Le 7 août 2026, l’Agence spatiale européenne a publié deux images d’un même tronçon du Danube, à environ 45 km au nord de Budapest : l’une prise le 9 août 2025, l’autre le 4 août 2026. Entre les deux, le fleuve s’est rétréci, des bancs de sable clairs occupent une part du lit, les rives se sont éloignées de l’eau. C’est la sécheresse vue par satellite dans ce qu’elle a de plus frappant — et de plus fragile, car deux images ne prouvent rien sans leurs dates. « Le niveau du fleuve est tombé à un plus bas record en Hongrie, en raison d’une sécheresse sévère en Europe centrale », indique la légende de l’agence. Encore faut-il comprendre comment l’instrument fonctionne réellement — orbite, bandes spectrales, indices d’eau — et ce qu’il ne sait pas mesurer. Vous saurez ensuite juger n’importe quelle comparaison avant/après qu’on vous montrera.
Deux images, deux dates : ce que montre exactement la comparaison de l’ESA
L’image publiée par l’ESA le 7 août 2026 est en réalité une paire, montée côte à côte. Elle porte sur un tronçon du Danube situé à environ 45 km au nord de Budapest. À gauche, la vue du 9 août 2025 ; à droite, celle du 4 août 2026. Les données proviennent de Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne : elles sont publiques, gratuites et réutilisables. N’importe qui peut donc vérifier la comparaison au lieu de la croire sur parole — c’est ce qui fonde la confiance qu’on peut lui accorder.
Pourquoi les dates font la preuve
Sans dates, une comparaison avant/après ne prouve rien : on ignore si l’on compare un été à un printemps, une crue à un étiage. Ici, cinq jours seulement séparent les deux prises de vue dans le calendrier — le 9 août d’une année, le 4 août de la suivante. Même fenêtre saisonnière, donc : même stade de végétation, même régime hydrologique attendu, même hauteur du soleil. Ce qui diffère entre les deux images, c’est l’eau.
Attention aux paires qui circulent
Une seconde paire d’images Sentinel-2 du même secteur circule depuis le 29 juillet 2026, diffusée par le programme spatial de l’Union européenne. Rien n’y est faux, mais ses dates ne sont pas celles de l’ESA : les mélanger fabrique une comparaison qui n’a jamais existé.
Attention — Une comparaison avant/après sans ses dates ne prouve rien. Deux paires Sentinel-2 du Danube circulent ici en parallèle — 9 août 2025 et 4 août 2026 pour celle de l’ESA, 14 juillet 2025 et 25 juillet 2026 pour celle du programme spatial de l’UE. Quatre dates, à ne jamais mélanger.
Sentinel-2 : deux satellites, 290 km de fauchée, cinq jours de revisite
Sentinel-2 n’est pas un satellite mais une constellation. Deux engins identiques parcourent la même orbite héliosynchrone, à 786 km d’altitude, inclinée à 98,62°, déphasés de 180° l’un par rapport à l’autre. Chacun boucle un tour en 100,6 minutes et retrouve exactement la même trace au sol tous les dix jours, après 143 orbites. À deux, l’intervalle tombe à cinq jours à l’équateur. Chaque passage balaie une bande de 290 km de large, la « fauchée ». « Ensemble, ils couvrent toutes les surfaces terrestres, les grandes îles et les eaux intérieures et côtières tous les cinq jours à l’équateur », résume l’ESA sur la page de la mission.
Le mot « héliosynchrone » mérite qu’on s’y arrête. Une telle orbite est calée de façon que le satellite survole chaque point à la même heure solaire locale : 10 h 30 du matin au nœud descendant, pour Sentinel-2. Le soleil est donc toujours à la même hauteur dans le ciel, les ombres tombent de la même manière, les surfaces reçoivent le même éclairement. Sans cette contrainte, deux images du même lieu à un an d’écart ne seraient pas comparables : on confondrait un changement de lumière avec un changement de paysage.
