La France est devenue le premier marché européen de la pompe à chaleur, avec environ un million d’unités vendues en 2025 tous types confondus, selon le bilan Uniclima/AFPAC du 5 février 2026. L’État voit encore plus loin : le projet de troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3, publié le 12 décembre 2025) vise 8,8 millions de PAC installées à l’horizon 2030. Pourtant, entre les « COP 5 » des plaquettes commerciales et la réalité mesurée chez les particuliers, l’écart est bien réel : la première grande campagne de mesures in situ menée par l’ADEME et Enertech (100 pompes à chaleur suivies pendant un à deux ans, publication 2025) livre enfin des chiffres de terrain. Voici ce qu’il faut comprendre avant d’investir : le principe physique, les types de PAC, le vrai sens du COP et du SCOP, les limites honnêtes, les coûts réels et les aides en vigueur — datées de juillet 2026.

Comment fonctionne une pompe à chaleur ? Déplacer la chaleur plutôt que la produire

L’idée essentielle tient en une phrase : contrairement à une chaudière, qui brûle un combustible, ou à un convecteur électrique, qui transforme l’électricité en chaleur par effet Joule, une pompe à chaleur ne crée pas de chaleur — elle la transfère. Elle capte des calories présentes dans une « source froide » (l’air extérieur, le sol, une nappe d’eau) et les déplace vers l’intérieur du logement. C’est ce mécanisme de transfert qui explique son atout central : elle restitue plus d’énergie de chauffage qu’elle ne consomme d’électricité. Là où le rendement d’une chaudière est nécessairement inférieur à 1 (on ne récupère jamais toute l’énergie du combustible), le coefficient de performance d’une PAC est supérieur à 1, comme le rappellent le rapport ADEME/Enertech et la note de décryptage de l’association négaWatt publiée le 28 février 2026.

Si ce transfert vous semble contre-intuitif, pensez à votre réfrigérateur : il extrait la chaleur de l’intérieur du caisson pour la rejeter derrière l’appareil, dans la cuisine. Une pompe à chaleur, c’est exactement le même principe, mais inversé et appliqué à toute la maison : elle « refroidit » l’extérieur pour réchauffer l’intérieur.

Le cycle thermodynamique en 4 étapes

Ce déplacement de chaleur repose sur un fluide frigorigène qui circule en boucle fermée et change d’état en permanence. Le cycle thermodynamique se déroule en quatre étapes :

  1. Évaporation : le fluide, très froid, capte les calories de la source froide (air extérieur, sol) et s’évapore — même un air à quelques degrés contient assez d’énergie pour le faire bouillir ;
  2. Compression : le compresseur, alimenté en électricité, élève la pression du gaz et, ce faisant, sa température ;
  3. Condensation : le fluide, devenu chaud, cède sa chaleur au circuit de chauffage (eau des radiateurs ou air intérieur) et repasse à l’état liquide ;
  4. Détente : le détendeur ramène le fluide à basse pression, ce qui le refroidit fortement — il est prêt à recommencer le cycle.

L’électricité consommée sert donc essentiellement à faire tourner le compresseur, pas à produire la chaleur elle-même. C’est pourquoi 1 kWh d’électricité peut permettre de restituer 2, 3 ou 4 kWh de chaleur dans le logement, selon les conditions de fonctionnement.

Pourquoi l’écart de température fait tout (la limite physique)

La physique impose toutefois une limite incontournable, héritée des travaux de Carnot : le COP théorique d’une pompe à chaleur est d’autant plus faible que l’écart de température entre la source froide et la source chaude est grand. Autrement dit, plus il fait froid dehors et plus l’eau de vos radiateurs doit être chaude, plus la machine peine. Inutile de retenir la formule : retenez la conséquence, largement confirmée par les mesures de terrain de la campagne ADEME/Enertech.

