Un panneau solaire posé sur un toit produit de l’électricité, qu’il soit compté ou non. En Afrique, environ la moitié de la capacité solaire posée en 2025 n’apparaît dans aucun registre national, et donc dans aucune série internationale. L’analyse publiée le 26 août 2026 par le centre de réflexion Ember avec l’African Tech Futures Lab estime à 12 GW le solaire installé sur le continent en 2025, quand l’Agence internationale de l’énergie en a enregistré 6,2 GW sur la même année. L’écart ne signale pas une erreur de calcul : il mesure la couverture des registres.

Le trajet d’un panneau jusqu’à la ligne d’une statistique nationale

Une agence internationale ne mesure pas la capacité solaire d’un pays. Elle la reçoit. Les séries de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) sont bâties sur les déclarations que chaque État leur transmet. La conséquence est mécanique : la statistique internationale ne peut pas être meilleure que la statistique nationale qui l’alimente.

Entre le panneau et la ligne d’un tableau international, la chaîne compte quatre maillons. Une demande de raccordement est déposée auprès du gestionnaire de réseau. L’installation est enregistrée par ce gestionnaire ou par le régulateur du secteur, avec une puissance déclarée. Ces enregistrements sont agrégés dans un registre national de capacité. Ce registre est transmis, en général une fois par an, aux organismes internationaux qui publient les séries.

Le point important tient en une phrase : le compteur statistique n’est pas le panneau, c’est le point de raccordement. Une installation qui ne déclenche aucune de ces quatre étapes existe physiquement, produit des kilowattheures, et reste invisible pour la comptabilité nationale comme pour la comptabilité mondiale.

L’état de cette chaîne sur le continent est documenté par l’analyse d’Ember et de l’African Tech Futures Lab. Sur les 54 pays africains, 36 publient une donnée officielle de capacité solaire. Quatorze seulement ont publié un chiffre portant sur l’année 2025. Et trois — l’Afrique du Sud, la Tunisie et la Tanzanie — publient à un rythme trimestriel ou plus fréquent. Pour les autres, la donnée arrive avec un ou deux ans de décalage, ou n’arrive pas.

Rien de tout cela ne relève d’une négligence des agences internationales. Leurs séries reflètent exactement ce qui leur est transmis, ni plus ni moins. Le maillon faible se situe en amont, au moment où une installation aurait dû croiser un guichet administratif.

Le maillon qui rompt la chaîne : le panneau qui ne se raccorde à rien

Le solaire dit « distribué » désigne les installations de petite taille posées côté client : toiture d’un logement, hangar d’une exploitation, toit d’un supermarché, ombrière d’un atelier. Techniquement, ce sont les mêmes cellules que dans une centrale au sol. Administrativement, ce n’est pas du tout le même objet.

Une centrale qui vend son électricité au réseau entre dans la chaîne décrite plus haut : point de raccordement, puissance enregistrée, contrat, compteur de production. Un kit posé sur un toit, qui alimente le bâtiment sous lui, peut n’en franchir aucune étape. Pas de demande de raccordement lorsque l’installation alimente directement la charge du bâtiment. Souvent pas d’autorisation d’urbanisme. Pas de contrat régulé, puisqu’il n’y a rien à vendre au réseau. Pas de compteur de production, puisque personne n’achète cette production. L’appareil est acheté, transporté, posé, et il fonctionne — sans qu’aucun acteur ait de raison administrative de le déclarer.

C’est ce segment qui porte la croissance. Selon l’analyse d’Ember et de l’African Tech Futures Lab, environ trois quarts de la capacité solaire ajoutée en Afrique entre 2023 et 2025 relèvent du solaire distribué ; les reprises retiennent la valeur de référence de 75 %, et la restitution française de Connaissance des Énergies formule la même part en volume, de l’ordre de 20 GW sur 26 GW ajoutés. Les deux formulations disent la même chose : la partie du marché la plus difficile à mesurer est aussi celle qui grossit le plus vite.

Le moteur de ce déploiement éclaire son invisibilité. Il ne s’agit pas d’un dispositif de subvention, ni d’un plan public de déploiement. Le coût des panneaux a baissé au point qu’un kit solaire devient un choix de trésorerie face à un groupe électrogène au gasoil, dont le carburant se paie chaque semaine. S’y ajoute la recherche d’une sécurité d’approvisionnement là où les coupures sont fréquentes. La décision se prend ménage par ménage, entreprise par entreprise, sans passer par une autorité.

