Le 28 septembre 2026 à 13 h 45, heure de Paris, la sonde Juice de l’Agence spatiale européenne est passée au plus près de la Terre, à 8 640 km au-dessus de l’océan Indien. Elle en est repartie déviée de 20° et plus rapide de 3,5 km/s, selon le communiqué publié par l’ESA le jour même, sans allumer son moteur principal pour cela. Ce gain ne se comprend que par rapport au Soleil : il est prélevé sur le mouvement de la Terre, et vue depuis la Terre, la sonde est repartie exactement aussi vite qu’elle était arrivée. Depuis, Juice poursuit sa route vers Jupiter, qu’elle doit atteindre en juillet 2031, après n’avoir consommé qu’une petite part des ergols réservés à ce passage.

Au lendemain du survol, une sonde toujours sous surveillance rapprochée

Juice n’est pas encore rendue à une croisière tranquille. Depuis le 17 août 2026 et jusqu’au 10 octobre, les équipes de l’ESA la suivent de manière renforcée : environ huit semaines de veille resserrée autour d’un passage qui n’a duré que quelques heures. Ses dix instruments scientifiques, allumés le 23 septembre, sont programmés jusqu’au 3 octobre pour mesurer la Terre et la Lune. Pendant plusieurs jours, la sonde a traversé la queue magnétique terrestre, la partie du champ magnétique de la Terre qui s’étire du côté opposé au Soleil. Ses caméras de navigation, les NavCam, ont photographié la Terre, Madagascar et la Lune pendant le passage.

Le verbe « frôler » ne vaut qu’avec son chiffre. 8 640 km, c’est environ deux tiers du diamètre de la Terre, selon l’ordre de grandeur que donne Ciel & Espace le 29 septembre. C’est très au-dessus des couches denses de l’atmosphère : aucun frottement d’air n’a freiné la sonde, et c’est la gravité terrestre, à cette distance, qui a nettement courbé sa route.

Pourquoi tant de vigilance autour d’une manœuvre qui ne consomme presque rien ? Parce que l’économie n’existe qu’à une condition : passer au bon endroit, à la bonne heure. Une erreur de visée à l’approche se paie après le virage, en carburant. Le suivi renforcé est le prix de la précision.

La Terre vue depuis la sonde Juice, avec Madagascar visible sur le disque
La Terre et Madagascar photographiées par les caméras de navigation de Juice lors du survol du 28 septembre 2026 (ESA).

Six tonnes, dix instruments et quatre passages planétaires

Juice a quitté Kourou le 14 avril 2023, sous la coiffe d’une Ariane 5, pour une croisière d’environ huit ans. Au décollage, la sonde pesait environ 6 000 kg, ergols compris ; à sec, sa masse est d’environ 2 400 kg, d’après la fiche technique de l’ESA. La différence, de l’ordre de 3 600 kg, donne une idée de ce qu’elle emportait en carburant. C’est un calcul fait à partir des deux masses publiées, pas un chiffre de l’agence. Il suffit pourtant à fixer l’échelle : environ trois cinquièmes de la masse au lancement étaient des ergols.

Deux autres caractéristiques pèsent sur la suite. Ses panneaux solaires couvrent environ 85 m² : Juice vit de la lumière du Soleil, ce qui compte chaque fois qu’elle en est privée. Et ses dix instruments constituent la raison d’être du voyage, que tout le reste sert à amener à destination.

La route, décrite sur la page de la mission, tient en quatre assistances gravitationnelles : un double survol de la Lune et de la Terre en août 2024, Vénus en août 2025, la Terre en septembre 2026, la Terre à nouveau en janvier 2029. Avec quelque 3 600 kg d’ergols, Juice ne peut pas acheter sa vitesse au moteur. Elle l’emprunte aux planètes.

Soixante tonnes d’ergols : le prix d’une ligne droite vers Jupiter

Jupiter se trouve en moyenne à 800 millions de km de la Terre. En 2024, l’ESA a chiffré ce qu’aurait coûté la route directe : faute de lanceur géant, il aurait fallu embarquer 60 000 kg d’ergols, plus une grande quantité supplémentaire pour freiner et se mettre en orbite à l’arrivée. Rapporté aux quelque 6 000 kg de Juice au lancement, cela représente dix fois la masse de la sonde entière, carburant compris. Le rapport est un calcul, mais il dit l’essentiel.