Deux enseignements concrets en découlent. D’abord, la géothermie surclasse l’aérothermie : le sol conserve une température stable toute l’année, tandis que l’air extérieur refroidit précisément au moment où l’on a besoin de chauffer. Ensuite, les émetteurs basse température battent les radiateurs haute température : la campagne ADEME/Enertech a mesuré un COP supérieur d’environ 25 % sur plancher chauffant, qui se contente d’une eau tiède, par rapport aux radiateurs haute température.

Bon à savoir : c’est aussi pour cette raison que le réglage de la « loi d’eau » — la courbe qui ajuste la température de l’eau du circuit en fonction de la température extérieure — figure parmi les premiers gisements d’amélioration identifiés par l’ADEME. Une eau réglée trop chaude par défaut dégrade le COP toute la saison.

COP et SCOP : ce que ces chiffres veulent vraiment dire

Le COP est l’argument commercial numéro un des vendeurs de pompes à chaleur. C’est aussi la notion la plus mal expliquée du marché. Reprenons les définitions, puis confrontons-les aux mesures réalisées chez de vrais particuliers.

Les définitions exactes

Le COP (coefficient de performance) est le rapport entre la chaleur restituée et l’électricité consommée, à un instant donné et dans des conditions données. Un COP de 3 signifie que la machine fournit 3 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommée. Le COP d’une pompe à chaleur est toujours supérieur à 1, là où le « rendement » d’une chaudière reste inférieur à 1 — c’est l’encadré de définitions de la note négaWatt du 28 février 2026 qui pose le plus clairement cette distinction.

Le SCOP (COP saisonnier) est la moyenne de ce coefficient sur l’ensemble d’une saison de chauffe, jours doux et vagues de froid compris. C’est le seul chiffre qui parle réellement de votre facture annuelle : un COP flatteur mesuré par temps doux ne dit rien de ce que la machine consommera en janvier.

COP catalogue vs performance réelle : l’écart mesuré

Premier point d’honnêteté : les COP et SCOP affichés par les fabricants sont des valeurs normalisées, obtenues en conditions d’essai en laboratoire. Ce ne sont pas des promesses de performance chez vous. L’écart n’a rien d’anecdotique : selon le rapport ADEME/Enertech (p. 201), les SCOP réglementaires dits « ERP » sont en moyenne 17,3 % supérieurs aux SCOP réellement mesurés sur le terrain.

D’où viennent ces mesures ? De la première campagne d’instrumentation à cette échelle jamais menée en France : 100 pompes à chaleur instrumentées (90 air/eau et 10 eau/eau) dans 100 maisons individuelles ayant remplacé une chaudière, réparties sur 20 départements. Les installations ont été suivies à la minute pendant un à deux ans, de septembre 2023 à 2025, via 2 094 voies de mesure. C’est cette méthodologie — des mesures fines, longues, chez de vrais occupants — qui donne enfin une référence fiable, très loin des bancs d’essai.

Les SCOP réels mesurés en France

Les résultats de la campagne tiennent en quelques chiffres à retenir. En chauffage, le SCOP moyen mesuré — autrement dit le rendement réel de la pompe à chaleur en conditions d’usage — est de 2,9 pour les PAC air/eau (minimum 0,9, maximum 4,5 — les trois meilleures installations dépassent 4, et ce sur radiateurs). Les PAC géothermiques (eau/eau) atteignent 4,3 en moyenne (de 2,3 à 7,4, le record étant obtenu sur sondes verticales). Pour l’eau chaude sanitaire, les performances sont plus modestes : un SCOP d’environ 2 en air/eau et de 2,3 en eau/eau, selon l’avis de l’ADEME d’octobre 2025.

Une réserve méthodologique s’impose, que le rapport lui-même formule : les hivers de la période de mesure ont été doux. Sur un hiver très rigoureux, comme celui de 2021, les SCOP mesurés pourraient se dégrader de 15 à 20 %, soit environ un demi-point. L’interprétation honnête est donc double : un SCOP réel de 2,9, c’est près de trois fois mieux que des convecteurs électriques fonctionnant par effet Joule — la pompe à chaleur tient sa promesse de fond. Mais c’est loin des « COP 4 à 5 » que le marketing laisse espérer en usage courant.