Un déploiement décidé un toit à la fois est diffus par construction. C’est précisément ce qui le rend économiquement robuste et statistiquement insaisissable : les deux faces du même fait. Le même mécanisme joue en France, à une autre échelle, avec l’autoconsommation solaire couplée à une batterie, dont la production ne transite pas par les mêmes compteurs que celle injectée sur le réseau.

Les douanes chinoises transformées en compteur électrique

Quand la mesure directe manque, il reste la substitution : remplacer une grandeur inaccessible par une autre, mesurée plus haut dans la chaîne, dont on sait qu’elle en dépend étroitement. C’est le choix méthodologique d’Ember et de l’African Tech Futures Lab.

Le point d’appui est un flux administratif public. Les douanes chinoises publient chaque mois les volumes de modules photovoltaïques exportés, ventilés par pays de destination et exprimés en watts-crête. Cette donnée n’a pas été conçue pour compter des installations électriques : elle sert à suivre un commerce extérieur. Elle a toutefois une propriété rare, celle d’être mensuelle, homogène et disponible pour tous les pays du continent au même moment — trois qualités qu’aucun registre national africain ne réunit aujourd’hui.

Sa représentativité tient à un chiffre : 94 % des panneaux posés en Afrique sont importés de Chine. Autrement dit, le flux douanier chinois n’est pas un échantillon du marché africain, il en approche la quasi-totalité. Ce qui échappe à ce compteur — la production locale, les importations d’autres origines — reste marginal, même si la capacité de fabrication de panneaux sur le continent devrait atteindre environ 3,5 GW en 2026 — une capacité d’usine, pas une production constatée.

La cadence que ce flux traduit se laisse résumer par un ordre de grandeur : le communiqué accompagnant l’analyse évoque environ 100 000 panneaux installés chaque jour en Afrique en 2026. Le chiffre n’est pas une prouesse industrielle en soi ; il indique surtout qu’aucun dispositif d’enregistrement conçu pour des projets de centrale ne peut suivre un tel rythme de micro-installations.

La bascule que cette croissance provoque est décrite par l’un des coauteurs du travail. Joel Nana, directeur de recherche à l’African Tech Futures Lab, la formule ainsi : « Partout en Afrique, les ressources énergétiques distribuées se développent rapidement et, dans bien des cas, dépassent la capacité du réseau. » Dépasser la capacité du réseau ne signifie pas s’y substituer : il s’agit de puissance installée, pas d’un système électrique complet.

Reste la limite propre à toute substitution. Le compteur douanier enregistre des panneaux embarqués sur un navire. Il ne dit ni où ils finissent, ni quand, ni s’ils finissent quelque part.

De l’import à la toiture : la conversion qui fait tout le calcul

Entre un conteneur qui quitte un port chinois et une toiture qui produit, il y a un trajet, un entrepôt, un installateur et un délai. Convertir des watts-crête expédiés en capacité effectivement installée suppose donc des hypothèses, et ce sont elles qui portent l’incertitude du résultat final.

La première concerne le temps. Un panneau importé en novembre n’est pas posé en novembre. La restitution de Connaissance des Énergies rapporte l’hypothèse de calage retenue : environ 73 % des panneaux importés seraient installés dans les six mois suivant leur arrivée. Ce taux détermine la répartition d’un flux d’importation entre l’année en cours et la suivante — décaler cette hypothèse de quelques mois déplace mécaniquement plusieurs gigawatts d’une année sur l’autre.

Les autres hypothèses concernent le devenir des panneaux. Une partie dort en entrepôt, parfois plusieurs saisons, chez un distributeur qui a acheté par lots. Une autre est réexportée vers un pays voisin, ce qui l’attribue à la mauvaise destination. Une dernière ne sera jamais posée : casse, invendus, matériel obsolète. Chacun de ces postes ajoute une barre d’erreur que le chiffre publié n’affiche pas sous forme d’intervalle.