Deux dépenses s’additionnent dans ce devis. La première sert à s’éloigner du Soleil : rejoindre l’orbite de Jupiter, c’est remonter l’attraction solaire sur des centaines de millions de kilomètres. La seconde intervient à destination. Une sonde lancée droit sur Jupiter y arrive trop vite pour être capturée ; sans freinage, elle file au-delà. Il faut donc payer pour partir, puis payer encore pour s’arrêter.

La route directe serait plus rapide. Elle est hors de portée. L’ESA présente les assistances gravitationnelles comme le moyen de gagner de la vitesse et d’ajuster la trajectoire à un coût en carburant presque nul, en échange de huit ans de croisière. À cette échelle, les survols planétaires ne sont pas une optimisation du trajet. Ils sont la condition d’existence de la mission.

Un virage de 20° qui vaut 3,5 km/s

Le CNES définit l’assistance gravitationnelle comme l’usage de la gravité d’une planète pour accélérer, ralentir ou dévier une sonde sans consommer de carburant. La définition est juste, mais ses trois verbes ne désignent pas trois manœuvres distinctes. Vue depuis la planète, il n’y a jamais qu’une déviation : la sonde n’accélère pas. Accélérer ou ralentir, c’est ce que devient cette déviation une fois rapportée au Soleil.

Il faut séparer deux vitesses. La première se mesure par rapport à la Terre. En approchant, Juice tombe dans le champ de gravité terrestre et prend de la vitesse ; en s’éloignant, elle remonte ce même champ et en reperd autant. Le bilan est nul. Le manuel de navigation spatiale de la NASA le formule sans détour : la vitesse de la sonde par rapport à la planète est la même à l’entrée et à la sortie, seule sa direction change. Pour Juice, le 28 septembre, cette direction a tourné de 20°.

La seconde vitesse se mesure par rapport au Soleil, et c’est elle qui décide si l’on atteint Jupiter. Or la Terre n’est pas immobile : elle parcourt son orbite. La vitesse de Juice par rapport au Soleil combine deux mouvements, celui de la sonde par rapport à la Terre et celui de la Terre autour du Soleil. Faire tourner le premier sans changer sa longueur suffit à changer la longueur du total. Quand la vitesse de sortie, réorientée, s’aligne davantage sur le déplacement de la Terre, les deux mouvements s’additionnent mieux qu’à l’entrée. La différence vaut ici 3,5 km/s.

Le communiqué de l’ESA du 28 septembre écrit que le survol a augmenté la vitesse de la sonde de 3,5 km/s, sans préciser le repère. Le mécanisme écarte au moins un repère : par rapport à la Terre, le gain est nul. La lecture cohérente est celle du Soleil, repère dans lequel l’agence avait explicitement donné les variations du premier survol, en 2024.

Le chiffre mérite son échelle. 3,5 km/s, c’est environ 12 600 km/h ajoutés en quelques heures de passage, sans allumer le moteur principal. La mécanique est celle qui gouverne tout objet livré à la seule gravité de la Terre et de la Lune, comme on le voit avec les trajectoires des étages de fusée après leur lancement.

L’énergie prise au mouvement de la Terre

Un gain de vitesse sans moteur ressemble à de l’énergie tirée de rien. Elle vient pourtant de quelque part : du mouvement orbital de la Terre. Quand Juice gagne de la vitesse par rapport au Soleil, la Terre en perd et ralentit sur son orbite. Le manuel de la NASA précise que cette perte est trop faible pour être mesurée. L’écart de masse suffit à l’expliquer : d’un côté une planète, de l’autre une sonde de quelques tonnes, environ 6 000 kg au lancement et moins aujourd’hui. Le même échange d’énergie est décisif pour la sonde et imperceptible pour la planète. Pour qui vit sur Terre, il ne change donc rien d’observable, pas même la durée de l’année.

Le mot « gratuit » appelle la même prudence. Le passage lui-même ne brûle pas de carburant, mais l’atteindre au bon point en exige : une petite correction de trajectoire a été faite dans les semaines précédentes, et une petite part des ergols réservés au survol a été consommée. L’ESA qualifie d’ailleurs le gain de presque entièrement gratuit. Le « presque » est exact.

