Une adresse, un mode de chauffage, un type de radiateurs, des espaces extérieurs : avec ces quatre réponses, le simulateur gratuit de France Chaleur Urbaine, service public porté par l’ADEME, dresse la liste des solutions de chauffage renouvelable envisageables pour un logement, puis oriente vers un conseiller. Service-public.fr l’a annoncé le 12 octobre 2026, à l’intention des particuliers et des copropriétés. Chaque question renvoie à une contrainte physique précise : un réseau à proximité, une boucle d’eau commune, une température de radiateurs, une surface disponible. Le résultat reste une orientation : il ne dimensionne aucune installation, et l’annonce ne dit pas un mot des aides.

Quatre questions sur le logement, une première liste de solutions

Le formulaire tient en quatre rubriques, selon la page du simulateur de France Chaleur Urbaine consultée le 15 octobre 2026. D’abord l’adresse du logement. Ensuite son mode de chauffage, à choisir parmi trois situations : immeuble en chauffage collectif, immeuble en chauffage individuel, maison individuelle. Puis le type de radiateurs. Enfin les espaces extérieurs disponibles, cour ou jardin d’un côté, terrasse ou balcon de l’autre.

À partir de ces réponses, l’outil identifie les options envisageables, puis oriente vers des conseillers. L’annonce de service-public.fr du 12 octobre 2026 le présente comme une première étape avant d’engager un projet de rénovation énergétique. La formule fixe la portée de l’objet. C’est un tri, pas un projet.

Deux dates se confondent facilement. Le 12 octobre 2026 est celle de l’annonce. La date de mise en ligne de l’outil, elle, n’est publiée ni par service-public.fr ni par le service lui-même. Les champs décrits ici sont ceux de la page au 15 octobre 2026 : ils peuvent évoluer d’ici à votre propre simulation.

La page du service ne publie pas la règle qui relie chaque réponse à chaque solution : quelle combinaison écarte la géothermie, quel type de radiateur fait reculer la pompe à chaleur. Les sections qui suivent expliquent pourquoi chaque question pèse, du point de vue du bâtiment et de la physique de la chaleur. Elles ne décrivent pas l’algorithme de l’outil. Elles s’appuient sur la page de présentation du simulateur et sur le comparateur de coûts du même service, non sur un écran de résultats : la forme exacte de la liste renvoyée, avec ou sans coûts et émissions, n’est pas décrite ici.

D’un service de raccordement aux réseaux à l’ensemble de la chaleur renouvelable

France Chaleur Urbaine est un service public porté par l’ADEME. Il a d’abord été conçu autour d’une seule question : un bâtiment peut-il se raccorder à un réseau de chaleur ? Le simulateur annoncé le 12 octobre marque l’élargissement de son accompagnement à l’ensemble des solutions de chauffage renouvelable. Aucun des deux textes officiels n’expose de motif à cet élargissement.

La liste des solutions mérite d’être lue de près, parce que les deux textes ne la dressent pas à l’identique. L’annonce de service-public.fr cite quatre solutions — réseau de chaleur, pompe à chaleur, géothermie, solaire thermique — et définit la chaleur renouvelable en nommant la géothermie, le solaire thermique et la biomasse. La page du service mentionne aussi la biomasse, la chaleur issue d’installations industrielles et des systèmes hybrides, qui associent pompe à chaleur et solaire thermique, ou biomasse et solaire. Il n’existe donc pas de liste fermée. Les familles citées par le service se recoupent et se combinent.

Le changement d’échelle se lit dans les chiffres. En 2024, environ 52 450 bâtiments étaient raccordés à un réseau de chaleur, selon l’enquête annuelle de la FEDENE. La même année, le bois chauffait 8 millions de logements et 8,7 millions de pompes à chaleur aérothermiques fonctionnaient, selon le Panorama 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération. Les unités diffèrent : un bâtiment n’est pas un logement, un appareil n’est pas un foyer. L’écart d’ordre de grandeur reste net. La grande majorité des logements relève d’autres solutions que le réseau, et c’est désormais entre elles que l’outil trie.

L’adresse d’abord : la géographie des réseaux de chaleur

Le réseau de chaleur est la seule des solutions citées qui dépende entièrement d’une infrastructure extérieure au logement. Une source de chaleur centrale alimente un réseau de canalisations, et seuls les bâtiments situés le long de ce réseau peuvent s’y brancher. Sans canalisation à proximité, l’option disparaît, quelle que soit la qualité du logement. Voilà pourquoi deux logements identiques, à deux adresses différentes, n’obtiennent pas la même liste. C’est aussi l’héritage du service, né pour cartographier ces réseaux.

