Bitcoin et Ethereum sont les deux piliers historiques de l’écosystème crypto. Ensemble, ils représentent environ 60 % de la capitalisation totale du marché en 2026 — Bitcoin oscillant autour de 1 800 milliards de dollars, Ethereum autour de 400 milliards. Ils sont souvent regroupés dans la même phrase, par commodité journalistique ou par l’intermédiaire de produits financiers comme les ETF spot. Mais cette proximité apparente masque une réalité profondément différente : Bitcoin et Ethereum poursuivent des objectifs distincts, fonctionnent avec des technologies différentes, et répondent à des besoins qui ne se recoupent qu’en partie. Depuis septembre 2022, date du Merge, Ethereum a même basculé dans un mode de fonctionnement radicalement différent de celui du Bitcoin. Cet article fait le point, en 2026, sur les différences réelles entre le Bitcoin et l’Ethereum — pour comprendre ce qu’ils sont, comment ils fonctionnent, et à quoi ils servent.
Deux projets, deux visions fondatrices
Bitcoin (2008-2009) : la monnaie peer-to-peer
Le Bitcoin naît dans les décombres de la crise financière mondiale. Le 31 octobre 2008, un individu ou un groupe opérant sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto publie un livre blanc de neuf pages intitulé Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System. L’objectif est énoncé dès la première ligne : créer un système de paiement électronique qui permette de transférer de la valeur directement entre deux parties, sans passer par une banque ou un tiers de confiance.
Le 3 janvier 2009, Nakamoto mine le tout premier bloc de la blockchain Bitcoin — le bloc genèse — dans lequel il inscrit un message codé : « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks ». Le ton est donné : Bitcoin se veut une alternative au système bancaire défaillant. Le 12 janvier 2009, Nakamoto envoie 10 BTC au cryptographe américain Hal Finney — première transaction Bitcoin de l’histoire. L’identité réelle de Satoshi Nakamoto n’a jamais été révélée. Il a cessé toute communication publique en avril 2011, et son portefeuille d’environ 1,1 million de BTC (près de 100 milliards de dollars au prix actuel) n’a jamais été touché.
« L’ordinateur peut être utilisé comme un outil pour libérer et protéger les gens, plutôt que pour les contrôler. »
— Hal Finney, liste de diffusion cypherpunk, novembre 1992
Cette phrase, écrite 17 ans avant de recevoir la première transaction Bitcoin de l’histoire, résume l’état d’esprit du mouvement cypherpunk dont Bitcoin est issu. Hal Finney, décédé en 2014 des suites d’une sclérose latérale amyotrophique, est l’une des figures les plus respectées de la communauté Bitcoin. Il avait par ailleurs conçu en 2004 le Reusable Proof of Work, précurseur direct de l’algorithme de consensus du Bitcoin.
Ethereum (2013-2015) : la plateforme programmable
Quatre ans plus tard, un jeune programmeur russo-canadien de 19 ans, Vitalik Buterin, publie en novembre 2013 le livre blanc d’Ethereum. Buterin, qui a découvert Bitcoin en 2011, reproche à celui-ci sa rigidité : Bitcoin ne sait faire qu’une chose — transférer de la valeur. Sa proposition : concevoir une blockchain qui soit aussi une plateforme de calcul distribuée, sur laquelle des programmes autonomes — les smart contracts — puissent s’exécuter de manière transparente et vérifiable.
Le financement public (ICO) a lieu à l’été 2014 et lève l’équivalent de 18 millions de dollars. Le réseau est lancé le 30 juillet 2015. Ethereum est cofondé par huit personnes, dont plusieurs deviendront ensuite des figures majeures de l’écosystème crypto : Gavin Wood (fondateur de Polkadot), Charles Hoskinson (fondateur de Cardano), Joseph Lubin (fondateur de ConsenSys), Anthony Di Iorio, Mihai Alisie, Amir Chetrit et Jeffrey Wilcke.
La Fondation Ethereum, organisation à but non lucratif basée à Zoug (Suisse), coordonne depuis lors le développement du protocole. Pour approfondir, notre article sur la crypto-monnaie Ethereum détaille le fonctionnement complet de la plateforme.