Freiner d’abord : le détour par Vénus

Pour une sonde à destination de Jupiter, le premier geste a consisté à ralentir. En août 2024, Juice a réalisé le premier double survol Lune-Terre jamais tenté, selon le bilan publié par l’ESA le 21 août 2024 : la Lune le 19 août à 23 h 15, puis la Terre le 20 août à 23 h 56, heure de Paris, à 6 840 km d’altitude. La Lune lui a ajouté 0,9 km/s ; la Terre lui en a retiré 4,8, dans les deux cas par rapport au Soleil. Sa trajectoire a tourné de 100°.

Le mécanisme est celui du 28 septembre, avec le signe inverse. Tout dépend du côté par lequel la sonde passe. Passer devant une planète sur son orbite freine la sonde ; passer derrière l’accélère. En 2024, la Terre a réduit l’énergie de Juice pour la faire tomber vers le Soleil, jusqu’à Vénus.

Aller vers le Soleil pour rejoindre Jupiter n’a rien d’un contresens. La route est une chaîne de rencontres, où la perte d’énergie de 2024 a servi à placer la sonde sur le chemin de Vénus. Vénus, le 31 août 2025 à 7 h 28, puis la Terre, en septembre 2026, lui ont ensuite rendu de l’énergie. Ralentir d’abord faisait partie du plan.

L’ESA indiquait alors que le double survol de 2024 faisait économiser environ 100 à 150 kg de carburant à la mission. Ce chiffre vaut pour 2024. Il ne se transpose pas au passage du 28 septembre 2026, pour lequel aucune économie chiffrée n’a été publiée.

une navette spatiale est montrée avec une station spatiale en arrière-plan

Viser juste à 8 640 km, la condition de l’économie

L’altitude d’un survol n’est pas un record à battre. C’est un réglage. Plus la sonde passe bas, plus la gravité de la planète courbe sa trajectoire : le point de passage fixe l’ampleur du virage, et avec lui ce que la manœuvre rapporte. En 2024, Juice était passée à 6 840 km ; le 28 septembre, le point de passage était fixé plus haut, à 8 640 km, pour une déviation de 20°.

Ce réglage rend la visée critique. Un point de passage légèrement décalé à l’approche se traduit, après le virage, par un écart de route bien plus grand, qu’il faudrait ensuite rattraper en brûlant des ergols. L’erreur ne s’additionne pas : le virage l’amplifie. C’est pour la contenir que les opérateurs avaient prévu six créneaux de correction de trajectoire dans les quatre semaines précédant le survol, et que le suivi renforcé couvre huit semaines. Selon le communiqué du 28 septembre, un seul créneau a servi, pour une petite correction. Cinq sont restés inemployés.

Angela Dietz, responsable des opérations de Juice à l’ESA, en tire la conséquence pour la suite de la mission : « Le survol a exigé une navigation ultra-précise en temps réel. Grâce à une planification très minutieuse, nous n’avons utilisé qu’une petite quantité des ergols réservés à ce survol. Cela nous en laisse davantage à Jupiter pour observer les lunes glacées de la planète. »

Cette phrase est la seule attestation disponible de l’économie réalisée, et elle est qualitative. L’ESA ne publie ni masse ni pourcentage : on sait qu’une correction sur six a été nécessaire, pas combien de kilogrammes d’ergols cela représente, ni ce qui reste dans les réservoirs. Le gain existe ; sa taille n’est pas connue. La précision de navigation comme ressource n’est d’ailleurs pas propre à Juice : elle est aussi le cœur du résultat de la mission Proba-3 de l’ESA.

La Terre transformée en banc d’étalonnage

Un survol de la Terre sert aussi à vérifier que les instruments mesurent juste. Du 23 septembre au 3 octobre, les dix instruments de Juice sont allumés et tournés vers la Terre et la Lune. L’intérêt tient à une asymétrie. Ici, les réponses sont connues d’avance. Le champ magnétique terrestre, la Lune, les paysages de la Terre sont des cibles déjà décrites : une mesure de Juice qui s’en écarte signale un défaut de l’instrument, pas une découverte. Autour de Jupiter, il n’y aura pas de référence extérieure de ce genre.

Selon la scientifique du projet à l’ESA, citée dans le communiqué du 28 septembre, la croisière offre peu d’occasions d’étalonner les instruments dans des conditions bien connues. Le double survol de 2024 en a été une, l’observation de la comète 3I/ATLAS en 2025 une autre. Le passage de 2026 s’ajoute à une courte liste.