Le maillage reste circonscrit. En 2024, les réseaux de chaleur français cumulaient 7 944 km, dont environ 430 km ajoutés dans l’année, et desservaient environ 52 450 bâtiments, dont 2 374 raccordés depuis 2023, d’après l’enquête annuelle de la FEDENE menée sous la supervision du SDES et rapportée par Connaissance des Énergies le 28 octobre 2025. Ils ont livré 28,3 TWh, soit 32,3 TWh une fois corrigés de la rigueur climatique, en hausse de 9,3 % sur un an. La correction climatique sert à comparer des hivers différents : un hiver doux fait baisser la chaleur livrée sans que le réseau ait changé.

La même source cite en note une projection attribuée à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : 52,7 TWh livrés par les réseaux en 2030, à 75 % renouvelables et de récupération. Le référentiel PPE détaillé n’accompagne pas ce chiffre. Il vaut comme ordre de grandeur d’une trajectoire visée, pas comme un engagement vérifié.

Reste la question de l’origine de la chaleur. En 2024, la chaleur livrée par les réseaux était en moyenne à 67 % d’origine renouvelable ou de récupération, contre 31 % en 2009. Ce chiffre additionne deux catégories que l’usage confond : la chaleur renouvelable proprement dite, tirée du bois ou de la géothermie, et la chaleur de récupération, issue d’une activité qui la produit de toute façon, comme l’incinération des déchets. Le contenu en CO2 de la chaleur livrée sur l’ensemble du cycle de vie est passé de 184 g/kWh en 2014 à 109 g/kWh en 2024. Mais 67 % est une moyenne nationale. Chaque réseau a son propre bouquet : bois, chaleur récupérée sur l’incinération des déchets, géothermie, gaz. Un réseau donné peut se situer nettement au-dessus ou nettement en dessous de cette moyenne. Se raccorder à un réseau ne garantit donc pas une chaleur majoritairement renouvelable ou de récupération. Seul le bouquet du réseau local le dit.

La page du service affiche, pour le réseau de chaleur, une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 64 % par rapport au fioul et de 51 % par rapport au gaz. Ces deux chiffres y sont donnés sans hypothèse de calcul : ni réseau de référence, ni année, ni périmètre d’émissions. Faute de ces hypothèses, rien ne dit à quel réseau ils s’appliquent. Ils ne décrivent pas le réseau au pied de votre immeuble.

Chauffage collectif ou individuel : la boucle d’eau qui décide

La deuxième question du formulaire distingue trois situations qui n’ouvrent pas les mêmes portes. Un immeuble en chauffage collectif dispose d’une chaufferie et d’une boucle d’eau commune qui dessert les logements. Cette boucle est un point de branchement. C’est sur elle qu’un réseau de chaleur ou une pompe à chaleur collective peut se raccorder, à la place de la production existante.

Un immeuble en chauffage individuel ressemble au précédent vu de la rue, et en diffère entièrement vu de la chaufferie. Il n’y en a pas. Chaque logement a son propre générateur, et aucune boucle commune ne relie les appartements. Toute solution collective y suppose alors deux choses : une décision de la copropriété, et des travaux pour créer une distribution qui n’existe pas encore.

Pour un copropriétaire, la conséquence est directe. Votre réponse au simulateur peut faire apparaître un réseau de chaleur ou une pompe à chaleur collective, mais cette option ne relève pas de vous seul. Elle passe par l’assemblée générale. L’annonce de service-public.fr cite d’ailleurs explicitement les copropriétés parmi les publics visés, à côté des particuliers.

La maison individuelle concentre la décision sur un seul foyer. Elle concentre aussi les contraintes d’emprise sur une seule parcelle, ce que la dernière question du formulaire, sur les espaces extérieurs, vient préciser.

Radiateurs et température de l’eau, le facteur qui fait ou défait une pompe à chaleur

Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur à partir de rien. Elle puise de la chaleur dans un milieu à basse température, l’air extérieur ou le sol, et la remonte jusqu’à la température voulue, au prix d’une consommation d’électricité. Son rendement s’exprime par le coefficient de performance, ou COP : le rapport entre la chaleur restituée et l’électricité consommée. Plus l’écart de température à franchir est grand, plus chaque kilowattheure de chaleur coûte d’électricité. Le COP baisse d’autant.

C’est là que les radiateurs entrent en jeu. Un radiateur de petite surface doit recevoir une eau plus chaude pour diffuser la même quantité de chaleur qu’un radiateur de grande surface. Plus l’eau envoyée aux radiateurs doit être chaude, plus la pompe à chaleur travaille contre l’écart de température, et moins elle est efficace. L’appareil dépend donc autant des émetteurs du logement que de ses propres caractéristiques. D’où la question du simulateur sur le type de radiateurs. Le fonctionnement d’une pompe à chaleur détaille ce cycle étape par étape.

