Le samedi 26 septembre 2026, l’administration métropolitaine de Bangkok (BMA) a étendu à ses 50 districts la déclaration de zone sinistrée, avec effet rétroactif au 25 septembre. Environ 300 millimètres de pluie étaient tombés en 48 heures depuis le jeudi 24 après-midi : 300 litres d’eau sur chaque mètre carré de la ville, dans un mois de septembre dont le cumul atteignait, au 25, 1,8 fois la normale de la période. Deux jours ont suffi. Ce n’est pas la violence de l’averse qui a débordé, c’est le stock : des canaux pleins, un sol plat et bas, et une sortie d’eau plafonnée par la puissance des pompes.

Samedi 26 septembre, 5 heures du matin : les 50 districts basculent en zone sinistrée

À 5 heures, heure de Bangkok, le gouverneur Chadchart Sittipunt réunit une cellule de crise au département du drainage et de l’assainissement, dans le bâtiment City Hall 2 du district de Din Daeng. Le point suivant est fixé à midi. Dans la journée, la BMA annonce que la déclaration de zone sinistrée couvre désormais l’ensemble de la ville, soit 50 districts, selon le contenu du texte rapporté par Nation Thailand le 26 septembre.

Le texte est signé par Chadchart Sittipunt à double titre : comme gouverneur, et comme directeur de la prévention et de l’atténuation des catastrophes de Bangkok. Sa base légale est la loi de 2007 sur la prévention et l’atténuation des catastrophes. Le texte original de l’annonce n’est pas consultable en ligne ; son contenu (signataire, base légale, date d’effet) est donné de façon concordante par la presse thaïlandaise du 26 septembre, dont la télévision publique Thai PBS.

La déclaration porte deux dates, et chacune compte. La veille, le vendredi 25 septembre, trois districts de l’est avaient été déclarés sinistrés : Nong Chok, Suan Luang et Khan Na Yao. L’extension aux 50 districts est annoncée le 26, mais elle prend effet au 25, d’après The Standard du 26 septembre. Ce décalage a une conséquence pratique : les dégâts de la première nuit entrent dans le champ de la déclaration.

Le mot catastrophe évoque une ville à l’arrêt. L’acte désigne autre chose : un régime administratif qui permet aux bureaux de district d’agir et de secourir plus vite, et qui ouvre des droits à indemnisation. Il ne ferme rien. Ni la ville, ni ses aéroports.

Trois semaines de pluie avant les 48 heures décisives

L’épisode ne tombe pas sur une ville sèche. Du 1ᵉʳ au 25 septembre, Bangkok avait reçu 487 millimètres de pluie, contre une moyenne de 269 millimètres sur la même période pour la normale 1991-2020, selon les chiffres cités par l’AFP le 26 septembre. Le rapport est de 1,8.

Ce rapport demande une précision. Le cumul arrêté au 25 inclut une partie de l’épisode lui-même, commencé le 24 après-midi. Il ne mesure donc pas seulement l’eau tombée avant la crise : il agrège le fond du mois et le début de l’épisode. Ce qui reste solide, c’est l’ordre de grandeur. À lui seul, l’épisode de 48 heures (environ 300 millimètres) dépasse la normale de ces 25 premiers jours de septembre.

Il faut distinguer le calendrier de l’anomalie. Septembre est le cœur de la saison des pluies à Bangkok : 269 millimètres de normale sur 25 jours, c’est déjà près de 11 millimètres par jour en moyenne. Des pluies en septembre n’ont rien de décalé. L’écart tient à leur intensité et à leur cumul.

Le Thai Meteorological Department (TMD) attribue leur persistance à deux phénomènes combinés, d’après le Taipei Times du 27 septembre : une dépression marquée sur le centre du pays, c’est-à-dire une zone de basse pression où l’air humide s’élève et se condense en pluie, et une mousson du sud-ouest renforcée, le flux d’air humide saisonnier qui alimente cette pluie. La mousson apporte l’humidité, la dépression la fait tomber. Leur combinaison explique une pluie qui dure, plutôt qu’un orage bref. Le TMD annonçait de fortes pluies jusqu’au dimanche 27 septembre.