La traversée de la queue magnétique ajoute un point de comparaison. Pendant que Juice la parcourait, plusieurs jours durant, la mission sino-européenne Smile observait les aurores boréales. Deux engins, deux points de vue sur le même environnement magnétique au même moment : les mesures de Juice ne sont plus seules à décrire ce qu’elle a traversé.

Les caméras de navigation ont eu leur propre exercice. Outre leurs images de la Terre, de Madagascar et de la Lune, l’avant-première publiée par l’ESA le 21 septembre annonçait un test de navigation optique sur le limbe de la Lune, c’est-à-dire son bord apparent : se repérer en visant le contour d’un astre.

Huit heures sur batterie et une panne de minuteur

Le survol imposait aussi une contrainte d’énergie. L’ESA prévoyait que Juice passe dans l’ombre de la Terre de 21 h 24 le 27 septembre à 6 h 03 le 28, heure de Paris, en ne comptant que sur sa batterie. D’après ces horaires annoncés, cela fait environ 8 h 39 sans lumière solaire. Pour une sonde qui tire son énergie de 85 m² de panneaux solaires, c’est une nuit complète en autonomie.

Vue d'artiste de la sonde Juice, panneaux solaires déployés
Vue d’artiste de Juice : ses panneaux solaires, d’environ 85 m² selon l’ESA, sont sa seule source d’énergie hors des passages dans l’ombre.

Une croisière de huit ans use aussi par le logiciel. Le 16 juillet 2025, environ six semaines avant le survol de Vénus, Juice a cessé de communiquer pendant une vingtaine d’heures, selon le compte rendu de l’ESA du 25 août 2025. En cause, un minuteur de l’amplificateur qui repart de zéro tous les 16 mois. Les équipes ont rétabli le contact en envoyant des commandes à l’aveugle, à 200 millions de km. Le survol de Vénus du 31 août 2025 n’a pas été affecté. La marge de calendrier a absorbé la panne. Sur une telle durée, la fiabilité des opérations est une contrainte du même ordre que la réserve de carburant.

Janvier 2029, dernier rendez-vous terrestre avant Jupiter

Le succès du 28 septembre ne place pas encore Juice sur sa trajectoire d’arrivée à Jupiter. Il la conduit vers un dernier rendez-vous avec la Terre, en janvier 2029. C’est ce troisième survol de la planète, quatrième et dernière assistance gravitationnelle, qui doit placer la sonde sur la trajectoire d’interception de Jupiter pour une arrivée en juillet 2031. La date d’arrivée reste donc suspendue à ce passage. Le jalon de 2026 est une étape.

L’enjeu du prochain survol est le même que celui du dernier. Chaque kilogramme d’ergol non dépensé en croisière reste disponible à Jupiter, où il faudra freiner pour se mettre en orbite en 2031, enchaîner 35 survols de lunes, puis changer d’orbite vers Ganymède en 2034. La réserve de carburant borne la durée et l’ambition de la phase scientifique.

Les quatre assistances gravitationnelles de Juice — sources : ESA (bilan du 21 août 2024, compte rendu du 25 août 2025, communiqués des 21 et 28 septembre 2026, page de la mission consultée le 30 septembre 2026)
DateCorps survoléAltitude au plus prèsEffet publié
19 et 20 août 2024Lune puis Terre (premier survol de la Terre)Terre : 6 840 kmLune : +0,9 km/s ; Terre : −4,8 km/s, par rapport au Soleil ; virage de 100°
31 août 2025Vénus—Point le plus proche à 7 h 28, heure de Paris ; énergie rendue à la sonde, renvoyée vers la Terre
28 septembre 2026Terre (deuxième survol)8 640 kmDéviation de 20° ; +3,5 km/s, repère non précisé par l’ESA, gain par rapport au Soleil selon le mécanisme
Janvier 2029Terre (troisième survol)À venirMise sur la trajectoire d’interception de Jupiter, arrivée prévue en juillet 2031

Ganymède en ligne de mire, Europe partagée avec Europa Clipper

À partir de juillet 2031, Juice doit enchaîner 35 survols des trois grandes lunes glacées de Jupiter, planète géante gazeuse : Ganymède, Europe et Callisto. Elle se placera ensuite en orbite autour de Ganymède, en 2034. D’après l’ESA, elle deviendra alors le premier engin en orbite autour d’une lune du système solaire externe. L’agence décrit ces cibles comme des lunes porteuses d’océans, dont elle étudie l’habitabilité potentielle. L’objectif affiché porte sur ces conditions, pas sur la détection d’une vie.