Les mesures de terrain vont dans le même sens. L’ADEME a suivi pendant une année complète 100 pompes à chaleur installées dans des maisons individuelles, 90 air/eau et 10 géothermiques. Leurs performances réelles sont inférieures aux valeurs théoriques. Les points clés identifiés sont le dimensionnement des radiateurs et le réglage de la loi d’eau, c’est-à-dire la règle qui fixe la température de l’eau envoyée aux radiateurs selon la température extérieure. La qualité d’installation, les réglages et l’entretien sont aussi en cause, et les performances sont plus faibles pour la production d’eau chaude sanitaire. Ces résultats sont connus par le compte rendu publié par Techniques de l’Ingénieur le 17 octobre 2025 ; ils n’ont pas été recoupés sur l’avis de l’ADEME lui-même, dont la date de publication n’est pas établie.

Les chiffres donnent l’échelle. Pour les pompes à chaleur air/eau de l’échantillon, le COP mesuré va de 1,8 à 4,5, avec une moyenne de 2,9. Un COP de 2,9 signifie environ 2,9 kWh de chaleur restitués pour 1 kWh d’électricité consommé. Un tiers des appareils mesurés restent sous 2,5. L’échantillon fait aussi apparaître une baisse moyenne de performance de 30 % dans le nord par rapport au sud. Un même appareil ne rend pas le même service partout.

Deux chiffres portent ici le même nom, et il faut les séparer. Le COP des fiches constructeurs est mesuré en laboratoire, dans des conditions normalisées. Le COP de l’ADEME est mesuré chez l’habitant, sur une année, avec les radiateurs et les réglages réels. Les deux ne se contredisent pas : ils ne mesurent pas la même chose. Le second dit ce qu’un logement obtient effectivement. Il porte sur 100 maisons individuelles et ne se transpose pas tel quel à un immeuble.

Couple de smiley plein coup se réchauffant près du radiateur

Géothermie : un sous-sol plus stable que l’air, au prix de capteurs enterrés

La pompe à chaleur géothermique applique le même principe que la pompe à chaleur air/eau, avec une autre source. Elle puise dans le sol. En hiver, le sous-sol reste plus tiède que l’air extérieur : l’écart de température à franchir est plus faible, et le rendement s’en ressent. Dans l’échantillon de l’ADEME, les pompes à chaleur géothermiques affichent un COP mesuré de 2,4 à 7,5, avec une moyenne de 4,1, contre 2,9 pour l’air/eau. La comparaison repose sur 10 appareils seulement. Elle indique un sens, pas une valeur à retenir pour un projet.

Ce gain se paie en emprise. Il faut enterrer des capteurs dans le terrain ou réaliser un forage. Une cour ou un jardin n’ouvrent donc pas les mêmes possibilités qu’une terrasse ou un balcon, et c’est l’une des raisons pour lesquelles le formulaire demande les espaces extérieurs disponibles.

À l’échelle du pays, la géothermie reste marginale. En 2024, la géothermie de surface a produit 4,8 TWh, soit 0,8 % de la consommation finale de chaleur, avec 214 200 pompes à chaleur géothermiques en service, selon le Panorama 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération, établi par l’AFPG, le CIBE, la FEDENE, le SER et UNICLIMA avec l’ADEME, et présenté par Batiweb le 31 mars 2026. C’est environ quarante fois moins d’appareils que les 8,7 millions de pompes à chaleur aérothermiques. La géothermie profonde, elle, a fourni 2,3 TWh à partir de 73 installations en France métropolitaine, soit environ 30 GWh par installation en moyenne. Ces deux géothermies ne se confondent pas. La seconde relève d’équipements d’une autre échelle que le logement.

Solaire thermique et systèmes hybrides, une production décalée des besoins

Le solaire thermique chauffe de l’eau grâce à des capteurs exposés au soleil. Son défaut tient au calendrier. Il produit le plus en été, quand le besoin de chauffage est le plus faible, et le moins en hiver, quand ce besoin culmine. Il couvre donc surtout l’eau chaude sanitaire, dont la demande dure toute l’année, et ne chauffe un logement qu’en complément.

C’est la raison d’être des systèmes hybrides que mentionne la page du service : pompe à chaleur associée au solaire thermique, ou biomasse associée au solaire. Le solaire y prend en charge la part de l’année où il produit, l’autre équipement assure l’hiver. Attendre du solaire thermique un chauffage autonome, c’est lui demander de produire au moment où le soleil se fait rare.