Tableau comparatif : Bitcoin vs Ethereum en 2026
Le tableau ci-dessous synthétise les principales différences entre les deux réseaux.
| Critère | Bitcoin (BTC) | Ethereum (ETH) |
|---|---|---|
| Année de lancement | 3 janvier 2009 | 30 juillet 2015 |
| Créateur | Satoshi Nakamoto (pseudonyme) | Vitalik Buterin + 7 cofondateurs |
| Mécanisme de consensus | Preuve de travail (PoW) | Preuve d’enjeu (PoS depuis 2022) |
| Temps par bloc | ~10 minutes | ~12 secondes |
| Offre maximale | 21 millions (~19,8 M émis) | Pas de plafond, mais déflationniste |
| Consommation énergétique | ~150 TWh/an | ~0,01 TWh/an (-99,95 % depuis Merge) |
| Langage de programmation | Bitcoin Script (limité) | Solidity, Vyper (Turing-complet) |
| Smart contracts | Limités (via Ordinals, BitVM) | Oui, natifs |
| Capitalisation 2026 | ~1 800 Mds $ | ~400 Mds $ |
| Vocation principale | Réserve de valeur, paiements | Plateforme d’applications décentralisées |
| ETF spot (États-Unis) | Approuvés 10 janvier 2024 | Approuvés 23 mai 2024 |
Les mécanismes de consensus : la différence fondamentale
Une blockchain publique doit s’accorder sur la validité des transactions — c’est le rôle du mécanisme de consensus. Bitcoin et Ethereum utilisent aujourd’hui deux approches radicalement différentes.
Bitcoin : la preuve de travail
Bitcoin fonctionne depuis ses débuts avec la preuve de travail (Proof of Work, PoW). Des ordinateurs spécialisés — les mineurs — rivalisent en permanence pour résoudre un puzzle cryptographique. Le premier à trouver la solution propose un nouveau bloc à la chaîne et reçoit une récompense en bitcoins (3,125 BTC par bloc depuis le halving du 20 avril 2024, soit environ 280 000 dollars par bloc au prix de 2026). Ce mécanisme sécurise le réseau en rendant toute tentative de fraude économiquement irrationnelle : pour réécrire la blockchain, il faudrait contrôler plus de 50 % de la puissance de calcul mondiale du réseau — une entreprise évaluée à des dizaines de milliards de dollars en 2026.
L’inconvénient majeur du PoW est sa consommation énergétique : le réseau Bitcoin consomme environ 150 térawattheures par an, soit davantage que la consommation de la Pologne ou de l’Argentine. Les défenseurs de Bitcoin rappellent que cette énergie est largement issue de sources renouvelables (hydroélectricité, solaire, éolien) ou de gaz naturel autrement torché ; les critiques pointent l’empreinte carbone totale et la compétition avec d’autres usages productifs de l’électricité.
Ethereum : la preuve d’enjeu depuis septembre 2022
Point essentiel souvent mal compris : Ethereum n’utilise plus la preuve de travail depuis le 15 septembre 2022. Ce jour-là, lors d’une opération technique baptisée The Merge, Ethereum a basculé sur la preuve d’enjeu (Proof of Stake, PoS). La consommation énergétique du réseau a chuté de 99,95 % en une nuit. La terminologie « Ethereum 2.0 », utilisée avant le Merge, a officiellement été abandonnée par la Fondation Ethereum en janvier 2022 au profit d’une distinction entre execution layer et consensus layer.
Dans la preuve d’enjeu, il n’y a plus de mineurs mais des validateurs. Pour valider des blocs, ceux-ci doivent mettre en jeu une somme d’ETH (32 ETH minimum, jusqu’à 2 048 ETH maximum depuis la mise à jour Pectra de mai 2025). S’ils valident honnêtement, ils reçoivent des récompenses ; s’ils trichent, une partie de leur mise est automatiquement confisquée (slashing). Le mécanisme est bien moins énergivore — un validateur Ethereum consomme l’équivalent d’un ordinateur domestique — mais il repose sur une logique économique différente de celle du PoW.
💡 Bon à savoir : la transition d’Ethereum vers le PoS a été l’une des plus grandes opérations logicielles de l’histoire du numérique, menée à froid sur un réseau opérationnel manipulant des dizaines de milliards de dollars, sans la moindre interruption. Sept ans de préparation, 30 équipes de développeurs coordonnées, et une exécution parfaite. Un exploit d’ingénierie remarquable, quelle que soit l’opinion qu’on a des crypto-monnaies.
