Les flammes éteintes, l’attention retombe. C’est pourtant à ce moment que s’ouvre le chantier le plus long. En Gironde et dans les Landes, un arrêté du 31 juillet 2026, publié au Journal officiel du 5 août, a reconnu un « sinistre forestier de grande ampleur » sur les surfaces parcourues par le feu de Saumos, environ 39 800 hectares, et par celui de Biscarrosse, environ 3 600 hectares. Un communiqué conjoint des ministres Monique Barbut et Annie Genevard l’a relayé le 6 août. Derrière ce texte administratif se joue une question très concrète : que devient une forêt après un incendie ? Abattage de sécurité, écoulement de millions de tonnes de bois noirci, choix entre laisser repousser et replanter, puis des décennies d’attente. Le massif des Landes de Gascogne connaît déjà l’exercice : sa physionomie actuelle est le produit d’un précédent après-feu, celui de 1949. Voici, étape par étape, ce qui attend les surfaces brûlées cet été, et comment lire les chiffres qui circulent depuis deux semaines sans les confondre.
Un arrêté a ouvert le chantier de l’après-feu
La chronologie mérite d’être posée avec précision, car elle circule souvent de travers. L’arrêté portant reconnaissance d’un sinistre de grande ampleur pour les feux de forêt de la Gironde et des Landes est daté du 31 juillet 2026 (NOR TECT2621249A). Il a été publié au Journal officiel n° 0181 du 5 août 2026 et est entré en vigueur le lendemain. Ce qui date du 6 août, c’est le communiqué conjoint de Monique Barbut, chargée de la forêt au ministère de la Transition écologique, et d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.
Le cœur du dispositif tient en une phrase de l’article 2 : « L’abattage des bois consécutif aux dégâts causés par ces feux peut être réalisé par le propriétaire sans délai et sans avertir le centre régional de la propriété forestière de Nouvelle-Aquitaine. » En temps normal, les articles L. 312-5 et L. 312-10 du code forestier obligent le propriétaire à prévenir le centre régional de la propriété forestière et à respecter un délai d’opposition. La reconnaissance du sinistre dispense de cette formalité pour les propriétaires privés concernés par les deux incendies nommés. L’objectif est explicite : sécuriser les parcelles, évacuer les arbres brûlés, limiter les risques sanitaires.
C’est la deuxième fois seulement, dans l’histoire récente de la région, qu’un tel arrêté est pris. Le précédent, du 6 octobre 2022, visait La Teste-de-Buch, Landiras et déjà Saumos : la commune a donc brûlé deux fois en quatre ans.
Sur l’ensemble de l’épisode, le communiqué du 6 août fait état de plus de 250 000 personnes évacuées en cumul et de plus de 240 bâtiments endommagés en Gironde et dans les Landes. Un autre chiffre circule, de 220 000 à 224 000 : il désigne autre chose, le pic d’évacuation simultanée du 26 juillet. Les deux sont exacts, mais ne mesurent pas la même grandeur.
Bon à savoir — « sinistre de grande ampleur » n’est pas « catastrophe naturelle ». Les deux libellés se ressemblent, leur portée n’a rien à voir. La reconnaissance d’un sinistre forestier de grande ampleur relève du code forestier : elle lève une formalité administrative pour permettre de couper vite. Elle n’ouvre par elle-même aucun droit à indemnisation. Le communiqué du 6 août indique seulement que les dégâts seront « chiffrés dans les meilleurs délais ».
Pourquoi il faut abattre vite
La première urgence est physique. Un pin dont le tronc a brûlé à la base perd sa tenue mécanique et peut tomber sans prévenir. « Il faut couper ce qui menace de tomber sur des lotissements, sur des routes », résumait le 4 août Sophie Brocas, préfète de Nouvelle-Aquitaine, citée par l’AFP. Elle ajoutait un second motif, moins visible : « évacuer les stocks pour ne pas donner à manger au scolyte, ni au feu. »
Le ravageur en question est le scolyte sténographe (Ips sexdentatus), un insecte du pin maritime. Il ne s’attaque pas à un arbre vigoureux, mais prolifère dans les troncs affaiblis, jusqu’à provoquer leur mort. Un peuplement roussi laissé sur pied devient un réservoir qui contamine les parcelles voisines épargnées : c’est la logique de la « coupe sanitaire ». Le ministre délégué Mathieu Lefèvre a justifié l’arrêté par la nécessité de « prévenir le développement des scolytes, ces insectes ravageurs qui prolifèrent dans les arbres fragilisés ».
