Qu’est-ce que le bitcoin ?

Lancé le 3 janvier 2009 par un inconnu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le Bitcoin est la première crypto-monnaie de l’histoire — et reste en 2026 la plus connue et la plus capitalisée. Sa trajectoire est sans équivalent dans l’histoire financière récente : vendue moins d’un dollar en 2010, une unité de Bitcoin s’échangeait contre près de 126 000 dollars en octobre 2025, avant de corriger à 80 000-90 000 dollars en fin d’année. Au-delà de ses performances spectaculaires, le Bitcoin est avant tout une innovation technologique majeure : un système de paiement électronique qui fonctionne sans banque, sans État, sans autorité centrale — et qui a résisté à 17 années d’attaques, de krachs, de controverses et de tentatives réglementaires. Ce guide explique ce qu’est réellement le Bitcoin, comment il fonctionne, d’où il vient et à quoi il sert en 2026.

Les origines du Bitcoin : du whitepaper au bloc genèse

Un livre blanc en pleine crise financière

Le 31 octobre 2008, au plus fort de la crise financière déclenchée par la faillite de Lehman Brothers, un individu ou un groupe se présentant sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto publie sur une liste de diffusion de cryptographie un document de 9 pages intitulé Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System. Le ton est sobre, le texte technique, mais la proposition est révolutionnaire : créer un système de paiement électronique qui permette à deux parties de s’échanger de la valeur directement, sans passer par une banque ou un tiers de confiance.

Le livre blanc s’attaque à un problème théorique resté sans solution depuis les années 1980 — le problème de la double dépense. Sur internet, un fichier numérique peut être copié à l’infini ; comment empêcher qu’une même unité monétaire soit dépensée deux fois ? La réponse de Nakamoto : un registre public, distribué, consultable par tous, et sécurisé par un mécanisme cryptographique appelé preuve de travail.

Le bloc genèse et ses premiers pas

Le 3 janvier 2009, Nakamoto mine le premier bloc de la blockchain Bitcoin — le bloc genèse. Dans ses données, il inscrit un message qui restera légendaire : « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks ». C’est à la fois un horodatage (en référence à la une du Times du jour) et une déclaration politique : le Bitcoin naît comme une alternative au système bancaire traditionnel défaillant.

Le 12 janvier 2009, Nakamoto envoie 10 BTC au cryptographe américain Hal Finney, première transaction Bitcoin de l’histoire. Le 22 mai 2010, le développeur Laszlo Hanyecz paie 10 000 BTC pour deux pizzas Papa John’s — première transaction commerciale documentée en Bitcoin. Ces pizzas vaudraient aujourd’hui près d’un milliard de dollars, et le 22 mai est célébré chaque année comme le Bitcoin Pizza Day.

En avril 2011, Satoshi Nakamoto envoie son dernier message public et disparaît. Son identité n’a jamais été confirmée, malgré de nombreuses enquêtes. Son portefeuille, contenant environ 1,1 million de BTC minés dans les premiers mois du réseau — soit près de 100 milliards de dollars au prix de 2026 — n’a jamais été touché.

« L’objectif du minage n’est pas la création de nouveaux bitcoins. C’est le mécanisme par lequel la sécurité de Bitcoin est décentralisée. »

Andreas M. Antonopoulos, Mastering Bitcoin, O’Reilly Media, 2014

Cette phrase d’Andreas Antonopoulos, l’un des plus grands pédagogues du Bitcoin, résume parfaitement une réalité souvent mal comprise. La création de nouveaux bitcoins n’est qu’une incitation économique ; ce qui importe réellement, c’est que des milliers d’acteurs indépendants sécurisent collectivement le réseau sans avoir besoin de se faire confiance.

Comment fonctionne le Bitcoin ? Les mécanismes essentiels

La blockchain : un registre public distribué

Toutes les transactions Bitcoin sont inscrites sur une blockchain — littéralement « chaîne de blocs ». Chaque bloc contient un lot de transactions récentes, un horodatage, et une référence cryptographique au bloc précédent. Cette structure en chaîne est ce qui rend la blockchain quasi impossible à modifier : changer une transaction passée supposerait de recalculer tous les blocs suivants, ce qui demanderait une puissance de calcul colossale.