Attention : un « COP 4 » sur une brochure est une mesure de laboratoire dans des conditions fixées. La référence de terrain en France, ce sont les SCOP moyens de 2,9 (air/eau) et 4,3 (géothermie) mesurés par l’ADEME et Enertech. Avant de signer, exigez le SCOP de l’appareil et comparez-le à ces moyennes.

Air-air, air-eau, géothermie : les trois grandes familles de pompes à chaleur

Toutes les pompes à chaleur appliquent le même cycle thermodynamique, mais elles ne puisent pas leurs calories au même endroit et ne les restituent pas de la même façon. La fiche officielle de France Rénov’ distingue trois grandes familles, dont les profils — et les performances réelles — diffèrent nettement.

La PAC air-air

La pompe à chaleur air-air capte les calories de l’air extérieur et souffle de l’air chaud directement dans les pièces. La plupart des modèles sont réversibles : ils rafraîchissent l’été, ce qui explique une partie de leur succès. C’est de très loin le format dominant du marché : 803 661 unités de moins de 17,5 kW vendues en 2025 selon Uniclima, avec un second semestre en hausse de 31 %, dopé par les canicules et la demande de climatisation. Ses limites sont tout aussi claires : France Rénov’ décrit un rendement amoindri, voire nul, par grand froid — ce qui la destine plutôt aux régions méditerranéennes — et elle ne produit pas d’eau chaude sanitaire. Sur ses performances réelles, prudence : la campagne de mesures ADEME/Enertech ne portait pas sur l’air-air, et aucun SCOP de terrain vérifié n’est disponible dans notre dossier. Un repère objectif existe néanmoins : l’étiquette énergétique A++ (en mono-split), désormais exigée pour bénéficier de la TVA à 5,5 %.

La PAC air-eau

La pompe à chaleur air-eau puise elle aussi dans l’air extérieur, mais chauffe un circuit d’eau alimentant radiateurs ou plancher chauffant, avec, souvent, la production d’eau chaude sanitaire. C’est la solution de référence pour remplacer une chaudière : 179 377 unités vendues en 2025 (en repli de 1,8 %). France Rénov’ signale un rendement variable selon la température extérieure et un appoint électrique le plus souvent intégré pour les périodes les plus froides. Côté chiffres de terrain : SCOP moyen de 2,9 et coût moyen réel facturé de 15 287 € TTC (détaillé plus bas).

La PAC géothermique (eau/eau, sol/eau)

La pompe à chaleur géothermique puise ses calories dans le sol ou dans une nappe phréatique, dont la température reste stable toute l’année — c’est son avantage physique décisif. France Rénov’ la décrit comme plus complexe et plus coûteuse à installer, mais dotée d’un très bon rendement en toutes saisons, ce que le terrain confirme : SCOP moyen de 4,3, le meilleur mesuré. Elle reste pourtant marginale : 2 513 unités vendues en 2025 (-6,2 %), un marché freiné, selon Uniclima, par le manque de foreurs qualifiés et par des coûts d’installation élevés — comptez « nettement plus cher » qu’une air-eau, sans qu’une fourchette fiable puisse être avancée (les données de coûts de la campagne ADEME ne portaient que sur quatre installations de ce type).

Les trois familles de pompes à chaleur : performances réelles et repères 2026
Type de PAC Source de chaleur SCOP chauffage réel (ADEME 2025) Repères coût / marché Aides (juillet 2026)
Air-air Air extérieur Non mesuré dans la campagne 803 661 ventes en 2025 TVA 5,5 % (depuis le 18/07/2026) ; pas de MaPrimeRénov’
Air-eau Air extérieur 2,9 (0,9 – 4,5) 15 287 € TTC en moyenne ; 179 377 ventes en 2025 MaPrimeRénov’ 3 000 – 5 000 € + CEE + TVA 5,5 %
Géothermique Sol / nappe 4,3 (2,3 – 7,4) Nettement plus cher ; 2 513 ventes en 2025 MaPrimeRénov’ 6 000 – 11 000 € + CEE + TVA 5,5 %

Grand froid, maisons mal isolées : les limites honnêtes

C’est ici que les contenus commerciaux pèchent le plus, dans un sens comme dans l’autre : soit la pompe à chaleur dans l'Aube « fonctionne partout », soit elle « lâche dès qu’il gèle ». Les mesures de la campagne ADEME/Enertech permettent enfin de trancher — avec des nuances dans les deux sens.