Une seconde menace inquiète la filière. « Son vecteur, le monochamus, est attiré par les bois brûlés. Attention à ne pas superposer deux crises », alerte François Guiraud, président de l’interprofession du pin maritime, à propos du nématode du pin. Un premier foyer français aurait été détecté fin 2025 dans les Landes, information rapportée par des sources secondaires et non confirmée à ce jour par la DRAAF Nouvelle-Aquitaine ni par l’ANSES.
Tout n’est pas à abattre pour autant. Le tri établi par l’INRAE après 2022 tient en une règle simple : un arbre dont la base a brûlé est condamné et doit être coupé ; un arbre dont seul le houppier a été léché peut survivre. Ce diagnostic, arbre par arbre, conditionne tout le reste du chantier : il détermine les parcelles à vider entièrement, celles où l’on ne prélève que les sujets condamnés, et celles que l’on peut laisser en l’état parce qu’elles fourniront les semenciers de la forêt suivante. C’est aussi ce tri qui fixe le volume de bois à écouler dans les mois qui viennent.
Des millions de tonnes de bois brûlé à écouler
Vient alors un problème logistique et commercial. L’interprofession du pin maritime estime, à titre provisoire, le volume de bois à exploiter sur les surfaces brûlées de 2026 entre 4 et 5 millions de tonnes, soit « un peu moins d’une année de consommation » pour l’industrie locale. Autrement dit : une année de récolte arrive d’un coup sur le marché, et il faut l’écouler avant que le bois ne se dégrade.
Tout n’est pas récupérable, et pas partout. « L’écorce étant épaisse, on peut l’utiliser dans certaines scieries, pas dans toutes. Pareil pour la papeterie », explique François Guiraud. Le bois roussi part vers la trituration, le panneau ou l’énergie plutôt que vers le sciage, avec une valeur nettement moindre. Le même responsable relativise cependant le choc : l’impact sur le marché reste, selon lui, « bien moindre que ce qu’on a réussi à traiter après les tempêtes » Klaus et Xynthia.
L’ordre de grandeur se mesure à l’aune de 2022. Dans la seule forêt domaniale de La Teste-de-Buch — 1 028 hectares domaniaux sur les 5 800 hectares brûlés —, Fabrice Carré, technicien forestier de l’ONF, chiffrait la sortie à « 75 000 m³ de bois, soit l’équivalent de dix ans de récolte habituelle », dont 85 % vendus en Nouvelle-Aquitaine. Une aide financière au débardage et au broyage a été annoncée par les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie, sans que ses modalités ni ses montants soient connus à ce jour. Elle porterait sur les deux postes qui coûtent le plus cher au propriétaire et rapportent le moins : sortir les grumes de la parcelle, et broyer les rémanents que personne n’achètera.
L’enjeu économique dépasse la parcelle : la filière forêt-bois pèse environ 60 000 emplois et 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, et de l’ordre de 3 milliards d’euros pour le seul massif landais. Deux chiffres, deux périmètres emboîtés.
Attention aux surfaces — trois valeurs circulent et désignent trois périmètres différents. Environ 38 000 hectares correspondent au feu girondin seul, à une date antérieure. 42 000 hectares est une estimation arrondie de Saumos, figée fin juillet et largement reprise dans la presse. 43 400 hectares est la somme officielle des deux feux retenue par l’arrêté : 39 800 pour Saumos et 3 600 pour Biscarrosse. Aucune n’est fausse ; chacune se rapporte à un périmètre qu’il faut nommer.
Le calendrier réel : que devient une forêt après un incendie, année après année
Premier fait contre-intuitif : le feu n’est pas fini quand il ne se voit plus. « Le feu peut continuer longtemps, sous la terre, par combustion de la matière organique qui reste dessous », rappelle le lieutenant-colonel Éric Pitault, porte-parole du SDIS de la Gironde. Dans les sols riches en matière organique et les zones tourbeuses, le noyage et la surveillance des lisières — environ 240 kilomètres traités cet été — s’étalent de plusieurs semaines à plusieurs mois après l’extinction visible. C’est aussi la période où se réorganisent les moyens de lutte aérienne contre les feux pour la suite de la saison.