Du jeudi au samedi, un stock d’eau qui déborde

La pluie commence le jeudi 24 septembre dans l’après-midi et ne s’interrompt plus. En 48 heures, environ 300 millimètres tombent sur Bangkok ; la BMA donne une fourchette de 100 à 300 millimètres, voire davantage, selon les secteurs, d’après son point du 26 septembre. Les quartiers les plus touchés sont ceux de l’est et les abords des canaux.

Un calcul simple révèle le paradoxe de l’épisode. Trois cents millimètres répartis sur 48 heures donnent une moyenne d’environ 6 millimètres par heure. Or le réseau de drainage de la ville est dimensionné pour absorber environ 60 millimètres par heure, selon Sonthi Kotchawat, de la Thai Environmental Scholars Association, cité par Asia News Network. Ce chiffre repose sur ce seul expert, sans jeu de données publié à l’appui : il vaut comme ordre de grandeur, pas comme mesure. Même avec cette réserve, la pluie moyenne de l’épisode se situe dix fois sous la capacité horaire annoncée.

La ville a pourtant débordé. C’est qu’il faut séparer deux grandeurs que l’on confond volontiers : le débit, c’est-à-dire la quantité d’eau qui arrive par heure, et le stock, la quantité d’eau présente à un instant donné. Les canaux de Bangkok servent de réservoirs tampons. Ils reçoivent l’eau plus vite que les pompes ne la renvoient vers le fleuve, et la gardent le temps que la sortie suive. Tant qu’il leur reste de la place, une pluie longue passe. Quand ils sont pleins, chaque millimètre supplémentaire reste en surface, dans les rues.

Le 26 septembre, le gouverneur constate le point de bascule, en une phrase rapportée par Al Jazeera : « Tous les canaux sont désormais pleins. » Les stations de pompage tournent alors à pleine capacité. Cinq canaux restent au niveau critique selon la BMA : Prem Prachakon, Lat Phrao, Saen Saep, Prawet Burirom et Siri Watthana.

La moyenne horaire a une limite, qu’il faut énoncer ici. Elle lisse les pointes. Des averses dépassant 60 millimètres par heure ont pu survenir au cours de l’épisode ; en l’absence de relevés horaires publiés, rien ne permet de l’affirmer ni de l’exclure. Le mécanisme du stock n’en est pas affaibli : il explique qu’une pluie longue, sans pointe particulière, suffise à noyer la ville une fois les canaux remplis.

Entre 1 et 1,5 mètre au-dessus de la mer, un sol qui continue de descendre

Si les pompes sont le goulot d’étranglement, c’est que Bangkok ne peut pas s’égoutter par gravité. La ville est bâtie sur les argiles molles du delta du Chao Phraya, à une altitude comprise entre 1 et 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer : environ 1,5 mètre selon l’AFP, environ 1 mètre selon Sonthi Kotchawat. Elle n’est pas sous le niveau de la mer. Mais la pente qui mènerait naturellement l’eau vers le fleuve est trop faible pour évacuer un tel volume. L’eau doit être relevée mécaniquement vers le Chao Phraya.

Cette faible altitude n’est pas seulement héritée du delta. Elle s’est aggravée. Selon une modélisation publiée en 2024 dans la revue Ground Water par Soonthornrangsan, Bakker et Vossepoel (DOI 10.1111/gwat.13443), l’affaissement de Bangkok a pour cause le pompage des nappes souterraines. Dans les années 1980, la ville en extrayait en moyenne environ 1,4 million de mètres cubes par jour. Vider les aquifères a laissé se tasser les couches d’argile du sous-sol, très compressibles. Au début de cette décennie, le sol descendait jusqu’à 12 centimètres par an.

La réglementation du pompage introduite dans les années 1980 a fini par ralentir le phénomène. Les prélèvements sont estimés par le modèle à environ 500 000 mètres cubes par jour aujourd’hui, et l’affaissement moyen à environ 1 centimètre par an. Le rythme est passé d’un maximum de 12 centimètres à une moyenne de 1 centimètre par an. Il n’est pas nul. À ce rythme moyen, le sol perd une dizaine de centimètres par décennie, pour une ville qui n’en a que 100 à 150 de marge au-dessus de la mer. Le modèle attribue en moyenne 51 % de cet affaissement à la couche la plus superficielle, l’argile de Bangkok (BK Clay).