Qui vole aujourd’hui
La constellation compte deux satellites opérationnels, et non trois, même si trois objets sont en orbite. Sentinel-2A a été lancé le 23 juin 2015, Sentinel-2B le 7 mars 2017, Sentinel-2C le 5 septembre 2024 depuis Kourou par une fusée Vega. Le 21 janvier 2025, 2C a pris la relève de 2A dans la constellation nominale. 2A n’a pas été désorbité pour autant : il poursuit depuis mars 2025 une campagne d’extension, positionné à 36° de 2B. La revisite de cinq jours reste donc l’affaire de deux satellites.
Pourquoi les images de sécheresse sont souvent en fausses couleurs
L’instrument embarqué s’appelle MSI, pour imageur multispectral. Là où votre œil additionne trois canaux — rouge, vert, bleu —, il en enregistre treize, du bleu profond à l’infrarouge moyen, à trois finesses : quatre bandes à 10 m par pixel, six à 20 m, trois à 60 m. Le tableau ci-dessous récapitule celles qui servent ici.
Ce que l’œil ne sait pas faire
Dans le visible, la limite entre l’eau et la terre est souvent floue : un banc de sable humide, une eau chargée de limon, une vasière se ressemblent en gris-brun, et un algorithme s’y trompe autant que vous. Le proche infrarouge change la donne. À 842 nanomètres, l’eau absorbe presque tout le rayonnement qu’elle reçoit : elle apparaît noire, quand le sable sec, la végétation et les sols nus y réfléchissent beaucoup. Le contraste devient franc là où il était nul, et l’infrarouge moyen, vers 1 610 nanomètres, creuse encore l’écart en séparant le sable humide de l’eau libre.
Ces longueurs d’onde étant invisibles pour nous, il faut leur attribuer une couleur d’écran : c’est tout ce que signifie « fausses couleurs ». La couleur est arbitraire, l’information est réelle — le principe de tout instrument indirect, comme celui qui cartographie le magma sous la Toscane sans le voir. Précision d’honnêteté : la paire de l’ESA est rendue dans une composition proche des couleurs naturelles.
Trois résolutions, trois métiers
Pourquoi toutes les bandes ne descendent-elles pas à 10 m ? Parce qu’une bande spectrale étroite reçoit peu de photons : pour obtenir un signal exploitable, le capteur doit élargir la surface au sol qu’il intègre dans un pixel, échangeant de la finesse spatiale contre de la finesse spectrale. Les trois bandes à 60 m — 443, 940 et 1 375 nanomètres — ne regardent d’ailleurs pas le fleuve : elles corrigent l’atmosphère, estiment la vapeur d’eau et détectent les cirrus, ces voiles ténus qui blanchissent une image sans qu’on les remarque. Elles ne mesurent rien du paysage, elles rendent les autres bandes dignes de confiance.
| Bande | Longueur d’onde | Résolution | À quoi elle sert ici |
|---|---|---|---|
| B3 — vert | 560 nm | 10 m | Entre dans le calcul du NDWI |
| B4 — rouge | 665 nm | 10 m | Rendu proche des couleurs naturelles |
| B8 — proche infrarouge | 842 nm | 10 m | L’eau y paraît presque noire |
| B11 — infrarouge moyen | 1 610 nm | 20 m | Sépare le sable humide de l’eau libre |
| B10 — cirrus | 1 375 nm | 60 m | Repère les voiles nuageux |
Du pixel à l’indice : ce que le NDWI sait faire, et ce qu’il rate
Une image, même bien contrastée, reste une image : pour en tirer une mesure, on la transforme en indice. Le plus courant pour l’eau est le NDWI, indice de différence normalisée en eau, proposé par Stuart McFeeters en 1996. Sa recette tient en une phrase : on soustrait le proche infrarouge du vert, puis on divise par la somme des deux — soit, en bandes Sentinel-2, (B03 − B08) / (B03 + B08). L’eau, réfléchissante dans le vert et presque noire dans le proche infrarouge, ressort avec des valeurs élevées : au-delà de 0,5, on a généralement de l’eau libre, tandis que sol et végétation tombent dans le négatif. Normaliser permet au rapport de s’affranchir en partie de l’éclairement : c’est ce passage-là qui transforme une image en mesure.
