Entre 170 et 200 millions de tonnes de déchets destinés au recyclage changent de pays chaque année, soit plus de deux fois le volume total des déchets d’emballages produits dans l’Union européenne en 2023. Ce chiffre vient du communiqué du CMCC diffusé le 19 octobre 2026 par Phys.org, qui résume l’étude d’Eugénie Joltreau et Luis Sarmiento mise en ligne le 8 septembre dans le Journal of Applied Economics. Il en accompagne un autre : en moyenne, 10 à 13 % du recyclage des emballages de l’UE s’est fait hors de l’Union entre 2018 et 2021. L’explication avancée par les auteurs tient en deux mots : déséquilibre matière.
Un marché mondial de 170 à 200 millions de tonnes, stable depuis 2010
Selon le communiqué du CMCC qui résume l’étude, repris par Phys.org le 19 octobre 2026, le commerce mondial de déchets destinés au recyclage pèse entre 170 et 200 millions de tonnes par an, et il est resté dans cette fourchette depuis 2010. Il s’agit de matières qui franchissent une frontière pour être recyclées ; l’analyse empirique porte sur les plastiques, le papier, l’aluminium, le verre, le fer et l’acier.
Pour situer cet ordre de grandeur, Eurostat fournit un repère européen : en 2023, l’Union a produit 79,7 millions de tonnes de déchets d’emballages, tous matériaux confondus. Le flux mondial de déchets recyclables représente donc plus de deux fois ce total. La comparaison vaut comme repère d’échelle, et rien de plus. Les deux périmètres diffèrent : le commerce mondial inclut des ferrailles et des métaux qui ne viennent pas des emballages, tandis que le chiffre européen compte des déchets produits, qu’ils soient ensuite échangés ou non.
Deux autres chiffres du même communiqué disent comment ce marché est organisé. Les dix premiers pays exportateurs assurent 67 % des exportations mondiales de déchets recyclables ; l’année de référence de cette part n’est pas précisée. Et en 2022, les pays à revenu élevé ont exporté jusqu’à 72 millions de tonnes de déchets recyclables de plus qu’ils n’en ont importé. La définition exacte de cette catégorie de pays, retenue par les auteurs, n’est pas donnée dans le communiqué.
Cet excédent de 72 millions de tonnes approche le volume annuel de déchets d’emballages de l’UE, toujours à périmètre différent. Il donne le sens dominant des flux. Le marché apparaît structuré : une poignée de grands exportateurs concentre les deux tiers des volumes, et le solde net va des économies où l’on consomme vers celles où l’on fabrique. Les éléments accessibles de l’étude ne nomment pas ces pays et ne ventilent pas les tonnages par matériau ; la géographie s’en tient donc à ces deux traits d’ensemble.
Le déséquilibre matière, moteur des échanges
Pourquoi un pays qui trie ses déchets en envoie-t-il une partie ailleurs ? L’explication la plus spontanée invoque le coût, ou le refus de garder chez soi ce qui encombre. Eugénie Joltreau et Luis Sarmiento, tous deux rattachés à l’Institut européen d’économie et d’environnement RFF-CMCC à Milan et au CMCC à Lecce, centre de recherche italien (Luis Sarmiento l’est aussi à la Banque du Mexique et à l’ETH Zurich), mettent en avant un autre déterminant. Le résumé de leur article le formule ainsi : « Les déchets générés par la consommation, importations comprises, correspondent souvent mal aux besoins en matières de la production nationale et des exportations. » Ce décalage, les auteurs le nomment « déséquilibre matière » (material imbalance).
Le mécanisme se décompose en trois maillons. Premier maillon : un pays produit des déchets à proportion de ce qu’il consomme. Cela inclut les biens fabriqués ailleurs et leurs emballages ; un appareil importé laisse chez son acheteur son carton et ses calages. Deuxième maillon : son industrie n’absorbe de matière secondaire, c’est-à-dire de papier, de plastique ou de métal recyclés, qu’à proportion de ce qu’elle fabrique. Une papeterie consomme des fibres en fonction du papier qu’elle produit, pas du papier que les ménages du pays jettent. Troisième maillon : rien n’oblige ces deux quantités à être égales.
D’où deux profils opposés. Un pays qui consomme beaucoup de produits manufacturés ailleurs génère plus de matière usagée que ses usines ne peuvent en réemployer. Un pays atelier, qui fabrique pour le reste du monde, manque au contraire de matière. Le déchet trié suit l’écart, comme n’importe quelle matière première suit la demande. Il circule parce qu’un autre pays en a l’usage, et pas seulement parce que son détenteur veut s’en débarrasser.