Une distinction s’impose ici, car rapprocher une ville qui s’enfonce et une ville inondée suggère une causalité qui n’existe pas. L’affaissement est une vulnérabilité de fond : il rend la ville dépendante de ses pompes, donc plafonnée par leur débit. Il n’a pas déclenché l’épisode de septembre. Le déclencheur est la pluie, portée par la dépression et la mousson décrites par le TMD. Aucune étude d’attribution climatique de cet épisode n’est publiée : rien ne permet, à ce stade, de relier ces 300 millimètres au réchauffement. Les enjeux de long terme pour une ville aussi basse relèvent d’une autre échelle de temps, abordée dans l’article consacré à la Thaïlande face au changement climatique.

Canaux, tunnels et 1 200 m³/s : la vidange en chiffres

L’eau accumulée n’a qu’une sortie : les stations de pompage et les tunnels de drainage qui la renvoient vers le Chao Phraya. À pleine capacité, leur débit cumulé atteint 1 200 mètres cubes par seconde, selon la BMA. Le 26 septembre, l’administration évaluait à 223 millions de mètres cubes le volume d’eau accumulé à évacuer sur la rive est.

Ces deux chiffres suffisent à vérifier le délai annoncé. En divisant 223 millions de mètres cubes par 1 200 mètres cubes par seconde, on obtient environ 186 000 secondes, soit près de 52 heures, ou 2,2 jours. Ce calcul, dérivé des seuls chiffres de la BMA, n’est qu’un ordre de grandeur : il suppose des pompes à plein régime sans interruption et une eau qui les atteint toute. Il tombe pourtant dans la fourchette donnée par le gouverneur à l’AFP : « S’il cesse de pleuvoir, il faudra deux à trois jours pour évacuer l’eau. »

Dans cette phrase, c’est la condition qui compte. Le délai de deux à trois jours n’est pas une prévision météorologique. C’est le temps mécanique de pompage d’un stock donné, à débit maximal. Or ce débit ne peut plus augmenter : les pompes tournent déjà à fond. Chaque nouvelle averse ajoute au stock sans rien ajouter à la sortie. Le délai recule d’autant.

L’épisode de septembre 2026 en chiffres — sources : BMA et AFP (26 septembre 2026), TMD ; capacité horaire selon un expert thaïlandais cité par Asia News Network ; durée de pompage calculée à partir des chiffres BMA (ordre de grandeur)
GrandeurValeurÉmetteur
Pluie du 24 au 26 septembreenviron 300 mm en 48 h (100 à 300 mm ou plus selon les secteurs)AFP, BMA
Cumul du 1ᵉʳ au 25 septembre487 mm, contre 269 mm de normale 1991-2020AFP
Pluie moyenne de l’épisodeenviron 6 mm/hcalcul à partir des chiffres AFP
Capacité théorique du drainageenviron 60 mm/hun seul expert, sans données publiées
Débit maximal des pompes et tunnels1 200 m³/sBMA
Eau accumulée à évacuer (rive est)223 millions de m³BMA
Durée de pompage à plein régimeenviron 52 h (2,2 jours)calcul à partir des chiffres BMA
Délai de vidange annoncé2 à 3 jours, s’il cesse de pleuvoirgouverneur de Bangkok

Le stock lui-même dépend de la place disponible en amont des canaux. Les zones de rétention de l’est de la ville, dites joues de singe (kaem ling), sont des espaces destinés à stocker l’eau avant qu’elle n’atteigne le réseau. Elles ont été en grande partie urbanisées depuis une vingtaine d’années, selon Sonthi Kotchawat. D’après le même expert, leur surface est passée de 92 000 à 34 000 rai, soit d’environ 147 à 54 kilomètres carrés (un rai vaut 1 600 mètres carrés). Ces chiffres reposent sur une seule source, sans jeu de données lié ; leur sens, lui, découle directement du mécanisme décrit plus haut. Moins de place pour stocker, et les canaux saturent plus tôt. L’eau n’est d’ailleurs qu’un des fronts environnementaux de la capitale, parmi les autres défis environnementaux de Bangkok.

