Pendant la puberté, la sensibilité à l’insuline baisse chez tous les adolescents, quelle que soit leur corpulence, avant de se corriger à la fin de la maturation. Reste à comprendre pourquoi une petite fraction d’entre eux ne remonte jamais la pente. Le 23 août 2026, une équipe de la Colorado School of Public Health a annoncé, en vue du congrès de l’EASD prévu à Milan du 28 septembre au 2 octobre, que l’incidence du diabète de type 2 chez les 10-19 ans de cet État était passée de 2,37 à 22,30 cas pour 100 000 par an entre 2002 et 2023 — une communication de congrès, sans publication à comité de lecture à ce jour. Derrière ce chiffre, qui n’est que la porte d’entrée, il y a une contrainte physiologique que tous les adolescents subissent et une réserve pancréatique qui, chez une minorité, ne suit pas.
L’adolescence, cette fenêtre où le rendement de l’insuline baisse
Le mot « résistance » suggère un refus, une panne, un blocage. Ce n’est pas ce que décrit l’insulinorésistance. À glycémie égale, il faut simplement davantage d’insuline pour faire entrer le glucose dans le muscle, le foie et le tissu adipeux : le mécanisme fonctionne toujours, mais son rendement est dégradé. La différence n’est pas cosmétique. Une panne se voit tout de suite ; un rendement qui baisse se compense en silence, tant que la compensation tient.
Pendant la puberté, ce rendement baisse chez tout le monde. La poussée de croissance mobilise l’axe de l’hormone de croissance, et l’effet porte sélectivement sur le métabolisme du glucose. Les travaux transversaux réunis par Goran et ses collègues dans l’International Journal of Pediatric Obesity en 2006 situent le creux au stade 3 de l’échelle de Tanner — la graduation en cinq stades qui décrit la maturation pubertaire — et la remontée au stade 5. Ils ne donnent pas d’amplitude valable pour l’ensemble des adolescents : la seule baisse chiffrée de ce travail est celle qu’il a lui-même mesurée, sur une population précise.
Cette baisse n’est pas un dérèglement. Elle est physiologique, transitoire, et elle se corrige d’elle-même au terme de la maturation chez la grande majorité des adolescents.
Elle n’est pas non plus un effet de la corpulence. La cohorte longitudinale de ce travail, ce sont 132 enfants hispaniques en surpoids suivis pendant un an : leur sensibilité à l’insuline chute de 24 % sur l’année, et la chute persiste après ajustement sur la masse grasse initiale, l’âge, le sexe et la variation de masse grasse. Le surpoids ne suffit donc pas à expliquer la baisse. Cette valeur vaut pour cette population-là et ne se transporte pas telle quelle chez un adolescent de corpulence normale, faute de mesure équivalente ; ce qu’elle établit, c’est que la contrainte pubertaire s’exerce indépendamment de l’adiposité. Ce qui distingue les adolescents entre eux se joue ailleurs : dans ce que le pancréas fait de cette contrainte.
Quand les cellules bêta cessent de compenser
Une insulinorésistance seule ne fait pas un diabète. Elle en fait la moitié. Le diabète de type 2 associe deux défauts : cette perte de rendement, et une défaillance progressive de la sécrétion d’insuline par les cellules bêta du pancréas. La glycémie ne monte que lorsque la seconde ne compense plus la première.
La puberté fonctionne alors comme une épreuve de charge. Pendant quelques années, le pancréas doit produire davantage d’insuline pour maintenir la même glycémie. S’il en est capable, rien ne se voit, et la sensibilité remonte à la fin de la maturation. S’il n’en est pas capable, l’hyperglycémie apparaît — et elle apparaît précisément dans cette fenêtre.
C’est le maillon que documente cette cohorte longitudinale. Chez les enfants en début de maturation, la réponse insulinique compensatrice augmente bien. Chez ceux des stades tardifs, elle n’augmente pas. Les auteurs y voient un facteur de progression vers le diabète de type 2 pédiatrique. La fenêtre pubertaire ne crée pas la vulnérabilité, elle la met à l’épreuve.
