En apparence, un centre de tri ne stocke que des emballages : cartons, papiers, plastiques. C’est pourtant l’un des types d’installation industrielle où l’incendie est l’accident le plus fréquent, et le secteur des déchets cumule environ 1 500 événements depuis début 2022, selon le ministère de la Transition écologique. Pour comprendre pourquoi, il faut suivre une chaîne : un stock de matière sèche, une étincelle qui peut venir d’une batterie jetée au mauvais endroit, un été chaud et sec.
Du 7 au 11 septembre 2026, à la demande du ministre délégué Mathieu Lefèvre, l’inspection des installations classées a contrôlé 1 245 sites de tri, de transit et de regroupement de déchets sur l’ensemble du territoire. Le bilan, publié le 12 octobre 2026 dans un communiqué du ministère, fait état de 109 propositions de mise en demeure de mise en conformité. Ce ne sont pas des sanctions : l’inspection propose au préfet d’ordonner aux exploitants de se mettre en règle dans un délai. Ce qu’elle exige d’eux se comprend une fois la chaîne de l’incendie reconstituée, maillon par maillon.
Près d’un événement par jour dans les installations de déchets
Selon le communiqué ministériel du 12 octobre 2026, le secteur des déchets représente près d’un quart des accidents recensés dans les installations classées pour la protection de l’environnement, soit environ 1 500 événements depuis début 2022. Environ la moitié concernent les activités de tri, de transit et de regroupement, c’est-à-dire les sites où les déchets collectés sont triés, entreposés ou rassemblés avant de partir vers une filière de recyclage ou d’élimination.
Ramené à l’année, le total devient lisible. Entre janvier 2022 et l’automne 2026, il s’est écoulé un peu moins de cinq ans : 1 500 événements font donc environ 300 par an, presque un par jour pour l’ensemble du secteur. La moitié qui revient au tri, au transit et au regroupement représente de l’ordre de 150 événements par an. Cela fait environ trois par semaine.
Encore faut-il savoir ce que l’on compte. Dans ce recensement, un événement n’est pas forcément un sinistre qui détruit un bâtiment : le mot couvre les incidents comme les accidents. Le total mesure une fréquence, pas une gravité. Il dit en revanche quelque chose de la nature du risque : dans ce secteur, l’incendie est le type d’événement le plus fréquent, davantage que dans les autres installations industrielles, d’après le même communiqué.
Le BARPI, qui tient la base ARIA des accidents industriels, a publié en janvier 2026 une synthèse consacrée aux centres de tri, transit et regroupement de déchets non dangereux, fondée sur les événements des cinq dernières années et dont la présentation insiste sur la fréquence des départs de feu. Les chiffres qui lui sont associés — plus de 500 événements depuis 2020 pour ces seuls sites, de l’ordre de 95 % d’incendies, environ un sur cinq accompagné de destructions importantes de bâtiments — ne figurent pas dans cette présentation en ligne et restent des ordres de grandeur non confirmés. Ils portent en outre sur un autre périmètre : la synthèse du BARPI part de 2020 et se limite aux déchets non dangereux, quand le ministère parle de l’ensemble du secteur depuis 2022. Les deux séries ne s’additionnent pas et ne se comparent pas terme à terme. Sur la nature du risque, le ministère et le BARPI disent la même chose. Dans un centre de tri, l’accident type est un feu.
Des montagnes de carton et de plastique en attente d’étincelle
Un incendie de centre de tri se comprend d’abord par ce qui l’attend, avant ce qui l’allume. Le site concentre, par fonction, une grande masse de matières sèches et combustibles : cartons, papiers, films et emballages plastiques. Elles sont stockées en tas ou en balles compactées, souvent à l’air libre, en attendant d’être expédiées. Un départ de feu, quelle que soit son origine, y trouve immédiatement de quoi grandir.
