Un sachet marqué « compostable » rejoint les épluchures dans le bac à biodéchets, puis part, selon les territoires, vers une plateforme de compostage ou vers un méthaniseur, qui digère la matière sans oxygène pour en tirer du gaz. Le 17 octobre 2026, deux enseignants-chercheurs d’UniLaSalle, Victorien Jeux et Laura André, ont expliqué dans The Conversation France pourquoi les plastiques présents dans ces collectes, dont certains passent à tort pour compatibles avec la méthanisation, limitent l’efficacité de la filière. Tout part d’une distinction : réussir un test de compostage ne garantit rien du comportement d’un matériau dans la cuve d’un digesteur.
Depuis 2024, la France a généralisé le tri à la source des biodéchets pour les détourner de l’incinération. Selon le territoire, la solution prend la forme d’un compostage domestique (voir réussir son compost à la maison), d’une collecte en porte-à-porte ou de points d’apport volontaire. Le geste du foyer s’arrête au couvercle du bac. La question commence là.
Le texte des deux chercheurs est une analyse signée, pas une étude nouvelle. Les chiffres qui permettent de la lire viennent de deux autres documents : une mesure publiée en 2019 par le CIRSEE, le centre de recherche de Suez, et l’arrêté du 15 mars 2022 qui fixe ce qui peut entrer dans le bac.
Biosourcé, biodégradable, compostable : trois promesses distinctes
Trois mots se partagent les emballages présentés comme écologiques, et ils ne répondent pas à la même question. Le premier parle d’origine. Un matériau biosourcé est fabriqué à partir de ressources biologiques : amidon, sucres, huiles végétales. Le terme décrit la matière première, pas la fin de vie. Il ne dit rien de la dégradation du matériau après usage.
Le deuxième parle d’une possibilité. Biodégradable signifie que des micro-organismes peuvent décomposer le matériau. Mais cette décomposition dépend de la température, de l’humidité, de la présence d’oxygène, de l’activité microbienne et du temps disponible. Sans ces conditions précisées, le mot n’engage à rien de mesurable : il ne dit ni où la dégradation a lieu, ni en combien de temps.
Le troisième parle d’un milieu. Compostable désigne un matériau conçu pour se dégrader dans des conditions de compostage précises, avec une température, une humidité et une aération contrôlées, que seules les installations industrielles réunissent souvent. C’est la promesse la plus exigeante des trois, et la plus étroite : elle vaut pour un milieu donné, celui du compost.
Sur le sachet que vous tenez au-dessus du bac, aucun de ces trois mots ne dit « méthanisable ». C’est pourtant la question que pose la cuve.
Aérobie contre anaérobie : deux façons de digérer une épluchure
Un compost respire. Les micro-organismes qui le travaillent consomment de l’oxygène, et c’est pour cela que l’aération y est contrôlée en installation industrielle. Le compostage est un procédé aérobie.
Un méthaniseur fonctionne à l’inverse, en absence d’oxygène. Dans sa cuve fermée, le digesteur, d’autres communautés microbiennes dégradent la matière organique en un biogaz riche en méthane. Ce gaz est valorisé en électricité et en chaleur, ou épuré en biométhane injecté dans le réseau. Il reste un résidu, le digestat, chargé de nutriments utilisables en agriculture ; selon les déchets traités, une étape d’hygiénisation est parfois nécessaire.
Les deux procédés transforment la même épluchure. Ils ne la transforment pas de la même façon. Selon l’analyse des deux chercheurs, communautés microbiennes, conditions physico-chimiques et temps de séjour diffèrent fortement d’un milieu à l’autre. Un polymère validé par un test de compostage a donc été validé pour le premier milieu : attaqué par des micro-organismes aérobies, dans une plage de température et d’humidité donnée, pendant une durée donnée. Ce test ne garantit pas que les populations anaérobies d’un digesteur sauront l’attaquer à leur tour. Et la durée pendant laquelle la matière séjourne dans la cuve ne laisse pas forcément au film le délai dont il aurait besoin.
Les auteurs condensent ce maillon en une phrase de définition : « tout matériau compostable n’est pas nécessairement méthanisable ». Un emballage capable de se dégrader sur une plateforme de compostage industriel peut ainsi se révéler peu ou pas dégradable en méthaniseur, persister, endommager les équipements ou produire des fragments qui contaminent les produits finaux. L’étiquette décrit un milieu. Le bac en dessert parfois un autre.
