C’est l’objection qui revient le plus souvent dès qu’on parle de solaire : « et après, on en fait quoi ? ». Le rapport d’activité 2025 de Soren, l’éco-organisme agréé de la filière, relayé le 12 août 2026 par pv magazine France, apporte un premier élément de réponse chiffré : 13 760 tonnes de panneaux photovoltaïques ont été collectées en France en 2025. Un chiffre partout repris, presque toujours mal lu. Cet article suit la chaîne physique du recyclage des panneaux solaires, de la dépose en toiture à la matière secondaire, et établit deux choses que les reprises laissent de côté : ce que ces 13 760 tonnes comptent exactement, et ce que le fameux taux de « 94 % » mesure — ainsi que ce qu’il ne mesure pas.

13 760 tonnes en 2025 : ce que ce chiffre compte, et ce qu’il ne compte pas

Premier point, décisif : les 13 760 tonnes du rapport d’activité 2025 de Soren sont des tonnes collectées, pas des tonnes recyclées. Le périmètre matière est étroit — les modules seuls, ni onduleurs, ni câbles, ni structures de fixation. Le périmètre géographique est national : 11 780 tonnes en métropole, 1 980 tonnes en outre-mer. Le rapport titre pourtant son infographie « collecte totale dans l’hexagone », alors que sa propre ventilation additionne les deux territoires : c’est un total France entière.

Collecté, traité, valorisé : trois chiffres qu’on confond

Sur ces 13 760 tonnes, 12 736 ont effectivement été traitées en 2025, soit 92,6 % de la collecte. Les 1 024 tonnes restantes ne sont pas perdues : c’est un stock reporté sur l’exercice 2026, où il sera traité et compté. Écrire « 13 760 tonnes recyclées », comme le font plusieurs reprises, confond trois grandeurs : ce qui est ramassé, ce qui passe en usine dans l’année, et ce qui en ressort en matière ou en énergie.

La trajectoire, elle, est nette : 5 207 tonnes en 2023, 9 477 en 2024, 13 760 en 2025, d’après les bilans successifs de l’éco-organisme relayés par Actu-Environnement. Soren annonce « une progression de 40 % par rapport à 2024 ». Le calcul ne retrouve pas ce chiffre : rapportées aux 9 477 tonnes que l’organisme a lui-même publiées pour 2024, les 13 760 tonnes représentent une hausse de 45,2 %. Pour que « + 40 % » tombe juste, la base de départ devrait avoisiner 9 829 tonnes. Le rapport ne documente pas celle qu’il retient — révision, arrondi ou périmètre différent, rien ne permet de trancher.

« Ces chiffres traduisent la réalité d’une filière qui se professionnalise, s’organise et gagne en maturité », commente Nicolas Defrenne, directeur général de Soren. Une lecture à replacer dans son cadre : l’éco-organisme est agréé par l’État, mais détenu par sept entités de la filière qu’il régule, dont EDF Power Solutions Technologies, ENGIE et le Syndicat des Énergies Renouvelables. Ce n’est pas un tiers neutre : ses chiffres demandent à être croisés. Sur le parc, voyez notre dossier sur les panneaux solaires en France.

De la toiture au camion : comment un panneau sort du circuit

Le gisement français est aujourd’hui professionnel, et non domestique. En 2025, d’après le décompte de l’éco-organisme, 12 879 tonnes ont été enlevées directement sur chantier, contre 881 tonnes seulement déposées en points d’apport volontaire. Les panneaux qui entrent dans la filière viennent donc de centrales au sol renouvelées, de toitures agricoles ou de sinistres, pas de particuliers apportant deux modules à la déchetterie. Au 31 décembre 2025, le réseau comptait 323 points d’apport volontaire et 600 producteurs adhérents.

Côté organisation, Soren a été créé en 2015 sous le nom de PV CYCLE France, renommé en 2021, et son agrément d’État court jusqu’au 31 décembre 2027 (arrêté du 4 mars 2022). La reprise n’est pas un service commercial : elle relève de la responsabilité élargie du producteur (REP) et se trouve financée en amont, par l’écocontribution déjà payée à l’achat du panneau. La dépose, elle, reste une opération de chantier — le miroir de l’installation des panneaux solaires, avec le même interlocuteur.