Que se passe-t-il quand il gèle vraiment ?

Le 20 janvier 2024, en pleine vague de froid, la température moyenne en France est descendue à -4 °C. Ce jour-là, le COP moyen des installations instrumentées est resté à 2,0 : dégradé, certes, mais encore deux fois plus efficace que des convecteurs électriques. Les craintes classiques se sont révélées marginales sur l’ensemble de la campagne : l’appoint électrique n’a représenté que 2,7 % de la consommation, et le dégivrage 0,6 %, selon les données relayées par négaWatt.

Le tableau ne serait pas honnête sans les contreparties. Le SCOP mesuré en zone climatique froide H1 est inférieur d’environ 30 % à celui de la zone méditerranéenne ; et rappelons que les hivers de mesure ont été doux, avec une dégradation possible de 15 à 20 % sur un hiver rigoureux. Une pompe à chaleur fonctionne donc bel et bien par grand froid, mais son avantage se resserre précisément quand on en a le plus besoin — les deux faces de la médaille sont indissociables.

Dernier point, rarement mentionné : l’impact sur le réseau électrique. Lors de cette même vague de froid, le pic de charge matinal imputable aux pompes à chaleur a été amplifié d’un facteur 3 à 3,5 ; une PAC représente en moyenne la moitié de la consommation électrique d’un logement équipé (4 264 kWh/an), et RTE a lancé une étude complémentaire sur ces données. À l’échelle du pays, l’électrification du chauffage pose ainsi des questions de système électrique qui rejoignent celles des intérêts et limites des énergies renouvelables.

Et dans un logement mal isolé ?

La campagne ADEME/Enertech apporte ici un résultat contre-intuitif, souvent surinterprété : l’étude ne montre aucune corrélation entre l’isolation du bâti et le COP de la pompe à chaleur. La machine fonctionne aussi bien, techniquement, dans une passoire thermique que dans une maison bien isolée. Mais — et c’est la lecture que font négaWatt comme l’ADEME — un bon COP dans une passoire n’empêche pas une facture élevée : la PAC déplace efficacement la chaleur… qui s’échappe ensuite par les parois. Avant d’électrifier son chauffage, mieux vaut donc lutter contre la déperdition thermique du logement.

La stratégie raisonnable se différencie selon le diagnostic de performance énergétique : une pompe à chaleur seule est pertinente dans les logements classés A à D ; elle est déconseillée sans rénovation dans les classes E à G, où il faut d’abord améliorer l’efficacité énergétique de votre maison. Le calendrier réglementaire pousse d’ailleurs dans ce sens : à partir du 1er janvier 2027, les maisons classées F ou G n’auront plus accès au parcours par geste de MaPrimeRénov’ (fiche Service-Public F35083).

Un tiers des installations peut mieux faire

Autre enseignement majeur de la campagne : environ un tiers des installations présente une marge d’amélioration — dimensionnement, montage, réglage, régulation — pour une marge de progression globale d’environ 20 % (rapport ADEME, p. 204, et note négaWatt). Une brève de notre-environnement.gouv.fr (21 novembre 2025) résume l’enjeu : la facture est à peu près divisée par deux quand la pompe à chaleur est bien installée.

Pour le lecteur, les leviers sont connus et découlent des recommandations du rapport : choisir un installateur certifié RGE, exiger un dimensionnement soigné (le surdimensionnement provoque des cycles courts qui usent la machine et dégradent la performance), et faire régler la loi d’eau au plus juste. La performance réelle d’une PAC se joue autant à l’installation que sur le catalogue.

