Santé publique France a publié le 12 août 2026 son bulletin hebdomadaire de surveillance des arboviroses. Au 10 août, date d’arrêt des données, cinq épisodes de transmission vectorielle autochtone étaient identifiés en France hexagonale : trois de chikungunya, dans le Tarn et en Gironde, pour 15 cas au total, et deux de dengue, pour 2 cas. Six cas autochtones d’infection à virus West Nile sont recensés par ailleurs, dans quatre départements du Sud. Ce que ces chiffres disent — et surtout ce qu’ils ne disent pas — mérite d’être posé avec précision : le chikungunya se transmet cette année encore hors de l’arc méditerranéen, et le West Nile n’obéit ni au même moustique ni au même cycle. La lecture des trois derniers bulletins donne la progression : 1 cas au 27 juillet, 7 au 3 août, 15 au 10 août.

Ce que le bulletin du 12 août 2026 établit

Cinq épisodes, deux maladies, une date d’arrêt des données : le 10 août

Le bulletin national de Santé publique France du 12 août 2026 recense cinq épisodes de transmission vectorielle autochtone en France hexagonale, pour des données arrêtées au 10 août. Trois concernent le chikungunya, dans le Tarn et en Gironde ; deux concernent la dengue, dans le Tarn et l’Hérault. Les trois épisodes de chikungunya totalisent 15 cas, de 1 à 8 cas selon l’épisode, l’un d’eux étant déjà clos. Les deux épisodes de dengue portent un cas chacun, l’un d’eux clos également. Soit 17 cas autochtones depuis le début de la saison, tous transmis par le moustique tigre, vecteur du chikungunya et de la dengue. Six cas autochtones d’infection à virus West Nile figurent au même bulletin, mais relèvent d’un autre vecteur et se comptent séparément.

Pourquoi « épisode » n’est pas « épidémie »

Le vocabulaire de l’agence est stable et vaut d’être respecté : elle écrit « épisode de transmission », jamais « épidémie » ni « flambée ». Un épisode désigne un foyer localisé, souvent quelques rues, dans lequel au moins un cas a été contaminé sur place. Il s’ouvre à la confirmation biologique du premier cas et se referme selon une règle de délai. « Les investigations et les mesures de prévention et de contrôle sont en cours pour ces différents événements », indique Santé publique France dans son bulletin du 12 août 2026. C’est la formule qui accompagne chacun des cinq épisodes.

Cas importé, cas autochtone : la distinction qui porte tout

105 importés et 15 autochtones ne s’additionnent pas

Du 1er mai au 9 août 2026, la surveillance a recensé 105 cas importés de chikungunya, 295 de dengue et 10 de Zika, selon les tableaux du bulletin. Un cas importé est une personne contaminée ailleurs — à l’étranger ou en outre-mer — qui rentre malade en métropole. Pour le chikungunya, les principaux lieux de séjour déclarés sont Maurice (32 cas), la Guyane française (24), Mayotte (17) et Madagascar (10) ; pour la dengue, la Martinique (119), le Togo (18), la Polynésie française (14) et la Guadeloupe (14). Ces 105 cas ne s’ajoutent pas aux 15 cas autochtones : ils appartiennent à deux catégories qui ne mesurent pas la même chose. Les importés sont le carburant possible d’une transmission locale ; les autochtones en sont la conséquence, et l’événement à surveiller.

Le maillon manquant : la fenêtre de virémie du malade

Entre les deux se glisse un mécanisme simple. Un voyageur revient avec le virus dans le sang. Si un moustique tigre local le pique pendant cette fenêtre, il s’infecte, puis transmet le virus à une autre personne lors d’une piqûre ultérieure — et comme une femelle pique plusieurs fois au cours de sa vie, un seul insecte peut contaminer plusieurs personnes du même quartier. C’est ce qui explique la géographie très resserrée des foyers. Un seul cas index est documenté publiquement cette saison. Selon le bulletin régional de l’ARS Occitanie du 6 août 2026, la personne à l’origine de l’épisode de dengue de Sète revenait d’Inde. Pour aller plus loin sur ce point, nous détaillons ailleurs combien de fois un moustique pique-t-il. La durée de cette fenêtre est connue et courte.

Bon à savoir — Selon l’ARS Nouvelle-Aquitaine, dans son point de situation du 10 août 2026, « un malade peut transmettre le virus aux moustiques jusqu’au 7ème jour après le début des symptômes (même en cas de disparition de ceux-ci) ». Se protéger des piqûres pendant cette période ne vise donc pas d’abord à se protéger soi-même : cela évite d’infecter les moustiques du voisinage, et avec eux les voisins.