Bon à savoir — Côté particulier, le geste tient en deux options : confier les modules déposés à l’installateur qui réalise le remplacement, ou les apporter soi-même à l’un des 323 points d’apport volontaire du réseau. Dans les deux cas, la reprise ne se refacture pas : elle est déjà financée par l’écocontribution acquittée lors de l’achat.

Dans l’usine : broyer ou délaminer, deux façons de démonter un panneau

La première étape est commune aux deux voies : le pré-démantèlement. On retire les câbles, le boîtier de jonction et le cadre en aluminium, qui part directement en filière métaux. Reste le « sandwich » : une plaque de verre, une couche de polymère d’encapsulation (l’EVA), les cellules de silicium reliées par des rubans métalliques, et un film arrière, le backsheet. C’est là que la chaîne bifurque, selon deux logiques opposées.

La voie du broyage

C’est la méthode que Soren décrit comme la plus courante en France, sans en publier la part exacte. Le module est fragmenté, puis trié en trois temps : un tri aéraulique, qui sépare par la masse en soufflant les fractions légères ; un tri densimétrique par flottation, qui isole les plastiques, le cuivre étamé et les feuillards métallisés contenant l’argent ; enfin un tri par courants de Foucault, qui extrait les métaux non ferromagnétiques. L’avantage est le débit. L’inconvénient est structurel : casser le panneau disperse ce qu’il contenait de plus rare.

La voie de la délamination

La délamination fait l’inverse : elle sépare les couches au lieu de les broyer. Le procédé de référence emploie une lame chauffée à environ 300 °C qui décolle le verre des cellules. Le verre ressort intact et repart en verre plat, vérandas ou fenêtres ; les cellules subissent un traitement thermique puis une chimie douce qui rend l’argent, le silicium et le cuivre. Chez Rosi Solar, à Saint-Honoré en Isère, la variante industrielle passe par une pyrolyse à 400-600 °C de plusieurs heures, qui gazéifie les polymères (EVA et backsheet), avant un tri physique et une « chimie humide » : des bains réactifs successifs détachent les fils d’argent et le silicium. Le CEA explore une troisième voie, la délamination au CO₂ supercritique : au-delà de 31 °C et 73,8 bars, le CO₂ pénètre le polymère, et la dépressurisation le fait mousser, ce qui décolle les couches. Une hydrométallurgie récupère ensuite l’argent. « Aujourd’hui nous récupérons entre 80 et 90 % de l’argent, mais nous pouvons atteindre les 100 % et nous nous y attelons », déclarait en novembre 2024 Antoine Chalaux, directeur de Rosi Solar, à pv magazine France.

Broyage et délamination : deux traitements non substituables
Voie Étape clé Ce qui ressort Limite
Broyage Fragmentation puis tris aéraulique, densimétrique et courants de Foucault Calcin de verre, métaux non ferreux, plastiques, fractions métallisées Verre broyé ; métaux rares dispersés dans les fractions
Délamination Lame chauffée à 300 °C, pyrolyse 400-600 °C ou CO₂ supercritique Verre intact, argent, silicium et cuivre isolés Plus lente et plus coûteuse, capacités industrielles limitées

Ce qu’il y a dans un panneau : le verre pèse, l’argent vaut

Pour comprendre les chiffres de la filière, il faut d’abord savoir ce qu’on pèse. D’après le CEA, un module au silicium — la technologie qui domine le gisement français, comme le détaille notre article sur les types de cellules photovoltaïques — se compose d’environ 70 % de verre, 10 % de cadre en aluminium, 5 % de silicium, 1 % de cuivre, moins de 1 % d’argent, le reste étant des polymères (EVA d’encapsulation et backsheet). Le verre et le cadre représentent à eux seuls les trois quarts de la masse. Or ce sont précisément les deux composants les plus banals et les plus faciles à traiter.

C’est tout le renversement du sujet, et Virginie Basini, cheffe du service des technologies durables pour le cycle des matières au CEA, le formulait sans détour à pv magazine France le 11 octobre 2023 : « Aujourd’hui, une directive impose 80 % en masse de recyclage des matières présentes dans un panneau photovoltaïque. Ce taux correspond principalement au poids du cadre en aluminium et le verre en face avant (75 %), qui sont des matières avec peu de valeur. » Et symétriquement : « L’argent, qui représente moins de 1 % du panneau photovoltaïque, représente pourtant plus de 30 % de sa valeur. » Rosi Solar avance des ordres de grandeur cohérents sur une autre échelle : 0,08 % de la masse pour environ 50 % de la valeur. Masse et valeur, dans un panneau, ne sont pas logées dans les mêmes matériaux — c’est la clé de lecture de tout ce qui suit. Le recyclage est à cet égard l’exact envers de comment un panneau est fabriqué.

