage sécurise le réseau en rendant toute tentative de fraude économiquement irrationnelle : réécrire la blockchain nécessiterait de contrôler plus de 50 % de la puissance de calcul mondiale — une entreprise évaluée à des dizaines de milliards de dollars.

Pourquoi le Bitcoin est-il limité à 21 millions d’unités ?

Cette limite est inscrite dans le code du Bitcoin depuis 2009 et constitue l’une de ses caractéristiques les plus distinctives. Contrairement aux monnaies classiques qu’une banque centrale peut créer en quantités arbitraires, l’offre de Bitcoin est strictement prévisible. Le rythme d’émission est divisé par deux tous les 210 000 blocs (environ quatre ans) lors d’un événement appelé halving. Les derniers bitcoins seront théoriquement émis vers l’an 2140. En 2026, environ 19,8 millions de BTC ont déjà été émis. Cette rareté programmée est ce qui a valu au Bitcoin le surnom d’« or numérique » et le positionne comme une protection potentielle contre l’inflation des monnaies fiduciaires.

Qu’est-ce qu’un halving et pourquoi est-il important ?

Un halving (« division par deux ») est un événement programmé dans le code du Bitcoin qui divise par deux la récompense accordée aux mineurs pour chaque bloc validé. Il se produit tous les 210 000 blocs, soit environ tous les quatre ans. Le quatrième halving a eu lieu le 20 avril 2024, faisant passer la récompense de 6,25 à 3,125 BTC par bloc. Le prochain est attendu autour d’avril 2028. Historiquement, chaque halving a été suivi d’un cycle haussier dans les 12 à 18 mois, bien que les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Le halving est important car il réduit mécaniquement l’offre de nouveaux bitcoins mis sur le marché, ce qui peut exercer une pression haussière sur le prix si la demande reste constante ou augmente.

Comment acheter du Bitcoin en France en toute sécurité ?

Plusieurs étapes sont recommandées. 1) Se former avant toute chose : comprendre ce qu’est le Bitcoin, la volatilité, les risques. 2) Choisir une plateforme d’échange régulée — en France, privilégier un prestataire enregistré PSAN auprès de l’AMF, ou agréé PSCA sous MiCA. Les plateformes européennes reconnues incluent Bitpanda, Bitvavo, Coinhouse ; les internationales majeures sont Coinbase, Kraken, Bitstamp. 3) Commencer par de petites sommes pour se familiariser. 4) Pour des montants significatifs, transférer ses bitcoins sur un portefeuille matériel (cold wallet) comme Ledger ou Trezor — en suivant la règle « Not your keys, not your coins ». 5) Déclarer fiscalement ses avoirs à l’étranger (formulaire 3916-bis) et ses plus-values (formulaire 2086), soumises à la flat tax de 30 %. Une alternative plus simple pour les investisseurs classiques consiste à passer par des ETF Bitcoin spot via un compte-titres.

Le Bitcoin est-il anonyme ?

Non, le Bitcoin n’est pas anonyme — il est pseudonyme. Toutes les transactions sont publiques et consultables à vie sur la blockchain via des explorateurs comme Blockchain.com ou Mempool.space. Les adresses publiques ne sont pas nominatives, mais une fois associées à une identité (par exemple lors d’une inscription sur une plateforme régulée ayant des obligations KYC), toutes les transactions passées et futures de cette adresse deviennent traçables. Des entreprises spécialisées comme Chainalysis aident les autorités à remonter les flux suspects. Contrairement à l’idée reçue, le Bitcoin est extrêmement traçable — ce qui en fait un mauvais outil pour les activités criminelles, loin devant les espèces. Pour une confidentialité renforcée, certains utilisateurs se tournent vers des crypto-monnaies spécialisées comme Monero, dont l’utilisation est en revanche plus strictement encadrée par la réglementation.

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