L’ISS doit être exploitée jusqu’en 2030, et l’Europe n’a pas encore choisi comment ses astronautes et ses chercheurs resteront en orbite basse ensuite. Le 29 septembre 2026, l’ESA a annoncé avoir confié à deux consortiums industriels, menés par Airbus Defence and Space et OHB, l’étude d’un avant-poste orbital mené par l’Europe. Ce sont des études de Pre-Phase A, le stade le plus amont du cycle d’un projet spatial : aucune station n’est commandée, aucune construction n’est décidée. Les États membres de l’ESA recevront des options à Rome le 15 décembre 2026, avant même la fin de ces travaux.

2030, l’échéance qui oblige l’Europe à se positionner

La Station spatiale internationale est occupée en permanence depuis plus de 25 ans, rappelle l’ESA dans sa page consacrée à l’avenir européen en orbite basse, publiée le 30 septembre 2026. Cette continuité a une date de fin. Selon le communiqué de la NASA du 26 juin 2024, les États-Unis, le Japon, le Canada et les pays de l’ESA participants se sont engagés à exploiter la station jusqu’en 2030. La Russie s’est engagée au moins jusqu’en 2028 : la formule fixe un plancher, pas une date de départ. La même annonce désignait SpaceX pour le véhicule chargé de faire rentrer la station dans l’atmosphère de façon contrôlée.

Deux dates se confondent facilement, et il faut les séparer. La fin d’exploitation, c’est 2030 : le moment où les partenaires cessent d’y conduire leurs programmes. La désorbitation est l’opération qui suit, attendue au début des années 2030. Les sources ne s’accordent pas sur une année précise pour cette rentrée, et aucune ne peut être retenue avec certitude.

Pour l’Europe, la question de court terme est réglée. Au Conseil ministériel CM25, réuni à Brême les 26 et 27 novembre 2025, les 23 États membres de l’ESA ont souscrit 22,3 milliards d’euros, les plus fortes contributions de l’histoire de l’agence. Ils ont aussi décidé des actions garantissant l’accès des astronautes européens à l’ISS jusqu’à sa fin d’exploitation prévue en 2030. Au-delà, rien n’est acquis.

La contrainte tient au rythme d’un projet spatial. Un programme de l’ESA traverse plusieurs phases d’étude avant d’être adopté, puis plusieurs autres avant de voler. Avec une ISS arrêtée en 2030, chaque année passée à hésiter se retranche du temps disponible pour concevoir une suite : d’où l’urgence de cadrer les options dès 2026. D’ici là, la station demeure en service, et observer l’ISS depuis le sol reste possible.

Deux contrats d’étude, deux consortiums menés depuis l’Allemagne

Selon le communiqué de l’ESA du 29 septembre 2026, l’agence a attribué deux contrats à deux consortiums. Le premier est mené par Airbus Defence and Space, le second par OHB, deux groupes basés en Allemagne. Ils associent six autres entités, industrielles et institutionnelles, que l’ESA ne nomme pas. Les montants des contrats n’ont pas été rendus publics. Les études ont démarré en juin 2026, dans le cadre du programme European Exploration Envelope (E3P) de l’agence ; seule leur annonce date de fin septembre.

Deux contrats pour une même question ne font pas un concours. Le descriptif de l’appel d’offres, cité par la presse spécialisée, prévoit deux études système parallèles, lancées après un premier cycle d’ingénierie concourante conduit en interne par l’ESA. L’agence a donc déjà esquissé le problème avec ses propres équipes. Elle demande maintenant à deux équipes industrielles distinctes d’y répondre, chacune de son côté.

L’intérêt du procédé tient à la comparaison. Deux architectures produites indépendamment, à partir de la même question, permettent de distinguer ce qui converge, donc ce qui semble s’imposer, de ce qui reste un choix ouvert. Aucun constructeur de station n’est désigné à ce stade, et rien dans les documents publiés ne prévoit qu’une des deux équipes l’emporte sur l’autre au terme de ces études. Lire Airbus contre OHB comme une finale reviendrait à se tromper de procédure.