La distinction compte. Dans ce cadre, un excédent de déchets triés se lit d’abord comme un écart entre deux comptabilités, celle de la consommation et celle de la production, et non comme un simple surplus de nuisances. Les auteurs ne réduisent pas tout à cet écart. Le résumé cite trois autres facteurs qui façonnent les stratégies d’échange de déchets : leur désutilité, c’est-à-dire la nuisance que représente leur présence ; les coûts ; l’accès aux ressources vierges, qui rend la matière recyclée plus ou moins nécessaire à une industrie.
Leur conclusion, à la fois théorique et empirique, est que les déséquilibres matière relatifs entre pays sont un déterminant clé du commerce de déchets pour le recyclage. Le terme « relatifs » indique que l’écart se lit d’un pays à l’autre : c’est la position d’une économie par rapport à ses partenaires qui oriente les flux. Un déterminant clé, pas le seul.
Quand un déchet trié change de prix
Le déséquilibre matière a une traduction directe : le prix. Selon Eugénie Joltreau, dans le communiqué du CMCC, le prix d’un déchet échangé pour être recyclé peut passer de positif à négatif. Un prix positif signifie que l’acheteur paie pour obtenir la matière. Un prix négatif signifie que c’est le détenteur qui paie pour qu’on l’en débarrasse.
Le basculement suit l’offre et la demande de matière secondaire. Tant que l’industrie locale manque de fibres, de résine ou de métal, le déchet trié se vend. Quand l’offre dépasse ce que les recycleurs peuvent absorber, la même matière devient une charge. Le même ballot de plastique peut ainsi être une ressource dans un contexte et un coût dans un autre.
Ce changement de signe change la nature de l’export. À prix positif, exporter revient à vendre une matière première à une industrie qui en a besoin. À prix négatif, l’exportateur achète un service d’évacuation. Vu de la frontière, les deux opérations se ressemblent : une tonne sort. Leur logique économique est opposée. Le prix d’un déchet n’est donc pas négatif par nature ; il peut le devenir selon le contexte, et les éléments disponibles ne disent pas, flux par flux, lequel des deux cas domine.
Ce double visage explique que des politiques publiques puissent produire des effets inverses de ceux qu’on attend. Les auteurs caractérisent théoriquement l’existence d’un marché du déchet destiné au recyclage et montrent qu’une politique locale d’incitation au recyclage peut accroître ou réduire les exportations de déchets selon sa conception. Selon la logique du déséquilibre matière, une mesure qui augmente la quantité triée sans augmenter la demande locale tend à pousser la matière vers l’export ; une mesure qui crée de la demande tend à la retenir. Le sens de l’effet dépend du dessin de la mesure.
Plastique, papier, aluminium, verre, acier : le périmètre de l’étude
L’étude combine deux volets, d’après le communiqué : un modèle théorique des marchés internationaux de déchets, et une analyse empirique de données commerciales portant sur les plastiques, le papier, l’aluminium, le verre, le fer et l’acier. Elle mesure des flux entre pays et cherche ce qui les détermine. Elle ne suit pas les matières jusqu’à leur traitement.
Les chiffres descriptifs repris dans cet article, 170 à 200 millions de tonnes, 72 millions de tonnes, 67 % et 10 à 13 %, sont ceux du communiqué du CMCC qui résume l’étude. Les sources de données, les années exactes de chaque série et les méthodes économétriques relèvent du texte intégral et ne sont pas détaillées ici. Le résumé officiel porte, lui, la définition du déséquilibre matière et les conclusions générales.
La chronologie se pose exactement. L’article, publié en accès libre sous licence CC BY 4.0 dans le Journal of Applied Economics (vol. 29, n° 1), a été reçu le 20 octobre 2025, accepté le 9 juin 2026 et mis en ligne le 8 septembre 2026. Le communiqué a été diffusé par Phys.org le 19 octobre 2026. Une version de travail circulait dès le 16 juillet 2025, sous la forme du Working Paper 25-19 de Resources for the Future, mise à jour le 24 septembre 2025, avec les mêmes conclusions dans son résumé. Près de quatorze mois séparent cette version de la publication, et près de onze la réception du manuscrit de sa mise en ligne. Le résultat n’est pas neuf de la veille. La publication lui apporte la validation d’une revue à comité de lecture.