Des offres monétaires opposées
Les politiques monétaires des deux projets sont diamétralement opposées.
Bitcoin : rareté absolue
L’offre de Bitcoin est strictement limitée à 21 millions d’unités. Ce plafond est inscrit dans le code et n’a jamais été modifié depuis 2009. En 2026, environ 19,8 millions de BTC ont déjà été émis, et les derniers le seront théoriquement vers l’an 2140. Le rythme d’émission est divisé par deux tous les 210 000 blocs (environ quatre ans), lors d’un événement appelé halving. Le dernier en date — le quatrième de l’histoire — a eu lieu le 20 avril 2024, faisant passer la récompense par bloc de 6,25 à 3,125 BTC. Le prochain est attendu autour d’avril 2028. C’est ce caractère prévisible et déflationniste par construction qui a valu au Bitcoin le surnom d’« or numérique ».
Ethereum : pas de plafond, mais déflationniste depuis 2021
Ethereum n’a pas de plafond d’émission. Les nouveaux ETH sont émis en continu pour récompenser les validateurs. Néanmoins, le réseau fonctionne aujourd’hui en mode déflationniste. Depuis la mise à jour EIP-1559 d’août 2021, une partie des frais de transaction est automatiquement brûlée (supprimée de la circulation). Quand l’activité du réseau est forte, la quantité d’ETH brûlés dépasse celle des ETH émis — l’offre totale diminue. Depuis 2022, plus de 5 millions d’ETH ont été détruits, pour un équivalent actuel d’environ 20 milliards de dollars.
Cette dualité — Bitcoin avec un plafond fixe, Ethereum avec une émission dynamique — reflète deux philosophies monétaires différentes : Bitcoin privilégie la prédictibilité absolue, Ethereum la flexibilité en fonction de l’usage réel du réseau.
Bitcoin Script vs Solidity : deux niveaux de programmabilité
C’est sans doute la différence la plus structurante entre les deux réseaux.
Bitcoin Script : volontairement limité
Bitcoin dispose d’un langage de script, baptisé Bitcoin Script, mais il est volontairement limité pour des raisons de sécurité et de simplicité. Il ne permet pas les boucles (il n’est pas Turing-complet), ce qui le rend inadapté pour exécuter des applications complexes. Bitcoin a néanmoins évolué : la mise à jour Taproot de novembre 2021 a amélioré la confidentialité et l’efficacité des transactions. L’arrivée des Ordinals en janvier 2023 a permis d’inscrire des images, du texte et même des NFT directement sur la blockchain Bitcoin. Des projets comme BitVM, Rootstock ou Botanix cherchent à apporter une programmabilité plus proche de celle d’Ethereum. Mais historiquement et par conception, Bitcoin privilégie la simplicité et la sécurité à la polyvalence.
Solidity : une machine virtuelle mondiale
Ethereum est entièrement conçu autour de la programmabilité. Sa machine virtuelle Ethereum (EVM) est un environnement d’exécution Turing-complet qui peut exécuter n’importe quel programme arbitrairement complexe. Les développeurs écrivent des smart contracts dans des langages comme Solidity (le plus répandu) ou Vyper. Ces contrats, une fois déployés sur la blockchain, exécutent automatiquement les règles qu’ils contiennent — sans intermédiaire, sans possibilité de censure, et visibles par tous.
Cette programmabilité a donné naissance à des écosystèmes entiers :
- La finance décentralisée (DeFi) : prêts, emprunts, échanges, sans banque (Aave, Uniswap, MakerDAO) — plus de 150 milliards de dollars de valeur verrouillée en 2026.
- Les jetons non fongibles (NFT) : certificats numériques de propriété pour l’art, la musique, les collectibles, les jeux vidéo.
- Les organisations autonomes décentralisées (DAO) : modèles de gouvernance collective sans hiérarchie classique.
- Les stablecoins : USDT, USDC, DAI émettent sur Ethereum pour plus de 200 milliards de dollars.
Usages et proposition de valeur
Chaque réseau a une vocation propre, qui détermine ses usages réels.