Bruit et entretien : les obligations à connaître

L’unité extérieure d’une pompe à chaleur fait du bruit, et la réglementation encadre strictement la gêne pour le voisinage : le Code de la santé publique (articles R.1336-5 à R.1336-9) limite l’émergence sonore, mesurée en limite de propriété, à 5 dB(A) le jour (de 7 h à 22 h) et 3 dB(A) la nuit (de 22 h à 7 h), comme le détaille la fiche du Centre d’information sur le bruit (mars 2023). D’où un conseil pratique : soignez l’emplacement de l’unité extérieure dès la conception du projet, loin des fenêtres des voisins.

L’entretien, lui, est une obligation légale : le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 impose une visite tous les deux ans pour les pompes à chaleur de 4 à 70 kW — c’est-à-dire la quasi-totalité des installations résidentielles — et tous les cinq ans au-delà.

Combien coûte vraiment une pompe à chaleur ?

Quel prix pour une pompe à chaleur en 2026 ? Les fourchettes des sites commerciaux sont rarement sourcées. La campagne ADEME/Enertech offre une base autrement solide : les coûts réellement facturés (factures 2023-2024) pour des remplacements de chaudière en maison individuelle. Le coût moyen des travaux pour une PAC air/eau s’établit à 15 287 € TTC — 13 064 € pour le chauffage seul, 16 531 € pour chauffage et eau chaude sanitaire — avec des extrêmes allant de 10 000 € à 25 914 € (rapport, p. 73). Pour la géothermie, aucun chiffre généralisable : l’échantillon de coûts ne comptait que quatre installations, et il faut s’en tenir au constat « nettement plus cher ».

Les aides changent sensiblement la donne : le reste à charge moyen après aides ressort à 9 961 € TTC (6 433 € en simple service, 11 872 € en double service), les aides couvrant environ 54 % du coût en simple service et 29 % en double service (p. 74-75). Ces montants concernent des ménages qui ont remplacé une chaudière — la PAC est aujourd’hui l’un des principaux outils pour remplacer les combustibles fossiles dans le chauffage résidentiel.

Reste la question de la rentabilité. Face à une chaudière gaz neuve, le temps de retour est d’environ 2 ans avec les aides, et de l’ordre de 6 ans (en médiane) sans aides (p. 155-157). Mais ce calcul est très sensible à la performance réelle : dans un cas type du rapport, le temps de retour passe de 14 ans avec un SCOP de 2 à 8 ans avec un SCOP de 4. On boucle ainsi sur le message central de cet article : le SCOP réel n’est pas un détail technique, c’est lui qui conditionne la rentabilité de l’investissement.

Aides 2026 : ce qui est en vigueur, ce qui pourrait changer

Les aides à la pompe à chaleur ont changé quatre fois depuis 2024 : tout montant non daté est suspect. Ceux qui suivent sont les montants en vigueur en juillet 2026 (France métropolitaine), avec leurs sources officielles — et un point précis sur la réforme annoncée pour la rentrée.

MaPrimeRénov’ : les montants du parcours par geste

Dans le cadre du parcours par geste (montants vérifiés au 19 juin 2026 sur la fiche Service-Public F35083), MaPrimeRénov’ finance les PAC air/eau à hauteur de 5 000 € pour les ménages très modestes (profil Bleu), 4 000 € pour les ménages modestes (Jaune) et 3 000 € pour les revenus intermédiaires (Violet), dans la limite d’un plafond de dépense de 12 000 €. Les PAC géothermiques ou solarothermiques bénéficient de montants nettement supérieurs : 11 000 €, 9 000 € et 6 000 €, avec un plafond de 18 000 €. La PAC air-air, elle, n’est pas éligible. Deux conditions dans tous les cas : un logement d’au moins 15 ans et un installateur certifié RGE.