Cette lecture déplace le centre de gravité du tableau. La baisse de sensibilité concerne tous les adolescents, sportifs et sédentaires, minces et corpulents ; elle n’est le résultat d’aucun comportement. Le surpoids pèse sur la capacité de compensation, mais il n’est ni la cause unique ni un facteur suffisant : la plupart des adolescents en surpoids traversent leur puberté sans diabète. Ce qui bascule, chez une minorité, est un équilibre entre une demande d’insuline qui monte et une réserve pancréatique qui ne suit pas. Le terrain nutritionnel joue sur cet équilibre sans le décider — c’est le même débat que celui sur la part respective des glucides et des graisses dans le risque métabolique.

Pourquoi la maladie avance plus vite à 14 ans qu’à 50
Un diabète de type 2 diagnostiqué à 14 ans n’est pas un diabète d’adulte survenu tôt. Il évolue autrement, et plus vite.
L’essai TODAY, mené aux États-Unis sur 699 participants de 10 à 17 ans — âge moyen 14,0 ans, 64,7 % de filles, z-score d’indice de masse corporelle moyen de 2,23 —, a suivi ce que devenait la fonction des cellules bêta après le diagnostic. Le déclin y atteint 20 à 35 % par an, contre 7 à 11 % par an dans les études conduites chez l’adulte, selon la synthèse publiée dans Mayo Clinic Proceedings en 2014. Trois à cinq fois plus vite : ce rapport pèse plus lourd que le taux d’incidence.
La conséquence pratique se lit d’abord dans le traitement. Environ la moitié des participants n’a pas maintenu son équilibre glycémique sous metformine seule, un médicament qui suffit longtemps chez beaucoup d’adultes. Elle se lit ensuite dans le calendrier des complications. À l’inclusion, 11,6 % des jeunes de TODAY avaient une hypertension artérielle ; après 3,9 ans de suivi, 33,8 %. La microalbuminurie, marqueur d’une atteinte rénale débutante, passe de 6,3 % à 16,6 %. Une rétinopathie était présente chez 13,7 % d’entre eux après 2,8 ans d’évolution du diabète. Et après trois ans, 55,9 % seulement avaient un LDL-cholestérol sous 100 mg/dL.
Ces valeurs viennent d’un essai clinique, avec ses critères d’inclusion : elles décrivent une population sélectionnée, pas la moyenne des adolescents diagnostiqués. Elles disent néanmoins ce qui rend le sujet sérieux au-delà d’un taux d’incidence. À 50 ans, le compte à rebours des complications démarre tard dans une vie. À 14 ans, il démarre au début.
Le registre du Colorado : vingt-deux ans de diagnostics comptés un par un
Le Colorado Diabetes Registry est une surveillance populationnelle continue, en place depuis 2002. Il ne repose pas sur un échantillon interrogé : il repère les cas dans les systèmes de santé de l’État, par les codes diagnostiques, les résultats de laboratoire et les données de délivrance de médicaments. Les dénominateurs — le nombre d’adolescents parmi lesquels ces cas sont comptés — viennent du recensement. Sont éligibles les résidents du Colorado non militaires et non institutionnalisés au moment du diagnostic.
Cette architecture explique à la fois la solidité et la limite du résultat. Un registre administratif voit ce que le système de soins a codé. Une part d’une hausse peut donc refléter un dépistage devenu plus systématique ou un codage plus fin, et aucune analyse de tendance ne sépare complètement cet effet de la hausse réelle ; l’ampleur observée ici dépasse toutefois ce qu’un simple gain de repérage expliquerait. Ce qui fait la valeur du travail, c’est la continuité : vingt-deux ans de la même méthode sur la même population.
Ce n’est pas une estimation nationale. Le Colorado n’est pas les États-Unis, et une incidence d’État ne se généralise pas.
Le statut du résultat impose la même prudence. Il s’agit d’une communication de congrès — la présentation orale 0049 du congrès de l’EASD, à Milan du 28 septembre au 2 octobre 2026 —, annoncée le 23 août 2026 et non encore soumise à une revue à comité de lecture. Aucun article, aucun DOI ne lui correspond : ces chiffres n’ont pas encore été relus par des pairs, et rien ne garantit qu’ils seront publiés sous cette forme. Tessa Crume, de la Colorado School of Public Health, situe le basculement que les taux ne restituent pas : une génération plus tôt, le diabète de type 2 chez un adolescent était, selon elle, « si rare que beaucoup de cliniciens pédiatres pouvaient traverser une grande partie de leur carrière sans en voir un seul cas ». Le communiqué décrit une maladie qui relevait jusque-là de l’âge mûr.