La distinction entre l’origine d’un feu et son ampleur est ici le cœur du sujet. L’étincelle décide qu’un feu commence ; le stock décide de la taille qu’il prendra. La même source d’ignition ne produit pas le même accident sur une dalle nue et au pied d’un stock de cartons. C’est le combustible qui fait le sinistre.

La fiche n° 53739 de la base ARIA montre cette mécanique sur un cas réel. Le 7 juin 2019, à Entrelacs, en Savoie, un feu se déclare près d’une benne de déchets verts dans un centre de tri, de transit et de regroupement. Des cartons enflammés, portés par le vent, le propagent à d’autres stocks du site. Le feu ne progresse donc pas seulement de proche en proche : il saute d’un tas à l’autre, par des fragments en vol.
La suite de la fiche montre ce qu’un tel feu exige. La réserve d’eau du site, 300 m³, est épuisée avant l’extinction ; les pompiers doivent se raccorder à un poteau incendie. Le feu principal est éteint vers 20 h, mais les balles de carton sont encore refroidies jusqu’au lendemain, des braises subsistant au cœur des stocks bien après la disparition des flammes. Environ 400 m³ d’eaux d’extinction sont retenues sur le site.
Trois enseignements se dégagent de ce cas d’espèce, et ils reviennent dans les contrôles de septembre 2026. L’eau disponible sur place est un plafond physique : une fois la réserve vidée, la lutte dépend des ressources extérieures. La disposition des stocks compte, puisque le vent relie des tas distincts. Enfin, la durée d’intervention dépasse largement celle des flammes visibles. Un feu de stock ne s’arrête pas quand il cesse de se voir.
La batterie jetée au bac jaune, écrasée dans la benne
Reste à savoir d’où vient l’étincelle. Les sources d’ignition possibles dans un centre de tri sont multiples, et le communiqué du 12 octobre 2026 n’en désigne aucune : il ne cite pas de cause aux incendies du secteur et ne mentionne pas les batteries. Un maillon a pourtant été documenté par d’autres travaux, et c’est le seul sur lequel chaque foyer a prise : la pile ou la batterie au lithium jetée avec les emballages ou avec les ordures ménagères.
Une batterie usagée n’est pas un déchet inerte. Une fois dans la poubelle, elle suit le trajet des autres déchets : la benne du camion de collecte, qui comprime son chargement, puis, au centre, le compactage et, selon les installations, le broyage. Le rapport n° 367 du Sénat du 19 février 2025 souligne que les batteries sont particulièrement dangereuses lorsqu’elles sont endommagées par une compression ou un déchiquetage ; l’INRS décrit le même risque dans sa fiche sur les batteries au lithium.
Ce que l’INRS appelle emballement thermique part d’un dysfonctionnement de la batterie : défaut de fabrication, surcharge, chargeur inadapté ou choc. Dans la chaîne des déchets, c’est le choc qui compte. Un écrasement ou une perforation endommage l’élément et peut provoquer un court-circuit interne ; la batterie laisse alors fuir son électrolyte et dégage des composés dangereux, dont certains sont inflammables. Cela se produit au milieu de papier et de plastique, c’est-à-dire exactement le combustible décrit plus haut. Le détail de ce qui se passe à l’intérieur d’une cellule est développé dans l’article consacré à la sécurité des batteries.
Quelle part des incendies ces batteries expliquent-elles ? Le rapport sénatorial s’appuie sur le BARPI : 24 incendies dus aux batteries au lithium ont été répertoriés en 2023 dans la filière déchets. Le même document écrit, au conditionnel, qu’environ la moitié des départs de feu de la filière serait due à ces produits, tout en précisant que leur implication n’est que supposée dans plus de 60 % des cas. Il ajoute qu’environ 65 % des événements recensés sont liés à l’orientation de piles ou de batteries au lithium vers une filière inadaptée, autrement dit à des erreurs de tri. Le rapport ne précise pas sur quelle base porte ce pourcentage : rapporté à l’ensemble des départs de feu de la filière, il serait difficile à concilier avec l’estimation d’environ la moitié, et il se lit plus vraisemblablement sur les seuls événements où une pile ou une batterie est en cause.