Il en découle une règle de lecture simple. Les 12 GW de 2025 et les 17 GW attendus en 2026 ne sont pas des relevés de capacité : ce sont des estimations construites sur des flux d’importation, avec des hypothèses nommables. C’est aussi ce qui les rend discutables au bon endroit — sur la valeur des hypothèses, et non sur l’honnêteté d’un compteur.

12 GW estimés contre 6,2 enregistrés : l’écart sur l’année 2025

Les trois valeurs disponibles pour la seule année 2025 portent sur la capacité solaire ajoutée dans l’année, pas sur un parc cumulé. L’estimation d’Ember s’établit à 12 GW. L’AIE en a enregistré 6,2 GW. L’IRENA, 4,6 GW.

Capacité solaire ajoutée en Afrique sur la seule année 2025 : estimation Ember et enregistrements des agences internationales. Sources : Ember et African Tech Futures Lab, analyse du 26 août 2026 ; séries AIE et IRENA pour 2025.
ÉmetteurNature du chiffreCapacité ajoutée en 2025Position par rapport à l’estimation
Ember + African Tech Futures LabEstimation à partir des flux douaniers chinois12 GWréférence
Agence internationale de l’énergieEnregistrement des déclarations nationales6,2 GWenviron la moitié
IRENAEnregistrement des déclarations nationales4,6 GWun peu moins de 40 %

La lecture la plus tentante consiste à conclure qu’il y aurait « deux fois plus de solaire que prévu ». Elle est fausse, et elle manque le sujet. L’énoncé exact est autre : environ la moitié de la capacité posée en 2025 n’apparaît dans aucune série officielle, et un peu plus de 60 % manque dans la série de l’IRENA. La quantité de solaire n’a pas changé entre les deux chiffres — c’est le champ de ce qui est vu qui change.

Cet écart est donc un indicateur de couverture, pas un indicateur d’erreur. Il mesure la proportion d’installations qui traversent effectivement la chaîne d’enregistrement décrite plus haut. Deux séries qui divergent parce qu’elles n’observent pas le même objet ne se contredisent pas : elles se complètent, à condition de dire laquelle recense et laquelle estime.

17 GW attendus en 2026, l’ordre de grandeur en clair

Pour 2026, l’estimation monte à 17 GW, soit une hausse de 45 % sur 2025 et une troisième année de progression record consécutive. Un gigawatt reste une abstraction tant qu’on ne lui donne pas de point de comparaison.

En voici un, lisible depuis la France. Le parc photovoltaïque français cumulé, toutes tailles d’installations confondues, atteint 33,0 GW au 31 mars 2026 selon le tableau de bord du service statistique du ministère de la Transition écologique (SDES), restitué le 29 mai 2026. La France y ajoute environ 1,5 GW par trimestre. Le continent africain installerait donc en une seule année l’équivalent d’un peu plus de la moitié du parc français cumulé, et près de trois années de raccordements français au rythme actuel.

Le second point de comparaison ramène l’affaire à sa juste taille. Les capacités installées en 2026 devraient produire environ 23 TWh par an, ce qui représente à peu près 2,3 % de l’électricité produite sur le continent. La comparaison posée par l’analyse ne porte pas sur des volumes mais sur deux parts : ces 2,3 % se situent au-dessus des 2,2 % de croissance annuelle moyenne de la demande électrique africaine entre 2014 et 2024. Le sens de l’écart compte : une année d’installations solaires produit un peu plus que ce que la demande gagnait en moyenne chaque année sur cette période — assez pour absorber la croissance d’une année, pas pour transformer le parc existant.

Les deux lectures sont vraies simultanément. Beaucoup en flux annuel, peu en part du mix. À titre de repère de production, la France a produit 6,6 TWh d’électricité solaire en métropole au premier trimestre 2026, contre 5,9 TWh un an plus tôt.

Un an plus tôt, les importations avaient déjà bondi de 60 %

La méthode n’est pas née en 2026. La même équipe l’avait appliquée un an plus tôt, sur les mêmes statistiques douanières, avec les mêmes limites déclarées. Le résultat publié alors donne un point de comparaison utile : sur les douze mois clos en juin 2025, les importations africaines de panneaux chinois atteignaient 15 032 MW, en hausse de 60 % sur les douze mois précédents.