Les quatre pièges
Le premier est le nuage. Un capteur optique ne voit pas à travers : sur un été couvert, la revisite théorique de cinq jours devient dix ou quinze jours réels. Le deuxième est l’ombre — d’un relief, d’un pont, d’un rideau d’arbres — dont la signature spectrale ressemble à celle de l’eau. Le troisième est le bâti : McFeeters signalait lui-même que son indice y est sensible et « peut surestimer les surfaces en eau », toits et chaussées se logeant entre 0 et 0,2. Le quatrième est l’heure de passage, figée à 10 h 30 : ce que fait le fleuve à 18 h, le satellite ne le saura jamais. Le NDWI, enfin, ne se confond pas avec le NDMI, qui mesure l’eau contenue dans les feuilles.
Reste la limite de principe : le NDWI délimite une surface en eau. Il ne dit ni à quelle hauteur se trouve cette eau, ni combien il en passe chaque seconde. Pour cela, il faut redescendre au bord du fleuve.

Ce que le satellite ne mesure pas : les stations de jaugeage restent l’étalon
Chaque matin, le service hongrois d’annonce des eaux (OVSZ/OVF) publie les hauteurs relevées le long du Danube. Au relevé du 7 août 2026, Budapest affichait 24 cm, pour un débit de 800 m³/s et une eau à 27,4 °C. L’Associated Press avait rapporté environ 10 cm le 3 août, valeur que les relevés officiels des 6 et 7 août ne retrouvent pas : la divergence n’est pas tranchée.
Pourquoi certains relevés sont négatifs
Dans le tronçon photographié par Sentinel-2, les chiffres du 7 août au matin surprennent : −73 cm à Nagymaros, −62 cm à Vác, −89 cm à Szob. Le fleuve n’est évidemment pas passé sous terre. Le zéro d’une échelle limnimétrique est une convention locale, fixée jadis près du plus bas niveau alors connu à cet endroit : il ne correspond ni au fond du lit, ni au niveau de la mer, ni au zéro de la station voisine. Une valeur négative dit seulement que l’eau est descendue sous ce repère : on ne compare jamais les cotes de deux stations.
Un record de hauteur n’est pas un record de sécheresse
Cette convention en commande une autre. Les records de niveau largement repris cet été méritent la précision qu’apporte l’institut hydrologique fédéral allemand lui-même. Un record de hauteur n’est pas un record de sécheresse : le lit du fleuve s’est enfoncé au fil des décennies, si bien qu’une même quantité d’eau se lit aujourd’hui à une cote plus basse qu’autrefois. La grandeur qui permet de comparer des étiages entre époques n’est pas la hauteur, c’est le débit. Dans son bulletin d’étiage du 6 août 2026, la Bundesanstalt für Gewässerkunde l’applique à son propre record :
« Cela relativise les actuelles “annonces de record”, même si elles restent bien sûr un indice important de la diminution de la ressource en eau. Un exemple concret : à la station de Kaub, sur le Rhin, un nouveau plus bas niveau a certes été enregistré le 5 août, à 20 cm au-dessus du zéro de l’échelle. Mais le débit, ce jour-là, à 521 mètres cubes par seconde, n’a constitué aucun record : depuis la seule année 1901, cette valeur a été dépassée à la baisse lors de six années. »
Bon à savoir — Trois grandeurs, trois instruments, aucun ne remplace l’autre. Le satellite montre où l’eau s’est retirée, sur des dizaines de kilomètres. La station de jaugeage dit combien il reste de hauteur, au centimètre et en un point. Le débit dit combien d’eau passe réellement : la seule grandeur qui permette de comparer deux étiages séparés par un siècle.
L’été 2026 en Europe centrale : ce que disent les relevés
L’ESA situe l’épisode dans une série : des niveaux record bas sont enregistrés sur le Danube depuis 2018, rappelle l’agence à propos du plus long fleuve de l’Union européenne (2 860 km). Elle en décrit les effets : pénuries d’énergie et d’eau à Budapest et dans ses environs, difficultés pour les barges fluviales et les bacs. C’est la répétition, plus que le record, qui fait l’information.