L’écart entre ces chiffres est en lui-même une information. Le rôle des batteries est un ordre de grandeur, pas une cause démontrée de la majorité des feux. La raison est matérielle : une batterie qui a déclenché un incendie est en général détruite par lui, et laisse rarement une preuve formelle sous les décombres. L’attribution repose donc souvent sur une présomption, que le rapport du Sénat signale lui-même.
L’INRS mentionne par ailleurs une hausse de 25 % des incendies de centres de tri attribués aux batteries au lithium. Ce chiffre provient de données américaines et britanniques. Il indique le sens d’une évolution observée ailleurs, pas son niveau en France.
Ce qui reste établi suffit à comprendre le maillon : un objet endommagé mécaniquement au milieu d’un stock sec peut fournir l’étincelle que le stock attendait. Un geste de tri domestique se retrouve ainsi à l’origine possible d’un accident industriel.
Chaleur, sécheresse et vent : l’été 2026 en accélérateur
L’été 2026 a connu plusieurs vagues de chaleur et une sécheresse sévère, rappelle le ministère dans son communiqué, et de nombreux incendies se sont déclarés sur les sites de tri, de transit et de regroupement pendant cette période.
Il faut séparer ici le déclencheur et les conditions. La chaleur ne crée pas le départ de feu ; elle en change l’issue. Des déchets plus secs et une végétation desséchée aux abords du site s’enflamment plus vite, et la propagation s’accélère. Le vent ajoute son effet, comme à Entrelacs, en portant des fragments enflammés vers les stocks voisins. Un même départ de feu n’a donc pas la même trajectoire selon l’état de sécheresse de ce qui l’entoure.
Le communiqué ne chiffre pas ce lien entre météo et incendies. Il en tire en revanche des conséquences de contrôle : l’inspection suivra, dans ses contrôles courants, les sources d’ignition, la végétation aux abords des sites et les activités à risque pendant les vagues de chaleur. La saison devient un paramètre d’exploitation. Une activité acceptable en temps ordinaire peut ne plus l’être pendant un épisode de chaleur.
Cinq jours, 1 245 sites, quatre points vérifiés
C’est dans ce contexte que Mathieu Lefèvre, ministre délégué, a demandé à l’inspection des installations classées une opération de contrôle ciblée sur les sites de tri, de transit et de regroupement de déchets, menée du 7 au 11 septembre 2026. Au total, 1 245 sites ont été contrôlés sur l’ensemble du territoire en cinq jours ouvrés, soit environ 250 par jour. Le communiqué du 12 octobre 2026 en donne une synthèse nationale, sans détail site par site.
Une installation classée n’est pas forcément une grande usine. Le droit de l’environnement gradue ces installations en trois régimes selon l’importance du risque qu’elles présentent : l’autorisation, l’enregistrement et la déclaration, ce dernier étant le plus léger. Parmi les sites contrôlés, environ 30 % relevaient de l’autorisation, 25 % de l’enregistrement et 45 % de la déclaration, soit de l’ordre de 560 sites pour ce dernier régime. L’opération n’a donc pas visé que les grandes plateformes. Près de la moitié des contrôles a porté sur de petits sites, souvent moins suivis.
Les points contrôlés étaient au nombre de quatre, et chacun correspond à un moment où un départ de feu devient, ou non, un sinistre :
- Les réserves d’eau d’extinction. C’est le plafond physique de la lutte sur place. À Entrelacs, 300 m³ ont été épuisés avant l’extinction.
- Les accès des secours. Une réserve d’eau ne sert à rien si les engins ne peuvent pas atteindre le stock en feu.
