Depuis le 1er janvier 2026, un logement chauffé à l’électricité peut afficher une meilleure étiquette énergétique qu’en 2025 sans qu’un seul radiateur ait été remplacé. En cause, un unique paramètre de calcul : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire, abaissé de 2,3 à 1,9 par l’arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août. Le nouveau DPE 2026 n’est donc pas une refonte du diagnostic de performance énergétique, mais un changement de règle arithmétique. Le ministère estimait qu’environ 850 000 logements devraient sortir des classes F ou G — une évaluation ex ante par simulation, réalisée sur le parc de résidences principales de France métropolitaine au 1er janvier 2023. Ce guide explique le mécanisme, ce que ce chiffre mesure vraiment, et répond à la question qui décide de tout : faut-il refaire son DPE ?

Ce qui a changé exactement au 1er janvier 2026

Un seul paramètre modifié, pas une refonte du DPE

L’arrêté du 13 août 2025 porte un intitulé sans ambiguïté : il modifie « le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité relatif au diagnostic de performance énergétique » (NOR ATDL2519132A). Il remplace l’annexe 3 de l’arrêté du 31 mars 2021 (habitation) et modifie celle de l’arrêté du 15 septembre 2006 (non résidentiel). Rien d’autre ne bouge : ni la méthode 3CL, ni les seuils des classes A à G, ni la visite du diagnostiqueur, ni l’opposabilité du document. Seule une constante de conversion change de valeur.

Le calendrier réel : 9 juillet, 13 août, 26 août, 1er janvier

La mesure a d’abord été annoncée par le Premier ministre le 9 juillet 2025, avant toute consultation. L’arrêté a été signé le 13 août 2025, puis publié au Journal officiel n° 0197 du 26 août 2025 ; son article 5 fixe l’entrée en vigueur au 1er janvier 2026. La règle n’est donc pas une nouveauté : elle produit ses effets depuis le début de l’année, et tout DPE établi depuis intègre le nouveau coefficient.

Attention : ne confondez pas cette réforme avec celle du 1er juillet 2024, qui avait relevé les seuils applicables aux logements de moins de 40 m². Deux textes distincts dont les effets se cumulent.

Énergie primaire, énergie finale : comprendre le coefficient

L’énergie finale, c’est celle de votre facture

L’énergie finale est celle qui entre chez vous, celle que compte votre compteur. Le ministère de la Transition écologique la définit comme l’énergie livrée au logement, « celle qui correspond à la facture d’énergie ». C’est la grandeur intuitive : celle qui détermine ce que vous payez.

L’énergie primaire, celle qu’il a fallu mobiliser dans la nature

L’énergie primaire est d’une autre nature : « l’énergie disponible dans la nature avant transformation », toujours selon le ministère. Elle mesure ce qu’il a fallu prélever en amont pour qu’un kilowattheure arrive à votre prise : production en centrale et pertes de transport comprises. Le coefficient de conversion en énergie primaire, abrégé CEP, traduit l’un dans l’autre : consommation finale multipliée par le coefficient égale consommation en énergie primaire. C’est elle, et elle seule, qui est comparée aux seuils de l’étiquette énergie.

Pourquoi le bois, le gaz et le fioul valent 1 et l’électricité non

Le facteur vaut 1 pour le bois, le gaz et le fioul : ces combustibles sont livrés tels quels et brûlés dans le bâtiment. Le kilowattheure qui entre dans la cuve est celui qui chauffe la pièce, sans centrale intermédiaire ni pertes de conversion. L’électricité est au contraire un vecteur secondaire, produit ailleurs. D’où un coefficient supérieur à 1, et une pénalité appliquée à tout logement chauffé à l’électricité, quelle que soit son isolation.

L’exemple chiffré du ministère

Un logement entièrement électrique consommant 100 kWh/m² d’énergie finale était comptabilisé 230 kWh/m² en énergie primaire ; il l’est désormais 190 kWh/m², sans qu’un kilowattheure de consommation réelle ait varié. Le rapport 1,9 ÷ 2,3 vaut 0,826, soit une baisse de 17,4 % de la part électrique en énergie primaire. Ce rapport se déduit de l’exemple chiffré du ministère, qui ne le publie pas tel quel.

