Le mardi 18 août 2026, l’astronaute française de l’Agence spatiale européenne Sophie Adenot quittera l’intérieur de la Station spatiale internationale pour environ six heures et demie, en compagnie de l’Américain Anil Menon. Ce sera la première sortie extravéhiculaire de Sophie Adenot, et la première d’une astronaute française. La tâche, elle, n’a rien de spectaculaire : remplacer une antenne. C’est précisément ce qui rend l’exercice intéressant, car une sortie dans le vide est rarement une aventure — c’est une opération de maintenance menée dans un environnement qui ne pardonne rien.

Ce qui est prévu le 18 août 2026

La sortie porte la désignation officielle US Spacewalk 97. Sophie Adenot et Anil Menon appartiennent tous deux à l’Expédition 75, l’équipage actuellement en poste à bord de la station. La NASA, qui pilote l’opération depuis son centre de contrôle de Houston, indique dans son bulletin du 10 août 2026 que les deux astronautes ont travaillé ensemble à préparer les outils qu’ils emporteront à l’extérieur.

Leur mission consiste à « remplacer une antenne Space-to-Ground afin de maintenir les transmissions de données et de communication à haut débit entre l’avant-poste orbital et les contrôleurs de mission », selon la formulation de l’agence américaine. L’Agence spatiale européenne parle, de son côté, d’« un système de communication critique qui permet les liaisons de données et de voix à haut débit entre le centre de contrôle de mission de Houston et la station spatiale ».

Un détail de calendrier mérite d’être relevé, parce qu’il dit quelque chose du fonctionnement réel d’une station habitée : le 7 août, la NASA n’avait pas encore désigné les deux astronautes qui effectueraient cette sortie. Son bulletin annonçait la date, la tâche, et précisait que les noms viendraient. Ils n’ont été rendus publics que dans le bulletin du 10 août, soit huit jours avant l’opération. L’attribution d’une sortie ne relève donc pas d’une décision prise des mois à l’avance : elle s’ajuste à l’état de l’équipage, à celui des scaphandres disponibles et au reste du planning de bord.

Les repères de la sortie du 18 août 2026
ÉlémentValeur
DésignationUS Spacewalk 97
DateMardi 18 août 2026
Durée prévueEnviron 6 h 30
ÉquipageSophie Adenot (ESA) et Anil Menon (NASA)
TâcheRemplacement d’une antenne sur le segment Z1

Pourquoi une antenne se remplace encore à la main

Le segment Z1 est l’un des éléments de la longue poutre structurelle le long de laquelle la Station spatiale internationale a été assemblée, morceau par morceau. Il porte des équipements de service, dont des antennes de liaison avec le sol. L’antenne visée le 18 août appartient à la chaîne Space-to-Ground, celle qui achemine les données et la voix entre la station et Houston à haut débit.

La station dispose pourtant d’un bras robotique et de plusieurs systèmes télécommandés. Mais un connecteur à déverrouiller, un câble à dégager, un boîtier à aligner au millimètre restent des gestes que rien ne remplace aujourd’hui. C’est la raison de fond pour laquelle les sorties extravéhiculaires n’ont pas disparu après cinquante ans de robotique spatiale : elles servent aux opérations trop fines, trop imprévisibles ou trop peu répétitives pour justifier une machine dédiée. Remplacer une antenne de communication entre exactement dans cette catégorie.

Il faut aussi mesurer l’enjeu opérationnel. Une liaison à haut débit entre la station et le sol n’est pas un confort : c’est le canal par lequel transitent la télémétrie des systèmes, les données des expériences scientifiques et les communications de l’équipage. Une maintenance préventive de ce type se planifie donc longtemps à l’avance, et se reprogramme sans hésiter au moindre doute — ce qui est précisément arrivé.

Pourquoi la sortie a été reportée du 11 au 18 août

La sortie ne devait pas avoir lieu le 18 août. Elle était initialement programmée le 11 août 2026. Le 7 août, la NASA a annoncé son report d’une semaine, et elle en a donné le motif : lors d’une précédente sortie, le 6 août, un capteur de dioxyde de carbone équipant le scaphandre d’Anil Menon avait produit « une lecture de données inattendue ». Les ingénieurs devaient déterminer s’il fallait changer de combinaison avant de renvoyer quelqu’un à l’extérieur.