L'ouragan a inondé des voitures dans une rue de la ville entourée d'eau dans une zone résidentielle de Floride Les conséquences de l'ouragan Debby catastrophe naturelle

Indemnités, attestation, effet rétroactif : l’état de catastrophe côté habitants

Pour un habitant, la déclaration de zone sinistrée change surtout une chose : elle ouvre un droit à aide, selon un barème plafonné. D’après The Standard du 26 septembre, les montants maximaux sont de 49 500 bahts pour la réparation du logement, de 3 000 bahts par mois de loyer temporaire pendant deux mois au plus, et de 11 400 bahts pour le matériel professionnel. Ces aides ne sont pas automatiques. Elles sont versées après constat des dégâts et délivrance, par le bureau de district, d’une attestation de sinistré. L’effet rétroactif au 25 septembre fait entrer dans ce dispositif les dégâts de la première nuit.

Les bilans d’hébergement évoluent d’un jour à l’autre, et chacun ne vaut qu’à sa date. Le 26 septembre, la BMA comptait 981 personnes en abri temporaire, soit environ 980 selon l’AFP, et 36 personnes alitées transférées à l’hôpital. Elle avait ouvert 233 abris, d’une capacité totale de 15 000 places. Le 27 septembre, l’Associated Press faisait état d’environ 4 200 personnes réparties dans plus de 200 abris. Les deux chiffres ne se contredisent pas. Ils décrivent deux moments d’une crise en cours.

Aéroports, écoles, bus : une ville au ralenti jusqu’au 29 septembre

Le dimanche 27 septembre, un conseil des ministres extraordinaire présidé par le Premier ministre Anutin Charnvirakul a décrété jours fériés administratifs les lundi 28 et mardi 29 septembre dans quatre provinces : Bangkok, Nonthaburi, Pathum Thani et Samut Prakan, selon les informations gouvernementales relayées par Human Resources Online le 28 septembre. Les services essentiels et les démarches en ligne restent assurés. Les entreprises privées sont invitées à décider selon leurs besoins, et la Bourse de Thaïlande reste ouverte. Les écoles gérées par la BMA sont fermées le lundi 28.

La ville fonctionne au ralenti, pas à l’arrêt. Selon l’Associated Press le 27 septembre, les vols étaient opérés normalement, avec des retards possibles, tandis qu’une partie des liaisons de bus vers les provinces de l’est était suspendue. À Don Mueang, les informations d’Airports of Thailand relayées le 28 septembre faisaient état d’environ 10 centimètres d’eau aux entrées et sorties de l’aéroport, sur les voies 3, 5, 6 et 7. Dès le 26, l’exploitant indiquait qu’une partie de la voie de circulation sud des avions était inondée, sans effet sur les décollages, les atterrissages ni les horaires, mais que la circulation routière autour de l’aéroport était perturbée, et il invitait les passagers à prévoir plus de temps pour s’y rendre, selon Nation Thailand. Le métro MRT ouvre gratuitement ses parcs-relais jusqu’au 2 octobre. Sur les routes, la BMA recensait le 26 septembre des dizaines de voies touchées, surtout dans l’est et le long des canaux.

Ces informations valent à leur date. Elles peuvent changer d’un jour à l’autre, en particulier pour l’accès aux aéroports et les liaisons de bus. Si vous avez un séjour prévu, l’état de votre vol se vérifie auprès de la compagnie aérienne et d’Airports of Thailand, et les recommandations officielles de votre pays de résidence restent la référence ; les démarches générales sont rassemblées dans le guide pour préparer un voyage en Thaïlande.

L’épisode dépasse la capitale. Plus de 84 000 personnes étaient touchées dans 21 provinces du pays, selon le bilan national du 26 septembre repris par l’Associated Press.

2011 et 2026 : une crue de fleuve, une crue de pluie

La comparaison avec 2011 vient spontanément à l’esprit des habitants. Elle rapproche pourtant deux phénomènes distincts, et c’est leur distinction qui éclaire le mieux l’épisode de 2026.