L’ONF décrit ensuite quatre phases enchaînées sur deux à quatre ans : sécurisation, diagnostic de l’intensité du feu, exploitation des bois, régénération. Les repères de long terme sont plus sobres qu’on ne l’imagine : trois à cinq ans pour retrouver un couvert herbacé et les premières repousses, soixante-dix à cent ans pour des arbres de 10 à 20 mètres. Entre les deux, l’établissement public retient un seuil : il faut dix ans au minimum, voire davantage, pour qu’une forêt brûlée redevienne « fonctionnelle », c’est-à-dire capable de protéger, d’accueillir et de produire. Un couvert végétal n’est pas une forêt.

Chacune de ces phases commande la suivante. Tant que le diagnostic d’intensité du feu n’est pas posé, on ne sait pas quelles parcelles couper ; tant que les bois ne sont pas sortis, les engins de plantation ne peuvent pas entrer ; et tant que l’on n’a pas compté les semis levés, on ignore où replanter. C’est ce qui explique qu’un chantier d’après-feu s’étire sur plusieurs années sans que rien ne semble bouger depuis la route.
Une nuance d’échelle s’impose : l’ONF ne gère que 10 % de la forêt détruite en Gironde. Le reste relève de propriétaires privés, souvent de petites parcelles, dont le calendrier dépendra de leurs moyens et du prix qu’ils obtiendront de leur bois.
| Étape | Délai | Enjeu |
|---|---|---|
| Noyage et surveillance | Semaines à mois | Le feu couve dans le sol |
| Coupes sanitaires | 0 à 18 mois | Sécuriser, devancer l’insecte |
| Vente des bois | 0 à 12 mois | Écouler avant dégradation |
| Diagnostic de régénération | 1 à 3 ans | Compter les semis levés |
| Reboisement des trouées | 2 à 4 ans | Planter là où rien ne pousse |
| Forêt « fonctionnelle » | 10 ans au minimum | Protéger, accueillir, produire |
| Peuplement exploitable | 40 à 50 ans | Retour à la récolte |
Régénération naturelle ou plantation ?
Le pin maritime (Pinus pinaster) possède une parade au feu. L’INRAE décrit une banque de graines aérienne : des cônes maintenus fermés par la résine, que la chaleur fait fondre, libérant les graines sur un sol nettoyé de ses concurrents. Ce trait, la sérotinie, varie toutefois beaucoup selon les populations, et celles du massif landais sont réputées faiblement sérotineuses : les cônes libèrent leurs graines sous l’effet de la chaleur, mais ce mécanisme ne joue pas partout avec la même intensité. Sur le terrain, la dissémination a bien lieu. « Les pommes de pin ont explosé pendant l’incendie et dispersé des graines partout », témoignait Jean-Marc Destabeaux, de l’association Addufu, à La Teste.
D’autres essences jouent une partition différente. Le chêne-liège doit sa résistance à son écorce épaisse, qui protège les tissus vivants ; les chênes, eux, repartent de la souche quand la partie aérienne a grillé. Le pin maritime ne dispose d’aucun de ces deux recours : une fois le tronc atteint, l’arbre est perdu, et tout se joue sur la graine tombée au sol.
Le résultat est très inégal, et l’inventaire mené par l’ONF après 2022 le documente : 646 hectares parcourus, environ 8 000 points de comptage, 250 hectares régénérés avec une densité allant de 0 à 1 650 semis par hectare — dense près de l’océan, insuffisant à l’intérieur —, 85 hectares finalement replantés à l’automne 2025, et seulement 1 % de dégâts de gibier sur ce périmètre. Quant à la taille des rescapés, elle donne l’étalon de temps le plus parlant : « Les plus grands pins qui ont poussé depuis 2022 mesurent à peine plus d’un mètre de haut », constate Fabrice Carré.