Vingt-deux cas pour 100 000 : l’ordre de grandeur dans un collège
Une incidence n’est pas une prévalence. L’incidence compte les nouveaux diagnostics survenus en douze mois dans une population donnée : c’est un flux. La prévalence compte les personnes qui vivent avec la maladie à un instant donné : c’est un stock. Une incidence multipliée par dix ne signifie donc pas que dix fois plus d’adolescents sont diabétiques aujourd’hui. Elle signifie que le débit d’entrée a décuplé, et que le stock se remplit à partir de là.
Reste à savoir ce que pèse ce débit. 22,30 nouveaux cas pour 100 000 adolescents et par an, c’est, par conversion arithmétique directe, un nouveau cas par an pour environ 4 480 adolescents. Dans un collège de 600 élèves, cela correspond à un nouveau diagnostic tous les sept à huit ans.
Le facteur dix retient l’attention parce que le point de départ était très bas : 2,37 pour 100 000 en 2002. Un rapport élevé entre deux petits nombres reste un petit nombre. Sur les vingt-deux ans de la série, le registre a enregistré 1 560 diagnostics de type 2 chez les 10-19 ans — un cumul, pas une année. Le diabète de type 2 de l’adolescent demeure une maladie rare en valeur absolue, et rien dans ces données ne permet de la dire devenue courante à cet âge.
Ce qui compte n’est pas le facteur. C’est le niveau atteint, et la pente.
Une progression qui s’accélère : de 2,92 % à 4,72 % par an
Une moyenne lisse ce qui compte. Sur l’ensemble de la période, l’incidence du type 2 chez les 10-19 ans du Colorado progresse de 3,8 % par an. Mais la série se casse en deux : +2,92 % par an entre 2002 et 2013, puis +4,72 % par an entre 2014 et 2023. La courbe ne se tasse pas, elle se redresse.
Un taux de croissance annuel se traduit en temps de doublement, et c’est cette traduction qui rend le chiffre lisible. À 2,92 % par an, une incidence met environ vingt-quatre ans à doubler. À 4,72 %, une quinzaine d’années. Passer d’un régime à l’autre revient donc à raccourcir d’un bon tiers le délai au terme duquel le niveau actuel serait deux fois plus élevé — à rythme constant, et rien ne garantit qu’un rythme le reste.
Le type 1 connaît une inflexion comparable sur la même population : +0,66 % par an entre 2002 et 2014, puis +2,62 % par an entre 2015 et 2023. Les deux courbes se redressent après le milieu des années 2010. Aucune des deux séries ne dit pourquoi.

Type 1 et type 2 : deux courbes bâties sur des tranches d’âge différentes
Les deux types ne sont pas comptés sur la même population. Le type 2 est mesuré chez les 10-19 ans ; le type 1 chez les moins de 20 ans, jeunes enfants compris. Poser les deux taux côte à côte comme s’ils étaient comparables produit un contresens.
La raison tient à la distribution des âges. Le type 1 survient largement avant 10 ans : l’étaler sur toute la tranche 0-19 ans revient à le diluer dans un dénominateur où il est peu présent. Le type 2, lui, est concentré sur la tranche où il apparaît. Le premier est donc mécaniquement tiré vers le bas et le second vers le haut, si bien que les deux courbes se rapprochent à l’écran sans que rien ne se soit rapproché dans la réalité.
En effectifs, l’écart reste net. Sur 2002-2023, le registre compte 8 094 diagnostics de type 1 chez les moins de 20 ans, contre 1 560 de type 2 chez les 10-19 ans — plus de cinq fois plus, malgré la différence de bornes d’âge. Chez les jeunes, le diabète reste d’abord un diabète de type 1.