Chikungunya en Gironde, des cas autochtones hors de l’arc méditerranéen

Trois foyers de chikungunya, trois communes, deux encore ouverts

Le fait notable de ce bulletin tient à la carte plus qu’au total. Deux des trois épisodes de chikungunya se situent en Gironde, donc en Nouvelle-Aquitaine, et non dans le pourtour méditerranéen où la transmission locale est la plus habituelle. Saint-Médard-en-Jalles, un cas, épisode clos ; Prignac-et-Marcamps, six cas, épisode ouvert. Le troisième foyer, huit cas et toujours ouvert, se trouve à Saint-Amans-Soult, dans le Tarn. L’ARS Nouvelle-Aquitaine confirme ces deux foyers girondins dans sa page mise à jour le 10 août 2026, en précisant que son comptage retient les cas confirmés par le Centre national de référence des arbovirus.

Les cinq épisodes de transmission autochtone en France hexagonale au 10 août 2026 (Santé publique France, bulletin du 12 août 2026, tableaux 1 et 2)
Commune (département)MaladieCasDébut des signes et statut
Saint-Médard-en-Jalles (Gironde)Chikungunya16 juin 2026 — clos
Prignac-et-Marcamps (Gironde)Chikungunya620 juillet au 4 août 2026 — ouvert
Saint-Amans-Soult (Tarn)Chikungunya89 au 21 juillet 2026 — ouvert
Carmaux (Tarn)Dengue119 juin 2026 — clos
Sète (Hérault)Dengue15 juillet 2026 — ouvert

De 1 à 7 puis à 15 cas en trois bulletins

Le total de 15 cas ne prend son sens qu’en série. Le bulletin du 29 juillet, arrêté au 27 juillet, ne comptait qu’un seul épisode de chikungunya autochtone et un cas. Celui du 5 août, arrêté au 3 août, en comptait sept, répartis en trois épisodes. Celui du 12 août en compte quinze. Sur la même période, les cas importés de chikungunya sont passés de 87 à 98 puis à 105, et ceux de dengue de 261 à 274 puis à 295. Le bulletin ne donne pas les raisons de cette progression — ni cause météorologique, ni cause entomologique, ni cas index identifié : les investigations sont en cours.

Ce que la comparaison des bulletins fait apparaître

Cette lecture en série révèle deux imprécisions dans les éditions précédentes, qu’il vaut mieux signaler que reprendre. Le bulletin du 5 août écrit, page 2, que « deux nouveaux épisodes de transmission de chikungunya ont été identifiés en Occitanie » : or son propre tableau 1 place ces deux nouveaux épisodes à Saint-Médard-en-Jalles et Prignac-et-Marcamps, tous deux en Gironde, donc en Nouvelle-Aquitaine. Il s’agit d’une coquille, mais elle efface l’information la plus notable du moment. Second point : la date de début des signes du cas de dengue de Carmaux, donnée au 12 juin dans le bulletin du 29 juillet, est passée au 19 juin dans les deux suivants sans mention de correction. L’ARS Occitanie retient également le 19 juin.

West Nile : un autre moustique, un autre cycle, un autre risque

Culex, pas Aedes — et Culex est partout en France

Le virus West Nile, ou virus du Nil occidental, n’est pas transmis par le moustique tigre. Son vecteur appartient au genre Culex, le moustique commun, actif surtout au crépuscule et la nuit. La différence a une conséquence géographique directe : là où Aedes albopictus est implanté dans 83 départements de France hexagonale, Culex est présent sur l’ensemble du territoire métropolitain, indique le bulletin du 12 août 2026. Les deux surveillances se recouvrent donc en partie seulement, et une commune sans moustique tigre n’est pas pour autant hors du cycle du West Nile.

Le virus vient des oiseaux, et l’homme est un cul-de-sac

Le cycle naturel du virus se joue entre les oiseaux et les moustiques : les oiseaux constituent le réservoir, les Culex le transportent d’un oiseau à l’autre. L’homme et le cheval ne s’y insèrent que par accident, et n’y participent pas. « L’homme et le cheval représentent des culs-de-sac épidémiologiques pour le VWN car la quantité de virus dans leur sang (virémie) est insuffisante pour infecter un moustique lors d’une piqûre », explique Santé publique France dans son bilan de la surveillance humaine 2025, publié le 6 mai 2026. Autrement dit, il n’existe pas de chaîne de transmission entre humains comme il en existe pour le chikungunya : un malade du West Nile ne réamorce pas le cycle.