Les conséquences sont d’abord énergétiques. Le 3 août 2026, la centrale hongroise de Paks ne produisait plus que 240 MW au lieu de 2 000, selon l’Associated Press. En Roumanie, l’unité 1 de Cernavodă avait déjà été déconnectée du réseau le 28 juillet à 11 h, un arrêt contrôlé motivé, selon l’exploitant Nuclearelectrica, par le niveau « très bas et sans précédent » du Danube — un mécanisme détaillé dans notre article sur le refroidissement des centrales en période d’étiage. À l’entrée du fleuve en Roumanie, le service hydrologique national mesurait 1 400 m³/s le 7 août, contre 3 900 en moyenne d’août.
Le Danube modifié à la pelle et à l’explosif
Pour éviter l’arrêt d’une seconde unité, la Roumanie est intervenue dans le lit du fleuve — trois opérations distinctes, souvent confondues : des explosifs, 180 kg selon l’Associated Press, le 3 août ; un dragage du lit ; puis, le 6 août, quatre barges chargées de roche coulées pour former une barrière immergée. Le site n’est pas le canal Danube–mer Noire, comme on l’a parfois lu, mais la confluence du Danube et du bras Bala, 60 km en amont de Cernavodă. L’institut roumain d’hydrologie assortit désormais ses prévisions d’une réserve : elles « ont un caractère indicatif, compte tenu de l’impact potentiel des interventions en cours dans la zone de confluence du Danube avec le bras Bala ». Même les relevés officiels sont amendés, parce que le fleuve a changé.
Le Rhin, et pourquoi le record n’est pas partout
Kaub a bien établi un nouveau minimum de hauteur le 5 août 2026, à 20 cm en moyenne journalière — 17 cm au plus bas —, contre 25 cm le 22 octobre 2018. Mais son débit ce jour-là, 521 m³/s, avait déjà été dépassé à la baisse en 1920, 1921, 1946, 1947, 1949 et 1953. Surtout, le record n’est pas uniforme : d’après les relevés de PEGELONLINE, les minima ont été battus à l’aval, de Kaub à Emmerich, mais pas à l’amont, où Maxau (231 cm, 1885), Spire et Mayence conservent les leurs. Un même fleuve, un même été, deux réponses opposées selon la station. Un mot, enfin, sur le vocabulaire : la cote lue à Kaub n’est pas une « profondeur navigable », comme on l’a parfois écrit, mais une hauteur au-dessus d’un zéro conventionnel.
Et sur les cours d’eau français ? Transposer la méthode
Rien de tout cela n’est réservé aux agences spatiales. Les données Sentinel-2 sont ouvertes et gratuites, et le Copernicus Browser affiche deux dates côte à côte sur n’importe quel point du globe, la Loire comme le Danube. Quatre gestes rendent la comparaison honnête : choisir le même mois d’une année sur l’autre, vérifier la couverture nuageuse, garder le même rendu colorimétrique, noter les deux dates. Sans elles, votre image ne vaudra pas mieux que celles qui circulent sans preuve.
Au sol, la France dispose de son propre réseau. Au 8 août 2026, l’interface de données publique de Vigieau recensait 95 départements sous restriction, dont 67 en « crise » — nos niveaux de restriction d’eau détaillent ces paliers. Le BRGM relevait 94 % de ses points de mesure des nappes en baisse au 15 juillet ; Éaufrance a fait état d’un déficit de précipitations d’environ 45 % en juin 2026, sixième mois de juin le plus sec depuis 1959.
Via le réseau ONDE, l’Office français de la biodiversité suit les petits cours d’eau en rupture d’écoulement : nous avons rendu compte de ce relevé dans notre article sur les assecs des petits cours d’eau français. Côté navigation, une précision s’impose : dans le point de situation de Voies navigables de France du 7 août 2026, ce sont des canaux qui sont fermés pour insuffisance de la ressource en eau — Vosges, Meuse, Bourgogne, Centre, Moselle. La Seine, le Rhône et le Rhin n’y figurent pas.