Cette progression porte sur des importations, donc sur l’amont du calcul, avant toute hypothèse de délai de pose. C’est d’ailleurs l’intérêt de ce chiffre : il montre la matière brute sur laquelle repose l’estimation, sans la transformation qui l’accompagne.

Ce précédent change aussi la lecture de l’édition 2026. Une série qui donne deux fois de suite une accélération du même ordre, sur une base de données indépendante des registres nationaux, décrit une tendance et non un accident de mesure. Deux points ne font pas une courbe, mais ils rendent peu plausible l’hypothèse d’un artefact ponctuel.

Où la croissance se concentre, et à quelles conditions elle tient

Deux comptes de 36 pays sur 54 circulent dans ce travail, et ils ne désignent pas le même ensemble. Le premier porte sur les registres — 36 pays publient une donnée officielle de capacité solaire. Le second porte sur le marché — 36 pays devraient atteindre en 2026 un niveau record d’installations. Un pays peut appartenir à l’un sans appartenir à l’autre, et c’est exactement là que le problème de mesure se loge.

Côté marché, la croissance est large plutôt que concentrée. Dix-neuf pays afficheraient une hausse annuelle supérieure à 100 %, dont la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et l’Égypte. Ces taux à trois chiffres ne désignent pas les plus gros volumes : une base de départ faible produit mécaniquement des pourcentages élevés.

L’Afrique du Sud illustre le mouvement inverse. Le pays devrait installer environ 3,3 GW en 2026, ce qui en fait toujours un poids lourd du continent, mais sa part des importations africaines de panneaux chinois est tombée de 52 % en 2023 à 20 %. Le marché ne s’est pas contracté chez elle : il s’est étendu ailleurs. Sur douze mois, de juin 2025 à juin 2026, l’Afrique a acheté pour 2,4 milliards de dollars de panneaux solaires.

Le cas où le mécanisme devient visible à l’échelle d’un pays entier est la Sierra Leone. Selon l’estimation rapportée par Connaissance des Énergies, les installations de la seule année 2026 pourraient y accroître la production électrique nationale d’environ 97 %. Le chiffre ne dit rien d’un effort particulier de ce pays : il dit que le système électrique existant y est très petit. La même quantité de panneaux produit un effet radicalement différent selon la taille du parc auquel elle s’ajoute.

C’est la raison pour laquelle un classement par pourcentage et un classement par gigawatts ne donnent jamais la même liste. Les deux sont exacts. Ils ne répondent simplement pas à la même question.

Le coût d’un chiffre manquant pour la planification électrique

Une capacité qui n’existe dans aucun registre n’est pas seulement une lacune d’archive. Elle fausse des décisions d’ingénierie et de financement, dans trois directions au moins.

La première concerne les gestionnaires de réseau. Ignorer plusieurs gigawatts de production diurne conduit à mal lire sa propre courbe de charge : la demande apparente baisse aux heures ensoleillées sans qu’on sache pourquoi, ce qui fausse la prévision, le dimensionnement des moyens thermiques d’appoint et l’évaluation des besoins de stockage. C’est le même enjeu, vu depuis un autre climat, que celui décrit à propos de ce que la production solaire fait au réseau électrique.

La deuxième concerne les programmes d’accès à l’électricité. Le nombre de personnes sans accès sur le continent est estimé de l’ordre de 550 à 600 millions selon l’émetteur et le périmètre retenus : 563 millions dans la reprise Bloomberg de l’analyse, environ 600 millions pour l’Afrique subsaharienne en 2024 selon l’AIE, 560 millions selon la Banque mondiale. Un bailleur qui cible ses financements sur des zones réputées non électrifiées, alors que des kits solaires y ont été posés en nombre, finance à côté du besoin réel.

La troisième concerne les régulateurs et les tarifs, calibrés sur une demande de réseau qui n’est plus celle observée. Une autoconsommation invisible réduit les ventes d’électricité régulée sans que la cause soit identifiée.

Une précision s’impose ici, parce que la conclusion inverse est facile à tirer. Une capacité distribuée qui dépasse par endroits celle du réseau ne constitue pas un système électrique de remplacement. Elle ne produit pas la nuit. Elle ne garantit aucune qualité de service, et elle ne dispose d’un stockage que lorsqu’une batterie a été achetée avec elle — un point que l’analyse ne quantifie pas. Le sujet du stockage qui accompagne le solaire reste distinct de celui de la capacité installée.