Une Pre-Phase A, premier barreau d’une longue échelle

Le vocabulaire de l’ESA est précis, et il dit l’essentiel. Sur sa page consacrée à la construction et aux essais des engins spatiaux, l’agence décrit le cycle de vie d’un projet en sept phases. La phase 0 couvre l’analyse de mission et l’identification des besoins. La phase A étudie la faisabilité, la phase B établit une définition préliminaire, la phase C une définition détaillée. La phase D est celle de la qualification et de la production, la phase E celle de l’utilisation, la phase F celle du retrait. Une mission est typiquement adoptée à l’issue de la phase B. Avant, on étudie ; après, on construit.

Une Pre-Phase A se situe en amont de la phase A. Elle correspond à la phase 0 : on y formule le besoin, on identifie des concepts possibles et leurs contraintes, sans encore mener l’étude de faisabilité proprement dite. L’ESA dit bien évaluer la faisabilité technique et programmatique d’un avant-poste, mais au sens large : dans son échelle de phases, la faisabilité formelle d’un concept retenu est l’objet de la phase A. La distinction compte. Une étude de faisabilité vérifie qu’un concept donné tient debout ; une Pre-Phase A cherche d’abord quels concepts méritent d’être vérifiés.

Entre ce stade et une station habitée en orbite, il reste donc la phase A, puis la phase B au terme de laquelle intervient l’adoption, puis les phases C et D, celles de la définition détaillée, de la qualification et de la production. Quatre phases au moins séparent le travail engagé en juin 2026 d’un premier élément prêt à voler. Lire l’annonce du 29 septembre comme le lancement d’une station revient à confondre l’esquisse et le chantier.

La durée des études elle-même n’est pas fixée au mois près. L’ESA indique qu’elles ont été lancées en juin 2026 pour environ neuf mois, ce qui mène vers mars 2027. Le site spécialisé Behind the Black rapporte de son côté une échéance de fin des études fixée à juin 2027. Les sources disponibles ne réconcilient pas ces deux indications : l’une est une durée annoncée par l’agence, l’autre une échéance rapportée. Dans les deux cas, les résultats sont attendus au printemps ou au début de l’été 2027.

Trois scénarios pour l’orbite basse, le plus ambitieux à l’étude

L’appel d’offres à l’origine de ces contrats a été publié le 27 février 2026, selon European Spaceflight ; les communiqués de l’ESA cités ici ne donnent pas cette date. Il pose l’après-ISS comme un choix entre trois scénarios.

Dans le premier, l’Europe s’appuie principalement sur des stations commerciales fournies par d’autres : elle achète un accès. Dans le deuxième, elle apporte une contribution limitée à une station commerciale. Dans le troisième, elle mène elle-même une station, ouverte aux contributions de partenaires internationaux et commerciaux. Les études confiées à Airbus et OHB portent sur ce troisième scénario, le plus ambitieux des trois.

Étudier un scénario n’est pas le choisir. La page de l’ESA du 30 septembre 2026 présente l’avant-poste européen comme l’un des plusieurs concepts explorés pour l’après-ISS, à côté des partenariats commerciaux. Ces partenariats avancent déjà : l’agence a signé des accords avec Axiom Space, Starlab et Vast, qui relèvent des deux premiers scénarios. Le directeur de l’exploration humaine et robotique de l’ESA, Daniel Neuenschwander, résume la position dans le communiqué du 29 septembre : « nous explorons différentes options pour garantir la présence et le rôle continus de l’Europe en orbite basse ». Le mot qui compte est au pluriel. Il désigne des options, pas une décision.

Pourquoi financer l’étude d’un projet que rien n’oblige à lancer ? Le descriptif de l’appel d’offres, tel que la presse spécialisée le cite, décrit le scénario 3 comme un avant-poste modulaire et multipartenaire, à la fois instrument d’autonomie et voie de réduction des risques. Autrement dit, une assurance. Si les stations commerciales américaines prennent du retard ou ne conviennent pas aux besoins européens, l’Europe disposerait d’une option propre, déjà dessinée. Le même document cite l’Agence spatiale canadienne et la JAXA comme partenaires possibles de cette future station, et non comme membres des consortiums d’étude.