Pourquoi la régénération échoue-t-elle ailleurs ? Le projet Ecodune, mené par l’INRAE avec Bordeaux Sciences Agro et l’ONF, pointe d’abord la sécheresse estivale, cause majeure de mortalité des plantules, puis les herbivores, l’hétérogénéité du sol et la concurrence de l’arbousier. Les leviers connus tiennent en trois mots : conserver des semenciers, maîtriser la végétation, ajuster les plans de chasse. D’où la règle qu’appliquent les forestiers : replanter seulement « dans les zones où il n’y a rien et où l’on n’a pas d’espoir d’avoir de graines ».
Replanter quoi ? Le débat sur les essences
Le massif des Landes de Gascogne — environ un million d’hectares selon les périmètres retenus — est une forêt cultivée, privée à 92 %, où le pin maritime représente 80 % du peuplement, dont quelque 800 000 hectares en monoculture. La position du CNPF Nouvelle-Aquitaine, formulée dès 2022, est nette : « L’essence principale de production pour les opérations de reconstitution du massif des Landes de Gascogne restera le pin maritime. » La diversification y est envisagée par des essences d’accompagnement et des milieux ouverts servant de coupures de combustible, plutôt que par un changement d’essence dominante.
Le débat est vif. « Il faut briser un tabou », plaide Arthur Guérin-Turcq, géographe et propriétaire forestier à Saumos : ne pas replanter partout, car « autour des villages, ce serait une folie » — tout en précisant que « c’est plus la monoculture, intensive, qui est problématique ». À l’inverse, Bruno Lafon, président de la DFCI Aquitaine, oppose l’argument du terrain : « Il n’y a que le pin qui se plaît ici. Vous pouvez mettre des feuillus, ils vont sécher et seront aussi inflammables que des pins. »
Un troisième argument déplace la question du côté du sol et du climat. « Le problème n’est pas le pin maritime en soi mais le fait que la forêt soit extrêmement sèche. Le sol, sableux, ne retient pas l’eau », observe Sylvain Delzon, de l’INRAE et de l’université de Bordeaux — un point qui renvoie directement au réchauffement climatique. La préfète Sophie Brocas résume l’état du dossier : la diversité de peuplement est « l’une des solutions », mais « ça ne protège pas du risque incendie ».
Les contraintes de terrain, enfin, sont opposées d’un bout à l’autre du massif. Sur la dune littorale, le sable mis à nu expose à l’érosion et impose de garder un couvert. Dans les landes humides de l’intérieur, la difficulté est inverse : la remontée de nappe. Sur ces podzols sableux et plats, le scénario méditerranéen du ravinement sur pente ne s’applique pas. Une même parcelle brûlée n’appelle donc pas la même réponse selon qu’elle se trouve sur la dune littorale ou dans les landes humides de l’intérieur.
Enfin, ce débat n’est pas né en 2022. La question de la monoculture et de sa diversification traverse la littérature forestière landaise depuis l’après-guerre, des travaux de Sargos en 1949 à ceux de Jolain au début des années 1950. Ce qui a changé, c’est la fréquence des chocs subis par le massif.
Ce que 1949 et 2022 ont déjà appris
La forêt que l’on regarde brûler aujourd’hui est née d’un après-feu. Après l’incendie de Cestas en 1949, le plan de reconstitution a redessiné le massif : cloisonnement en unités d’environ 4 000 hectares séparées par des pistes de 10 mètres, répartition visée de 75 % de forêt et 25 % d’agriculture, introduction de feuillus. C’est ce plan, rappelle le CNPF, qui a façonné la physionomie actuelle. L’après-feu n’est donc pas une remise en état : c’est le moment où se décide la forêt des cinquante prochaines années.
2022 a laissé, lui, une controverse. « On nous a promis qu’on reconstruirait le massif différemment et ce n’est pas ce qui s’est passé. L’argent public a servi à replanter essentiellement du pin maritime », reproche Sylvain Angerand, de l’association Canopée. Les chiffres publics disponibles portent sur le renouvellement forestier 2021-2023 à l’échelle de la France entière, et non de la seule Gironde : 46 628 hectares renouvelés, 58 millions d’arbres, 203 millions d’euros engagés, dont 69 % vers des peuplements sinistrés par le feu.