Dans la cuve, des films qui restent entiers
La mesure la plus directe de ce décalage a été publiée en 2019 dans la revue Déchets Sciences & Techniques (n° 82). Une équipe du CIRSEE, le centre de recherche de Suez, a placé en digestion anaérobie, en conditions mésophiles, c’est-à-dire à température modérée, 10 plastiques compostables et 4 sacs en papier, tous utilisables pour la collecte des biodéchets. Le protocole compte le méthane produit par gramme de matière volatile, la fraction organique de l’échantillon, celle que les microbes peuvent en principe convertir en gaz.
Les sacs en papier ont produit entre 214 et 313 mL de méthane par gramme de matière volatile, avec une cinétique standard. Les plastiques compostables, entre 0 et 136 mL. Le plastique le plus productif reste donc sous le sac papier le moins productif, avec un écart de près de 80 mL par gramme, et certains plastiques n’ont rien produit. La plupart se sont montrés peu ou pas biodégradables ; d’autres ont inhibé la méthanisation, c’est-à-dire freiné la production de gaz au lieu d’y contribuer.
Le constat physique prolonge le chiffre. Après digestion, les plastiques étaient restés physiquement intacts. Dans un digesteur industriel, un tel objet ne part pas avec le gaz : il risque de s’accumuler dans la cuve, ou de se retrouver fragmenté dans le digestat sous forme de (micro)plastiques. Les auteurs en tirent une conclusion opérationnelle : en contexte industriel, les plastiques compostables doivent être retirés avant digestion, par un prétraitement mécanique, comme les plastiques conventionnels. Une large part de ces matériaux se comporte dans la cuve comme une matière quasi inerte.
Ce résultat a des bornes précises. La co-digestion avec des biodéchets, qui correspond au cas réel où le sac arrive avec les épluchures, a semblé améliorer la biodégradabilité de certains plastiques compostables, au prix d’une phase de latence au démarrage. L’essai porte sur 10 matériaux, en conditions mésophiles, à l’échelle du laboratoire : il ne vaut ni pour tous les plastiques compostables ni pour tous les digesteurs. Il établit autre chose. La mention « compostable » ne permet pas de prédire le comportement d’un matériau en cuve.
Le crible avant la cuve laisse passer des fragments
Une partie des installations ne fait pas entrer le contenu du bac tel quel dans le digesteur. Elles le font d’abord passer par un équipement de déconditionnement, qui sépare les emballages de la fraction organique. C’est un tri mécanique : il distingue ce qui se comporte comme un emballage de ce qui se comporte comme une pulpe, par des moyens physiques qui ne lisent pas les étiquettes.
Deux conséquences en découlent. D’abord, un sac compostable y est traité comme n’importe quel plastique. Conçu pour se dégrader, il est retiré comme s’il ne le pouvait pas, ce qui, au vu des mesures en cuve, protège plutôt le digesteur. Dans le meilleur des cas, le sac « compostable » finit donc dans les refus, avec les sacs classiques. Sa promesse s’arrête au crible.
Ensuite, ce tri est imparfait. Selon Victorien Jeux et Laura André, ces systèmes ne sont jamais parfaits, et une partie des fragments plastiques poursuit le procédé. Ce qui a été déchiré ou fragmenté avant le crible lui échappe en partie. Or la recommandation du CIRSEE supposait précisément un prétraitement capable de retirer les plastiques compostables avant digestion.
Le droit intègre cette étape. Selon l’arrêté du 15 mars 2022, qui renvoie à l’article R. 543-226 du Code de l’environnement, des sacs non listés doivent être déconditionnés avant valorisation. Compter sur l’usine pour trier ne règle donc qu’une partie du problème : la partie que la machine attrape.
Moins de biogaz, plus d’entretien, un digestat moins propre
Ce qui franchit le crible a un coût, que les deux chercheurs décomposent en amont et en aval du digesteur. En amont, un plastique qui produit peu ou pas de méthane alourdit le flux sans l’enrichir : la part de matière valorisable en biogaz diminue. La perte ne s’arrête pas au gaz manquant.