Cette blockchain n’est pas stockée sur un serveur central. Elle est répliquée sur des milliers de nœuds dans le monde entier — en 2026, environ 60 000 nœuds actifs assurent la distribution du registre. N’importe qui peut télécharger la blockchain complète (environ 650 Go) et exécuter un nœud. Cette réplication massive rend le réseau extrêmement résilient : couper l’électricité sur un continent n’arrêterait pas Bitcoin.

La preuve de travail et le minage

Les transactions Bitcoin ne sont pas validées par une autorité, mais par un processus appelé preuve de travail (Proof of Work, PoW). Des ordinateurs spécialisés — les mineurs — rivalisent en permanence pour résoudre un puzzle cryptographique complexe. Ce puzzle consiste essentiellement à trouver un nombre qui, combiné au bloc en cours de validation, produit une empreinte numérique commençant par un certain nombre de zéros.

Le premier mineur à trouver la solution propose un nouveau bloc au réseau. Les autres nœuds vérifient la solution (ce qui est très rapide), et si elle est valide, le bloc est ajouté à la chaîne. Le mineur gagnant reçoit une récompense en bitcoins nouvellement créés, plus les frais de transaction du bloc. Ce processus se répète en moyenne toutes les 10 minutes.

Cette compétition a un coût : le réseau Bitcoin consomme environ 150 térawattheures par an, soit davantage que la consommation de la Pologne ou de l’Argentine. Les défenseurs du Bitcoin soulignent que cette énergie est majoritairement issue de sources renouvelables (hydroélectricité, solaire, éolien) et de gaz naturel autrement torché ; les critiques pointent son empreinte carbone globale.

Les clés privées et l’auto-conservation

Contrairement à un compte bancaire géré par une institution, un compte Bitcoin est constitué d’une paire de clés cryptographiques : une clé publique (qui génère l’adresse publique à laquelle d’autres peuvent envoyer des bitcoins) et une clé privée (qui permet de dépenser les bitcoins reçus). Quiconque dispose de la clé privée a le contrôle total des fonds — il n’y a pas de service client, pas de procédure de récupération, pas de mot de passe oublié.

Cette responsabilité individuelle est à la fois la plus grande force et la plus grande vulnérabilité du Bitcoin. Selon Chainalysis, environ 20 % de tous les bitcoins jamais émis seraient définitivement perdus — clés oubliées, disques durs effacés, utilisateurs décédés sans avoir transmis leurs accès. La règle d’or des investisseurs expérimentés est « Not your keys, not your coins » (« Pas vos clés, pas vos pièces ») : laisser ses bitcoins sur une plateforme centralisée, c’est accepter d’être exposé à la défaillance éventuelle de cette plateforme — comme l’ont appris à leurs dépens les clients de Mt. Gox (2014), FTX (2022) ou Bybit (février 2025, 1,5 milliard de dollars piratés en un seul vol).

Les caractéristiques clés du Bitcoin

Une offre strictement limitée à 21 millions

Contrairement aux monnaies classiques qu’une banque centrale peut créer en quantités arbitraires, l’offre de Bitcoin est strictement limitée à 21 millions d’unités. Ce plafond est inscrit dans le code depuis 2009 et n’a jamais été modifié. En 2026, environ 19,8 millions de BTC ont déjà été émis ; les derniers le seront théoriquement vers l’an 2140.

Le rythme d’émission suit une règle mathématique : tous les 210 000 blocs (environ quatre ans), la récompense par bloc est divisée par deux. C’est l’événement appelé halving. Le dernier en date — le quatrième de l’histoire du Bitcoin — a eu lieu le 20 avril 2024, faisant passer la récompense de 6,25 à 3,125 BTC par bloc. Le prochain est attendu autour d’avril 2028.

Halving Date Récompense avant → après Prix BTC à la date
1er 28 novembre 2012 50 → 25 BTC ~12 $
2e 9 juillet 2016 25 → 12,5 BTC ~650 $
3e 11 mai 2020 12,5 → 6,25 BTC ~8 600 $
4e 20 avril 2024 6,25 → 3,125 BTC ~64 500 $
5e (prévu) ~avril 2028 3,125 → 1,5625 BTC ?

