Avec 22 parcs nationaux couvrant environ 7 % du territoire, la Corée du Sud offre une diversité de paysages naturels qui surprend autant qu’elle séduit. Derrière l’image habituelle des mégapoles hyperconnectées (Séoul, Busan, Incheon), le pays cache des montagnes sauvages, des forêts denses, des îles volcaniques et des côtes spectaculaires. La randonnée y est véritablement un rite national, pratiquée par des millions de Coréens chaque weekend. Cet article présente les parcs nationaux incontournables de Corée du Sud, leurs caractéristiques, et les activités à y pratiquer.
La randonnée, véritable culture nationale
En Corée, la randonnée (deungsan) n’est pas qu’une activité sportive : c’est une pratique culturelle profondément ancrée. Les Coréens randonnent en famille, entre collègues, avec des amis, souvent dans un équipement très professionnel (vêtements techniques de couleurs vives, bâtons, sacs à dos adaptés). Les parcs nationaux sont particulièrement fréquentés en automne pour les feuillages rouges et dorés, et au printemps pour les cerisiers en fleurs. Les sentiers sont généralement bien balisés, les refuges et abris nombreux, et l’infrastructure exceptionnellement bien développée.
Les parcs nationaux incontournables
Parc national de Hallasan (Jeju)
Au cœur de l’île volcanique de Jeju, le parc national Hallasan protège le volcan Hallasan (1 947 m), point culminant de la Corée du Sud. Le cratère sommital Baengnokdam (« lac des cerfs blancs ») offre un panorama exceptionnel. Plusieurs sentiers permettent l’ascension, dont Seongpanak (9,6 km, 4-5h) et Gwaneumsa (8,7 km, 5h). L’île de Jeju est classée Patrimoine Mondial UNESCO pour ses formations volcaniques et tube de lave. Biodiversité unique avec plus de 1 800 espèces végétales endémiques.
Parc national de Jirisan
Premier parc national créé en 1967 et plus étendu de Corée du Sud (471 km²), le parc national de Jirisan s’étend sur trois provinces. Son point culminant, Cheonwangbong (1 915 m), offre une traversée mythique en crête (Jirisan Jongju) de 25 km sur 2-3 jours avec nuits en refuges. Biodiversité exceptionnelle : ours noirs d’Asie réintroduits, cerfs d’eau, martres. Plus de 1 500 espèces végétales. Destination par excellence pour les randonneurs expérimentés.
Parc national de Bukhansan (Séoul)
Les « poumons de Séoul » : le parc national de Bukhansan s’étend sur 76 km² aux portes nord de la capitale, accessible en métro. Point culminant Baegundae (836 m), sanglier et cerf d’eau présents. Forteresses historiques (Bukhansanseong, XVIIIᵉ siècle) et temples bouddhistes jalonnent les sentiers. Automne spectaculaire en octobre-novembre.
Parc national de Seoraksan
Le plus populaire pour ses paysages montagneux spectaculaires : Seoraksan (398 km²) dans le nord-est, avec son pic Daecheongbong à 1 708 m, 3ᵉ plus haut sommet de la péninsule. Cascades, formations rocheuses granitiques, érable flamboyant en automne (fin octobre). Téléphérique accessible jusqu’à Gwongeumseong pour les vues rapides. Classé réserve de biosphère UNESCO.
Autres parcs majeurs
- Parc national de Naejangsan : célèbre pour ses couleurs d’automne parmi les plus spectaculaires du pays
- Parc national de Juwangsan : gorges rocheuses, cascades, temples bouddhistes (Daejeonsa)
- Parc national d’Odaesan : forêts anciennes, temples emblématiques (Woljeongsa), montagnes du nord-est
- Parc national de Mudeungsan : proche de Gwangju, colonnes basaltiques, randonnée familiale
- Parc national maritime de Taeanhaean : littoral ouest, plages de sable fin, îles, biodiversité marine
- Parc national de Dadohaehaesang : 1 700 îles au sud-ouest, plus grand parc maritime
- Parc national de Deogyusan : randonnée et ski en hiver, téléphérique
- Parc national de Songnisan : temple Beopjusa avec son grand Bouddha doré
Autres coins de paradis à explorer
Île de Jeju
Au-delà du parc Hallasan, Jeju offre des dizaines d’autres sites : cascade Jeongbang (seule cascade coréenne se jetant directement dans la mer), Seongsan Ilchulbong (cratère de tuf classé UNESCO, lever de soleil mythique), grottes de lave Manjanggul, plages Hyeopjae et Jungmun, champs de fleurs saisonniers. Les fameuses haenyeo (femmes-plongeuses) perpétuent une tradition inscrite au patrimoine immatériel UNESCO.
Damyang
Réputée pour ses forêts de bambous (Juknokwon, Soswaewon), Damyang offre un écrin de quiétude. Les sentiers bordés de bambous et de séquoias créent une atmosphère apaisante. En octobre, le festival du Miscanthus révèle les champs d’herbes hautes aux couleurs dorées.
Île de Nami
Petite île fluviale à 1h30 de Séoul, devenue destination incontournable après sa mise en scène dans le drame « Winter Sonata ». Allées de gingkos et métaséquoias en automne, floraisons spectaculaires au printemps, festivals culturels toute l’année. Atmosphère romantique, très prisée des couples asiatiques.