Un capteur de CO₂ dans un scaphandre n’est pas un accessoire. La combinaison est un habitacle fermé : l’astronaute y respire en circuit, et le dioxyde de carbone qu’il expire doit être capté en continu. Une accumulation passe d’abord inaperçue, puis provoque maux de tête, essoufflement et confusion — au pire moment possible. Une mesure douteuse ne signifie pas qu’il y avait un danger le 6 août ; elle signifie qu’on ne pouvait plus garantir qu’il n’y en aurait pas le 11. Dans ce métier, l’écart entre les deux suffit à décaler une opération d’une semaine.

Ce report explique aussi une petite incohérence que le lecteur peut rencontrer : la page de l’Agence spatiale européenne consacrée à la sortie annonce encore le 11 août, à 14 h 35 (heure de Paris), tandis que les bulletins de la NASA des 7 et 10 août donnent le 18. C’est la NASA qui fait foi, puisqu’elle est l’opérateur de la sortie, et Ciel & Espace a confirmé la date du 18 août le 11 août. La page européenne est une annonce qui n’a pas été mise à jour après la reprogrammation. À ce jour, l’heure exacte de début de la sortie du 18 août n’a pas été communiquée.

Ce qui rend une sortie extravéhiculaire physiquement éprouvante

« Souvent considérées comme une "mission dans la mission", les EVA sont des exercices physiquement éprouvants pour les astronautes », écrit Guillaume Langin dans Ciel & Espace. L’expression n’a rien d’une figure de style, et la difficulté principale n’est ni le froid, ni le vide, ni même le vertige : c’est la rigidité du scaphandre.

Le mécanisme est simple à comprendre. À l’extérieur de la station, la pression est nulle — c’est la définition du vide. À l’intérieur de la combinaison, il faut au contraire maintenir une pression suffisante pour que l’astronaute respire et que son sang ne se vaporise pas. Le scaphandre se comporte donc comme un ballon gonflé : la différence de pression le tend de l’intérieur et le raidit. Chaque mouvement se fait alors contre cette tension.

Fermer le poing sur un outil devient un effort, et le répéter pendant six heures et demie devient un exercice d’endurance. C’est la raison pour laquelle les astronautes s’entraînent en piscine avant chaque sortie : non pour apprendre les gestes, mais pour apprendre à les faire en dépensant le moins d’énergie possible. Sophie Adenot a d’ailleurs procédé à bord à l’essayage de sa combinaison, assistée par l’Américaine Jessica Meir, selon la légende d’une photographie diffusée par l’ESA.

Bon à savoir — ce que recouvre le sigle EVA. EVA signifie extravehicular activity, activité extravéhiculaire. Le terme désigne toute opération menée par un astronaute à l’extérieur de son véhicule ou de sa station, en scaphandre. Il couvre aussi bien une réparation à la surface d’une station orbitale qu’une marche sur la Lune. Dans le langage courant, on parle de « sortie dans l’espace », ce qui est exact mais gomme le fait qu’il s’agit presque toujours d’un chantier technique planifié au geste près.

Une première pour une astronaute française

Aucune femme astronaute française n’avait jusqu’ici effectué de sortie extravéhiculaire. Claudie Haigneré, seule Française à avoir volé avant Sophie Adenot, a réalisé deux missions — à bord de la station Mir en 1996, puis de la Station spatiale internationale en 2001 — dont aucune ne comportait de sortie.

Tous genres confondus, Sophie Adenot deviendra la cinquième personne française à s’aventurer dans le vide spatial, selon le décompte de Ciel & Espace. Elle suit notamment Thomas Pesquet, qui a réalisé six sorties au cours de ses deux missions à bord de la station. Le contraste entre ces deux chiffres — six sorties pour l’un, une première pour l’autre — dit surtout à quel point l’attribution d’une EVA dépend du calendrier de maintenance de la station bien plus que du parcours d’un astronaute. On ne sort pas dans l’espace parce qu’on l’a mérité, mais parce qu’une pièce doit être remplacée pendant qu’on est à bord.

Une vue de la Terre du point de vue d'un satellite ou d'une station spatiale1

La mission εpsilon, d’où vient Sophie Adenot

Sophie Adenot occupe la station dans le cadre de sa première mission de longue durée, baptisée εpsilon. Elle a décollé le 13 février 2026 depuis le complexe de lancement 40 de Cap Canaveral, en Floride, à bord de la capsule Dragon Freedom propulsée par une fusée Falcon 9, dans le cadre de la mission Crew-12. L’amarrage à la station a eu lieu le lendemain, le 14 février 2026.