Cette politique monétaire prévisible — aucune banque centrale, aucun politicien ne peut décider d’imprimer plus de bitcoins — est ce qui a valu au Bitcoin le surnom d’« or numérique ». Elle contraste avec la politique de la plupart des monnaies modernes, où la masse monétaire est dictée par les décisions politiques et économiques des banques centrales.

Un réseau décentralisé sans autorité centrale

Le Bitcoin ne fonctionne pas sur un serveur possédé par une entreprise ou un État. Il fonctionne sur un réseau pair-à-pair distribué dans le monde entier. Aucune personne, aucune entité, aucun gouvernement ne peut unilatéralement modifier ses règles, bloquer une transaction, confisquer des fonds ou arrêter le réseau. Les changements au protocole (Bitcoin Improvement Proposals, ou BIP) doivent être adoptés par consensus entre les développeurs, les mineurs et les utilisateurs — un processus lent mais robuste.

Cette décentralisation est aussi ce qui rend le Bitcoin résistant à la censure. Une transaction valide sera incluse dans la blockchain indépendamment de qui l’émet, pour quoi, ou depuis quel pays. Les implications sont positives (inclusion financière, protection contre les États autoritaires) comme négatives (potentiel d’usage criminel).

Transparence et pseudonymat

Toutes les transactions Bitcoin sont publiques — n’importe qui peut consulter la blockchain via des explorateurs comme Blockchain.com ou Mempool.space. Mais elles ne sont pas anonymes, elles sont pseudonymes : les adresses publiques ne sont pas nominatives, mais une fois associées à une identité (par exemple lors d’une inscription sur une plateforme d’échange régulée), toutes les transactions passées et futures de cette adresse deviennent traçables. Des entreprises spécialisées comme Chainalysis aident les autorités à remonter les flux suspects. Contrairement à l’idée reçue, le Bitcoin n’est pas l’outil idéal pour les activités criminelles — il est même traçable à l’infini.

Pour approfondir les différents acteurs du marché crypto

Pour comprendre comment le Bitcoin se positionne dans l’écosystème, notre article sur les différences entre le Bitcoin et l’Ethereum compare les deux piliers historiques, et notre panorama des crypto-monnaies les plus populaires présente les 15 principaux actifs numériques de 2026.

À quoi sert le Bitcoin en 2026 ?

Une réserve de valeur plus qu’une monnaie de paiement

Dans la pratique, le Bitcoin est aujourd’hui utilisé principalement comme réserve de valeur plutôt que comme moyen de paiement courant. Des particuliers, des entreprises cotées et même des États en accumulent :

  • Strategy (ex-MicroStrategy), dirigée par Michael Saylor, détient plus de 580 000 BTC dans sa trésorerie — soit environ 2,8 % de l’offre totale.
  • Les ETF Bitcoin spot américains (BlackRock IBIT, Fidelity FBTC, etc.), approuvés le 10 janvier 2024, détiennent collectivement plus de 1,29 million de BTC en 2026, soit environ 7 % de l’offre totale.
  • Les États-Unis ont créé en mars 2025 une Strategic Bitcoin Reserve nationale par décret présidentiel, officialisant le Bitcoin comme actif stratégique.
  • Plusieurs pays européens (République tchèque, et potentiellement Hongrie, Pologne, Suède, Bulgarie) étudient des réserves nationales de BTC.

Des paiements dans des contextes spécifiques

Le Bitcoin reste utilisé comme moyen de paiement dans plusieurs contextes :

  • Paiements transfrontaliers et envois de fonds (remittances) : moins chers et plus rapides que Western Union ou SWIFT dans certains corridors.
  • Pays à forte inflation (Argentine, Turquie, Venezuela, Liban) : le Bitcoin sert de protection contre l’effondrement des monnaies locales.
  • Micropaiements via le Lightning Network : protocole de seconde couche opérationnel depuis 2018, qui permet des transactions Bitcoin quasi instantanées pour quelques centimes. En 2026, le réseau compte environ 15 000 nœuds actifs et plus de 5 000 BTC verrouillés en capacité.
  • Paiements internationaux pour entreprises et contournement de certaines restrictions de capitaux.