Six cas, quatre départements, deux régions

Le bulletin du 12 août recense six cas autochtones d’infection à virus West Nile : trois dans les Bouches-du-Rhône, avec des débuts de signes du 25 juin au 25 juillet, un dans le Vaucluse le 13 juillet, un dans l’Aude le 20 juillet et un dans les Pyrénées-Orientales. La date de ce dernier cas diffère selon l’échelon : le 30 juin dans les tableaux nationaux, le 7 juillet dans le bulletin régional Occitanie du 6 août, qui le localise à Perpignan. Retenons « fin juin ou début juillet », et l’écart lui-même.

Démangeaisons et égratignures sur le bras de l'homme à cause d'une éruption cutanée causée par une piqûre de moustique

Faut-il s’en inquiéter ? Ce que mesurent vraiment les pourcentages

80 % sans symptôme, 20 % de fièvre, environ 1 % de formes graves

Sur l’ensemble des infections à virus West Nile, environ 80 % sont asymptomatiques ou pauci-symptomatiques, soit sans signe ou presque, rapporte Santé publique France dans son bilan 2025. Environ 20 % se traduisent par un syndrome fébrile. Environ 1 % évoluent vers une forme neuro-invasive — méningite ou méningo-encéphalite —, plus fréquente chez les personnes âgées et chez les personnes immunodéprimées. La circulation du virus, elle, n’a rien d’exceptionnel en France : « La détection de cas humains ou équins chaque année depuis 2017 confirme l’extension du virus West Nile en France hexagonale », écrit l’agence.

Pourquoi « 32 % » et « environ 1 % » ne parlent pas de la même chose

Un second pourcentage circule, et il n’a pas le même sens. Sur les 62 cas identifiés en France en 2025, l’agence a dénombré 20 formes neuro-invasives, soit 32 % de ces cas, et 5 décès, soit 8 %. L’âge médian des 62 personnes recensées était de 55 ans, celui des personnes décédées de 76 ans. Ces 32 % ne décrivent pas le risque encouru par une personne infectée : ils décrivent la composition du groupe des malades repérés par la surveillance, laquelle repose sur des diagnostics le plus souvent hospitaliers. Une infection sans symptôme n’arrive jamais jusqu’au comptage. La proportion de décès de 2025 obéit exactement au même dénominateur, et ne mesure donc pas davantage la létalité de l’infection.

Attention — Les deux pourcentages ne portent pas sur la même population. « Environ 1 % » de formes neuro-invasives se rapporte à l’ensemble des infections, dont 80 % passent inaperçues. Les « 32 % » de 2025 se rapportent aux seuls cas détectés cette année-là, soit 20 sur 62. Les deux chiffres sont exacts et ne se comparent pas : écrire que 32 % des infections à West Nile provoquent une méningite serait faux. Le taux de décès de 2025 se rapporte au même groupe restreint, celui des cas détectés.

Ce que déclenche concrètement un cas autochtone en France

Enquête épidémiologique, porte-à-porte et démoustication ciblée

La confirmation d’un cas autochtone enclenche une séquence codifiée. « Dès la déclaration d’un cas confirmé (dengue ou de chikungunya), une enquête épidémiologique est lancée. […] notamment en réalisant du porte-à-porte dans les quartiers concernés », décrit l’ARS Nouvelle-Aquitaine le 10 août 2026. Santé publique France énumère de son côté les volets du dispositif : investigations épidémiologiques et entomologiques, démoustication sur un périmètre élargi, recherche active d’autres cas autour du foyer. Les opérations de terrain sont confiées à des opérateurs identifiés : en Nouvelle-Aquitaine, le Conseil départemental de la Charente-Maritime pour la Charente et la Charente-Maritime, la société Altopictus pour les autres départements.

Dons du sang et greffes : la mesure qu’on ne voit jamais

Un volet passe inaperçu du public : la sécurisation des produits d’origine humaine — sang, organes, tissus, cellules — selon les recommandations du Haut Conseil de la santé publique, que le bulletin cite parmi les mesures déclenchées. Pour le West Nile, le cadre est européen : les directives 2004/33/CE et 2014/110/UE prévoient un ajournement de 28 jours des donneurs de sang après un séjour en zone à risque, sauf test de dépistage génomique viral individuel négatif, rappelle l’ECDC.