En 2011, l’eau est venue d’ailleurs. D’après l’évaluation rapide publiée en 2012 par la Banque mondiale avec le gouvernement thaïlandais, des pluies de mousson continues et une série de tempêtes tropicales, dont Nock-ten en juillet, ont gonflé les cours d’eau de juillet à décembre 2011. Les lâchers des barrages Bhumibol et Sirikit ont aggravé la crue du bassin du Chao Phraya, qui est descendue lentement vers le sud et a atteint Bangkok en octobre, selon la synthèse de Wikipédia consacrée aux inondations de 2011. La Banque mondiale chiffre les dommages et pertes à environ 1 430 milliards de bahts, soit 46,5 milliards de dollars, et comptait à la date de son rapport plus de 13 millions de personnes touchées et plus de 680 morts. Le bilan définitif couramment retenu, repris par la même synthèse, s’établit à 815 morts et 13,6 millions de personnes touchées, pour une crise courant du 25 juillet 2011 au 16 janvier 2012, soit 175 jours.

En 2026, l’eau tombe sur la ville elle-même. C’est une inondation pluviale urbaine : le stock se forme sur place, dans les canaux et les rues, et s’évacue par pompage en quelques jours si la pluie cesse. En 2011, la crise s’est comptée en mois. En 2026, la vidange se compte en jours. L’échelle des bilans suit cette différence, même si celui de 2026 reste provisoire : 13,6 millions de personnes touchées en 2011, plus de 84 000 dans 21 provinces au 26 septembre 2026.

Deux inondations de Bangkok comparées — 2011 : évaluation de la Banque mondiale (2012) et bilan définitif couramment retenu ; 2026 : bilans BMA, AFP et Associated Press des 26 et 27 septembre 2026, provisoires
Critère20112026
Origine de l’eauCrue du bassin du Chao Phraya (tempête Nock-ten, lâchers de barrages)Pluie tombée sur la ville (dépression et mousson du sud-ouest renforcée)
Type d’inondationFluviale, lentePluviale, urbaine
Durée175 jours (25 juillet 2011 – 16 janvier 2012)48 heures de pluie ; vidange annoncée de 2 à 3 jours si la pluie cesse
Personnes touchées13,6 millions au bilan définitif (plus de 13 millions selon la Banque mondiale)plus de 84 000 dans 21 provinces (26 septembre)
Bilan humain815 morts au bilan définitif (plus de 680 à la date du rapport de la Banque mondiale)décès rapportés par la presse thaïlandaise, non confirmés officiellement

Rien, dans les données disponibles, ne permet donc de classer l’épisode de 2026 au-dessus de celui de 2011. Ce que les deux partagent est ailleurs. Dans les deux cas, l’eau arrive sur un sol bas et affaissé, qui ne s’égoutte pas seul. Le mécanisme diffère ; la vulnérabilité est la même.

Grands axes en trois jours, quartiers en deux semaines : le calendrier de la décrue

La suite de l’épisode tient à une seule condition : que la pluie cesse, ou presque. Le TMD annonçait de fortes pluies jusqu’au dimanche 27 septembre, et le gouvernement jugeait la situation stabilisée dès l’après-midi du 26, tout en annonçant deux à trois jours de vidange. Le 27, le gouverneur a indiqué que la situation commençait à s’améliorer : la dépression s’était déplacée vers l’ouest, en direction de la Birmanie et des provinces de Kanchanaburi et Ratchaburi, et la pluie attendue sur Bangkok retombait à 10 à 20 millimètres par jour, d’après Nation Thailand le 27 septembre. Ramené à l’heure, cela fait moins d’un millimètre, contre environ 6 pendant l’épisode. Ce n’est pas zéro pour autant : chaque millimètre s’ajoute au stock que des pompes déjà à plein régime doivent vider.

Le même point distingue deux vitesses de décrue. Il faudrait deux à trois jours pour que les grands axes s’améliorent, et environ deux semaines pour que les quartiers sèchent complètement. L’écart prolonge le mécanisme du stock. Quand les pompes abaissent un canal, l’eau des secteurs voisins y afflue et prend sa place, a expliqué le gouverneur. Le volume total peut donc baisser au rythme calculé plus haut sans que chaque rue se vide au même rythme. Le 27, des secteurs du centre comme Ekkamai commençaient à sécher, tandis que les secteurs plus excentrés de Bang Kapi, On Nut et Ramkhamhaeng restaient préoccupants. Les échéances connues au 28 septembre sont les suivantes.

