Le parc national de Mudeungsan en Corée du Sud

À une heure et demie de train de Séoul, une montagne de 1 187 mètres se dresse dans le dos d’une grande ville du sud. Le parc national de Mudeungsan, troisième plus ancien parc national de Corée du Sud créé en 2013, présente une particularité géologique unique au pays : des colonnes rocheuses nées du refroidissement lent de la lave il y a près de 90 millions d’années, alignées comme les orgues d’une cathédrale minérale. Moins fréquenté que Bukhansan, moins touristique que Seoraksan, il offre aux randonneurs l’équilibre rare entre accessibilité urbaine et atmosphère préservée. Voici tout ce qu’il faut savoir pour organiser votre visite.

Comment se rendre au parc national de Mudeungsan ?

Tout commence à Gwangju, capitale de la province du Jeollanam-do et sixième ville du pays avec 1,4 million d’habitants. Les trains KTX et SRT relient Séoul à la gare de Gwangju Songjeong en 1 h 30 à 1 h 45 pour un billet autour de 47 000 wons en classe standard. Les liaisons depuis Daejeon, Jeonju ou Busan sont également directes, et des bus longue distance complètent la desserte depuis les principales villes du pays.

Une fois à Gwangju, l’entrée principale du parc se situe dans le district de Dong-gu, à une trentaine de minutes du centre. Le taxi reste la solution la plus simple (comptez 10 000 à 15 000 wons depuis la gare), mais les lignes de bus urbains 15, 27, 52, 555, 771 ou 1001 desservent efficacement le temple de Jeungsimsa, principal point de départ des randonnées. L’appli Naver Map ou KakaoMap donne les horaires en temps réel — prévoyez-les en amont, Google Maps reste partiel en Corée du Sud.

Les sentiers de randonnée du parc

Mudeungsan déploie un réseau de sentiers qui s’entrelacent comme une toile d’araignée, avec des parcours adaptés à tous les niveaux. La randonnée phare suit la boucle qui monte depuis Jeungsimsa jusqu’au pic Seoseokdae (1 100 m) en passant par la vallée de Jangbuljae et les fameux rochers d’Ipseokdae. Si Cheonwangbong culmine officiellement à 1 187 mètres, cet accès reste restreint car situé en zone militaire — Seoseokdae demeure donc le sommet accessible au public et le plus photographié du parc.

Quatre points d’intérêt majeurs structurent la découverte : la vallée de Jangbuljae, les rochers d’Ipseokdae, le temple de Gyubongam et le mont Anyangsan. Que vous les parcouriez en une seule grande journée ou en plusieurs visites, ils constituent la colonne vertébrale de toute exploration sérieuse du massif. Pour comparer avec un autre grand parc accessible depuis Séoul, consultez notre article sur le parc national de Bukhansan.

La vallée de Jangbuljae

Un détail linguistique éclaire la géographie coréenne : quand un toponyme se termine par « -jae » (재), il désigne généralement un col, un passage bas entre deux sommets. Jangbuljae en est l’archétype — une prairie d’altitude aménagée en aire de repos, avec sièges en rondins et petite station de rangers. C’est l’un des rares replats du parc, prisé par les marcheurs pour la pause déjeuner : abri contre le vent en hiver, ombre relative en été, terrain de jeux pour les familles toute l’année. Beaucoup y font demi-tour ; les plus tenaces poursuivent vers les pics.

Les rochers d’Ipseokdae : la signature géologique

Le clou du spectacle se trouve aux rochers d’Ipseokdae, véritable phénomène géologique unique dans la péninsule. Ces colonnes de pierre alignées verticalement, hautes de plusieurs dizaines de mètres, résultent d’une éruption volcanique et d’un refroidissement progressif de la lave il y a environ 87 millions d’années. Le processus, connu sous le nom de jointement colonnaire, est le même qui a produit la Chaussée des Géants en Irlande ou les orgues de pierre de l’île coréenne de Jeju. Ipseokdae, classé monument naturel coréen n° 465, se découvre à mi-parcours de la boucle sommitale et vaut à lui seul l’ascension.