La borne d’âge mérite enfin une précision : le titre du communiqué annonce des « jeunes de moins de 20 ans », alors que le corps du texte mesure l’incidence du type 2 sur les 10-19 ans. C’est cette seconde borne qui fait foi.
| Indicateur | Type 2, 10-19 ans | Type 1, moins de 20 ans |
|---|---|---|
| Incidence en 2002 | 2,37 | 25,07 |
| Incidence en 2023 | 22,30 | 27,39 |
| Progression annuelle, première période | +2,92 % (2002-2013) | +0,66 % (2002-2014) |
| Progression annuelle, seconde période | +4,72 % (2014-2023) | +2,62 % (2015-2023) |
| Diagnostics cumulés 2002-2023 | 1 560 | 8 094 |
En France, le diabète juvénile se compte surtout en type 1
Et en France ? Pour le type 2 avant 20 ans, le chiffre n’existe pas.
Dans sa communication du 14 novembre 2024, Santé publique France dénombre 31 400 jeunes de moins de 20 ans concernés par un diabète de type 1 en 2023, contre 20 300 en 2012. Pour le type 2 dans cette tranche d’âge, aucun effectif n’est publié. La France dispose d’une série sur son diabète de type 1 juvénile ; elle n’en a pas sur son type 2 juvénile.
Ces 31 400 ne sont d’ailleurs pas une incidence : c’est un effectif, le nombre de jeunes concernés une année donnée. Tous types et tous âges confondus, plus de 3,8 millions de personnes étaient traitées pour un diabète en France en 2023, soit 5,6 % de la population.
Transposer les taux du Colorado n’aurait pas de sens, et pas seulement par prudence méthodologique. La corpulence des enfants français n’a pas augmenté sur la période documentée : l’étude Esteban de Santé publique France situe à 17 % la part des 6-17 ans en surpoids, obésité incluse, dont 4 % en obésité, sur des données de 2015 — une prévalence stable par rapport à 2006. La composition démographique et l’organisation des soins diffèrent également. Un taux d’incidence n’est pas une constante biologique transportable d’un pays à l’autre.

À quel âge et sur quels critères un dépistage se discute
Un dépistage ciblé ne cherche pas un malade : il cherche une hyperglycémie chez quelqu’un qui n’a encore aucun symptôme. Chez l’adolescent, cela passe par une prise de sang — glycémie à jeun, hémoglobine glyquée (HbA1c), ou hyperglycémie provoquée par voie orale avec 75 g de glucose et mesure à deux heures.
Les Standards of Care in Diabetes 2026 de l’American Diabetes Association posent le critère à leur recommandation 2.15, avec un niveau de preuve B : envisager la recherche d’un prédiabète ou d’un diabète de type 2 dès la puberté ou dès 10 ans, le premier des deux termes atteint. La recommandation vise l’enfant ou l’adolescent en surpoids — à partir du 85ᵉ percentile d’indice de masse corporelle — ou en obésité — à partir du 95ᵉ percentile —, et présentant au moins un facteur de risque supplémentaire.
Le point décisif est le « et ». Le critère combine deux conditions : un seuil de corpulence et un facteur de risque associé. Un percentile élevé seul ne le déclenche pas ; un facteur de risque seul non plus. C’est ce qui sépare un dépistage ciblé d’un dépistage généralisé, que ce texte ne recommande pas à cet âge. L’exercice ressemble à celui que demande la lecture de n’importe quel facteur de risque, où il faut d’abord distinguer un facteur modifiable d’un facteur subi.
Ces critères sont américains. Ils ne valent pas protocole en France, et un percentile d’indice de masse corporelle ne se lit pas seul : il se situe sur les courbes de corpulence du carnet de santé, ce qui relève du médecin traitant ou du pédiatre. Si la question se pose pour votre enfant, c’est à eux qu’elle s’adresse. Le texte intégral des Standards of Care 2026, publié dans Diabetes Care, n’est par ailleurs pas en accès libre : le libellé et la numérotation de cette recommandation proviennent du résumé de guideline mis en ligne par Guideline Central.
Ce qui reste à mesurer après la puberté
La sensibilité à l’insuline remonte au stade 5 de la maturation. La contrainte s’efface donc d’elle-même — mais tous ceux qu’elle a fait basculer ne reviennent pas au point de départ. Savoir qui récupère et qui reste diabétique une fois la croissance terminée demanderait des cohortes suivies bien au-delà de l’adolescence, avec des mesures répétées de la fonction des cellules bêta. Elles n’existent pas à cette échelle.