Un film qui ne se dégrade pas reste un objet. Il peut s’enrouler, s’accumuler, encrasser les équipements. La maintenance du méthaniseur augmente, et la préparation des déchets coûte plus cher, puisqu’il faut trier davantage avant d’introduire la matière. Le geste de tri du foyer se traduit ainsi, quelques étapes plus loin, en entretien et en coûts de préparation.
En aval, la question change de nature. Le digestat, comme le compost sur l’autre filière, a vocation à retourner au sol : c’est son débouché, et c’est lui que la contamination plastique menace. Selon l’analyse publiée le 17 octobre, une qualité de digestat dégradée peut compromettre son acceptabilité pour un retour au sol. La pollution n’a pas disparu. Elle a été transférée vers la suite de la chaîne.
L’enjeu dépasse alors le méthaniseur. La collecte séparée existe pour valoriser les biodéchets plutôt que de les incinérer ; un produit final inacceptable pour un épandage lui ferait perdre une partie de sa raison d’être. Les sources disponibles ne permettent pas, en revanche, de chiffrer une contamination des sols, ni d’attribuer un effet sanitaire aux microplastiques du digestat : ces deux questions restent hors de ce qui est établi ici.
La liste fermée de l’arrêté du 15 mars 2022
Le droit français ne laisse pas le contenu du bac à l’appréciation de l’étiquette. L’arrêté du 15 mars 2022, publié au Journal officiel du 23 mars 2022, dresse la liste des emballages et déchets qui peuvent être collectés avec les biodéchets triés à la source. Dans cette version publiée, la liste comprend :
- les sacs en papier ou en carton conformes à l’annexe I ;
- les sacs contenant du plastique conformes aux annexes I et II ;
- les filtres à café et les sachets de thé ou d’infusion en papier, avec leur contenu ;
- l’essuie-tout, les serviettes et les mouchoirs en papier ;
- les capsules et dosettes à base d’au moins 95 % de papier, conformes aux annexes I et II ;
- les fleurs fanées, les cheveux, les ongles, les plumes et les poils d’animaux.
L’annexe I porte sur la composition. Elle exclut les perturbateurs endocriniens, les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) et les substances extrêmement préoccupantes au sens de l’article 59 du règlement REACH. Elle impose aux sacs une part de matières volatiles d’au moins 50 % de leur masse et plafonne les métaux, par exemple à 0,5 mg de cadmium, 50 mg de plomb et 150 mg de zinc par kilogramme de matière sèche. Un sac conforme à la norme NF T51-800 est présumé répondre à cette annexe, comme à l’annexe II qui suit : la présomption couvre les deux, et donc des critères de compostage, aucun de digestion anaérobie.
L’annexe II porte sur la dégradation. Pour un sac contenant du plastique, au moins 90 % du carbone organique doit être converti en CO2 en 365 jours (essais NF EN ISO 14855-1 ou -2), un constituant organique non testé ne pouvant dépasser 5 % du total. Après 180 jours de compostage contrôlé, au plus 10 % de la masse sèche initiale peut rester sur un tamis de 2 mm, sans résidu plastique visible (ISO 16929, NF EN 14045 ou NF EN ISO 20200). Le compost obtenu doit enfin permettre une germination et une biomasse végétale d’au moins 90 % de celles des témoins.
Les deux premiers critères ne mesurent pas la même chose. La désintégration est physique : le sac ne doit plus se retrouver sur le tamis. La biodégradation est chimique : son carbone doit avoir été converti en CO2 par des micro-organismes. Un film réduit en morceaux de moins de 2 mm a disparu à l’œil sans avoir, pour autant, rendu son carbone. D’où deux seuils distincts.
Tous ces essais sont des essais de compostage. L’arrêté porte « méthanisables » dans son intitulé, mais sa version publiée au JO ne prévoit, parmi les critères imposés aux sacs, aucun essai en digestion anaérobie. Un sac conforme est donc admissible au regard de la règle sans que sa digestion en méthaniseur ait été démontrée. Admissible n’est pas méthanisable : le premier mot relève du droit, le second d’une mesure que le texte n’exige pas. Ce constat éclaire un autre choix du texte : laisser chaque collectivité décider de ce qu’elle accepte selon le débouché de ses biodéchets.