Bitcoin : réserve de valeur et monnaie peer-to-peer
Dans la pratique, Bitcoin est aujourd’hui principalement utilisé comme réserve de valeur. Des particuliers, des entreprises cotées (Strategy, ex-MicroStrategy, détient plus de 580 000 BTC) et même certains États (Strategic Bitcoin Reserve des États-Unis depuis mars 2025) en détiennent dans leur trésorerie comme protection contre l’inflation et comme diversification. Pour les paiements, le Lightning Network — une couche L2 opérationnelle depuis 2018 — permet des transactions quasi instantanées à très faible coût, mais son adoption grand public reste modeste.
Les volumes d’échange journaliers sur Bitcoin atteignent néanmoins plusieurs dizaines de milliards de dollars, et l’approbation des ETF Bitcoin spot aux États-Unis le 10 janvier 2024 (11 ETF approuvés, dont BlackRock IBIT et Fidelity FBTC) a ouvert le marché aux institutionnels. Ces ETF détiennent collectivement plus de 1,29 million de BTC en 2026, soit environ 7 % de l’offre totale.
Ethereum : infrastructure du Web3
Ethereum est une infrastructure sur laquelle se construit ce qu’on appelle parfois le Web3. Ses cas d’usage concrets sont nombreux : émission de stablecoins (Tether et USDC ont leur principal contrat sur Ethereum), plateformes DeFi, NFT, applications décentralisées, tokenisation d’actifs réels. L’activité quotidienne du réseau est considérable : en 2026, Ethereum traite environ 1,2 million de transactions par jour sur son layer principal, et plusieurs millions supplémentaires sur ses Layer 2.
Les ETF Ethereum spot ont été approuvés aux États-Unis le 23 mai 2024 (officiellement lancés le 23 juillet 2024), quelques mois après ceux du Bitcoin.
Évolutivité : deux approches contrastées
Bitcoin et le Lightning Network
Le réseau Bitcoin traite environ 7 transactions par seconde (TPS) sur sa couche principale — une limite structurelle liée à la taille et à la fréquence des blocs. Pour monter en charge, le Bitcoin mise sur le Lightning Network, un protocole de seconde couche qui permet d’ouvrir des canaux de paiement bidirectionnels entre deux utilisateurs. Les transactions s’effectuent alors hors-chaîne, quasi instantanément et pour quelques centimes, et seul le règlement final est inscrit sur la blockchain Bitcoin. Le Lightning Network compte en 2026 environ 15 000 nœuds actifs et plus de 5 000 BTC verrouillés en capacité de paiement. Il est notamment utilisé au Salvador (malgré le retrait du statut de monnaie légale en janvier 2025) et par les applications de micropaiement.
Ethereum et les rollups Layer 2
Ethereum traite environ 15 transactions par seconde sur sa couche principale, mais plus de 5 600 TPS en comptant ses Layer 2 (L2). La stratégie d’Ethereum depuis 2020 consiste à déléguer l’exécution des transactions à des rollups — Arbitrum, Optimism, Base (opéré par Coinbase), zkSync, Linea, Scroll, Polygon zkEVM — qui traitent les transactions à grande échelle et ne publient sur Ethereum que les preuves cryptographiques de leur validité.
Trois mises à jour majeures ont transformé cette architecture :
- Dencun (13 mars 2024) : introduction des blobs (EIP-4844), une structure de données dédiée aux rollups, qui a divisé par 10 les frais sur les Layer 2.
- Pectra (7 mai 2025) : doublement de la capacité en blobs, relèvement de la mise maximale des validateurs à 2 048 ETH, introduction des smart accounts (EIP-7702).
- Fusaka (3 décembre 2025) : PeerDAS (Peer Data Availability Sampling, EIP-7594), permettant au réseau de gérer une quantité de données bien supérieure sans centralisation. Les frais des L2 sont descendus entre 0,20 et 0,30 dollar par transaction.
L’objectif à long terme d’Ethereum est d’atteindre plus de 100 000 TPS via ses L2, tout en préservant la décentralisation du layer principal. Une mise à jour Glamsterdam est envisagée pour 2026-2027.
Performance et marché
Les deux actifs ont connu des trajectoires spectaculaires, mais leurs dynamiques de marché diffèrent.