Ce choix a son revers. La lune Europe ne sera survolée par Juice qu’au début des années 2030, sans que la mission lui soit consacrée. Le relais vient de la NASA. Europa Clipper, lancée le 14 octobre 2024, doit arriver dans le système jovien avant Juice et survoler Europe une cinquantaine de fois. Les deux missions se complètent plus qu’elles ne se recouvrent : l’une s’installe au long cours autour de Ganymède, l’autre étudie Europe par passages répétés.

Le carburant reste la limite commune à toute cette phase jovienne. Les ergols épargnés le 28 septembre y seront consacrés, mais leur quantité n’est pas publiée : rien ne permet aujourd’hui de les convertir en survols ou en mois d’orbite supplémentaires.

Questions fréquentes sur le survol de la Terre par Juice

Qu’est-ce qu’une assistance gravitationnelle ?

C’est l’usage de la gravité d’une planète pour accélérer, ralentir ou dévier une sonde sans brûler de carburant pendant le passage. Par rapport à la planète, la sonde repart à la même vitesse qu’à l’arrivée, seule sa direction change. Comme la planète se déplace autour du Soleil, ce changement de direction modifie la vitesse de la sonde par rapport au Soleil : le 28 septembre 2026, Juice a été déviée de 20° et a gagné 3,5 km/s, un gain que l’ESA annonce sans préciser le repère et qui, d’après le mécanisme, se lit par rapport au Soleil.

La Terre ralentit-elle quand une sonde lui prend de la vitesse ?

Oui. L’énergie gagnée par la sonde est prélevée sur le mouvement orbital de la Terre, qui ralentit en contrepartie. Mais l’écart de masse entre une planète et une sonde de quelques tonnes rend cette perte trop faible pour être mesurée, selon le manuel de navigation spatiale de la NASA.

Pourquoi Juice ne va-t-elle pas directement vers Jupiter ?

Parce que la route directe coûterait trop cher en carburant. L’ESA l’a chiffrée en 2024 à 60 000 kg d’ergols, soit dix fois la masse de Juice au lancement (environ 6 000 kg), sans compter le carburant nécessaire pour freiner à l’arrivée. Les quatre assistances gravitationnelles remplacent cette dépense par huit ans de croisière.

Combien de carburant le survol du 28 septembre 2026 a-t-il économisé ?

Le chiffre n’est pas publié. L’ESA indique seulement qu’une seule petite correction de trajectoire a été nécessaire, sur six créneaux prévus, et qu’une petite quantité des ergols réservés au survol a été consommée. Le passage n’a donc pas été totalement gratuit. Les 100 à 150 kg annoncés pour le double survol de 2024 ne s’appliquent pas à celui de 2026.

Pourquoi Juice est-elle passée par Vénus ?

En août 2024, le survol de la Terre était conçu pour freiner Juice : il lui a retiré 4,8 km/s par rapport au Soleil, pour la faire tomber vers Vénus. Le survol de Vénus, le 31 août 2025, puis celui de la Terre en septembre 2026 lui ont ensuite rendu de l’énergie. Ralentir d’abord faisait partie de la route prévue.

Quand Juice arrivera-t-elle à Jupiter ?

L’arrivée est prévue en juillet 2031, à condition que le dernier survol de la Terre, en janvier 2029, place la sonde sur la trajectoire d’interception de Jupiter. Juice doit ensuite effectuer 35 survols des lunes Ganymède, Europe et Callisto, puis se mettre en orbite autour de Ganymède en 2034.

Juice et Europa Clipper font-elles doublon ?

Non. Europa Clipper, sonde de la NASA lancée le 14 octobre 2024, doit arriver avant Juice et survoler la lune Europe une cinquantaine de fois. Juice, elle, vise d’abord Ganymède : en s’y plaçant en orbite, elle deviendra le premier engin en orbite autour d’une lune du système solaire externe. Les deux missions se complètent.