Pourquoi 2,3 est devenu 1,9

2,58, puis 2,3, puis 1,9

La valeur n’en est pas à sa première révision : 2,58 à l’origine, 2,3 en 2021 lors de la refonte du DPE, 1,9 au 1er janvier 2026. Le DPE coefficient 1,9 est l’aboutissement d’une trajectoire, pas un coup isolé. Chaque baisse améliore l’étiquette énergie des logements électriques à consommation identique.

La France abandonne son coefficient national pour la valeur européenne

Le droit européen laisse à chaque État le choix entre la valeur européenne par défaut, 1,9, et un coefficient national reflétant son mix électrique. La France avait retenu la seconde option : son dernier calcul, « sur la base de la planification énergétique PPE2, donnait un coefficient de 2,3 », rappelle le ministère. Basculer sur la valeur européenne n’est donc pas un recalcul du mix français, mais un changement de référentiel.

L’argument du gouvernement

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, l’a justifié le 26 août 2025 : « Il n’est pas acceptable que les logements chauffés à l’électricité restent indûment désavantagés par rapport au gaz ou au fioul […]. La révision du calcul du DPE […] tire enfin les conséquences d’une politique énergétique qui a réussi à décarboner à 95 % notre électricité grâce au nucléaire et aux renouvelables. » Marc Ferracci, ministre chargé de l’Énergie, y ajoute un objectif industriel : « Les pompes à chaleur sont une solution très efficace pour chauffer les bâtiments. […] La mise à jour du coefficient de l’électricité permet de refléter cette priorité. » D’où l’intérêt de comprendre comment fonctionne une pompe à chaleur.

Deux étiquettes, et c’est la pire qui compte

Le DPE comporte deux étiquettes, énergie et gaz à effet de serre, et « le classement final du DPE est obtenu en prenant la pire des deux étiquettes précédentes ». Or seule l’étiquette énergie est calculée en énergie primaire : un logement au fioul, mal noté côté climat, ne gagnera rien.

Les 850 000 logements : d’où vient le chiffre et ce qu’il mesure

Ce que dit exactement la source

La seule formulation officielle complète figure dans la FAQ du ministère : « Le passage d’un coefficient d’énergie primaire de 2,3 à 1,9 aura pour conséquence la sortie d’environ 850 000 logements (sur la base des chiffres au 1er janvier 2023), principalement chauffés à l’électricité, du statut de passoire énergétique (classe F ou G du DPE) parmi les 4,8 millions de passoires que comptait le parc de résidences principales à cette date. » Trois précisions y sont attachées, presque toujours perdues dans les reprises : le périmètre (résidences principales de France métropolitaine), la base (le parc au 1er janvier 2023), l’objet (la sortie de F ou G).

Une évaluation ex ante par simulation, pas un comptage de DPE réalisés

Les 850 000 logements sont une évaluation ex ante par simulation : on applique le nouveau coefficient à un parc statistique décrit à une date donnée, et l’on compte les logements qui franchissent le seuil. Aucun diagnostiqueur n’a établi ces DPE, aucun relevé n’a constaté ces reclassements. Ces logements devraient sortir du statut de passoire thermique ; ils n’en sont pas « sortis » : au 13 août 2026, la publication décrivant le parc au 1er janvier 2026 n’était pas parue.

Le service statistique a refait le calcul : environ 700 000 sorties sur le parc 2025

C’est l’information que personne n’a reprise. Le SDES, service statistique du ministère, et l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) ont rejoué la simulation sur le parc au 1er janvier 2025, dans une publication du 12 novembre 2025 : les passoires en résidences principales y passent de 3 915 000 (12,7 %) à 3 221 000 (10,4 %), soit environ 694 000 logements en moins et un recul de 2,2 points. Une note de bas de page explique l’écart : « Il est à noter que l’évaluation ex-ante de la réforme avait été estimée sur la base du parc au 1er janvier 2023, ce qui conduisait à environ 850 000 passoires en moins. »

Pourquoi les deux chiffres sont justes tous les deux

Ni contradiction ni démenti : c’est le même effet mesuré sur deux états successifs du parc, et l’assiette a rétréci entre-temps. Les passoires en résidences principales sont passées de 4 751 000 au 1er janvier 2023 à 4 242 000 en 2024, puis 3 915 000 en 2025, notamment sous l’effet de la réforme des petites surfaces. Moins de passoires au départ, donc moins de sorties : le chiffre de communication n’a jamais été réactualisé, celui du service statistique l’a été.