Entre 2018 et 2021, une tonne d’emballages recyclés sur huit à dix a quitté l’Union
Selon le communiqué, en moyenne sur la période 2018-2021, 10 à 13 % du recyclage des emballages de l’Union européenne a été réalisé hors de l’Union. Ramené à une proportion intuitive, cela fait à peu près une tonne recyclée sur huit à dix. L’inverse se lit aussi : 87 à 90 % du recyclage d’emballages de l’UE s’est fait dans l’Union sur la même période.
La portée du chiffre est bornée. C’est une moyenne européenne, sur quatre années. Aucune source disponible ne la décline pour la France, et elle ne se combine pas avec les données d’Eurostat de 2023 pour produire un tonnage : les années et les périmètres diffèrent.
Ce chiffre éclaire surtout la lecture d’un indicateur officiel. D’après les statistiques d’Eurostat sur les déchets d’emballages (données 2023, extraites le 10 octobre 2025), l’UE a produit 79,7 millions de tonnes de déchets d’emballages en 2023, soit 177,8 kg par habitant, 8,7 kg de moins qu’un an plus tôt, et en a recyclé 67,5 %. La lecture spontanée fait de ce taux la part des emballages recyclés en Europe. Ce n’est pas ce qu’il mesure.
La règle de comptage figure dans la directive (UE) 2018/852 du 30 mai 2018, qui a modifié la directive emballages 94/62/CE. Son article 6 bis, paragraphe 8, prévoit qu’un déchet d’emballage exporté hors de l’Union compte dans les objectifs de l’État membre où il a été collecté, à une condition : que l’exportateur prouve la conformité du transfert et un traitement hors UE dans des conditions globalement équivalentes à celles du droit environnemental européen. La tonne exportée n’est donc pas exclue du taux. Elle y entre sous condition de preuve.
Le taux de recyclage mesure ainsi la part des déchets envoyés dans une filière de recyclage reconnue, où qu’elle se trouve. Il ne mesure pas la part recyclée sur le sol européen. Les deux notions se recouvrent largement, puisque l’essentiel du recyclage se fait dans l’Union, mais elles ne se confondent pas. Une réserve s’ajoute : la directive de 1994 a été abrogée pour l’essentiel le 12 août 2026 au profit du règlement (UE) 2025/40, et la reprise à l’identique de cette règle de comptage par le nouveau texte n’est pas établie ici.
Pour votre bac de tri, cette distinction ne change pas le geste. Une partie de la matière déposée peut être recyclée hors de l’Union ; l’essentiel l’est dans l’Union. Dans les deux cas, c’est le tri qui la rend échangeable et recyclable : un déchet non trié ne rejoint aucune filière. La collecte en amont, comme la consigne des bouteilles en plastique, alimente ce même marché de la matière, et rien dans l’étude ne conclut à l’inutilité du tri.
Objectif de taux ou objectif de contenu recyclé : l’offre contre la demande
La directive de 2018 fixe des objectifs de recyclage des déchets d’emballages : au moins 65 % en poids fin 2025 et 70 % fin 2030, et pour le plastique 50 % puis 55 %. Ce sont des objectifs de taux, appliqués aux États membres : ils portent sur la part des déchets qui part au recyclage. Le taux moyen de l’UE en 2023, 67,5 %, se situe entre les deux échéances générales.
Un objectif de taux peut être atteint de deux façons : en recyclant sur place, ou en exportant vers une filière reconnue, puisque la tonne sortie compte sous les conditions de l’article 6 bis. Il ne dit rien de l’endroit où la matière redevient un produit. Un objectif de contenu recyclé fonctionne à l’inverse. Il oblige les fabricants à incorporer de la matière secondaire dans ce qu’ils produisent, et crée donc, dans les usines du pays, une demande pour la matière triée.
Selon le communiqué, c’est l’un des enseignements du modèle : certaines politiques abaissent le coût de préparation des déchets à l’export, et des objectifs imposant des matières recyclées dans la production nationale pourraient favoriser davantage le recyclage local que des objectifs fondés sur la seule part de déchets recyclés. Le raisonnement prolonge le déséquilibre matière. Un objectif de taux agit sur l’offre de matière triée ; un objectif de contenu, sur la demande. Le second pourrait donc retenir davantage de matière sur place. Le premier n’y est pas neutre pour autant, puisqu’une politique locale peut accroître ou réduire les exportations selon sa conception.
Le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, dit PPWR, en vigueur depuis le 11 février 2025 et applicable depuis le 12 août 2026, vise selon la Commission européenne à accroître l’usage de plastique recyclé dans les emballages et encadre le calcul de leur contenu recyclé. Il remplace la directive de 1994, abrogée pour l’essentiel à cette date, certaines de ses dispositions continuant de s’appliquer. Le droit européen touche ainsi au levier du second type, côté plastique ; les niveaux exigés ne sont pas détaillés ici.