Composition massique d’un module au silicium et devenir des fractions
Matériau Part de la masse Destination après recyclage
Verre≈ 70 %Verre plat, vérandas, fenêtres, ou calcin après broyage
Cadre aluminium≈ 10 %Filière métaux, refonte
Silicium≈ 5 %Récupéré par voie chimique, hors industrie solaire
Cuivre≈ 1 %Filière métaux non ferreux
Argent< 1 %Récupération partielle, encore en industrialisation
Polymères (EVA, backsheet)Le reste de la masseSans filière de recyclage matière à ce jour

Un homme avec un casque blanc près d'un panneau solaire

« 94 % de valorisation » : ce que ce pourcentage mesure exactement

Le chiffre s’affiche partout, notamment sur les pages d’installateurs, presque toujours sans définition. Soren écrit « 94 % de valorisation d’un panneau photovoltaïque usagé » dans son rapport, et « le taux moyen de valorisation des panneaux solaires est de 94 % » sur son site public. D’où vient-il ? De la décomposition du traitement 2025, que seule Actu-Environnement a publiée parmi les reprises : sur les 12 736 tonnes traitées, 10 684 sont parties en recyclage (83,89 %), 1 298 en valorisation énergétique (10,19 %) et 754 en élimination (5,92 %). Additionnez les deux premiers termes : 94,08 %. Le 94 % est donc calculé sur la masse traitée, tous matériaux confondus — et le verre, 70 % de cette masse, en explique l’essentiel.

Second point, plus important : ce taux additionne deux choses de nature différente. Le recyclage matière, soit un retour effectif de matériau dans un cycle industriel, pèse 83,89 %. Les 10,19 % restants sont de la valorisation énergétique — de l’incinération avec récupération de chaleur. Ce n’est pas un retour de matière. Le rapport ne précise pas quelles fractions y passent ; la lecture la plus cohérente avec les procédés décrits pointe les polymères d’encapsulation, que la filière ne sait pas encore recycler en matière.

Attention — « Valorisation » et « recyclage » ne sont pas synonymes. Les 1 298 tonnes classées en valorisation énergétique en 2025 ont été brûlées avec récupération d’énergie : elles comptent dans les 94 %, mais aucune matière n’en ressort. Le taux de recyclage matière proprement dit s’établit à 83,89 % du tonnage traité.

Reste la question réglementaire, qui obéit à une autre base. Depuis le 15 août 2018, la directive 2012/19/UE relative aux DEEE impose à la catégorie 4, dont relèvent les panneaux, 85 % de valorisation et 80 % de préparation en vue du réemploi et de recyclage (annexe V, partie 3). Or son article 11.2 fixe le dénominateur : « le poids de l’ensemble des DEEE collectés séparément » — le tonnage collecté, pas le traité. Sur cette base, les 11 982 tonnes valorisées rapportées aux 13 760 collectées donnent 87,1 %, au-dessus des 85 % exigés. Le recyclage matière seul y ressort à 77,6 %, mais ce rapport mélange deux exercices : les 1 024 tonnes en stock seront traitées et comptées en 2026. Il ne mesure donc pas une conformité, qui s’établit sur un exercice comptable validé par l’administration. L’éditorial du même rapport parle d’ailleurs d’un taux « dépassant les 90 % » là où l’infographie affiche 94 % : l’écart dit la prudence de l’émetteur.

Argent, silicium, cuivre : le vrai chantier technique

On tient là le paradoxe : un taux de masse très élevé peut coexister avec une récupération faible des matériaux critiques. Puisque le verre et l’aluminium font les trois quarts de la masse, les traiter suffit à franchir les seuils réglementaires — sans rien dire de l’argent, du silicium de qualité ou du cuivre. Et c’est là que le choix du procédé devient déterminant : le broyage disperse dans ses fractions ce que la délamination isole.