Une disposition transitoire a, elle, expiré. Les sacs plastiques de collecte conformes à la norme EN 13432 ou équivalente, achetés dans le cadre de marchés publics signés avant l’entrée en vigueur de l’arrêté, restaient utilisables jusqu’au 31 décembre 2024.
Votre collectivité, arbitre de la consigne
La liste de l’arrêté autorise ; elle n’oblige pas. La collecte conjointe de ces objets avec les biodéchets est permise, non imposée. Chaque collectivité compétente fixe, dans ses consignes de tri, ceux des objets listés qu’elle accepte, notamment selon les exigences de ses débouchés, par exemple lorsque le produit final est destiné à l’agriculture biologique.
La règle fonctionne donc en deux filtres successifs. Premier filtre, la liste nationale : un objet qui n’y figure pas ne peut pas être collecté avec les biodéchets, quelle que soit la mention imprimée sur son emballage. Second filtre, la consigne locale : un objet listé n’entre dans le bac que si votre collectivité l’accepte. Deux communes voisines dont les débouchés diffèrent peuvent ainsi afficher des consignes différentes sans qu’aucune des deux se trompe.
Le document de référence n’est pas l’emballage. C’est la consigne de tri de votre collectivité. Pour le cadre général de l’obligation côté foyer, voir ce que change l’obligation de tri des biodéchets.
80 kg par habitant et par an : la taille du gisement
L’enjeu se mesure aussi en tonnes. L’ADEME évalue le potentiel à environ 80 kg de biodéchets par habitant et par an, soit à peu près un tiers des ordures ménagères résiduelles. Ce chiffre décrit ce qui reste dans la poubelle ordinaire et pourrait en sortir, pas ce qui est déjà trié. Le dénominateur compte : il s’agit du tiers de la poubelle ordinaire, pas du tiers de l’ensemble des déchets produits en France. À l’échelle nationale, Victorien Jeux et Laura André parlent d’un gisement de plusieurs millions de tonnes.
Les chiffres de couverture disponibles datent d’octobre 2023. Selon les données du ministère et de l’ADEME reprises alors par la Banque des Territoires, 16 millions de personnes disposaient d’une solution de tri à la source au 30 juin 2023, et environ 20 millions, près d’un Français sur trois, étaient attendues fin 2023. L’objectif pour 2024 était de 27 millions de personnes, soit 40 % de la population, sans compter le quart des Français qui compostent déjà individuellement. L’ADEME estimait par ailleurs à plus de 600 000 tonnes les biodéchets triés et valorisés.
Ces données ne décrivent pas la situation de 2026. Elles montrent une filière en montée en charge, encore loin de son gisement. Chaque point de contamination se multiplie par des volumes en croissance.
Concevoir un matériau pour un procédé précis
En théorie, il faudrait séparer complètement la filière méthanisation et la filière compost, chacune avec ses flux et ses matériaux. Les deux chercheurs jugent cette séparation difficile. Ils déplacent donc la question vers le matériau : « L’objectif n’est plus de produire des matériaux biodégradables dans l’absolu ». Il s’agit de concevoir un matériau dont la dégradation est démontrée dans le procédé où il finira, méthaniseur ou compost, en contrôlant ses paramètres chimiques et physiques.
Leur équipe, au sein de l’unité ECLORE d’UniLaSalle, étudie les paramètres qui gouvernent la biodégradation des polymères en méthaniseur. Une communication présentée au 11ᵉ congrès WasteEng26, datée du 7 juillet 2026 et déposée sur l’archive ouverte HAL, porte sur le développement de films plastiques biosourcés et sur l’évaluation de leur biodégradabilité en digestion anaérobie. Son résumé et ses résultats n’ont pas pu être consultés : elle situe l’orientation des travaux, pas leurs conclusions.
La question reste ouverte. Tant que les deux filières recevront les mêmes flux, un emballage devra satisfaire les deux milieux, ou rester hors du bac.