La portée de ce rapprochement reste limitée. L’étude formule la différence entre les deux leviers comme un résultat de modèle, pas comme l’effet mesuré d’une politique existante. Elle n’évalue pas le PPWR, et rien ne permet encore de dire dans quelle proportion ses dispositions retiendront la matière en Europe.

2018, l’année où la Chine a fermé une partie de ses portes
Le marché a déjà encaissé un choc. Selon le communiqué, la Chine a fortement réduit ses importations de déchets. Le calendrier, détaillé par l’assureur maritime Gard le 11 juin 2018, s’est déroulé par étapes. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2018, 24 types de déchets solides répartis en quatre catégories, les plastiques non industriels, les papiers non triés, les déchets textiles et les scories de vanadium, y sont interdits d’importation. Le 19 avril 2018, 32 types supplémentaires ont été annoncés : 16 pour la fin 2018, 16 pour la fin 2019.
La Chine n’a donc pas cessé toute importation du jour au lendemain. Elle a fermé des catégories, par vagues. L’épisode a montré qu’un importateur de premier plan pouvait refermer ses portes. Pourtant, le total mondial est resté dans la fourchette de 170 à 200 millions de tonnes depuis 2010. D’autres destinations ont donc nécessairement absorbé une partie des volumes, sans que les sources disponibles disent lesquelles. Le déséquilibre matière fournit une grille pour lire ce déplacement, sans le cartographier.
21 novembre 2026 : la fin des exportations de plastique hors OCDE
Le calendrier européen ferme des débouchés par étapes. Le règlement (UE) 2024/1157 sur les transferts de déchets, entré en vigueur le 20 mai 2024, s’applique pour l’essentiel depuis le 21 mai 2026, selon la page que lui consacre la Commission européenne. Sa prochaine échéance tombe le 21 novembre 2026 : à partir de cette date, les exportations de déchets plastiques vers les pays non membres de l’OCDE sont interdites.
La suivante vient six mois plus tard. À partir du 21 mai 2027, les exportations de déchets non dangereux de la liste verte vers les pays non OCDE sont en principe interdites, sauf vers les pays qui ont démontré une gestion écologiquement rationnelle de ces déchets ; les demandes devaient être déposées avant le 21 février 2025.
Le texte ne supprime pas l’export : il le conditionne. Les exportateurs doivent faire auditer les installations qui reçoivent leurs déchets. Les exportations vers les pays de l’OCDE restent possibles, mais elles sont surveillées et peuvent être suspendues. Depuis le 21 mai 2026, les procédures passent par un système numérique, DIWASS. L’interdiction du 21 novembre porte donc sur un matériau et une zone : le plastique, hors OCDE.
Pour l’échelle, les statistiques d’Eurostat sur les transferts de déchets (extraction d’octobre 2025) indiquent que les pays de l’UE ont exporté 18,8 millions de tonnes de déchets non dangereux en 2023, dont environ 37 %, soit quelque 7 millions de tonnes, de déchets de construction et de démolition. Ce total ne distingue pas les destinations situées dans l’Union de celles situées hors de l’Union. Il ne mesure donc pas le volume que le nouveau règlement touchera.
L’étude n’évalue pas ce règlement. Son cadre dit seulement qu’une politique peut accroître ou réduire les flux selon sa conception. Appliqué ici, il pose une question plus qu’il n’y répond : la part du plastique trié qui partait vers les pays non OCDE pour y être recyclée devra, pour rester dans une filière de recyclage, trouver preneur dans l’Union ou dans l’OCDE. C’est là que le PPWR, qui vise à accroître l’usage de plastique recyclé dans les emballages, entre dans le même tableau.
Suivre la tonne jusqu’à l’usine de destination
L’étude traite d’un commerce de déchets destinés au recyclage. Le trafic illégal sort de son champ, et l’export n’y apparaît pas comme une fraude par nature. Dans ses éléments accessibles, le résumé et le communiqué, elle porte sur des flux commerciaux de cinq familles de matériaux et sur leurs déterminants. Elle ne documente pas le devenir des matières à l’arrivée : rendement réel du recyclage, part de résidus, conditions sanitaires dans les installations. Ce sort se documente pays par pays, avec ses propres sources, qu’il s’agisse de l’Inde face à la crise des déchets plastiques ou de la pollution plastique en Asie du Sud.