Le sentier de la crête du cheval blanc

Moins fréquenté que la boucle classique, le sentier de la crête du cheval blanc (Baengmareungseon) se distingue par ses vastes prairies exposées qui couvrent l’arête. Son nom vient des hautes herbes qui, lorsqu’elles sont agitées par le vent, évoquent la crinière d’un cheval au galop. Le parcours offre des panoramas dégagés sur le sommet et les environs, mais se termine de l’autre côté du massif : prévoyez un retour en bus depuis un arrêt différent, logistique qui dissuade les randonneurs pressés et préserve la quiétude des lieux.

Le temple de Gyubongam

Dressé devant les formations colonnaires des rochers de Gyubong, le temple de Gyubongam compte parmi les plus spectaculaires temples de montagne de Corée. Sa position scénique, adossée à des orgues de pierre naturels, transforme la visite en expérience à la fois spirituelle et géologique. Moins fréquenté que Jeungsimsa en contrebas, il demande un détour d’une trentaine de minutes depuis la crête principale — largement récompensé par l’atmosphère. Pour prolonger votre immersion dans les temples et sentiers coréens, notre article sur le parc national de Jirisan vous emmène vers un autre géant du sud péninsulaire.

Le sentier du dos de lapin

Parmi les itinéraires accessibles, le sentier Dos de Lapin (Tokki-deung — 토끼등) démarre à l’arrêt de bus Jeungsimsa. Après avoir traversé la zone commerciale (cafés, magasins d’équipement, restaurants de nouilles froides typiques de la région), vous passez sous une stèle gravée « Mudeungsan », franchissez un pont en pierre et longez le temple de Mubinsa. L’ascension commence véritablement là, aménagée de paliers en bois qui facilitent la progression. Le sentier rejoint la crête au lieu-dit Dos de Lapin, puis poursuit vers Saeinbong et ses panoramas sur Gwangju étalée en contrebas. La descente, plus rapide, exige cependant de la vigilance sur les cailloux roulants et les racines apparentes.

L’hiver à Mudeungsan : un paysage de féerie

Contrairement à la plupart des montagnes du Jeollanam-do, peu neigeuses en raison du climat méridional, la partie supérieure de Mudeungsan se couvre régulièrement d’un manteau blanc de décembre à février. Les arbres et arbustes se parent de givre sculpté par les vents d’altitude, créant un soigak (givre-fleur) que les Coréens viennent photographier au lever du jour. Les conditions restent plus clémentes qu’à Seoraksan dans le Nord-Est, mais les crampons légers deviennent utiles au-delà de 800 mètres, et certains sentiers peuvent être temporairement fermés. Les randonnées hivernales partent idéalement tôt le matin pour profiter de la lumière rasante sur le givre avant que le soleil ne le fasse fondre.

Bon à savoir : l’entrée du parc national de Mudeungsan est gratuite, comme pour la quasi-totalité des parcs nationaux coréens. Les sentiers ouvrent généralement à partir de 3h du matin en été (4h en hiver) et doivent être évacués avant la tombée de la nuit. L’office de tourisme de Gwangju propose des cartes gratuites en anglais au kiosque de Jeungsimsa.

Observation des oiseaux et exploration de la nature

Au-delà de la randonnée, Mudeungsan attire les ornithologues grâce à sa diversité avifaunistique remarquable. Plusieurs espèces typiques de la péninsule y sont observables : mésanges variées, pic épeichette pygmée (plus petit pic du pays), bruants à gorge jaune et, avec un peu de chance, le faisan à collier qui fréquente les sous-bois en lisière de forêt. Les pics de Gunwangbong et Cheonwangbong concentrent la plus grande diversité, avec une flore protégée et une faune insectivore très riche.

Les mois d’été, calmes côté oiseaux car correspondant à la saison de reproduction et de mue, révèlent une autre facette : papillons asiatiques multicolores, demoiselles orientales aux reflets métalliques, libellules rouges qui patrouillent au-dessus des ruisseaux. Le parc abrite plusieurs espèces endémiques rarement observées ailleurs en Corée du Sud, ce qui en fait une halte naturaliste bien plus riche que sa fréquentation touristique modeste ne le laisse supposer.