Volatilité et corrélation
Historiquement, Ethereum a montré une volatilité plus élevée que Bitcoin — avec des hausses plus marquées lors des cycles haussiers et des baisses plus brutales lors des corrections. Les deux actifs restent fortement corrélés (coefficient typiquement supérieur à 0,8), ce qui limite leur potentiel de diversification mutuelle. Depuis 2022, la corrélation avec les marchés actions traditionnels (Nasdaq en particulier) s’est accrue avec l’institutionnalisation du secteur.
En 2025, le Bitcoin a atteint un sommet historique proche de 126 000 dollars en octobre, avant de corriger à 80 500 dollars en novembre (-36 %). Ethereum a également battu son record historique à environ 5 000 dollars durant le même cycle. Ces mouvements rappellent la volatilité structurelle du secteur.
Communautés et gouvernance
Les deux écosystèmes se caractérisent par leurs communautés fortes — mais de natures différentes. La communauté Bitcoin, marquée par l’influence historique des cypherpunks, est connue pour son conservatisme : les changements au protocole sont rares, longuement discutés, et privilégient la stabilité. Les Bitcoin Improvement Proposals (BIP) sont adoptées de manière très prudente.
La communauté Ethereum est plus expérimentale. Le protocole évolue régulièrement (au rythme d’environ une mise à jour majeure par an), avec un processus de gouvernance coordonné par la Fondation Ethereum, les développeurs cœur et les validateurs. Les Ethereum Improvement Proposals (EIP) passent par un processus de revue collective avant activation sur le réseau principal.
⚠️ Avertissement : cet article est à vocation informative. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Bitcoin et Ethereum sont des actifs hautement volatils, soumis à des risques techniques, réglementaires et de marché. Une analyse approfondie des avantages et inconvénients des crypto-monnaies est recommandée avant toute décision d’investissement, ainsi que la consultation d’un conseiller financier qualifié.
Conclusion : complémentarité plutôt que rivalité
La question de savoir si Ethereum peut « dépasser » Bitcoin — le fameux flippening — alimente les débats dans l’écosystème depuis des années. En 2026, cette question semble mal posée. Bitcoin et Ethereum ne sont pas des concurrents directs : ils répondent à des besoins fondamentalement différents. Bitcoin cherche à être une réserve de valeur inaltérable, un actif monétaire hors du contrôle des États, dont la valeur repose sur la prédictibilité absolue de son émission et la sécurité éprouvée de sa blockchain depuis 17 ans. Ethereum cherche à être l’infrastructure d’une finance et d’un internet décentralisés, une plateforme de calcul mondiale sur laquelle tout peut être construit. L’un privilégie la simplicité et la robustesse, l’autre la flexibilité et l’innovation. Les deux comportent leurs risques propres, leurs forces propres, et leurs limites propres. Comprendre ces différences est essentiel pour qui veut se faire une opinion éclairée sur les crypto-monnaies — que ce soit d’un point de vue technologique, financier ou philosophique. Bitcoin et Ethereum ne sont pas deux variantes du même phénomène : ce sont deux projets distincts, portés par des visions différentes, qui coexisteront très probablement encore longtemps.
FAQ — Questions fréquentes sur Bitcoin et Ethereum
Quelle est la principale différence entre Bitcoin et Ethereum ?
Bitcoin et Ethereum poursuivent des objectifs fondamentalement différents. Bitcoin est conçu comme une monnaie numérique et une réserve de valeur (« l’or numérique »), avec une offre strictement limitée à 21 millions d’unités. Ethereum est une plateforme blockchain programmable permettant d’exécuter des smart contracts et de déployer des applications décentralisées (DeFi, NFT, DAO, stablecoins). Ils utilisent aussi des mécanismes de consensus différents : Bitcoin fonctionne en preuve de travail (PoW, énergivore), Ethereum fonctionne en preuve d’enjeu (PoS) depuis le Merge du 15 septembre 2022, qui a réduit sa consommation énergétique de 99,95 %.
Ethereum fonctionne-t-il encore en preuve de travail ?
Non. Ethereum a basculé de la preuve de travail (PoW) à la preuve d’enjeu (PoS) le 15 septembre 2022 lors d’une opération appelée The Merge. Cette transition a réduit la consommation énergétique du réseau de 99,95 %. Dans le nouveau système, les transactions sont validées par des validateurs qui mettent en jeu de l’ETH (32 à 2 048 ETH depuis la mise à jour Pectra de mai 2025) plutôt que par des mineurs utilisant de la puissance de calcul. La terminologie « Ethereum 2.0 » utilisée avant le Merge a été officiellement abandonnée par la Fondation Ethereum en janvier 2022.