C’est le maillon qui manque. Une tonne exportée peut compter comme recyclée, sous condition de preuve ; ce qu’elle donne en matière effectivement recyclée à l’arrivée reste à mesurer. C’est ce qu’un prochain travail devra établir pour dire, flux par flux, si l’export relève de la filière industrielle ou de l’exutoire payant. Les audits d’installations destinataires qu’impose le règlement de 2024 visent ce même point d’arrivée, l’installation qui reçoit la matière.
| Indicateur | Valeur | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Commerce mondial de déchets recyclables | 170 à 200 Mt par an | Fourchette stable depuis 2010 | Communiqué du CMCC |
| Excédent des exportations sur les importations, pays à revenu élevé | Jusqu’à 72 Mt | 2022 | Communiqué du CMCC |
| Part des dix premiers pays exportateurs | 67 % des exportations mondiales | Année non précisée | Communiqué du CMCC |
| Part du recyclage d’emballages de l’UE réalisée hors UE | 10 à 13 % | Moyenne 2018-2021 | Communiqué du CMCC |
| Déchets d’emballages produits dans l’UE | 79,7 Mt (177,8 kg par habitant) | 2023 | Eurostat |
| Taux de recyclage des déchets d’emballages de l’UE | 67,5 % (objectif 70 % fin 2030) | 2023 | Eurostat, directive 2018/852 |
| Déchets non dangereux exportés par les pays de l’UE | 18,8 Mt, dont environ 7 Mt de construction et démolition | 2023, destinations intra et extra-UE confondues | Eurostat |
FAQ — commerce mondial des déchets recyclables
Vos déchets triés partent-ils à l’étranger ?
Une partie, oui. Selon le communiqué du CMCC qui résume l’étude, 10 à 13 % du recyclage des emballages de l’UE a été réalisé hors de l’Union, en moyenne sur 2018-2021. Les 87 à 90 % restants se font dans l’Union. Aucune source disponible ne décline cette part pour la France.
Qu’est-ce que le déséquilibre matière ?
C’est l’écart entre ce qu’un pays jette et ce que son industrie consomme. Un pays produit des déchets à proportion de ce qu’il consomme, importations comprises, alors que ses usines n’absorbent de matière recyclée qu’à proportion de ce qu’elles fabriquent. L’excédent ou le manque se règle par le commerce.
Pourquoi les pays riches exportent-ils des déchets ?
Selon le communiqué, les pays à revenu élevé ont exporté en 2022 jusqu’à 72 millions de tonnes de déchets recyclables de plus qu’ils n’en ont importé. Dans le cadre de l’étude, un déterminant clé est le déséquilibre matière : une économie qui consomme beaucoup de biens fabriqués ailleurs produit plus de matière usagée que son industrie n’en utilise. Les coûts, la nuisance des déchets et l’accès aux ressources vierges jouent aussi.
Un déchet exporté compte-t-il dans le taux de recyclage ?
Oui, sous condition. La directive de 2018 sur les emballages le compte dans les objectifs de l’État membre de collecte si l’exportateur prouve la conformité du transfert et un traitement hors UE dans des conditions globalement équivalentes au droit européen. Le taux mesure donc l’envoi vers une filière reconnue, pas le recyclage sur le sol européen. La reprise de cette règle par le règlement de 2025 n’est pas établie ici.
Que change le 21 novembre 2026 ?
Les exportations de déchets plastiques de l’UE vers les pays non membres de l’OCDE sont interdites à partir de cette date. Ce n’est pas une interdiction de toute exportation : les autres déchets non dangereux de la liste verte suivent le 21 mai 2027, avec des exceptions, et les exportations vers l’OCDE restent possibles sous surveillance, avec des audits des installations destinataires.
Que s’est-il passé quand la Chine a restreint ses importations ?
La Chine a interdit 24 types de déchets solides depuis janvier 2018, puis annoncé en avril 2018 l’interdiction de 32 types supplémentaires, en deux vagues fin 2018 et fin 2019. Ce n’était pas un arrêt total. Le commerce mondial étant resté entre 170 et 200 millions de tonnes depuis 2010, d’autres destinations ont absorbé une partie des volumes, sans que les sources disponibles les identifient.
Trier sert-il encore à quelque chose ?
Oui. C’est le tri qui rend la matière recyclable, en Europe ou ailleurs : un déchet non trié ne rejoint aucune filière. La grande majorité du recyclage des emballages de l’UE, 87 à 90 % sur 2018-2021 selon le communiqué du CMCC, s’est faite dans l’Union, et l’étude ne conclut nullement à l’inutilité du tri.