Des cas d’usage émergents

Depuis 2023, de nouveaux usages se développent sur Bitcoin :

  • Ordinals (janvier 2023) : inscriptions d’images, de texte, voire de NFT directement sur la blockchain Bitcoin.
  • Layer 2 Bitcoin : des projets comme Rootstock, Stacks, Botanix ou BOB cherchent à apporter à Bitcoin une programmabilité proche de celle d’Ethereum, tout en conservant la sécurité du réseau principal.
  • BRC-20 et Runes : standards de jetons construits sur Bitcoin, permettant de créer des actifs dérivés.

Comment acheter du Bitcoin en toute sécurité

Acquérir du Bitcoin est aujourd’hui relativement simple, mais nécessite quelques précautions. Plusieurs méthodes coexistent :

Les plateformes d’échange régulées

La méthode la plus courante consiste à ouvrir un compte sur une plateforme d’échange de crypto-monnaies. En France, il est essentiel de choisir un prestataire agréé : depuis l’entrée en vigueur complète du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) le 30 décembre 2024, les prestataires doivent être agréés PSCA — ou, pour les acteurs français historiques, enregistrés PSAN auprès de l’AMF (période transitoire jusqu’au 1er juillet 2026).

Les plateformes internationales les plus utilisées incluent Coinbase (USA, cotée au Nasdaq), Kraken, Bitstamp, Gemini. En Europe, Bitpanda (Autriche), Bitvavo (Pays-Bas) et Coinhouse (France) sont des acteurs reconnus. Les plateformes permettent de déposer des euros (virement SEPA, carte bancaire) et d’acheter des bitcoins, généralement moyennant des frais de 0,1 % à 1,5 % selon la plateforme et le volume.

Les ETF Bitcoin spot

Pour les investisseurs qui préfèrent ne pas gérer eux-mêmes de portefeuille crypto, les ETF Bitcoin spot permettent d’obtenir une exposition au Bitcoin via un compte-titres classique. Approuvés aux États-Unis en janvier 2024, ces ETF (iShares Bitcoin Trust de BlackRock, Fidelity FBTC, Grayscale GBTC, etc.) suivent le prix spot du Bitcoin moyennant des frais de gestion typiquement compris entre 0,15 % et 0,30 % par an. En Europe, les équivalents existent sous forme d’ETP (Exchange-Traded Products) et de certificats.

Les distributeurs automatiques et plateformes P2P

Les distributeurs automatiques de Bitcoin (Bitcoin ATM) permettent d’acheter ou de vendre des bitcoins contre des espèces. Ils sont présents dans plusieurs dizaines de villes en France (notamment via le réseau Bitcoin Avenue). Leurs frais sont généralement élevés (5 à 10 %) mais ils offrent une forme d’accessibilité particulière. Les plateformes P2P comme Bisq ou HodlHodl permettent des échanges directs entre particuliers, avec divers modes de paiement.

Conserver ses bitcoins : portefeuilles chauds vs froids

Une fois achetés, les bitcoins doivent être conservés dans un portefeuille (wallet). On distingue :

  • Portefeuilles chauds (hot wallets) : applications mobiles ou extensions de navigateur connectées à internet. Pratiques mais exposées aux piratages. Exemples : Trust Wallet, Exodus, MetaMask.
  • Portefeuilles froids (cold wallets) : boîtiers physiques non connectés à internet, comme ceux du français Ledger (leader mondial basé à Paris) ou de Trezor. Ils offrent la meilleure sécurité pour des montants significatifs.
  • Portefeuilles papier : clés privées imprimées. Moins pratique mais extrêmement sécurisé si bien stocké.

La règle essentielle : pour des montants importants, transférer ses bitcoins vers un portefeuille dont on contrôle la clé privée, plutôt que les laisser sur une plateforme d’échange.

Prix, volatilité et fiscalité

Une trajectoire spectaculaire mais chaotique

Le prix du Bitcoin a connu une trajectoire sans équivalent dans l’histoire financière récente. De moins d’un dollar en 2010, il a traversé plusieurs cycles majeurs ponctués de corrections brutales :

  • 2013 : premier pic à ~1 200 $, suivi d’un effondrement.
  • Décembre 2017 : sommet à ~20 000 $, puis correction de -84 % à 3 200 $ fin 2018.
  • Novembre 2021 : nouveau sommet à ~69 000 $, puis correction de -77 % à 15 500 $ en novembre 2022 (crash FTX).
  • Octobre 2025 : sommet historique à environ 126 000 $, suivi d’une correction de -36 % à 80 500 $ en novembre 2025.