Pourquoi les frais de transaction varient-ils entre Bitcoin et Ethereum ?
Les frais sont calculés différemment sur les deux réseaux. Sur Bitcoin, ils dépendent de la taille de la transaction en octets et de la congestion du réseau — ils fluctuent typiquement entre 0,50 et 20 dollars selon la demande. Sur Ethereum, les frais (appelés gas) dépendent de la complexité de calcul du smart contract exécuté : une simple transaction d’ETH coûte moins cher qu’une interaction avec un protocole DeFi. Avec les Layer 2 (Arbitrum, Optimism, Base) et les mises à jour Dencun (mars 2024), Pectra (mai 2025) et Fusaka (décembre 2025), les frais sur Ethereum L2 sont descendus entre 0,20 et 0,30 dollar par transaction.
Ethereum peut-il dépasser Bitcoin en capitalisation ?
C’est le scénario du « flippening », longtemps débattu dans l’écosystème. En 2026, Bitcoin représente environ 1 800 milliards de dollars de capitalisation, contre environ 400 milliards pour Ethereum — soit un écart de 4,5x. Ethereum a considérablement réduit cet écart depuis 2020, mais l’institutionnalisation du Bitcoin via les ETF spot a renforcé sa domination. Les deux actifs ne répondent pas aux mêmes besoins — Bitcoin privilégie la réserve de valeur, Ethereum la programmabilité — et cette question de dépassement pourrait d’ailleurs être mal posée : elle suppose une rivalité qui n’existe pas nécessairement.
Comment Bitcoin et Ethereum gèrent-ils l’évolutivité ?
Les deux réseaux ont adopté des stratégies différentes. Bitcoin traite environ 7 transactions par seconde sur sa couche principale et mise sur le Lightning Network, un protocole de seconde couche qui permet des transactions quasi instantanées et peu coûteuses hors-chaîne. Ethereum traite environ 15 TPS sur sa couche principale, mais plus de 5 600 TPS en comptant ses Layer 2 (Arbitrum, Optimism, Base, zkSync, Polygon). Les mises à jour Dencun (2024), Pectra (2025) et Fusaka (2025) ont drastiquement réduit les frais sur Layer 2. L’objectif à long terme d’Ethereum est d’atteindre plus de 100 000 TPS via ses rollups.
Faut-il investir dans Bitcoin ou Ethereum ?
Cette question dépend entièrement de votre profil, votre horizon de placement, votre tolérance au risque et vos objectifs financiers. Les deux actifs sont hautement spéculatifs, volatils, et présentent des risques importants. Bitcoin est généralement perçu comme un actif de réserve plus défensif (corrections de 77 à 84 % suivant chaque cycle haussier historique), Ethereum comme un pari sur l’adoption du Web3 et une alternative plus volatile encore. Beaucoup d’investisseurs institutionnels détiennent les deux, dans des proportions variables. Il est essentiel de ne jamais investir plus que ce qu’on peut se permettre de perdre, de comprendre le fonctionnement des actifs avant d’y engager des fonds, et de consulter un conseiller financier qualifié pour toute décision significative.
Lequel est le plus sécurisé, Bitcoin ou Ethereum ?
Les deux réseaux sont considérés comme extrêmement sécurisés sur le plan protocolaire, mais avec des profils de risque différents. Bitcoin, avec sa preuve de travail et ses 17 ans d’existence sans faille majeure de son protocole principal, est souvent vu comme la blockchain la plus éprouvée et la plus simple (donc la moins exposée aux bugs). Ethereum, plus jeune et plus complexe, a connu quelques incidents mémorables (le hack du DAO en 2016 qui a conduit au hard fork séparant ETH et ETH Classic), mais a également été massivement testé et reste l’une des blockchains les plus sécurisées. Attention : la sécurité du protocole ne protège pas contre les risques liés aux plateformes centralisées (piratages comme FTX en 2022 ou Bybit en février 2025), aux smart contracts bugués (nombreux cas en DeFi), aux escroqueries ou à la perte de clés privées.