Bon à savoir : le SDES avertit que « l’interprétation de l’évolution à la baisse du nombre de passoires énergétiques reste délicate. Elle peut refléter une amélioration réelle de la performance énergétique du parc […] mais aussi d’éventuels effets de comportement tant des diagnostiqueurs que des propriétaires. » Ces estimations reposent sur des DPE extrapolés.

Qui gagne une classe, qui ne bouge pas : la carte des passoires thermiques en 2026

Les logements tout-électriques, grands gagnants

Le DPE chauffage électrique concentre l’essentiel de l’effet. Dans la simulation du SDES sur le parc au 1er janvier 2025, les résidences principales chauffées à l’électricité comptent 1 282 000 passoires (10,6 % du segment) ; à 1,9, elles seraient 700 000 (5,8 %), soit environ 582 000 des quelque 694 000 sorties simulées. Sont concernés les convecteurs à effet Joule comme les équipements plus performants, pompe à chaleur ou chauffe-eau thermodynamique.

Fioul et gaz, quasi inchangés — et pourquoi

À l’autre bout, le fioul passerait de 1 098 000 à 1 083 000 passoires, le gaz de 993 000 à 950 000 : un frémissement. Leur facteur vaut déjà 1, rien ne change en énergie primaire, et leur classement final reste tiré vers le bas par l’étiquette gaz à effet de serre, que l’arrêté ne touche pas.

Les petites surfaces, doublement servies

Les logements de moins de 30 m² passeraient de 337 000 passoires (19,9 %) à 233 000 (13,8 %) : ils cumulent les seuils accordés aux surfaces de moins de 40 m² depuis juillet 2024 et le nouveau coefficient.

Une classe, rarement deux, parfois zéro — et jamais de baisse

Le ministère est formel : « Aucun logement ne verra son étiquette baisser. » L’amélioration n’est pas systématique pour autant : l’étiquette énergie peut progresser « d’une classe voire dans de rares cas (petits logements) de deux classes », le gain de deux classes restant l’exception. Surtout, « ce n’est pas parce que l’étiquette énergie s’améliore que l’étiquette globale s’améliorera (l’étiquette gaz à effet de serre n’évoluant pas) ».

Passoires énergétiques en résidences principales, avant et après le nouveau coefficient (simulation SDES, parc au 1er janvier 2025)
Énergie de chauffage À CEP 2,3 À CEP 1,9 Taux après
Électricité1 282 000700 0005,8 %
Gaz993 000950 0008,7 %
Fioul1 098 0001 083 00041,3 %
Bois et autres543 000488 000n. d.
Ensemble3 915 0003 221 00010,4 %

Il y a une petite maison sur un radiateur avec un foulard dessus.

Faut-il refaire son DPE ? Non — et voici pourquoi

Un DPE établi avant le 1er janvier 2026 reste valable jusqu’à son terme

C’est la question la plus posée, et la réponse est non. Un diagnostic de performance énergétique vaut dix ans, et le changement de coefficient n’y touche pas. Le ministère l’a écrit dès le 26 août 2025 : « Tous les DPE édités en 2025 et avant resteront valables et pourront le cas échéant être mis à jour gratuitement et facilement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site internet de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe. » Payer un nouveau diagnostic est donc inutile.

L’article 3 de l’arrêté : une attestation générée par l’ADEME, sans nouvelle visite

Le dispositif est dans le texte. L’article 3 réserve l’attestation aux diagnostics en cours de validité et prévoit qu’elle est générée sous forme dématérialisée, exclusivement par l’ADEME, sur le site de l’Observatoire DPE-Audit, où elle est téléchargeable par toute personne. Le texte précise qu’elle se borne à tirer les conséquences du changement de coefficient et ne remet en cause ni les travaux ni les données d’entrée du diagnostic d’origine : le rapport n’est pas refait, il est recalculé. Elle remplace l’étiquette initiale, et sa propre validité prend fin à la date de fin de validité du DPE dont elle est issue. Le même article précise qu’« en l’absence d’attestation, le diagnostic de performance énergétique produit initialement reste valable ».

La procédure : le numéro ADEME, puis l’Observatoire DPE-Audit

La marche à suivre, telle que la décrit le ministère, tient en trois gestes. Repérez le numéro ADEME, « qui se trouve en haut à droite du rapport » ; saisissez-le sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME ; téléchargez l’attestation, disponible depuis le 1er janvier 2026. Cette attestation DPE ADEME matérialise la nouvelle étiquette et se joint au dossier de location ou de vente, à côté du DPE d’origine.