Les trois scénarios de l’ESA pour l’après-ISS — d’après l’appel d’offres du 27 février 2026 (rapporté par European Spaceflight) et les publications de l’ESA des 29 et 30 septembre 2026
ScénarioRôle de l’EuropeAvancement à fin septembre 2026
1S’appuyer principalement sur des stations commerciales fournies par d’autresAccords signés avec Axiom Space, Starlab et Vast
2Contribution européenne limitée à une station commercialeMême socle d’accords commerciaux que le scénario 1
3Station menée par l’Europe, ouverte aux partenaires internationaux et commerciauxDeux études de Pre-Phase A (consortiums Airbus Defence and Space et OHB), lancées en juin 2026

Une station spatiale de la station spatiale internationale.

Un milliard d’euros par tranche de trois ans : l’enveloppe évoquée

Aucun communiqué de l’ESA consulté ne chiffre le coût d’une station européenne. Le seul ordre de grandeur disponible vient de la presse spécialisée. European Spaceflight, le 30 septembre 2026, rapporte un plafond de 1 milliard d’euros par période de financement de trois ans pour le système initial, avec un développement limité à deux périodes, en attribuant l’information à un article de SpaceNews du 29 septembre. Soit au plus environ 2 milliards d’euros sur environ six ans. Behind the Black reprend le même plafond en le présentant comme issu d’autres rapports.

Ce chiffre est un plafond, pas un budget. Un plafond fixe le maximum qu’un programme pourrait dépenser ; un budget est un montant engagé par les États membres, et aucun ne l’est à ce jour pour une station. Ce plafond borne en outre le développement initial, pas l’exploitation d’une station sur la durée.

Pour le situer, quelques comparaisons, toutes approchées. Deux milliards d’euros représentent environ un dixième des 22,3 milliards souscrits au CM25 pour l’ensemble des programmes de l’ESA, une enveloppe elle-même étalée sur plusieurs années : la comparaison est indicative. C’est environ deux fois et demie le contrat de 760 millions d’euros signé pour la capsule cargo Nyx. C’est aussi plus de deux fois le seul contrat du véhicule de désorbitation de l’ISS confié à SpaceX par la NASA, d’une valeur potentielle de 843 millions de dollars, dans une autre monnaie. Ce majorant porte sur un système initial. Son architecture n’est pas encore définie.

Fret, équipages, opérations : la station ne se résume pas à ses modules

Le communiqué du 29 septembre définit l’objet des études plus largement qu’un assemblage de modules. Il s’agit d’évaluer la faisabilité technique et programmatique de développer et d’exploiter une infrastructure orbitale pour le vol habité, la recherche scientifique et le développement technologique. Il s’agit aussi d’identifier les technologies, les capacités industrielles et les partenariats nécessaires, et d’explorer les architectures possibles, y compris l’infrastructure elle-même, le transport associé et les services d’exploitation.

Cette liste décrit une station en fonctionnement, pas une station en vitrine. Des modules en orbite ne servent à rien sans flux. Il faut y monter du fret, en redescendre des échantillons, y transporter des équipages et piloter l’ensemble depuis le sol. Les rotations de cargos qui assurent le ravitaillement de l’ISS donnent une idée de ce flux continu. Chaque maillon que l’Europe ne maîtrise pas devient une dépendance.

Sur le fret, une brique est en cours. Le 10 septembre 2026, l’ESA a signé avec The Exploration Company un contrat de service pour la capsule Nyx, dans le cadre du projet ALADDIN. Le montant est de 760 millions d’euros : 310 millions pour une mission de démonstration, 450 millions pour deux missions optionnelles, vers l’ISS ou une future station commerciale. La capsule est prévue pour transporter du fret dans les deux sens, vers et depuis l’orbite basse. Le retour compte autant que l’aller. C’est lui qui rapporte au sol les échantillons des expériences. Des reprises de presse avancent 2028 pour un premier amarrage à l’ISS ; le communiqué de l’ESA du 10 septembre ne donne pas cette date.

Sur les équipages, la situation est différente. L’ESA indique étudier un futur système européen de transport d’équipage, avec les capacités de lancement, d’opérations et de récupération associées, mais ce système n’existe qu’à l’état de concept. Une station européenne dont les astronautes arriveraient à bord d’un véhicule étranger resterait dépendante sur le maillon le plus lourd. C’est la raison pour laquelle les études couvrent explicitement le transport et les services d’exploitation, et pas seulement l’infrastructure.