Une estimation qui restera le seul compteur, faute de guichet national

Il vaut la peine de délimiter ce que ce travail établit. Il estime des capacités installées. Il ne mesure pas l’électricité effectivement produite, ne compte pas les systèmes équipés d’une batterie et ne dit rien de leur durée de vie. Le chiffre de 2026 est une projection annuelle, appelée à être révisée quand les statistiques douanières chinoises des derniers mois seront disponibles. Les valeurs citées ici sont celles de l’analyse du 26 août 2026, telles que les restituent plusieurs publications indépendantes parues entre le 27 et le 31 août, dont les chiffres concordent.

La question laissée ouverte n’est pas technique. Les statistiques douanières continueront de compter des panneaux quoi qu’il arrive. Ce qui manque, c’est un guichet national par lequel une installation de toiture pourrait se déclarer sans y perdre son intérêt économique. Tant que ce maillon n’existe pas, la mesure du solaire africain restera un exercice d’estimation — et le développement d’une fabrication locale, attendue autour de 3,5 GW de capacité d’usine en 2026, ne comblerait pas ce manque. Il éroderait plutôt le compteur de substitution : un panneau assemblé sur le continent ne passe par aucune douane chinoise.

FAQ — solaire en Afrique et statistiques de capacité

Pourquoi les chiffres d’Ember et de l’Agence internationale de l’énergie diffèrent-ils autant ?

Parce qu’ils ne sont pas produits de la même manière. L’AIE compile les déclarations que les États lui transmettent : 6,2 GW pour l’Afrique sur l’année 2025. Ember estime les installations à partir des flux douaniers chinois d’exportation de panneaux : 12 GW sur la même année. Le premier chiffre mesure ce qui est enregistré, le second tente d’approcher ce qui est posé.

Le solaire distribué, qu’est-ce que c’est exactement ?

Ce sont les installations de petite taille placées côté client plutôt que sur le réseau : toitures de logements, hangars, commerces, ateliers. Elles alimentent d’abord le bâtiment qui les porte. Cette configuration explique leur absence des registres : sans injection sur le réseau, il n’y a ni contrat, ni compteur de production, ni guichet à franchir.

Comment des données douanières chinoises peuvent-elles servir à compter des panneaux ?

Les douanes chinoises publient chaque mois les volumes de panneaux exportés vers chaque destination. Comme 94 % des panneaux posés en Afrique viennent de Chine, ce flux approche le marché continental entier. La limite est nette : il enregistre des panneaux embarqués sur un navire, pas des panneaux raccordés à une charge.

Les 17 GW attendus en 2026 sont-ils une mesure ?

Non. C’est une estimation, construite sur des volumes d’importation convertis en capacité installée, avec des hypothèses de délai de pose et de taux d’installation. La valeur reste révisable quand les derniers mois de statistiques douanières seront publiés. Elle ne provient d’aucun relevé de terrain généralisé.

Que représentent ces volumes à l’échelle d’un pays européen ?

Le parc photovoltaïque français cumulé atteint 33,0 GW au 31 mars 2026, selon le tableau de bord du service statistique du ministère de la Transition écologique. Le continent africain installerait donc en une seule année l’équivalent d’environ la moitié de ce parc cumulé, alors que la France raccorde de l’ordre de 1,5 GW par trimestre.

Le solaire couvre-t-il une part importante de l’électricité africaine ?

Pas encore. Les capacités installées en 2026 devraient produire environ 23 TWh par an, soit à peu près 2,3 % de l’électricité produite sur le continent. Cette part se situe au-dessus des 2,2 % de croissance annuelle moyenne de la demande électrique africaine entre 2014 et 2024 : beaucoup en flux annuel, encore peu en part du mix.

Les statistiques officielles vont-elles rattraper leur retard ?

Rien ne le garantit à court terme. Combler l’écart suppose que les États mettent en place un enregistrement des installations qui ne passent pas par le réseau, ce qui est un choix administratif et non un progrès technique. Tant que ce maillon manque, l’estimation douanière restera le seul compteur disponible à l’échelle du continent.