Ce que l’attestation vaut, et ce qu’elle ne fait pas

Elle remplace l’étiquette, pas le diagnostic : le rapport initial reste le document de référence, recommandations de travaux comprises. Elle intègre les seuils des logements de moins de 40 m² issus de la réforme du 1er juillet 2024, ce qui évite deux démarches, mais ne crée aucun droit nouveau.

Les audits énergétiques suivent le même régime

L’article 4 organise un dispositif équivalent pour les audits énergétiques en cours de validité, en recalculant les classements avant et après travaux. Le ministère précise qu’une telle attestation pourra être utilisée notamment dans les dossiers MaPrimeRénov’ déposés à compter du 1er janvier 2026.

Bon à savoir : la démarche est facultative. L’article 3 le dit expressément : sans attestation, le DPE produit initialement reste valable, et son absence ne fragilise en rien un diagnostic en cours de validité.

Attention : l’attestation est gratuite ; aucun professionnel n’a à être payé pour l’obtenir. Vérifiez aussi l’éligibilité : seuls les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont concernés. Ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025 et ne peuvent donc être mis à jour.

Ce que ça change pour louer, vendre et demander une aide

Interdictions de location : G depuis 2025, F en 2028, E en 2034

Le calendrier de la décence énergétique, issu de la loi Climat et résilience et de la loi du 6 juillet 1989, n’a pas été modifié. En France métropolitaine, l’interdiction de location classe G s’applique depuis le 1er janvier 2025, le minimum exigé étant la classe F. Suivront les logements F au 1er janvier 2028, puis les E au 1er janvier 2034.

Un G devenu F reste une passoire — et le gel des loyers continue

C’est l’angle mort de la plupart des articles sur le sujet. Un logement qui passe de G à F sort de l’interdiction en vigueur, mais demeure une passoire : il redeviendra interdit au 1er janvier 2028. Il reste par ailleurs soumis au gel des loyers applicable aux classes F et G depuis le 24 août 2022. C’est l’étiquette en vigueur qui fait foi : avant toute mise en location, vérifiez votre situation sur service-public.gouv.fr et faites-la confirmer par un professionnel.

Aides : c’est le demandeur qui choisit le document qu’il dépose

Le ministère indique que « le demandeur sera responsable de choisir le document qu’il dépose (calculé avec l’ancien ou le nouveau coefficient, ou avec attestation) », DPE et audits antérieurs restant valides comme justificatifs. Les barèmes évoluent indépendamment de cette réforme : voir notre point sur les aides à la rénovation en 2026 et, pour les barèmes en vigueur, le service public France Rénov’.

Une étiquette qui progresse ne réduit toutefois pas la facture de chauffage : seuls les travaux sur l’enveloppe et les équipements agissent sur la consommation réelle — voir nos repères pour améliorer l’efficacité énergétique de son logement.

Un DPE plus juste ou une étiquette plus flatteuse ?

La consultation publique a majoritairement dit non

Soumis à consultation publique du 15 juillet au 5 août 2025, le projet a recueilli 478 contributions, dont 6 doublons : 223 défavorables, 98 favorables, 157 sur la méthode ou les impacts. Le texte a été signé malgré les avis défavorables du Conseil supérieur de l’énergie et du Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique.

L’objection du collectif : l’étiquette s’améliore, la facture non

Dans une lettre ouverte au Premier ministre publiée le 16 juillet 2025 par l’Institut national de la consommation, un collectif de quinze organisations — dont UFC-Que Choisir, négaWatt et France Nature Environnement — estime qu’environ 1,2 million de passoires chauffées par des convecteurs électriques sortiraient de F et G sans travaux, alors que « les factures ne vont faire qu’augmenter » et que « ce sont souvent les plus précaires qui vivent dans ces logements ». Ce chiffre ne contredit pas les précédents : son périmètre diffère, les seuls convecteurs à effet Joule. Le collectif chiffre par ailleurs à 1,7 million les pompes à chaleur qui, selon lui, ne seront pas installées d’ici 2030 du fait de la réforme.