  • Lundi 28 septembre : jour férié administratif dans les quatre provinces ; écoles de la BMA fermées.
  • Mardi 29 septembre : second et dernier jour férié administratif décrété par le gouvernement.
  • 29-30 septembre : amélioration attendue sur les grands axes, deux à trois jours après le point du 27 selon le gouverneur.
  • Vendredi 2 octobre : fin de la gratuité des parcs-relais du métro MRT.
  • Vers le 11 octobre : horizon d’assèchement complet des quartiers, environ deux semaines après le 27 septembre selon le gouverneur ; c’est un ordre de grandeur, pas une date annoncée.

Ce calendrier ne vaut que si le ciel suit la prévision. Les points de situation de la BMA sur le niveau des canaux et l’avancement de la vidange restent le moyen le plus direct de savoir où en est la ville. Pour les habitants sinistrés, l’échéance suivante est administrative : le constat des dégâts et l’attestation du district, qui conditionnent le versement des aides.

Questions fréquentes sur les inondations de Bangkok

Bangkok est-elle entièrement sous l’eau ?

Non. La déclaration de zone sinistrée couvre les 50 districts, mais c’est un acte administratif, pas une carte des zones inondées. Selon la BMA et les dépêches des 26 et 27 septembre, l’eau se concentre dans l’est de la ville et le long des canaux, où des dizaines de routes étaient touchées le 26 septembre.

Faut-il annuler un séjour prévu à Bangkok fin septembre ?

Aucune source officielle citée ici ne tranche cette question pour un voyageur particulier. Au 27 septembre, les vols étaient opérés normalement avec des retards possibles, et une partie des bus vers l’est était suspendue. La décision se prend avec les informations de votre compagnie aérienne, d’Airports of Thailand et les recommandations officielles de votre pays de résidence, à jour au moment du départ.

Combien de temps faut-il pour évacuer l’eau ?

Le gouverneur a annoncé deux à trois jours de vidange s’il cesse de pleuvoir. Cet ordre de grandeur se retrouve en divisant les 223 millions de mètres cubes accumulés, chiffre de la BMA du 26 septembre, par le débit maximal de 1 200 mètres cubes par seconde des pompes et tunnels : environ 52 heures. Toute nouvelle pluie allonge ce délai. Le 27 septembre, le gouverneur distinguait deux vitesses : deux à trois jours pour les grands axes, environ deux semaines pour que les quartiers sèchent complètement.

Pourquoi Bangkok s’enfonce-t-elle ?

Le pompage des nappes souterraines a vidé les aquifères et laissé se tasser les argiles très compressibles du sous-sol. L’affaissement a atteint 12 centimètres par an au début des années 1980 ; il est d’environ 1 centimètre par an aujourd’hui, selon une étude publiée dans Ground Water en 2024. C’est une vulnérabilité de fond : le déclencheur de l’épisode de septembre 2026 reste la pluie.

Les aéroports de Bangkok fonctionnent-ils ?

Selon l’Associated Press le 27 septembre, les vols étaient opérés normalement, avec des retards possibles. À Don Mueang, Airports of Thailand signalait environ 10 centimètres d’eau aux entrées et sorties de l’aéroport, sur les voies 3, 5, 6 et 7. L’état de votre vol se vérifie auprès de la compagnie et d’Airports of Thailand.

Ces inondations sont-elles comparables à celles de 2011 ?

Elles relèvent d’un autre mécanisme. En 2011, l’eau venue du nord par le bassin du Chao Phraya a mis des mois à s’écouler : 175 jours de crise, plus de 800 morts à l’échelle du pays selon le bilan couramment retenu. En 2026, la pluie tombe sur la ville elle-même et s’évacue en jours. Le point commun est le sol bas.

Que change concrètement l’état de catastrophe ?

Pris au titre de la loi de 2007 sur la prévention et l’atténuation des catastrophes, il permet aux bureaux de district d’agir et de secourir plus vite. Il ouvre aussi des droits à indemnisation, plafonnés, versés après constat des dégâts et délivrance d’une attestation de sinistré par le district. Il ne ferme ni la ville ni ses aéroports.