MaPrimeRénov’ pompe à chaleur — montants en vigueur en juillet 2026 (métropole)
Type de PAC Très modestes (Bleu) Modestes (Jaune) Intermédiaires (Violet) Plafond de dépense
Air/eau 5 000 € 4 000 € 3 000 € 12 000 €
Géothermique / solarothermique 11 000 € 9 000 € 6 000 € 18 000 €
Air-air Non éligible Non éligible Non éligible

TVA à 5,5 % : désormais pour tous les types de PAC

Nouveauté de l’été 2026 : la TVA réduite à 5,5 % s’applique aux pompes à chaleur air/air depuis le 18 juillet 2026 (arrêté du 13 juillet 2026, pris en application de l’article 82 de la loi de finances 2026), sous conditions : puissance inférieure ou égale à 12 kW, classe énergétique A++ en mono-split ou A+ en multi-split, et fluides frigorigènes conformes aux seuils de GWP du règlement européen F-Gas 2024/573. Les PAC air/eau et géothermiques bénéficiaient déjà de ce taux : l’alignement est donc complet, comme le précise Service-Public (fiche A19002, 22 juillet 2026).

Coup de pouce Chauffage : la prime CEE

La prime « Coup de pouce Chauffage », adossée aux certificats d’économies d’énergie (CEE), s’ajoute à MaPrimeRénov’ pour le remplacement d’une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz par une PAC air/eau. Les montants sont de l’ordre de 5 000 € pour les ménages très modestes et 4 000 € pour les ménages modestes — des ordres de grandeur indicatifs, le calcul exact ayant été révisé au 1er octobre 2025 (il dépend désormais de l’efficacité saisonnière ETAS, de la surface et de la zone climatique) : vérifiez le montant applicable à votre situation sur la page officielle du ministère de la Transition écologique. À noter également, côté filière : un agrément « pompe à chaleur fabriquée en Europe » ouvre droit à une bonification des CEE, signale Uniclima.

Ce qui pourrait changer au 1er septembre 2026

Une réforme du parcours par geste de MaPrimeRénov’ est annoncée pour le 1er septembre 2026 — au conditionnel, car ni le décret ni l’arrêté, présentés au Conseil national de l’habitat le 2 juillet 2026, n’étaient publiés au Journal officiel au 23 juillet 2026. Si elle est confirmée, cette réforme recentrerait le parcours sur trois gestes seulement, dont la pompe à chaleur air/eau et géothermique (aux côtés du raccordement à un réseau de chaleur et de la dépose de cuve à fioul). En sortiraient notamment les fenêtres, la VMC, les chauffe-eau thermodynamiques et solaires, les poêles, ainsi que l’isolation des combles et des toitures — l’isolation des murs ayant déjà quitté le dispositif au 1er janvier 2026. La PAC air-air resterait hors aides. Ces évolutions restent à confirmer « sous réserve de publication au Journal officiel » : consultez france-renov.gouv.fr avant tout engagement.

Une échéance est en revanche déjà actée : au 1er janvier 2027, les maisons classées F ou G au DPE perdront l’accès au parcours par geste (Service-Public F35083) — une raison de plus de penser la rénovation dans le bon ordre.

Bon à savoir : si elle est confirmée, cette réforme ferait de la pompe à chaleur air/eau et géothermique l’un des derniers gestes aidés individuellement — un signal fort de la stratégie française d’électrification du chauffage, qui vise 8,8 millions de PAC installées d’ici 2030 (projet SNBC 3).

Fluides frigorigènes : la transition discrète vers le propane (R290)

Un dernier critère de choix, méconnu mais devenu stratégique en 2026 : le fluide frigorigène. Les fluides encore majoritaires (R410A, R32…) sont des HFC à fort pouvoir de réchauffement global (GWP). Le règlement européen F-Gas (UE) 2024/573 réduit fortement les quotas de HFC dès 2025 et interdit, au 1er janvier 2027, les pompes à chaleur monoblocs de 12 kW ou moins utilisant un fluide de GWP supérieur ou égal à 150 (sauf exigence de sécurité), avant une sortie complète des gaz fluorés pour ces équipements en 2032.