Ce qu’un satellite ne verra jamais
Reste la limite que rien ne franchira. Un satellite optique voit des surfaces éclairées ; les nappes souterraines sont invisibles depuis l’orbite. Un lit à sec peut coexister avec une nappe encore convenable, et un cours d’eau soutenu par un barrage sembler normal au-dessus d’une nappe très dégradée. Les images ne remplacent donc ni les piézomètres, ni les stations de jaugeage, ni les observations de terrain : elles disent où regarder, à grande échelle et à peu de frais. Le reste se mesure au sol — comme s’y mesurent les évolutions de plus long terme, à commencer par la montée des eaux et ses causes.
L’essentiel à retenir
- Les deux dates : la paire de l’ESA compare le 9 août 2025 et le 4 août 2026, à environ 45 km au nord de Budapest.
- Ce qui rend deux images comparables : même mission et même instrument (Sentinel-2, MSI), même tronçon, même fenêtre saisonnière — cinq jours d’écart calendaire — et même heure solaire de passage, 10 h 30, imposée par l’orbite héliosynchrone.
- Ce qu’apportent les bandes infrarouges : l’eau y paraît presque noire quand le sable renvoie beaucoup, d’où le recours aux fausses couleurs.
- Ce que le satellite ne mesure pas : ni hauteur, ni débit, ni nappes. Et un record de hauteur n’est pas un record de sécheresse.
- Où regarder soi-même : dans le Copernicus Browser, gratuitement, à condition de noter les deux dates.
FAQ — la sécheresse vue par satellite
Comment un satellite peut-il voir qu’un fleuve est au plus bas ?
Il mesure la lumière renvoyée par le sol dans plusieurs longueurs d’onde. Dans le proche infrarouge, l’eau apparaît presque noire quand le sable renvoie beaucoup : la surface en eau se délimite alors au pixel près.
Quelles sont les dates exactes des deux images du Danube publiées par l’ESA ?
L’image de gauche a été acquise le 9 août 2025, celle de droite le 4 août 2026, sur le même tronçon, à environ 45 km au nord de Budapest. L’ESA a publié la comparaison le 7 août 2026.
Pourquoi les images satellite de sécheresse sont-elles souvent en fausses couleurs ?
Parce que les bandes les plus utiles, proche infrarouge à 842 nm et infrarouge moyen à 1 610 nm, sont invisibles à l’œil. On leur affecte une couleur d’écran : la couleur est arbitraire, l’information mesurée est réelle.
Tous les combien de jours Sentinel-2 repasse-t-il au-dessus du même point ?
Un seul satellite retrouve la même trace au sol tous les dix jours, après 143 orbites. Avec les deux satellites opérationnels déphasés de 180°, l’intervalle tombe à cinq jours à l’équateur. Les nuages allongent souvent ce délai.
Qu’est-ce que le NDWI et à quoi sert-il ?
C’est l’indice de différence normalisée en eau, proposé par Stuart McFeeters en 1996 : (B03 − B08) / (B03 + B08). Au-delà de 0,5, on a généralement de l’eau libre. Il reste sensible au bâti.
Les images satellite remplacent-elles les stations de mesure au sol ?
Non. Le satellite délimite une surface, pas une hauteur ni un débit. Le 7 août 2026, seul le relevé hongrois pouvait donner Budapest à 24 cm et 800 m³/s. Les nappes restent invisibles depuis l’orbite.
Peut-on consulter gratuitement les images Sentinel-2 ?
Oui. Les données Copernicus sont ouvertes et gratuites : le Copernicus Browser affiche deux dates côte à côte sur n’importe quel point du globe. Pensez à vérifier la couverture nuageuse et à noter les deux dates.
Un record de niveau sur un fleuve est-il forcément un record de sécheresse ?
Non. Le lit s’enfonce au fil des décennies : une même quantité d’eau se lit plus bas qu’autrefois. À Kaub, le 5 août 2026, la hauteur était un record à 20 cm, mais pas le débit : six années depuis 1901 sont passées sous les 521 m³/s de ce jour-là.