La réponse du gouvernement

« En réformant ce paramètre clé, le Gouvernement envoie un signal fort en faveur d’un DPE plus juste et plus cohérent avec nos objectifs énergétiques et de logements plus accessibles et durables pour tous », déclarait François Bayrou le 9 juillet 2025. Les deux lectures retiennent des critères différents : la fidélité au mix électrique, ou la facture payée. La documentation publique reste inégale entre les deux camps, et cela se voit dans cet article. Du côté du gouvernement, trois responsables se sont exprimés dans des communiqués officiels, cités ici en leur nom propre. Du côté des opposants, une seule prise de parole était vérifiable à la source, la lettre ouverte du collectif de quinze organisations. D’autres critiques circulent dans la presse spécialisée, mais nous ne les avons pas retenues, faute d’avoir pu les retrouver auprès de leurs auteurs.

Récapitulatif : les cinq points à retenir

  • Un seul paramètre a changé : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire, de 2,3 à 1,9, depuis le 1er janvier 2026.
  • Seuls les logements électriques en profitent : le facteur vaut déjà 1 pour le gaz, le fioul et le bois, dont le classement dépend de l’étiquette climat.
  • Les 850 000 logements sont une simulation ex ante, portant sur la sortie des classes F ou G dans le parc de résidences principales de France métropolitaine au 1er janvier 2023 ; recalculée sur le parc 2025, elle donne environ 700 000 sorties.
  • Il ne faut pas refaire son DPE : une attestation gratuite de l’ADEME, sans nouvelle visite, suffit — et son absence ne rend pas le diagnostic caduc.
  • Un G devenu F reste une passoire, soumise au gel des loyers et interdite à la location au 1er janvier 2028.

FAQ — nouveau DPE 2026 et passoires thermiques

Qu’est-ce que le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité ?

C’est le facteur qui traduit l’énergie livrée chez vous, dite finale, en énergie mobilisée dans la nature, dite primaire, en tenant compte de la production en centrale et du transport. Il vaut 1 pour le bois, le gaz et le fioul, 1,9 pour l’électricité depuis le 1er janvier 2026.

Pourquoi le coefficient du DPE est-il passé de 2,3 à 1,9 en 2026 ?

Le droit européen laisse le choix entre un coefficient national et la valeur par défaut de l’Union, 1,9. La France appliquait 2,3, issu de la planification énergétique PPE2 ; l’arrêté du 13 août 2025 lui fait adopter la valeur européenne, l’électricité décarbonée étant jugée désavantagée face au gaz et au fioul.

Mon logement peut-il changer de classe DPE sans travaux ?

Oui, si son chauffage est électrique. À consommation identique, la part électrique comptée en énergie primaire baisse de 17,4 %, ce qui peut faire franchir un seuil. Le gain est d’une classe, rarement de deux, parfois nul : l’étiquette climat n’évolue pas, et c’est la pire des deux qui compte.

Faut-il refaire son DPE après le 1er janvier 2026 ?

Non. Un DPE vaut dix ans et le changement de coefficient n’y touche pas. L’article 3 de l’arrêté du 13 août 2025 prévoit une attestation générée par l’ADEME, qui ne rouvre pas les données d’entrée du diagnostic. Le ministère la dit gratuite et sans nouvelle visite du diagnostiqueur. Sans attestation, précise-t-il, le diagnostic produit initialement reste valable.

Comment obtenir gratuitement l’attestation de nouvelle étiquette DPE ?

Repérez le numéro ADEME de votre DPE, en haut à droite du rapport, saisissez-le sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, puis téléchargez l’attestation, disponible depuis le 1er janvier 2026. La démarche est gratuite. Seuls les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont éligibles.

Un logement classé G qui passe en F peut-il de nouveau être loué ?

C’est l’étiquette en vigueur qui fait foi : en France métropolitaine, la classe G est interdite à la location depuis le 1er janvier 2025, la classe F ne l’est pas encore. Mais le logement reste une passoire, soumis au gel des loyers et interdit au 1er janvier 2028. Vérifiez votre cas sur service-public.gouv.fr.

Combien de logements sortent réellement du statut de passoire thermique ?

Aucun relevé ne l’a constaté : il n’existe que des évaluations ex ante par simulation. Le ministère annonçait environ 850 000 logements sortant des classes F ou G, sur le parc de résidences principales de France métropolitaine au 1er janvier 2023 ; le SDES, rejouant le calcul sur le parc au 1er janvier 2025, obtient environ 694 000 sorties. Les deux chiffres sont justes sur leur base.

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Textes de référence : l’arrêté du 13 août 2025, la FAQ du ministère et l’étude du SDES sur le parc de logements au 1er janvier 2025.