C’est ce calendrier qui explique l’essor du R290 — du propane, au GWP d’environ 3, soit des centaines de fois moins que les HFC courants. Ce fluide n’est pas une promesse de laboratoire : il figurait parmi les cinq fluides observés sur le terrain dans la campagne ADEME/Enertech (avec le R410A, le R407C, le R134a et le R32), et le rapport recommande d’en appuyer le développement (p. 199). À l’achat en 2026, renseignez-vous donc sur le fluide de l’appareil : c’est un gage de pérennité réglementaire — et, pour une PAC air-air, une condition de conformité à la TVA à 5,5 %.

FAQ : vos questions sur la pompe à chaleur

Quelle est la différence entre le COP et le SCOP d’une pompe à chaleur ?

Le COP mesure le rapport entre chaleur restituée et électricité consommée à un instant donné, dans des conditions précises. Le SCOP est sa moyenne sur toute une saison de chauffe : c’est lui qui reflète votre facture annuelle. Les valeurs de catalogue sont obtenues en conditions d’essai normalisées ; selon l’ADEME et Enertech (2025), les SCOP réglementaires dépassent en moyenne de 17,3 % les valeurs réellement mesurées.

Quel est le COP réel d’une pompe à chaleur ?

La campagne ADEME/Enertech (100 PAC instrumentées, publication 2025) a mesuré un SCOP chauffage moyen de 2,9 pour les PAC air/eau (de 0,9 à 4,5) et de 4,3 pour les PAC géothermiques (de 2,3 à 7,4). Pour l’eau chaude sanitaire, comptez environ 2. C’est nettement mieux que des convecteurs électriques, mais loin des « COP 4-5 » des brochures.

Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle encore par grand froid ?

Oui : le 20 janvier 2024, par -4 °C de moyenne en France, le COP moyen mesuré est resté à 2,0, et l’appoint électrique n’a pesé que 2,7 % de la consommation. Mais la performance se dégrade : le SCOP est inférieur d’environ 30 % en zone froide H1, et les hivers de mesure étaient doux (dégradation possible de 15 à 20 % sur un hiver rigoureux).

Une pompe à chaleur est-elle pertinente dans une maison mal isolée ?

L’étude ADEME/Enertech ne montre aucune corrélation entre isolation et COP : la machine fonctionne. Mais un bon COP dans une passoire thermique n’empêche pas une facture élevée, car la chaleur s’échappe par les parois. La PAC seule est pertinente en DPE A à D, déconseillée sans rénovation en E à G — et les maisons F/G perdront le parcours par geste au 1er janvier 2027.

Combien consomme une pompe à chaleur en électricité ?

Dans la campagne ADEME/Enertech, une pompe à chaleur consomme en moyenne 4 264 kWh d’électricité par an, soit environ la moitié de la consommation électrique du logement équipé. Pour le chauffage, la moyenne s’établit à 28 kWh électriques par m² et par an, avec une dispersion très forte (facteur 21) selon la qualité du bâti, de l’installation et des réglages.

Quelles aides pour installer une pompe à chaleur en 2026 ?

En juillet 2026 : MaPrimeRénov’ de 3 000 à 5 000 € (air/eau) et de 6 000 à 11 000 € (géothermie) selon les revenus, prime CEE « Coup de pouce Chauffage » d’environ 4 000 à 5 000 € en remplacement de chaudière, et TVA à 5,5 % pour tous les types de PAC. La PAC air-air reste hors MaPrimeRénov’. Une réforme du parcours par geste est attendue au 1er septembre 2026, sous réserve de publication au Journal officiel.

L’entretien d’une pompe à chaleur est-il obligatoire ?

Oui. Le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 impose un entretien tous les deux ans pour les pompes à chaleur de 4 à 70 kW — soit la quasi-totalité des installations résidentielles — et tous les cinq ans au-delà. Cet entretien est aussi l’occasion de vérifier les réglages (loi d’eau, régulation), l’un des principaux gisements de performance identifiés par l’ADEME.

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