Columbus et le module de service d’Orion comme point de départ industriel

L’ESA demande aux deux consortiums de s’appuyer sur l’héritage européen du vol habité, et cite deux réalisations. La première est Columbus, le laboratoire européen de l’ISS. Selon la page de mission de l’ESA, il a été lancé le 7 février 2008 et amarré au module Harmony le 11 février 2008, pour une durée en orbite prévue de dix ans. Il est en orbite depuis plus de dix-huit ans. La seconde est le module de service européen (ESM) du vaisseau Orion de la NASA, qui fournit au vaisseau sa propulsion et son énergie.

Ces deux réalisations établissent des compétences réelles : construire un volume pressurisé habitable qui dure en orbite bien au-delà de sa durée prévue, et fournir le module de propulsion et d’énergie d’un vaisseau habité. Elles n’établissent pas tout. Un module n’est pas une station.

Columbus est un élément d’un ensemble conçu, assemblé et exploité avec d’autres partenaires ; l’ESM est un sous-ensemble d’un vaisseau américain. L’Europe n’a jamais conçu ni exploité seule une station complète. L’héritage invoqué couvre des éléments. Le saut industriel réel porte sur l’intégration d’un ensemble habité, à quoi s’ajoute un transport d’équipage qui reste au stade de concept.

Les astronautes européens après 2030, entre places achetées et infrastructure propre

Pour la recherche en microgravité et pour les astronautes européens, la question pratique est celle de la continuité. Jusqu’en 2030, elle est réglée : le CM25 a décidé des actions garantissant l’accès à l’ISS jusqu’à sa fin d’exploitation. Après, plusieurs voies existent, et les scénarios de l’ESA décrivent précisément leur partage.

La première voie est l’achat de places sur des stations commerciales. Elle est déjà engagée. L’ESA a signé des accords avec Axiom Space et Starlab, présentés comme de futures destinations commerciales, et avec Vast au nom de la Tchéquie et de la Grèce. Thomas Pesquet, Aleš Svoboda et Adrianos Golemis se forment pour la mission privée Vast-PAM-1. Arnaud Prost doit participer à la première mission vers Haven-1, la station commerciale de Vast.

La deuxième voie, celle du scénario 3, est une infrastructure propre : c’est elle qu’étudient les consortiums d’Airbus et d’OHB. Entre les deux, le scénario 2 dessine une voie mixte, une contribution européenne limitée à une station commerciale. Ces voies ne s’excluent pas. Même la plus ambitieuse prévoit une station ouverte aux partenaires internationaux et commerciaux.

Le partage retenu déterminera ce que l’Europe fera concrètement en orbite après 2030 : programmer elle-même ses expériences et ses séjours sur une plateforme qu’elle contrôle, ou les inscrire dans le calendrier d’opérateurs dont elle achète les services. Les recherches menées aujourd’hui sur l’ISS, jusqu’à ce que la microgravité fait à l’alimentation des astronautes, devront trouver une plateforme dans l’un ou l’autre cadre.

Rome le 15 décembre, puis le CM28 : les rendez-vous à suivre et où les vérifier

Le cadre politique a été posé le 9 septembre 2026. Au sommet spatial international de Paris, les États membres de l’ESA ont endossé une déclaration intitulée A call to boost European space exploration, publiée par l’agence le 22 septembre. Elle fixe trois priorités : l’accès et la présence de l’Europe en orbite basse après l’ISS ; la présence sur et autour de la Lune ; la Lune et l’orbite basse comme tremplins vers Mars.

L’ESA prépare des options pour la réunion ministérielle intermédiaire annoncée à Rome le 15 décembre 2026. Ce rendez-vous n’est pas le feu vert d’une station. Les études d’Airbus et d’OHB ne seront pas terminées : environ neuf mois à partir de juin 2026 selon l’ESA, avec une échéance rapportée à juin 2027. Rome ne peut donc pas trancher sur leurs résultats définitifs. Aucun des documents publiés par l’ESA ne date encore la décision d’engager, ou non, un développement ; le prochain conseil ministériel complet annoncé est le CM28, sans date précisée dans les documents disponibles.

Plusieurs inconnues subsistent : l’architecture de l’avant-poste (sa taille, une occupation permanente ou non, son orbite), le montant des contrats d’étude, l’identité des six entités associées. Le plafond de dépenses, lui, ne repose que sur une reprise de presse. Chaque étape du calendrier se vérifie sur le document qui l’établit, indiqué dans le tableau ci-dessous : les décisions des États membres figurent dans les communiqués de l’ESA, tandis que la date de l’appel d’offres et l’échéance de juin 2027 ne sont, à ce jour, que rapportées par la presse spécialisée.