Gyeongju
Ancienne capitale du royaume de Silla, Gyeongju est un véritable musée à ciel ouvert avec ses tombeaux ancestraux, ses temples (Bulguksa, grotte Seokguram), ses palais et son centre historique classé UNESCO. Immersion unique dans la civilisation coréenne ancienne.
Activates complémentaires
Au-delà des parcs, la Corée du Sud propose :
- Golf : plus de 400 parcours à travers le pays, pratique très populaire auprès des classes aisées
- Plongée : Jeju et l’île d’Udo pour des spots exceptionnels en été
- Patinage et sports d’hiver : stations de ski à Pyeongchang (JO 2018), Yongpyong, Muju
- VTT et cyclotourisme : pistes cyclables le long des 4 fleuves, infrastructure remarquable
- Observation d’oiseaux : réserves ornithologiques autour du DMZ, zones humides
- Templestays : séjours dans des temples bouddhistes, expérience culturelle unique
Bon à savoir : la plupart des parcs nationaux coréens ont une entrée gratuite ou très modique (1 000-3 000 wons, soit moins de 2 €). Les sentiers sont extrêmement bien balisés avec signalétique multilingue, les refuges de montagne accessibles sur réservation en ligne, et le réseau de transport public (KTX, bus express) dessert efficacement tous les parcs majeurs depuis Séoul.
Quand visiter les parcs nationaux coréens ?
- Printemps (avril-mai) : cerisiers en fleurs, azalées, températures clémentes. Fréquentation élevée.
- Été (juin-août) : chaud et humide (35 °C, forte humidité), mousson possible. Peu recommandé pour la randonnée.
- Automne (octobre-novembre) : la meilleure saison. Feuillages rouge et or spectaculaires, températures parfaites, ciel clair.
- Hiver (décembre-février) : froid vif mais paysages enneigés magnifiques, fréquentation réduite, équipement technique nécessaire.
Conclusion : une nature inattendue et exceptionnelle
La Corée du Sud offre bien plus que ses mégapoles high-tech — elle cache une nature généreuse, accessible et profondément respectée culturellement. Ses 22 parcs nationaux permettent de découvrir une palette de paysages remarquable : des sommets granitiques aux forêts profondes, des volcans aux côtes préservées, des temples bouddhistes aux villages ruraux. Pour un voyageur français, ajouter 3 à 5 jours de randonnée à un circuit urbain classique (Séoul, Busan, Gyeongju) transforme radicalement l’expérience coréenne.
Les parcs les plus accessibles depuis Séoul (Bukhansan, Seoraksan) permettent des découvertes rapides, tandis que Jirisan, Jeju et les îles du sud méritent plusieurs jours dédiés. Dans tous les cas, privilégier l’automne reste la meilleure stratégie pour profiter des paysages à leur apogée chromatique — un spectacle inégalé en Asie.
FAQ — parcs nationaux de Corée du Sud
Combien de parcs nationaux y a-t-il en Corée du Sud ?
La Corée du Sud compte 22 parcs nationaux couvrant environ 7 % du territoire. Les plus célèbres sont Seoraksan (nord-est, paysages spectaculaires), Jirisan (plus étendu, traversée mythique), Bukhansan (aux portes de Séoul), Hallasan (volcan de Jeju, point culminant du pays), Naejangsan (couleurs d’automne), et les parcs maritimes Taeanhaean et Dadohaehaesang.
Quand visiter les parcs nationaux coréens ?
L’automne (octobre-novembre) est la meilleure période avec les feuillages rouges et dorés spectaculaires, températures parfaites et ciel clair. Le printemps (avril-mai) offre les cerisiers en fleurs. L’été est chaud et humide avec mousson. L’hiver permet des paysages enneigés magnifiques mais nécessite équipement technique pour la randonnée en montagne.
Quel est le plus haut sommet de Corée du Sud ?
Le Hallasan, volcan endormi sur l’île de Jeju, culmine à 1 947 m. Son cratère sommital Baengnokdam (‘lac des cerfs blancs’) offre un panorama unique. L’ascension se fait par les sentiers Seongpanak (9,6 km, 4-5h) ou Gwaneumsa (8,7 km, 5h), accessibles en allers-retours. Le parc est classé Patrimoine Mondial UNESCO.
Combien coûte l’entrée des parcs nationaux coréens ?
La plupart des parcs nationaux coréens sont gratuits ou très peu chers (1 000-3 000 wons, soit moins de 2 €). Certains temples dans les parcs peuvent demander un droit d’entrée additionnel modique. Les refuges de montagne se réservent en ligne à des tarifs accessibles. L’infrastructure (transports publics, signalétique multilingue, sentiers balisés) est remarquable.
Quels parcs visiter depuis Séoul ?
Bukhansan est accessible en métro depuis Séoul (30-45 min), idéal pour une journée. Seoraksan se rejoint en 3h de bus, parc à faire sur 2-3 jours. Odaesan en 3h30 également. Pour Jirisan et Hallasan, prévoir 4-5h de trajet minimum, les inclure dans un itinéraire plus large. Le réseau KTX (train à grande vitesse) dessert efficacement les villes de départ.