Comme pour la géothermie, la question des espaces extérieurs a ici un sens physique : les capteurs occupent une surface, qu’il faut trouver sur la parcelle ou le bâti. En volume, le solaire thermique a produit 1,3 TWh en 2024, soit 0,2 % de la consommation finale de chaleur, pour 3,9 millions de m² de capteurs en métropole, selon le même Panorama. C’est plus de cinquante fois moins que le bois domestique. Le solaire thermique est un appoint.

Bois et biomasse, première chaleur renouvelable du pays sous contrainte de particules

Le bois domestique est la première source de chaleur renouvelable en France métropolitaine, devant les pompes à chaleur aérothermiques. En 2024, il a fourni 72,6 TWh, soit 11,7 % de la consommation finale de chaleur, et chauffait 8 millions de logements, selon le Panorama 2025. S’y ajoutent 31 TWh produits par 8 494 chaufferies bois. Côté logement, la contrainte d’emprise porte sur le stockage du combustible, autre raison pour laquelle les espaces disponibles comptent.

Sa limite tient à la combustion, qui émet des particules fines, dont les PM2,5, de diamètre inférieur à 2,5 micromètres. Le secteur du chauffage au bois en émet de l’ordre de 50 000 tonnes par an, selon l’inventaire Secten 2021 du Citepa. Le plan d’action national de juillet 2021, dont le Citepa a rendu compte le 23 août 2021, vise une baisse de 30 % des émissions annuelles de PM2,5 du chauffage au bois entre 2020 et 2030 au niveau national, et de 50 % dans les zones couvertes par un plan de protection de l’atmosphère (PPA). Son levier : remplacer les appareils non performants, foyers ouverts et anciens poêles, par des appareils performants et des inserts, avec un objectif de 600 000 appareils remplacés sur 2021-2025. Le bilan de cet objectif, dont l’échéance est passée, n’est pas établi par les sources citées ici.

Le critère pertinent n’est donc pas le combustible seul. C’est l’appareil. Un foyer ouvert et un poêle performant brûlent le même bois, et le plan national ne les traite pas de la même manière : il cherche à retirer le premier au profit du second. Le bois n’est ni neutre par nature, ni polluant par essence. Pour un logement, la question utile porte sur l’équipement qui le brûle.

De 1,3 à 72,6 TWh : des familles aux poids inégaux

Dans une liste d’options, les solutions apparaissent côte à côte. Elles ne pèsent pas la même chose. La chaleur représente environ 45 % de la consommation finale d’énergie en France, et sa part renouvelable atteignait 27,2 % en 2022, contre 22,3 % en 2021, selon le Panorama 2023 de la chaleur renouvelable rapporté par Choisir.com le 19 février 2024. Entre les familles détaillées plus haut, qui ne forment pas une liste fermée, les volumes de 2024 vont de 1,3 TWh pour le solaire thermique à 72,6 TWh pour le bois domestique : le bois domestique pèse plus de cinquante fois le solaire thermique.

Chaleur renouvelable en France métropolitaine par famille (réseaux de chaleur : périmètre de l’enquête FEDENE), données 2024. Sources : Panorama 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération (Batiweb, 31 mars 2026) ; réseaux de chaleur : enquête annuelle FEDENE (Connaissance des Énergies, 28 octobre 2025).
FamilleChaleur produite ou livrée en 2024Part de la consommation finale de chaleurParc
Bois domestique72,6 TWh11,7 %8 millions de logements chauffés
Pompes à chaleur aérothermiques47,5 TWh7,7 %8,7 millions d’appareils fin 2024
Réseaux de chaleur (toutes origines)28,3 TWh livrés, dont 67 % renouvelables ou de récupérationnon publiée dans ces sourcesenviron 52 450 bâtiments raccordés
Géothermie de surface4,8 TWh0,8 %214 200 pompes à chaleur géothermiques
Solaire thermique1,3 TWh0,2 %3,9 millions de m² de capteurs en métropole

Le tableau ne s’additionne pas. Un réseau de chaleur est un mode de distribution, alimenté selon les cas par du bois, de la récupération, de la géothermie ou du gaz, et non une source distincte. Il dit en revanche l’essentiel : un comparateur qui aligne ces familles ne renseigne ni sur leur poids, ni sur leur maturité dans votre région.