Les résultats les plus avancés viennent de la délamination. Rosi Solar annonçait en novembre 2024 récupérer 80 à 90 % de l’argent et produire un silicium recyclé à 99,999 % — une pureté insuffisante pour un retour direct dans l’industrie solaire, mais valorisable ailleurs. L’échelle, elle, reste modeste : l’usine de Saint-Honoré traitait alors environ 3 000 tonnes par an, soit 150 000 panneaux, et se disait proche de sa capacité, pour un objectif de 40 000 tonnes par an en 2030. À comparer aux 13 760 tonnes déjà collectées en 2025. Une partie du traitement part d’ailleurs hors de France : outre Galloo France, Rosi Solar et Envie 2E, le rapport cite First Solar Recycling en Allemagne, Comet et Recma en Belgique.

Meilleur indice que le problème reste ouvert : Soren participe à quatre programmes européens dédiés précisément à ces matériaux — PHOTORAMA (argent, silicium, indium), EVERPV (délamination par ponçage et infrarouge, visant un argent de haute pureté), QUASAR et SOLMATE. On ne finance pas quatre projets de recherche pour extraire ce qu’on extrait déjà couramment. La réponse symétrique consiste à réduire l’argent à la source : de 25 mg/Wc aujourd’hui à une cible de 15 mg/Wc en 2030, avec des solutions à l’étude à 10 mg/Wc sans perte de rendement, selon le CEA — un chantier que suit notre article sur la recherche sur les cellules photovoltaïques.

Qui paie le recyclage d’un panneau solaire ?

Les comptes 2025 de Soren répondent sans ambiguïté : 15,47 M€ de produits, dont 12,02 M€ d’écocontributions et 2,33 M€ de recettes matières. En face, les charges opérationnelles atteignent 7,35 M€, réparties entre 2,69 M€ de collecte et 4,66 M€ de traitement. La vente des matériaux récupérés ne couvre donc pas le coût du traitement : c’est l’écocontribution, payée à l’achat, qui finance l’opération. Le constat vaut aussi pour la matière la plus noble, comme le rappelait Antoine Chalaux en novembre 2024 : « Le silicium recyclé est aujourd’hui un peu plus cher que le silicium non recyclé, mais pas beaucoup plus sinon les industriels n’y voient pas d’intérêt. »

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, cette contribution est éco-modulée : son montant varie selon quatre critères — bilan carbone, taux de contenu recyclé, teneur en argent et concentration en plomb —, sur un barème construit avec le CEA-INES et Certisolis. Un levier qui agit sur la conception du produit, pas sur le traitement en fin de vie, et rejoint les arbitrages décrits dans notre article sur la conception d’un système photovoltaïque.

Bon à savoir — L’écocontribution est un montant intégré au prix de chaque panneau mis en marché, reversé à l’éco-organisme agréé. Elle finance à l’avance la collecte et le traitement du module, quel que soit son propriétaire au moment de la dépose, des années plus tard. Rien n’est facturé en plus à ce moment-là.

180 000 tonnes par an en 2040 : la filière est-elle dimensionnée ?

Le rapport projette 180 000 tonnes par an en 2040, sur une hypothèse de durée de vie d’environ 25 ans. Rapporté aux 13 760 tonnes de 2025, c’est un facteur 13 en quinze ans. L’hypothèse mérite d’être signalée : la communication de l’éco-organisme retenait 30 ans en 2024, contre 25 ans depuis 2025, et cinq ans d’écart déplacent toute la courbe. Dans le même temps, le flux entrant gonfle : la mise en marché 2025 progresse de 26,1 % en nombre de panneaux et de 25,6 % en tonnes, mais de 5,9 % seulement en mégawatts — l’écart mesure la baisse de puissance par kilo mis sur le marché.

Côté capacités, six opérateurs ont été retenus en 2025 pour porter le traitement à plus de 45 000 tonnes par an, « d’ici quelques années » selon le rapport, tandis que Rosi Solar vise 40 000 tonnes par an en 2030. L’ordre de grandeur couvre le gisement de la décennie, pas celui de 2040. « Le gisement de panneaux en fin de vie va croître de manière exponentielle dans les années à venir, et nous devons nous y préparer dès aujourd’hui », écrit Soren. Nicolas Defrenne élargit l’enjeu : « Dans un contexte où la demande en argent, silicium ou cuivre pourrait être multipliée par quatre à six d’ici 2040, le recyclage des panneaux photovoltaïques n’est plus un sujet de niche : c’est un impératif stratégique pour la souveraineté industrielle européenne. »