Trois inconnues restent ouvertes. La part, dans une pente de 4,72 % par an, de ce qui revient à une hausse réelle et de ce qui revient à un dépistage plus dense. Ce que donnerait la même méthode ailleurs qu’au Colorado. Et ce que serait la courbe française, qu’aucun dispositif ne mesure aujourd’hui pour le type 2 avant 20 ans. Sur le terrain nutritionnel qui alimente ces courbes, les questions élémentaires restent d’ailleurs discutées, jusqu’à celle de savoir ce que l’apport en protéines change réellement.
Le travail sera présenté à Milan du 28 septembre au 2 octobre 2026. Il n’a pas encore fait l’objet d’une publication à comité de lecture.
FAQ — diabète de type 2 chez l’adolescent
Quelle est la différence entre un diabète de type 1 et un diabète de type 2 chez un jeune ?
Le type 2 combine deux défauts : une perte de rendement de l’insuline sur les tissus et une défaillance progressive de sa sécrétion par les cellules bêta du pancréas. L’hyperglycémie apparaît quand la seconde ne compense plus la première. Le type 1 ne relève pas de ce mécanisme et survient largement avant 10 ans, alors que le type 2 se déclare pendant ou après la puberté. En effectifs, le type 1 reste très majoritaire chez les jeunes du Colorado : 8 094 diagnostics chez les moins de 20 ans entre 2002 et 2023, contre 1 560 de type 2 chez les 10-19 ans.
Pourquoi la puberté est-elle en cause ?
Parce qu’elle abaisse temporairement la sensibilité à l’insuline chez tous les adolescents, quelle que soit leur corpulence, avec un creux au stade 3 de l’échelle de Tanner. Le pancréas doit alors sécréter davantage d’insuline pour maintenir la même glycémie. Chez la plupart, il y parvient et rien ne se voit. Chez ceux dont la réponse compensatrice ne monte pas, la glycémie s’élève. La puberté ne crée pas la vulnérabilité : elle la met à l’épreuve, ce qui explique que ces diagnostics apparaissent entre 10 et 19 ans.
Que représentent 22 cas pour 100 000 par an ?
Une incidence compte les nouveaux diagnostics survenus en douze mois, pas le nombre de personnes déjà malades. 22,30 pour 100 000 et par an correspond, par conversion directe, à environ un nouveau cas par an pour 4 480 adolescents : dans un collège de 600 élèves, un nouveau diagnostic tous les sept à huit ans. Le facteur dix vient d’un point de départ très bas, 2,37 pour 100 000 en 2002. La maladie reste rare en valeur absolue à cet âge ; ce qui compte, c’est le niveau atteint et la pente.
Que sait-on du diabète de type 2 des adolescents en France ?
Peu de chose, faute de série. Santé publique France dénombrait, le 14 novembre 2024, 31 400 jeunes de moins de 20 ans concernés par un diabète de type 1 en 2023, contre 20 300 en 2012, mais ne publie pas d’effectif de type 2 pour cette tranche d’âge. Les taux du Colorado ne se transposent pas : la corpulence des 6-17 ans français est stable depuis 2006, et la démographie comme l’organisation des soins diffèrent. Aucune estimation française ne peut être déduite de ces données.
À partir de quel âge un dépistage se discute-t-il pour votre enfant ?
Les Standards of Care in Diabetes 2026 de l’American Diabetes Association proposent d’envisager la recherche d’un prédiabète ou d’un diabète de type 2 dès la puberté ou dès 10 ans, le premier des deux termes atteint, chez l’enfant en surpoids ou en obésité présentant au moins un facteur de risque associé. Le test est une prise de sang. Ces critères sont américains et ne valent pas protocole en France : la question se pose au médecin traitant ou au pédiatre, qui disposent des courbes de corpulence et de l’historique.
Ces résultats sont-ils déjà publiés ?
Non. Il s’agit d’une communication de congrès, la présentation orale 0049 du congrès de l’EASD à Milan du 28 septembre au 2 octobre 2026, annoncée le 23 août 2026. Le travail n’a pas encore été soumis à une revue à comité de lecture : il n’existe ni article ni DOI auxquels se reporter. Les chiffres proviennent d’un registre de surveillance en place depuis 2002, ce qui les rend solides sur la méthode, mais leur statut éditorial reste provisoire.