Quand un foyer est-il déclaré clos ? La règle des 45 jours

La clôture obéit à un délai fixe, et non à une appréciation. « En l’absence de nouveaux cas pendant 45 jours, l’épisode est clôturé », précise le bulletin régional publié le 6 août 2026 par Santé publique France et l’ARS Occitanie. C’est ce qui explique qu’un foyer d’un seul cas, ancien, figure encore au tableau avec la mention « clos ». Le signalement, lui, s’est simplifié : depuis le 22 avril 2026, cinq maladies à signalement obligatoire — dengue, chikungunya, Zika, West Nile et rougeole — se déclarent en ligne.

Se protéger : ce que recommandent les ARS, et ce qu’elles déconseillent

Supprimer les eaux stagnantes, une fois par semaine

La recommandation que répètent les agences régionales de santé ne concerne pas le moustique adulte mais sa descendance. Les femelles pondent dans de très petites quantités d’eau immobile : c’est ce qu’on appelle un gîte larvaire. Supprimer ces eaux stagnantes autour du logement, chaque semaine, prive le moustique tigre de son lieu de reproduction et limite sa densité dans le voisinage — ce qui, dans une commune où un épisode est en cours, complète la démoustication conduite par les opérateurs. Les mêmes agences recommandent en parallèle la protection individuelle contre les piqûres.

Les produits dont l’efficacité n’est pas démontrée

Toutes les solutions vendues comme répulsives ne se valent pas, et les autorités le disent explicitement. « Les bracelets anti-insectes, huiles essentielles, appareils sonores à ultrasons, rubans, papiers et autocollants gluants dont l’efficacité n’a pas été démontrée ne sont pas recommandés », écrit l’ARS Nouvelle-Aquitaine le 10 août 2026. Le constat rejoint ce que nous avions relevé au sujet de ce que valent réellement les plantes dites anti-moustiques.

Fièvre, douleurs articulaires, éruption : consulter, ne pas s’auto-traiter

Devant une fièvre, des douleurs articulaires ou musculaires, une fatigue inhabituelle, des maux de tête ou une éruption cutanée, en particulier au retour de voyage ou dans une commune où un épisode est en cours, les agences régionales de santé invitent à consulter un médecin, qui seul peut prescrire les examens nécessaires. Une piqûre isolée qui gratte plusieurs jours relève d’un tout autre sujet, celui d’une piqûre qui démange longtemps, et n’indique rien d’une infection.

La France dans l’Europe : ce que compte l’ECDC

59 zones affectées dans sept pays — et pourquoi ce n’est pas 59 cas

À l’échelle européenne, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies publie un décompte hebdomadaire. Au 5 août 2026, son rapport de la semaine 32, paru le 7 août, recense 59 zones affectées par le virus West Nile dans sept pays : 36 en Italie, 9 en Grèce, 6 en Roumanie, 3 en Macédoine du Nord, 2 en Espagne, 2 en France et 1 en Allemagne, dont 10 nouvelles zones sur la seule semaine écoulée. Une zone n’est pas un malade : il s’agit d’unités géographiques où une circulation a été constatée, et le chiffre ne dit rien du nombre de cas. « Les conditions météorologiques saisonnières sont actuellement favorables à la transmission par les moustiques ; davantage de cas sont donc attendus dans les semaines à venir », écrit l’agence européenne.

Le seul pays européen à déclarer du chikungunya autochtone

Sur le chikungunya, la France occupe une place singulière. « Depuis le début de 2026 et au 5 août 2026, seule la France a signalé des cas de chikungunya acquis localement en Europe (sept cas) », indique le même rapport. Ce chiffre de sept cas n’est pas en contradiction avec les quinze du bulletin national : il est arrêté au 5 août et correspond à l’état du bulletin français précédent. L’écart entre les deux mesure simplement le décalage des dates d’arrêt des données, comme le reconnaît l’ARS Nouvelle-Aquitaine à propos de ses propres publications : « Les bulletins de Santé publique France nationaux et Nouvelle-Aquitaine n’ont pas la même périodicité et jour de parution. De ce fait, certains chiffres peuvent être différents. »

Ce que 2025 dit — et ne dit pas — de la suite de la saison

809 cas de chikungunya en 2025 : un précédent, pas une prévision

La saison 2025 a marqué une rupture d’échelle. Le bilan publié le 6 mai 2026 par Santé publique France fait état de 809 cas autochtones de chikungunya en France métropolitaine — 790 répartis en 79 épisodes, plus 19 cas isolés — et de 30 cas autochtones de dengue. Certaines reprises de presse ont écrit 29 pour la dengue ; le chiffre de la source primaire est 30. Ces totaux appartiennent à une saison achevée : ils ne permettent pas d’extrapoler la courbe 2026, qui reste très en deçà à date comparable.