Calendrier de la décision européenne sur l’après-ISS — d’après les publications de l’ESA (novembre 2025 à septembre 2026), de la NASA (juin 2024) et de la presse spécialisée
DateÉtapeDocument de référence
26-27 novembre 2025CM25 à Brême : accès des astronautes européens à l’ISS garanti jusqu’en 2030ESA, 27 novembre 2025
27 février 2026Publication de l’appel d’offres (date rapportée par la presse spécialisée)European Spaceflight, 4 mars 2026
Juin 2026Lancement des deux études de Pre-Phase AESA, 29 septembre 2026
9 septembre 2026Déclaration de Paris : trois priorités, dont l’orbite basse après l’ISSESA, 22 septembre 2026
15 décembre 2026Réunion ministérielle intermédiaire de Rome : présentation d’optionsESA, 22 septembre 2026
Printemps-été 2027Fin des études (environ neuf mois selon l’ESA ; échéance rapportée à juin 2027)ESA, 29 septembre 2026 ; Behind the Black, 30 septembre 2026
2030Fin d’exploitation de l’ISS par les États-Unis, le Japon, le Canada et les pays de l’ESA participants (Russie : au moins jusqu’en 2028)NASA, 26 juin 2024
Non datéCM28, prochain conseil ministériel completESA, 27 novembre 2025

FAQ — station spatiale européenne

L’Europe a-t-elle décidé de construire sa propre station spatiale ?

Non. L’ESA a confié à deux consortiums, menés par Airbus Defence and Space et OHB, des études de Pre-Phase A, le stade le plus amont du cycle d’un projet spatial. Elles examinent la faisabilité d’un avant-poste mené par l’Europe, que l’agence présente comme l’un des plusieurs concepts envisagés pour l’après-ISS. Aucune construction n’est engagée.

Qu’est-ce qu’une étude de Pre-Phase A ?

C’est l’équivalent de la phase 0 du cycle de vie des projets de l’ESA : on y formule le besoin et on identifie des concepts possibles avec leurs contraintes. Viennent ensuite la faisabilité (phase A), la définition préliminaire (phase B), au terme de laquelle une mission est typiquement adoptée, puis la définition détaillée, la qualification et la production (phases C et D).

Airbus et OHB sont-ils en concurrence pour construire la station ?

Pas au sens d’un concours. L’ESA a commandé deux études parallèles du même scénario, qui produiront deux architectures comparables, après un premier cycle d’ingénierie mené en interne. Aucun constructeur n’est désigné, et les montants des contrats n’ont pas été publiés.

Entre quelles options l’Europe hésite-t-elle pour l’après-ISS ?

Trois scénarios sont posés : s’appuyer principalement sur des stations commerciales fournies par d’autres ; apporter une contribution limitée à une station commerciale ; mener une station européenne ouverte aux partenaires internationaux et commerciaux. Les études Airbus et OHB portent sur le troisième, alors que des accords sont déjà signés avec Axiom Space, Starlab et Vast.

Combien coûterait une station spatiale européenne ?

Aucun budget n’est voté. La presse spécialisée, qui cite SpaceNews, rapporte un plafond de 1 milliard d’euros par période de trois ans pour le système initial, sur deux périodes au plus, soit environ 2 milliards d’euros. Ce chiffre ne figure dans aucun communiqué de l’ESA consulté et ne couvre pas l’exploitation.

Quand l’ISS cessera-t-elle de fonctionner ?

Les États-Unis, le Japon, le Canada et les pays de l’ESA participants se sont engagés à l’exploiter jusqu’en 2030, la Russie au moins jusqu’en 2028. La NASA a choisi SpaceX pour le véhicule de désorbitation contrôlée, attendue au début des années 2030, sans année arrêtée avec certitude.

Comment l’Europe enverrait-elle du fret et des astronautes vers une station ?

Pour le fret, l’ESA a signé le 10 septembre 2026 un contrat de 760 millions d’euros avec The Exploration Company pour la capsule Nyx, prévue pour transporter du fret vers l’orbite basse et en retour. Pour les équipages, un système européen de transport n’existe qu’à l’état de concept.