Vie pratique et hébergement

Une randonnée complète peut se boucler sur la journée depuis Séoul — KTX matinal, boucle Jeungsimsa-Seoseokdae, retour en soirée — mais cette formule sacrifie largement l’expérience. Passer une ou deux nuits à Gwangju permet d’attaquer les sentiers dès l’ouverture, d’explorer plusieurs itinéraires et de découvrir une ville souvent négligée par les circuits classiques.

La capitale du Jeollanam-do offre un éventail d’hébergements à la mesure de sa taille : guesthouses à partir de 30 000 wons la nuit, hôtels de milieu de gamme autour de 70 000 à 100 000 wons, et quelques adresses plus haut de gamme dans le quartier de Sangmu. La cuisine locale, réputée comme l’une des meilleures du pays, justifie à elle seule la prolongation du séjour : tteokgalbi (galettes de bœuf grillé), yukjeon (bœuf mariné sauté), et le fameux hongeo (raie fermentée) à la saveur puissante que les audacieux goûteront au marché nocturne de Daein.

Conclusion : un massif pour connaisseurs

Le parc national de Mudeungsan ne fait pas partie des destinations coréennes les plus médiatisées. Il reçoit dix fois moins de visiteurs étrangers que Bukhansan ou Seoraksan, et c’est précisément ce qui fait son charme. Randonneurs patients, amateurs de géologie, photographes à la recherche d’une alternative au tourisme de masse y trouveront un massif exigeant mais accueillant, avec une signature visuelle — ces rochers colonnaires dressés comme des totems minéraux — que l’on ne rencontre nulle part ailleurs dans le pays.

Associez-le à Gwangju et sa scène culturelle renaissante, à la cuisine du Sud-Ouest parmi les plus raffinées de Corée, et à une pause dans un temple à la bougie, et vous aurez le genre d’expérience qui distingue un voyage en Corée d’une simple checklist touristique. Pour explorer d’autres merveilles du pays, consultez notre guide sur les parcs nationaux de Corée du Sud et poursuivez avec notre article sur le parc national d’Odaesan pour compléter votre découverte.

FAQ — parc national de Mudeungsan

Comment se rendre au parc national de Mudeungsan depuis Séoul ?

Prenez un train KTX ou SRT jusqu’à la gare de Gwangju Songjeong : comptez 1 h 30 à 1 h 45 de trajet pour un billet autour de 47 000 wons en classe standard. Depuis Gwangju, un taxi (10-15 000 wons) ou les bus urbains 15, 27, 52, 555, 771 ou 1001 rejoignent le temple de Jeungsimsa, point de départ principal des randonnées.

Qu’est-ce qui rend Mudeungsan unique ?

Sa signature géologique : les rochers colonnaires d’Ipseokdae et de Gyubong, formés par le refroidissement progressif de lave volcanique il y a environ 87 millions d’années. Ce phénomène de jointement colonnaire, identique à celui de la Chaussée des Géants en Irlande, est classé monument naturel coréen n° 465 et reste unique sur la péninsule continentale.

Quelle est la meilleure période pour visiter Mudeungsan ?

Le printemps (avril-juin) et l’automne (septembre-novembre) offrent les conditions idéales : températures clémentes, floraisons ou feuillages colorés. L’hiver (décembre-février) révèle une facette magique avec le givre-fleur qui sculpte les arbres en altitude, mais exige des crampons légers. L’été reste praticable malgré la chaleur humide, avec une nature foisonnante d’insectes et de papillons.

Peut-on visiter Mudeungsan en une journée depuis Séoul ?

Oui, c’est possible avec un KTX tôt le matin et un retour en soirée, mais cela impose un rythme soutenu et limite l’exploration à une seule boucle de randonnée. Une ou deux nuits à Gwangju permettent de varier les sentiers, de découvrir le temple de Gyubongam moins accessible, et de profiter de la cuisine locale réputée parmi les meilleures du pays.

L’entrée du parc de Mudeungsan est-elle payante ?

Non, l’accès est entièrement gratuit comme pour la plupart des parcs nationaux coréens. Les horaires d’ouverture varient selon la saison (à partir de 3h en été, 4h en hiver, évacuation avant la nuit). Certains sentiers peuvent être temporairement fermés en cas de fort enneigement, de risque d’incendie ou pour la protection de la faune en période de reproduction.

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