- Les procédures d’exploitation. Elles fixent qui fait quoi, et quand, entre la détection d’un départ de feu et l’arrivée des pompiers.
- Le plan de défense contre l’incendie. Il localise les zones de l’installation et les moyens disponibles.
Ce dernier document a un cadre réglementaire récent. Un arrêté du 22 décembre 2023 encadre la prévention du risque incendie dans les installations de déchets soumises à autorisation ; des ajustements mis en consultation fin 2024 visaient 12 rubriques et prévoyaient d’inclure dans le plan de défense contre l’incendie les plans des différentes zones de l’installation, selon la Banque des Territoires le 18 novembre 2024.
Mis bout à bout, ces quatre points dessinent une logique. Ils visent l’ampleur du feu, pas son origine. Une batterie peut toujours finir dans une benne ; un site bien équipé limite ce qu’elle déclenche.
Le ministre a accompagné le bilan d’un engagement politique sur la suite : « La sécurité incendie doit devenir une priorité absolue pour chaque exploitant ». Il a ajouté que l’État accompagnerait les exploitants pour progresser, mais serait sans indulgence envers ceux qui ne se plieraient pas à ces exigences.

Mise en demeure, régularisation, sanction : trois suites de gravité croissante
À l’issue des contrôles, l’inspection a proposé trois types de suites, d’après le communiqué ministériel : 109 mises en demeure de mise en conformité, 24 mises en demeure de régularisation administrative et 4 sanctions administratives, qui peuvent aller de la suspension à la fermeture ou à la suppression d’installations.
Le mot qui compte est proposition. L’inspection constate et propose ; la décision revient au préfet, qui prend l’arrêté. Dans le schéma général de la procédure applicable aux installations classées, la mise en demeure ordonne à l’exploitant de se mettre en conformité dans un délai donné, et c’est seulement s’il ne la respecte pas que des sanctions peuvent suivre. Le communiqué ne détaille ni les délais accordés ni les manquements constatés site par site. Une mise en demeure n’est pas une sanction.
Rapportées aux 1 245 contrôles, les 109 propositions de mise en demeure de mise en conformité représentent un peu moins de 9 %. Les trois catégories réunies font 137 suites, soit environ 11 % des sites contrôlés au plus : ce pourcentage suppose que chaque suite vise un site distinct, ce que le communiqué ne précise pas. Un même site peut avoir reçu plusieurs suites, auquel cas le nombre de sites concernés est plus faible. Le bilan ne dit rien de plus sur l’état des autres sites.
Les 24 mises en demeure de régularisation administrative relèvent d’une autre logique. Elles visent des exploitants qui fonctionnaient sans le titre d’exploitation requis. Autrement dit, l’État ne connaissait pas officiellement leur activité au niveau de risque qu’elle présente réellement. Pour ces sites, l’opération a d’abord servi à sortir une activité de l’angle mort administratif.
Les 4 propositions de sanctions administratives sont d’emblée plus graves : elles touchent directement l’activité. Le communiqué ne nomme aucun exploitant ni aucun site, quelle que soit la suite proposée. L’inspection assurera le suivi de ces suites dans ses contrôles courants.
Sinistres, primes d’assurance et proposition de loi : qui paie le feu
Un incendie de centre de tri a un coût qui dépasse le site lui-même. Le rapport du Sénat de février 2025 cite les chiffres de France Assureurs : dans la filière déchets, la charge des sinistres graves, c’est-à-dire des sinistres de plus de 2 millions d’euros chacun, est passée de 19 millions d’euros en 2019 à 50 millions en 2023, soit une multiplication par 2,6 en quatre ans. Sur la même source, les primes d’assurance des installations de traitement de déchets ont été multipliées par trois entre 2010 et 2020. Les deux séries ne mesurent ni la même grandeur ni la même période : la charge des sinistres est ce que les assureurs versent pour ces sinistres les plus lourds, la prime ce que les exploitants paient pour être couverts.