« Un panneau solaire, ça ne se recycle pas » : ce que dit vraiment le bilan

« La filière REP que nous avons contribué à construire prouve son efficacité : elle collecte, elle recycle, elle crée de la valeur sur le territoire français », affirme Nicolas Defrenne. Mis en regard des chiffres, l’énoncé se nuance. Sur la masse, le mythe est faux : plus de 80 % de la masse traitée repart en matière, et le seuil européen de valorisation est dépassé. Sur les métaux à forte valeur, il garde un fond de vérité : la récupération de l’argent n’est pas industrialisée à l’échelle du gisement, et quatre programmes européens en cours le confirment. Le réemploi existe comme voie, mais l’éco-organisme n’en publie aucun tonnage. Quant à la question la plus ouverte — quelle part des panneaux réellement déposés entre dans la filière —, aucune source primaire ne la chiffre pour 2025 : les taux qui circulent sur les pages commerciales ne s’appuient sur aucune source identifiable. Enfin, si 66 % des Français jugent la recyclabilité « critère clé » avant d’envisager une installation, c’est selon un baromètre OpinionWay commandité par Soren. Le parallèle le plus éclairant reste celui des accumulateurs : les batteries lithium-ion sont-elles recyclables pose exactement le même écart entre taux de masse et récupération des métaux critiques.

Questions fréquentes sur le recyclage des panneaux solaires

Les panneaux solaires sont-ils vraiment recyclables ?

Oui, sur la masse. Un panneau est juridiquement un déchet d’équipement électrique et électronique, à collecte séparée obligatoire : 83,89 % du tonnage traité par Soren en 2025 est reparti en recyclage matière. La nuance porte sur l’argent, dont la récupération n’est pas encore industrialisée.

Quel est le taux de recyclage réel d’un panneau solaire ?

Le taux de 94 % affiché par Soren additionne 83,89 % de recyclage matière et 10,19 % de valorisation énergétique, c’est-à-dire d’incinération avec récupération de chaleur, sur le tonnage traité en 2025. Le recyclage matière seul vaut donc 83,89 %. Sur la base réglementaire du tonnage collecté, la valorisation atteint 87,1 %.

Combien de temps dure un panneau solaire avant d’être remplacé ?

Les hypothèses vont de 25 à 30 ans. Soren retenait 30 ans dans sa communication 2024 et retient environ 25 ans depuis son rapport 2025, sur lequel il fonde ses projections. Beaucoup de déposes sont toutefois anticipées : renouvellement de centrales au sol, sinistres, rénovations.

Où déposer ses panneaux solaires usagés, et est-ce payant ?

Deux voies : confier les modules à l’installateur qui réalise le remplacement, ou les apporter à l’un des 323 points d’apport volontaire recensés fin 2025. La reprise n’est pas facturée à la dépose : elle est financée par l’écocontribution déjà acquittée à l’achat.

Récupère-t-on l’argent et le silicium contenus dans les panneaux ?

Partiellement, et selon le procédé : le broyage disperse ces métaux dans ses fractions, la délamination les isole. Rosi Solar annonçait en novembre 2024 récupérer 80 à 90 % de l’argent et produire un silicium à 99,999 %, trop peu pur pour l’industrie solaire.

Que se passera-t-il quand les installations des années 2010 arriveront en fin de vie ?

Soren projette 180 000 tonnes par an en 2040, soit treize fois le tonnage 2025, sur une durée de vie d’environ 25 ans. Six opérateurs retenus en 2025 doivent porter les capacités à plus de 45 000 tonnes par an : de quoi couvrir la décennie, pas 2040.

L’essentiel à retenir

  • 13 760 tonnes collectées en 2025, France entière, outre-mer compris — et non recyclées : 12 736 tonnes ont été traitées, soit 92,6 %, le reste passant en stock 2026.
  • La hausse annoncée appelle prudence : Soren écrit « + 40 % », mais 13 760 t rapportées aux 9 477 t publiées pour 2024 donnent + 45,2 %, et la base retenue n’est pas documentée.
  • Les 94 % rapportés au tonnage traité additionnent 83,89 % de recyclage matière et 10,19 % de valorisation énergétique, c’est-à-dire d’incinération. Sur la base réglementaire, la valorisation ressort à 87,1 %, au-dessus des 85 % exigés.
  • Le verre et le cadre font 75 % de la masse et portent le résultat ; l’argent pèse moins de 1 % de la masse pour plus de 30 % de la valeur.
  • Le vrai chantier est là : broyer va vite mais disperse les métaux ; délaminer les isole, à des capacités encore limitées.