La volatilité quotidienne du Bitcoin s’est toutefois nettement réduite au fil du temps : de 7,58 % en 2012 à 2,24 % en 2025 selon K33 Research, portée par l’arrivée des investisseurs institutionnels. Pour autant, elle reste bien supérieure à celle des grands indices boursiers (S&P 500 ~12,66 % annualisé en 2024).

La fiscalité française du Bitcoin

En France, les plus-values réalisées par des particuliers lors de cessions de Bitcoin contre une monnaie fiduciaire sont soumises depuis 2019 à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Une option pour le barème progressif existe si elle est plus avantageuse. Points clés :

  • Les échanges crypto-vers-crypto (ex. BTC → ETH) ne déclenchent pas d’imposition — seule la conversion en euros ou l’achat de biens et services constitue un fait générateur.
  • Les contribuables doivent déclarer annuellement leurs comptes crypto ouverts à l’étranger (formulaire 3916-bis) et leurs plus-values (formulaire 2086).
  • Depuis janvier 2025, la directive européenne DAC8 harmonise l’échange automatique d’informations fiscales entre administrations européennes sur les transactions crypto.

⚠️ Avertissement : cet article présente le Bitcoin à des fins éducatives. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Le Bitcoin est un actif hautement spéculatif, volatil, exposé à des risques techniques, réglementaires et de marché. Il n’est pas garanti, il peut perdre toute sa valeur. N’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre, diversifiez vos avoirs, et consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision significative.

Conclusion : comprendre Bitcoin au-delà du prix

Le Bitcoin est trop souvent réduit à son prix ou à ses fluctuations spectaculaires. C’est pourtant d’abord une innovation technologique : une réponse concrète et élégante à un problème théorique (la double dépense numérique) qui avait résisté aux cryptographes pendant des décennies. En créant un système monétaire qui fonctionne sans tiers de confiance, résistant à la censure et à l’inflation arbitraire, Satoshi Nakamoto a inauguré une nouvelle famille d’actifs et inspiré tout un écosystème — y compris des technologies qui, comme Ethereum, prolongent cette logique dans d’autres directions. En 2026, 17 ans après son lancement, le Bitcoin continue de susciter des débats passionnés : réserve de valeur légitime pour les uns, bulle spéculative inutile pour les autres, pari politique et philosophique pour certains. Quel que soit le jugement qu’on porte sur lui, le comprendre — son histoire, son fonctionnement, ses forces, ses limites — est devenu nécessaire pour naviguer dans le paysage financier et technologique contemporain.

FAQ — Questions fréquentes sur le Bitcoin

Qu’est-ce que le Bitcoin exactement ?

Le Bitcoin est la première crypto-monnaie de l’histoire, créée en 2009 par un inconnu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Il s’agit d’un système de paiement électronique décentralisé qui permet de transférer de la valeur directement entre deux parties, sans passer par une banque ou un tiers de confiance. Le Bitcoin repose sur la technologie blockchain, un registre public et distribué qui enregistre toutes les transactions, et sur un mécanisme de consensus appelé preuve de travail pour sécuriser le réseau. Son offre est strictement limitée à 21 millions d’unités, ce qui lui vaut souvent le surnom d’« or numérique ».

Qui a créé le Bitcoin ?

Le Bitcoin a été créé par une personne ou un groupe opérant sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Son livre blanc, intitulé Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System, a été publié le 31 octobre 2008 sur une liste de diffusion de cryptographie, et le réseau a été lancé le 3 janvier 2009 avec le minage du premier bloc (bloc genèse). Satoshi Nakamoto a cessé toute communication publique en avril 2011 et son identité réelle n’a jamais été révélée. Son portefeuille, contenant environ 1,1 million de BTC, n’a jamais été touché depuis sa disparition.

Comment fonctionne le minage de Bitcoin ?