Un détail du même passage éclaire le lien entre prévention et coût. Selon France Assureurs, l’installation de sprinklers, ces systèmes d’extinction automatique par aspersion d’eau, divise la prime par deux. L’assureur paie moins quand le feu reste petit. Le raisonnement rejoint celui des quatre points contrôlés en septembre : ce qui se joue après l’étincelle pèse autant que l’étincelle.
Le législateur a choisi de remonter plus haut dans la chaîne. Une proposition de loi sénatoriale relative aux accidents liés aux batteries au lithium et aux cartouches de protoxyde d’azote, déposée le 24 octobre 2024, prévoit une campagne annuelle de sensibilisation inter-filières menée par les éco-organismes. En commission, le fonds d’indemnisation initialement envisagé a été remplacé par une obligation de prévention à la charge de ces mêmes éco-organismes, financés par les producteurs. Le principe est celui de la responsabilité élargie du producteur, qui organise d’autres filières, comme le recyclage des panneaux solaires.
Le texte a été adopté par le Sénat le 6 mars 2025 et transmis à l’Assemblée nationale. Sur la page du dossier législatif, mise à jour le 13 septembre 2025, aucune étape ultérieure n’apparaît. Ni adoption définitive, ni abandon : son sort à l’Assemblée nationale depuis cette date n’y est pas retracé.
Piles et batteries : le point de dépôt qui coupe la chaîne
De tous les maillons décrits plus haut, un seul dépend de vous : l’endroit où finit une pile ou une batterie usagée. Le geste est gratuit et ne demande aucun achat. Selon la fiche de Justice.fr sur la reprise obligatoire des produits usagés, datée du 18 août 2025, tout magasin qui vend des piles et accumulateurs portables doit les reprendre gratuitement, sans obligation d’achat, quelle que soit sa surface. La règle figure à l’article R543-128-1 du code de l’environnement. Les conteneurs sont placés près de ceux des équipements électriques usagés.
Le réseau existe. Les deux éco-organismes de la filière piles et accumulateurs, Corepile et Batribox (anciennement Screlec), gèrent environ 65 000 points de collecte en France, d’après le rapport du Sénat ; les batteries se rapportent aussi en déchèterie. L’écart se situe ailleurs : selon le même rapport, 15 à 20 % des batteries au lithium échappent à la collecte sélective. C’est dans cette fraction que se trouvent les batteries susceptibles de finir écrasées dans une benne.

Une distinction mérite d’être faite entre la pile ou la batterie que l’on retire d’un appareil et celle qui y est intégrée. La seconde suit en principe la filière des équipements électriques et électroniques : la fiche de Justice.fr ne le dit qu’indirectement, en plaçant les conteneurs de piles à côté de ceux de ces équipements. Dans les deux cas, la destination est un point de collecte, jamais le bac jaune.
Pour une batterie gonflée ou visiblement endommagée, les sources disponibles ne donnent aucune consigne de manipulation particulière : elles indiquent seulement sa destination, un point de collecte dédié. La collecte n’est d’ailleurs que la première étape. Selon l’INRS en 2023, moins de 10 % des batteries au lithium étaient recyclées en France ; le devenir de celles qui sont collectées est détaillé dans l’article les batteries lithium-ion sont-elles recyclables. Le maillon que vous contrôlez reste pourtant le premier. Une batterie au bon endroit ne rejoint pas le stock.