Elle y a embarqué comme spécialiste de mission 1, aux côtés des Américains Jessica Meir, commandante, et Jack Hathaway, pilote, ainsi que du cosmonaute russe Andreï Fediaev. L’équipage a été accueilli par les membres de l’Expédition 74. La mission εpsilon est prévue pour huit mois, avec une possible extension à neuf : au programme, des expériences scientifiques menées sous responsabilité européenne, de la recherche médicale, des activités d’observation de la Terre et la part d’opérations et de maintenance sans laquelle une station habitée cesse rapidement de fonctionner. La sortie du 18 août appartient à cette dernière catégorie.

Et après : une nouvelle sortie le 25 août

La station n’en aura pas terminé. Une sortie supplémentaire était programmée le mardi 25 août 2026, d’après le bulletin de la NASA du 7 août. Trois sorties en trois semaines, cela donne la mesure du rythme de maintenance d’un complexe orbital vieillissant, assemblé pour l’essentiel il y a plus de vingt ans et dont chaque équipement de service arrive tôt ou tard en fin de vie.

Ce mois d’août est par ailleurs chargé pour les observateurs du ciel : le 12 août, une éclipse totale de Soleil traverse l’Europe de l’Ouest, un événement que la station observe sous un angle que personne n’a depuis le sol — nous détaillons ailleurs ce que la Station spatiale internationale permet de voir d’une éclipse.

Ce qu’il faut retenir

Le 18 août 2026, Sophie Adenot effectuera sa première sortie extravéhiculaire, avec Anil Menon, pour environ six heures et demie. Ils remplaceront une antenne de liaison avec le sol sur le segment Z1 de la station, au cours de l’opération désignée US Spacewalk 97. La sortie devait avoir lieu le 11 août : elle a été reportée après une mesure douteuse d’un capteur de dioxyde de carbone sur le scaphandre d’Anil Menon. Sophie Adenot sera la première astronaute française à sortir dans le vide, et la cinquième personne française. Une nouvelle sortie est prévue le 25 août.

FAQ — la sortie extravéhiculaire de Sophie Adenot

Quand Sophie Adenot sortira-t-elle dans l’espace ?

La sortie est programmée le mardi 18 août 2026. Elle devait initialement avoir lieu le 11 août, mais la NASA l’a reportée d’une semaine le 7 août. L’heure exacte de début n’a pas été communiquée à ce jour. La page de l’Agence spatiale européenne consacrée à l’événement mentionne encore la date abandonnée du 11 août.

Combien de temps dure une sortie extravéhiculaire ?

Celle du 18 août est prévue pour environ six heures et demie, ce qui correspond à la durée habituelle d’une sortie depuis la Station spatiale internationale. L’essentiel de ce temps n’est pas consacré à la réparation elle-même, mais aux déplacements le long de la structure, à la sécurisation de l’équipement et à la vérification de chaque étape.

Que va-t-elle réparer sur la Station spatiale internationale ?

Sophie Adenot et Anil Menon doivent remplacer une antenne Space-to-Ground située sur le segment Z1 de la poutre structurelle. Cette antenne assure les liaisons de données et de voix à haut débit entre le centre de contrôle de mission de Houston et la station. Il s’agit d’une opération de maintenance préventive.

Sophie Adenot est-elle la première Française à sortir dans l’espace ?

Elle sera la première astronaute française à effectuer une sortie extravéhiculaire. Claudie Haigneré, qui a volé en 1996 vers la station Mir puis en 2001 vers la Station spatiale internationale, n’en avait réalisé aucune. Tous genres confondus, Sophie Adenot sera la cinquième personne française à s’aventurer dans le vide spatial.

Pourquoi la sortie a-t-elle été repoussée du 11 au 18 août ?

Lors d’une sortie précédente, le 6 août, un capteur de dioxyde de carbone équipant le scaphandre d’Anil Menon a produit une lecture de données inattendue, selon la NASA. Les ingénieurs devaient évaluer s’il fallait changer de combinaison. L’agence a préféré décaler l’opération d’une semaine plutôt que de renvoyer un astronaute à l’extérieur avec un doute.

Pourquoi un scaphandre est-il difficile à manœuvrer dans le vide ?

La pression à l’intérieur de la combinaison est supérieure à celle du vide extérieur, qui est nulle. Cette différence tend le scaphandre de l’intérieur et le rigidifie, comme un ballon gonflé. Chaque geste se fait donc contre cette tension, ce qui rend une sortie de six heures et demie physiquement très éprouvante, en particulier pour les mains.

Sources principales : les bulletins du blog Space Station de la NASA des 7 et 10 août 2026, la page de l’Agence spatiale européenne consacrée à la sortie et l’article de Ciel & Espace du 11 août 2026.