Le minage est le processus par lequel les transactions Bitcoin sont validées et ajoutées à la blockchain. Des ordinateurs spécialisés (les mineurs) rivalisent pour résoudre un puzzle cryptographique complexe. Le premier à trouver la solution propose un nouveau bloc au réseau et reçoit une récompense en bitcoins nouvellement créés (actuellement 3,125 BTC par bloc depuis le halving d’avril 2024) plus les frais de transaction du bloc. Ce processus se répète en moyenne toutes les 10 minutes. Le minage sécurise le réseau en rendant toute tentative de fraude économiquement irrationnelle : réécrire la blockchain nécessiterait de contrôler plus de 50 % de la puissance de calcul mondiale — une entreprise évaluée à des dizaines de milliards de dollars.

Pourquoi le Bitcoin est-il limité à 21 millions d’unités ?

Cette limite est inscrite dans le code du Bitcoin depuis 2009 et constitue l’une de ses caractéristiques les plus distinctives. Contrairement aux monnaies classiques qu’une banque centrale peut créer en quantités arbitraires, l’offre de Bitcoin est strictement prévisible. Le rythme d’émission est divisé par deux tous les 210 000 blocs (environ quatre ans) lors d’un événement appelé halving. Les derniers bitcoins seront théoriquement émis vers l’an 2140. En 2026, environ 19,8 millions de BTC ont déjà été émis. Cette rareté programmée est ce qui a valu au Bitcoin le surnom d’« or numérique » et le positionne comme une protection potentielle contre l’inflation des monnaies fiduciaires.

Qu’est-ce qu’un halving et pourquoi est-il important ?

Un halving (« division par deux ») est un événement programmé dans le code du Bitcoin qui divise par deux la récompense accordée aux mineurs pour chaque bloc validé. Il se produit tous les 210 000 blocs, soit environ tous les quatre ans. Le quatrième halving a eu lieu le 20 avril 2024, faisant passer la récompense de 6,25 à 3,125 BTC par bloc. Le prochain est attendu autour d’avril 2028. Historiquement, chaque halving a été suivi d’un cycle haussier dans les 12 à 18 mois, bien que les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Le halving est important car il réduit mécaniquement l’offre de nouveaux bitcoins mis sur le marché, ce qui peut exercer une pression haussière sur le prix si la demande reste constante ou augmente.

Comment acheter du Bitcoin en France en toute sécurité ?

Plusieurs étapes sont recommandées. 1) Se former avant toute chose : comprendre ce qu’est le Bitcoin, la volatilité, les risques. 2) Choisir une plateforme d’échange régulée — en France, privilégier un prestataire enregistré PSAN auprès de l’AMF, ou agréé PSCA sous MiCA. Les plateformes européennes reconnues incluent Bitpanda, Bitvavo, Coinhouse ; les internationales majeures sont Coinbase, Kraken, Bitstamp. 3) Commencer par de petites sommes pour se familiariser. 4) Pour des montants significatifs, transférer ses bitcoins sur un portefeuille matériel (cold wallet) comme Ledger ou Trezor — en suivant la règle « Not your keys, not your coins ». 5) Déclarer fiscalement ses avoirs à l’étranger (formulaire 3916-bis) et ses plus-values (formulaire 2086), soumises à la flat tax de 30 %. Une alternative plus simple pour les investisseurs classiques consiste à passer par des ETF Bitcoin spot via un compte-titres.

Le Bitcoin est-il anonyme ?

Non, le Bitcoin n’est pas anonyme — il est pseudonyme. Toutes les transactions sont publiques et consultables à vie sur la blockchain via des explorateurs comme Blockchain.com ou Mempool.space. Les adresses publiques ne sont pas nominatives, mais une fois associées à une identité (par exemple lors d’une inscription sur une plateforme régulée ayant des obligations KYC), toutes les transactions passées et futures de cette adresse deviennent traçables. Des entreprises spécialisées comme Chainalysis aident les autorités à remonter les flux suspects. Contrairement à l’idée reçue, le Bitcoin est extrêmement traçable — ce qui en fait un mauvais outil pour les activités criminelles, loin devant les espèces. Pour une confidentialité renforcée, certains utilisateurs se tournent vers des crypto-monnaies spécialisées comme Monero, dont l’utilisation est en revanche plus strictement encadrée par la réglementation.

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