Cette fois, la reconstruction doit se faire « sous l’égide du coordinateur à la reconstitution de la Gironde », selon le communiqué du 6 août. Un coordinateur national rattaché à Matignon a par ailleurs été annoncé le 1er août, sans que son nom ait été rendu public, avec un déplacement en Gironde prévu le 17 août. S’y ajoutent une collecte de la Fondation du patrimoine et, au passif, 80 hectares de dispositifs de recherche de l’INRAE détruits.
Reste le temps long, celui qui ne s’annonce pas en conférence de presse. Après une succession de chocs — les tempêtes Klaus en 2009 et Xynthia en 2010, les feux de 2022, ceux de 2026 —, le massif connaît ce que le CNPF appelle un « rajeunissement forcé » : des peuplements plus jeunes, moins sensibles au vent, mais plus sensibles au feu. « Il faut accepter que l’on ne reverra pas la forêt comme on l’avait connue », disait Jacques Léglise, de l’Addufu, trois ans après La Teste. Un riverain, Matthieu Cabaussel, le formulait autrement : « la forêt est mutilée, mais elle est vivante ».
Questions fréquentes sur l’après-feu
Combien de temps faut-il à une forêt pour repousser après un incendie ?
Les premières repousses et le couvert herbacé reviennent en trois à cinq ans. Mais l’ONF retient dix ans au minimum, voire davantage, pour qu’une forêt redevienne « fonctionnelle », capable de protéger, d’accueillir et de produire. Pour des arbres de 10 à 20 mètres, comptez soixante-dix à cent ans. En pin maritime landais, un peuplement redevient exploitable en moins de cinquante ans.
Que fait-on du bois brûlé après un feu de forêt ?
Il est abattu, débardé, puis vendu très vite avant de se dégrader. Sur les surfaces brûlées de 2026, l’interprofession du pin maritime estime le volume à 4 ou 5 millions de tonnes, chiffre provisoire. Le bois roussi part surtout vers la trituration, le panneau ou l’énergie ; l’écorce épaisse limite son emploi en scierie et en papeterie, et sa valeur est nettement inférieure.
Pourquoi abattre les arbres brûlés au lieu de les laisser sur place ?
Pour deux raisons. D’abord la sécurité : un pin brûlé à la base peut tomber sur une route ou une habitation. Ensuite la santé du massif : les arbres affaiblis attirent le scolyte sténographe (Ips sexdentatus), qui s’y multiplie et menace ensuite les parcelles voisines épargnées. Laisser le bois sur place, c’est aussi laisser du combustible pour le feu suivant.
Un pin brûlé peut-il survivre ?
Cela dépend de la partie touchée. Selon le tri établi par l’INRAE après les incendies de 2022, un arbre dont la base du tronc a brûlé est condamné et doit être coupé. En revanche, un arbre dont seul le houppier a été léché par les flammes peut survivre. Le diagnostic se fait arbre par arbre, après l’évaluation de l’intensité du feu.
Faut-il replanter une forêt brûlée ou la laisser se régénérer seule ?
Les deux itinéraires coexistent. La règle appliquée par les forestiers consiste à replanter seulement « dans les zones où il n’y a rien et où l’on n’a pas d’espoir d’avoir de graines ». À La Teste, l’inventaire de l’ONF a montré une régénération naturelle très inégale — dense près de l’océan, insuffisante à l’intérieur — conduisant à replanter 85 hectares à l’automne 2025.
Qu’est-ce qu’un « sinistre forestier de grande ampleur » ?
C’est une reconnaissance administrative prévue par le code forestier. L’arrêté du 31 juillet 2026, publié au Journal officiel du 5 août, dispense les propriétaires privés concernés d’avertir le centre régional de la propriété forestière avant d’abattre, et supprime le délai d’opposition. Le but est de couper vite pour sécuriser et limiter les risques sanitaires. Ce n’est pas une indemnisation.
Replanter des feuillus protège-t-il des incendies ?
Le point est débattu. Pour le CNPF Nouvelle-Aquitaine, le pin maritime restera l’essence principale de reconstitution, la diversification passant par des essences d’accompagnement et des milieux ouverts servant de coupures de combustible. Bruno Lafon, de la DFCI Aquitaine, estime que des feuillus mal adaptés au sol « vont sécher ». La préfète Sophie Brocas juge la diversité « l’une des solutions », mais qui « ne protège pas du risque incendie ».