Après le simulateur : conseiller, étude de faisabilité, aides

Le comparateur de coûts et d’émissions de France Chaleur Urbaine définit lui-même la portée de son résultat : il « s’appuie sur des hypothèses qui représentent des configurations types, sujets à des incertitudes importantes ». Il précise ne pas remplacer une étude de faisabilité technico-économique. Ses données sont celles de 2024, sauf mention contraire, et tous ses paramètres se modifient en mode avancé. Classer des familles de solutions et dimensionner une installation sont deux opérations distinctes. L’outil fait la première.

Deux informations restent hors du champ de l’outil. Le formulaire ne demande rien de l’isolation du logement, alors que le chauffage est la première source de consommation énergétique d’un logement, selon la page de France Rénov’ consacrée au chauffage. Et l’annonce de service-public.fr ne mentionne ni MaPrimeRénov’, ni les certificats d’économies d’énergie, ni France Rénov’. Rien, dans ces textes, n’indique que le résultat tienne compte de l’état du bâti ou du coût net après aides.

Le chemin réel se parcourt en trois temps. D’abord un conseiller, de France Chaleur Urbaine ou de France Rénov’, vers lequel le simulateur oriente. Ensuite une étude ou une visite technique, seule à même de dimensionner une installation pour un bâtiment précis. Enfin le montage des aides, qu’aucune étape de l’outil ne chiffre : MaPrimeRénov’ par geste, en rénovation d’ampleur avec un gain minimal de deux classes, ou en copropriété, les certificats d’économies d’énergie, avec leurs bonifications CEE pour la rénovation énergétique, et l’éco-PTZ. Si l’option pompe à chaleur est retenue, la liste officielle des pompes à chaleur éligibles constitue l’étape pratique suivante.

Le simulateur répond donc à une question précise : quelles familles de chaleur renouvelable restent envisageables à cette adresse, dans ce bâtiment. La puissance, le prix et l’aide relèvent d’autres étapes. Elles commencent avec le conseiller.

Questions fréquentes sur le simulateur de chauffage renouvelable

Le simulateur de France Chaleur Urbaine est-il gratuit, et à qui s’adresse-t-il ?

Oui, il est gratuit. Service-public.fr l’a annoncé le 12 octobre 2026 à l’intention des particuliers et des copropriétés. Cette date est celle de l’annonce : la date de mise en ligne de l’outil n’est pas publiée.

Quelles informations faut-il fournir ?

Quatre : l’adresse du logement, son mode de chauffage (immeuble en chauffage collectif, immeuble en chauffage individuel ou maison individuelle), le type de radiateurs et les espaces extérieurs disponibles, cour ou jardin, terrasse ou balcon. Ces champs, relevés sur la page du service le 15 octobre 2026, peuvent évoluer.

Le résultat vaut-il recommandation d’installation ou devis ?

Non. Le simulateur identifie des options envisageables et oriente vers des conseillers. Le comparateur du même service repose sur des configurations types sujettes à des incertitudes importantes, et il précise lui-même qu’il ne remplace pas une étude de faisabilité technico-économique. Ni la puissance d’un équipement ni son prix réel ne sortent de l’outil.

Le simulateur indique-t-il les aides auxquelles vous avez droit ?

L’annonce de service-public.fr ne mentionne ni MaPrimeRénov’, ni les certificats d’économies d’énergie, ni France Rénov’. Les aides se montent après le simulateur, avec un conseiller : France Rénov’ recense MaPrimeRénov’ (par geste, en rénovation d’ampleur avec un gain minimal de deux classes, ou en copropriété), les CEE et l’éco-PTZ.

Pourquoi le type de radiateurs compte-t-il pour une pompe à chaleur ?

Une pompe à chaleur remonte de la chaleur prise à basse température. Plus l’eau envoyée aux radiateurs doit être chaude, plus l’écart à franchir est grand et plus son rendement baisse. Les mesures de l’ADEME sur 100 maisons individuelles, rapportées par Techniques de l’Ingénieur, désignent le dimensionnement des radiateurs et le réglage de la loi d’eau comme points clés de la performance réelle.

Un réseau de chaleur est-il forcément renouvelable ?

Non. En 2024, la chaleur des réseaux français était en moyenne à 67 % renouvelable ou de récupération, mais chaque réseau a son propre bouquet, qui peut inclure du gaz. Seule la composition du réseau local renseigne sur la chaleur effectivement livrée à votre adresse.

Le chauffage au bois est-il une solution propre ?

Le bois est la première chaleur renouvelable du pays, mais sa combustion émet des particules fines. Le plan d’action national de 2021 vise à réduire de 30 % les émissions de PM2,5 du chauffage au bois entre 2020 et 2030, en remplaçant les foyers ouverts et les anciens poêles par des appareils performants. Le critère décisif est l’appareil, pas seulement le combustible.