Du sachet de thé à l’étiquette de banane : le bac brun en tableau
Les erreurs de tri vont de l’évident, comme un emballage oublié, des couverts jetables ou un film étirable, au discret : une étiquette collée sur une peau de banane, un sachet présenté comme « biodégradable ». Le tableau croise la liste de l’arrêté avec ces erreurs fréquentes. Il ne remplace pas la consigne de votre collectivité, qui peut refuser des objets listés.
| Objet | Sur la liste de l’arrêté | Condition | Ce qui décide ensuite |
|---|---|---|---|
| Sac en papier ou en carton | Oui | Conforme à l’annexe I | Consigne locale |
| Sac contenant du plastique, dit « compostable » | Oui, sous condition | Conforme aux annexes I et II (essais de compostage) | Consigne locale |
| Sachet seulement marqué « biodégradable » | Non, par cette seule mention | La mention ne vaut pas conformité | Hors bac |
| Filtre à café, sachet de thé ou d’infusion en papier | Oui | Avec leur contenu | Consigne locale |
| Essuie-tout, serviette, mouchoir en papier | Oui | — | Consigne locale |
| Capsule ou dosette | Oui, sous condition | Au moins 95 % de papier, annexes I et II | Consigne locale |
| Fleurs fanées, cheveux, ongles, plumes, poils d’animaux | Oui | — | Consigne locale |
| Film étirable, couverts jetables, emballage oublié | Non | — | Hors bac |
| Étiquette collée sur un fruit | Non | À retirer de la peau | Hors bac |
Le sac à épluchures résume toute la chaîne. Admissible s’il satisfait aux deux annexes, accepté ou non selon votre collectivité, éprouvé pour le compost et non pour la cuve, il est retiré comme un plastique ordinaire avant le digesteur là où l’installation déconditionne. Le seul emballage qui ne pose aucune de ces questions reste celui qui n’entre pas dans la cuisine : voir conserver les aliments sans emballage plastique.
FAQ — sac compostable et biodéchets
Peut-on mettre un sac compostable dans le bac à biodéchets ?
Seulement s’il figure sur la liste de l’arrêté du 15 mars 2022 et si votre collectivité l’accepte. Un sac contenant du plastique doit être conforme aux annexes I et II de l’arrêté. La mention « compostable » ne suffit pas : c’est la consigne de tri locale qui tranche.
Quelle différence entre biodégradable et compostable ?
Biodégradable signifie que des micro-organismes peuvent décomposer le matériau, sans préciser où ni en combien de temps. Compostable signifie que la dégradation a lieu dans des conditions de compostage définies, souvent réunies seulement en installation industrielle. Aucun des deux termes ne signifie méthanisable.
Pourquoi un plastique compostable peut-il mal se dégrader dans un méthaniseur ?
Le compostage se fait avec de l’oxygène, la méthanisation sans. Les micro-organismes, les conditions physico-chimiques et le temps de séjour diffèrent. Dans un essai du CIRSEE publié en 2019 sur 10 plastiques compostables, la plupart se sont montrés peu ou pas biodégradables en digestion anaérobie, et sont restés physiquement intacts. Certains se dégradent mieux en co-digestion avec des biodéchets, après une phase de latence.
Le méthaniseur ne retire-t-il pas les sacs avant la cuve ?
Certaines installations utilisent un équipement de déconditionnement qui sépare les emballages de la matière organique. Ce tri mécanique traite un sac compostable comme un plastique ordinaire, et il n’est jamais parfait : une partie des fragments plastiques poursuit le procédé.
Que vérifie l’arrêté du 15 mars 2022 pour un sac contenant du plastique ?
Sa composition (annexe I) et sa dégradation (annexe II) : au moins 90 % du carbone converti en CO2 en 365 jours, au plus 10 % de la masse sèche retenue sur un tamis de 2 mm après 180 jours, et un compost de qualité suffisante. Ce sont des essais de compostage ; la version publiée au JO ne prévoit pas d’essai en digestion anaérobie.
Les sacs plastiques conformes à la norme EN 13432 sont-ils encore admis ?
Pas sur la seule foi de cette norme. L’arrêté prévoyait une tolérance pour les sacs plastiques EN 13432 achetés dans le cadre de marchés publics signés avant son entrée en vigueur ; elle courait jusqu’au 31 décembre 2024 et est échue. Depuis, un sac contenant du plastique doit, comme les autres, être conforme aux annexes I et II, et accepté par votre collectivité.
Une étiquette collée sur une peau de banane pose-t-elle problème ?
Oui : elle ne figure pas sur la liste des objets admissibles. Elle fait partie des erreurs de tri discrètes relevées par les chercheurs d’UniLaSalle, au même titre qu’un sachet seulement présenté comme « biodégradable ».