Le pic 2025 du West Nile est tombé en semaine 34

Le calendrier mérite en revanche d’être noté. En 2025, 62 cas humains de West Nile ont été identifiés dans 17 départements et six régions, dont trois touchées pour la première fois, et le pic hebdomadaire est tombé en semaine 34, avec 12 cas. Cette semaine correspond à la fin du mois d’août : au moment où paraît le bulletin du 12 août 2026, la période équivalente est encore devant nous. Les bulletins hebdomadaires ne publient pas d’indicateur de sévérité en cours de saison.

83 départements colonisés, et une surveillance jusqu’au 30 novembre

Le moustique tigre est implanté dans 83 départements de France hexagonale, valeur donnée par le bulletin du 12 août 2026 — le chiffre de 81 départements, encore souvent repris, correspond à l’état antérieur. En Nouvelle-Aquitaine, l’ARS recensait au 2 juillet 2026 onze départements sur douze concernés, la Creuse exceptée, et environ 1 700 communes, soit 215 de plus qu’en 2025, ce qui représente selon elle environ 75 % des habitants de la région. La surveillance renforcée, à signalement obligatoire, court du 1er mai au 30 novembre, coordonnée par Santé publique France avec les ARS et le Centre national de référence des arbovirus.

Ce qu’il faut retenir du bulletin du 12 août 2026

Quinze cas autochtones de chikungunya et deux de dengue, répartis en cinq épisodes de transmission, dont deux déjà clos : c’est l’état des lieux au 10 août 2026. L’information tient moins au total qu’à la carte, avec deux foyers girondins hors de l’arc méditerranéen. Les 105 cas importés de chikungunya relèvent d’un autre comptage et ne s’y ajoutent pas. Les six cas de virus West Nile relèvent, eux, d’un autre moustique et d’un autre cycle, dans lequel l’homme n’est qu’un hôte accidentel. Enfin, les pourcentages doivent être lus avec leur dénominateur : environ 1 % de formes neuro-invasives sur toutes les infections, 32 % sur les seuls cas détectés en 2025. Les deux sont justes, ils ne mesurent pas la même chose.

FAQ — chikungunya, dengue et virus West Nile en France

Quelle est la différence entre un cas importé et un cas autochtone de chikungunya ?

Un cas importé a été contaminé à l’étranger ou en outre-mer et rentre malade en métropole. Un cas autochtone n’a pas voyagé : il a été piqué en France par un moustique tigre local, lui-même infecté en piquant un voyageur virémique. Les deux comptages ne s’additionnent jamais.

Combien de cas autochtones de chikungunya y a-t-il en France en 2026 ?

Le bulletin de Santé publique France du 12 août 2026 fait état de 15 cas autochtones de chikungunya, répartis en trois épisodes de transmission, pour des données arrêtées au 10 août. S’y ajoutent 2 cas autochtones de dengue. Le décompte est réactualisé chaque semaine.

Où se trouvent les foyers de chikungunya et de dengue en France cet été ?

Au 10 août 2026, le chikungunya concerne Saint-Amans-Soult dans le Tarn, ainsi que Prignac-et-Marcamps et Saint-Médard-en-Jalles en Gironde. La dengue concerne Carmaux dans le Tarn et Sète dans l’Hérault. Deux de ces cinq épisodes étaient déjà clos à cette date.

Qu’est-ce que le virus West Nile et comment se transmet-il ?

Le virus West Nile, ou virus du Nil occidental, circule entre les oiseaux et les moustiques du genre Culex, présents sur tout le territoire métropolitain. L’homme et le cheval se contaminent par piqûre mais ne retransmettent pas le virus : ce sont des culs-de-sac épidémiologiques, rappelle Santé publique France.

Le virus du Nil occidental est-il dangereux pour l’homme ?

Selon Santé publique France, environ 80 % des infections passent inaperçues et 20 % se traduisent par une fièvre. Environ 1 % donnent une forme neuro-invasive, méningite ou méningo-encéphalite, plus fréquente chez les personnes âgées ou immunodéprimées. Ce 1 % porte sur toutes les infections, pas sur les seuls cas détectés.

Que faire en cas de fièvre ou de douleurs articulaires après une piqûre de moustique tigre ?

Les agences régionales de santé invitent à consulter un médecin devant une fièvre, des douleurs articulaires ou musculaires, une fatigue, des maux de tête ou une éruption cutanée, surtout au retour de voyage. Le diagnostic repose sur un examen biologique prescrit par un professionnel de santé.