L’opération du 7 au 11 septembre 2026 en un tableau
| Indicateur | Valeur | Lecture |
|---|---|---|
| Sites contrôlés | 1 245 | En cinq jours ouvrés, soit environ 250 par jour |
| Sites soumis à autorisation | Environ 30 % | Régime des installations au risque le plus important |
| Sites soumis à enregistrement | Environ 25 % | Régime intermédiaire |
| Sites soumis à déclaration | Environ 45 % | Régime le plus léger, de l’ordre de 560 sites |
| Propositions de mise en demeure de mise en conformité | 109 | Un peu moins de 9 % des contrôles ; décision préfectorale, pas une sanction |
| Propositions de mise en demeure de régularisation administrative | 24 | Exploitants sans le titre d’exploitation requis |
| Propositions de sanctions administratives | 4 | Suspension, fermeture ou suppression d’installations |
Une question reste ouverte à l’issue de ce bilan : la part exacte des batteries dans les départs de feu. Le contrôle de septembre portait sur l’eau, les accès, les procédures et le plan de défense ; il ne mesurait pas les causes. Tant que l’origine d’un feu reste le plus souvent supposée, l’ordre de grandeur avancé par le Sénat restera un ordre de grandeur.
FAQ — incendies dans les centres de tri
Pourquoi les centres de tri prennent-ils si souvent feu ?
Parce qu’ils concentrent une grande masse de combustible sec — cartons, papiers, plastiques — stockée en tas ou en balles, souvent à l’air libre. Un départ de feu y trouve immédiatement de quoi grandir, et le vent peut porter des fragments enflammés d’un stock à l’autre. Selon le ministère de la Transition écologique, le secteur des déchets représente près d’un quart des accidents recensés dans les installations classées, environ 1 500 événements depuis début 2022, et l’incendie y est le type d’événement le plus fréquent.
Les batteries au lithium sont-elles la cause principale de ces incendies ?
Elles sont un facteur documenté, pas une cause démontrée de la majorité des feux. Le rapport du Sénat de février 2025 écrit, au conditionnel, qu’environ la moitié des départs de feu de la filière déchets serait due à ces produits, tout en précisant que leur implication n’est que supposée dans plus de 60 % des cas. Le communiqué ministériel du 12 octobre 2026 ne cite, lui, aucune cause.
Comment une batterie jetée à la poubelle peut-elle provoquer un incendie ?
Compressée dans la benne du camion, au compactage ou au broyage, elle peut être endommagée. Ce choc peut déclencher un emballement thermique : la batterie libère de l’électrolyte et des composés dangereux, parfois inflammables, au milieu du papier et du plastique qui l’entourent.
Que signifient les 109 propositions de mise en demeure ?
Ce sont des actes proposés par l’inspection des installations classées au préfet, qui décide. Une mise en demeure n’est pas une sanction : dans le schéma général de la procédure, elle ordonne à l’exploitant de se mettre en conformité dans un délai, et des sanctions peuvent suivre s’il ne la respecte pas. L’inspection a toutefois aussi proposé d’emblée 4 sanctions administratives, distinctes de ces mises en demeure. Les 109 propositions représentent un peu moins de 9 % des 1 245 contrôles ; le communiqué ne précise pas combien de sites distincts elles concernent.
Des centres de tri vont-ils fermer après ces contrôles ?
L’inspection a soumis au préfet, à qui revient la décision, 4 propositions de sanctions administratives. Elles peuvent aller de la suspension à la fermeture ou à la suppression d’installations. C’est la seule catégorie de suites qui vise directement l’activité. Aucun site n’est nommé dans le communiqué.
Où déposer vos piles et batteries usagées ?
Ni dans le bac jaune, ni dans la poubelle d’ordures ménagères. Vous pouvez les rapporter gratuitement dans tout magasin qui vend des piles, sans obligation d’achat, ou en déchèterie. Les éco-organismes Corepile et Batribox gèrent environ 65 000 points de collecte en France.
Un magasin peut-il refuser de reprendre vos piles usagées ?
Non, s’il vend des piles. Selon la fiche de Justice.fr sur la reprise obligatoire des produits usagés, tout magasin qui en vend doit reprendre gratuitement les piles et accumulateurs portables, sans obligation d’achat et quelle que soit sa surface, dans des conteneurs placés près de ceux des équipements électriques usagés.
