Le 27 août 2026 à 22 h 10 CEST, une Ariane 62 doit quitter le Centre spatial guyanais avec le satellite météorologique MTG-I2 sous sa coiffe. Environ trente-six minutes plus tard, d’après le communiqué de mission d’Arianespace du 20 juillet 2026, l’engin doit être largué sur une orbite de transfert géostationnaire — qui n’est pas son orbite de travail. Au 27 août 2026, aucun compte rendu de tir ne figure sur la page programme de l’ESA ni au fil d’Arianespace : la séquence décrite ici est programmée, pas accomplie, et la fenêtre de tir couvre 2 h 30. Ce qui est en revanche déjà documenté, c’est le programme de la machine une fois à poste : une image de l’Europe et de l’Afrique du Nord toutes les 150 secondes, une surveillance continue des éclairs, et un service opérationnel que l’ESA annonce pour 2027.

22 h 10 à Kourou : trente-six minutes jusqu’à la séparation

L’heure visée est 22 h 10 CEST, soit 17 h 10 à l’heure de Guyane, depuis le Centre spatial guyanais. Sur sa page de retransmission publiée le 24 août 2026, l’ESA annonce une fenêtre de tir de 2 h 30 et le début de la diffusion à 21 h 42 CEST. Une fenêtre de deux heures et demie n’est pas une marge de confort administrative : c’est la plage horaire pendant laquelle la mécanique du vol autorise encore le départ ce soir-là. Au-delà, la tentative bascule à une autre date.

Le lanceur est un Ariane 62, c’est-à-dire la configuration à deux propulseurs d’appoint à poudre dérivés du P120C. Le chiffre du nom n’est pas un détail de nomenclature : il compte ces propulseurs, et leur nombre se choisit à partir de la masse à emporter et de l’orbite visée. Ici, un satellite d’environ 3,8 tonnes au lancement selon les données publiées le 19 août 2026 par Meteorological Technology International, qui mesurera 11,2 × 6,5 × 5,3 m une fois déployé et produira 2,2 kW, avec une liaison descendante de 200 Mb/s.

Le communiqué d’Arianespace du 20 juillet 2026 situe la séparation du satellite environ trente-six minutes après le décollage. C’est là que le rôle du lanceur s’arrête : ce qui se passe ensuite ne dépend plus de lui. Ce même communiqué est rédigé au futur, et la page programme MTG de l’ESA ne porte, au 27 août 2026, aucun compte rendu postérieur au tir : ni décollage effectif, ni séparation, ni acquisition du signal. Les durées données ici sont celles du plan de vol.

La première orbite géostationnaire d’Ariane 6 se joue sur l’étage supérieur

Le vol porte l’identifiant VA270. Dans son communiqué N° 33-2026 du 2 juillet 2026, l’ESA le présente comme le neuvième vol d’Ariane 6 et comme le premier à viser l’orbite géostationnaire, à 36 000 km au-dessus de l’équateur. Le rang du vol dépend de ce qui s’intercale d’un mois sur l’autre ; le second énoncé, lui, ne dépend d’aucun décompte. Ariane 6 n’a encore rien envoyé vers cette destination.

La distinction entre orbite basse et orbite de transfert géostationnaire n’est pas une nuance d’altitude. Elle change la trajectoire, la durée du vol propulsé et le profil d’utilisation de l’étage supérieur, qui doit tenir une phase de vol libre puis se rallumer au bon moment pour donner la dernière impulsion. Les vols précédents d’Ariane 6 ne sollicitaient pas cet enchaînement de la même manière. C’est précisément ce segment que desservait Ariane 5 — c’est elle qui avait emporté MTG-I1 en décembre 2022 — et dont dépend une part du carnet de commandes institutionnel européen. Un lanceur qui ne place pas de charges en orbite géostationnaire ne remplace pas Ariane 5 : il en couvre une partie du domaine.

Le satellite, lui, vient de Cannes. Il a été construit sous maîtrise d’œuvre de Thales Alenia Space, avec OHB System et Leonardo, et il est arrivé en Guyane le 12 juin 2026 d’après Arianespace, soit deux mois et demi avant la date de tir visée. MTG-I2 est le deuxième imageur de Meteosat Troisième Génération et le troisième satellite de la constellation, après MTG-I1 en décembre 2022 et le sondeur MTG-S1.

Après la séparation, le satellite finit le trajet par ses propres moyens

Le mot « lancement » recouvre deux opérations que le vocabulaire courant confond. La première est le travail du lanceur : arracher près de quatre tonnes à la gravité et les déposer sur une orbite de transfert. La seconde est la mise à poste, et elle appartient au satellite.

Une orbite de transfert géostationnaire n’est pas une orbite d’arrivée. C’est une ellipse très allongée : son apogée, le point le plus éloigné, frôle l’altitude géostationnaire, mais son périgée reste bas. Un objet laissé sur cette trajectoire repasserait indéfiniment près de la Terre au lieu de rester en vis-à-vis d’un point fixe. Pour transformer cette ellipse en cercle, il faut pousser à l’apogée, à chaque passage, jusqu’à relever le périgée au niveau de l’apogée. La même série de manœuvres sert à redresser l’inclinaison — le plan de l’orbite de transfert n’est pas exactement celui de l’équateur — puis à faire dériver le satellite jusqu’à la longitude qui lui est attribuée.

Ce travail-là est celui de la propulsion embarquée, et il se compte en semaines, pas en minutes. La séparation à T+36 minutes n’est donc pas la fin de la mise à poste. Elle en est le début.

Un poste fixe à 36 000 km, avec ce que la distance impose

L’orbite géostationnaire tient à une coïncidence de périodes. À 36 000 km au-dessus de l’équateur, un objet met exactement une journée à faire le tour de la Terre, c’est-à-dire le temps que la Terre met à tourner sur elle-même. Vu du sol, le satellite ne bouge pas. Vu du satellite, le même hémisphère reste dans le champ en permanence.

C’est cette immobilité relative qui fait la valeur d’un satellite météorologique géostationnaire. Un satellite en orbite basse défile : il photographie un point du globe quand il passe au-dessus, puis s’en va et n’y revient que quelques heures plus tard. Il produit des clichés successifs de scènes différentes. Un satellite géostationnaire, lui, observe la même scène en continu et peut donc suivre une évolution — la formation d’un système nuageux, sa dérive, son affaissement.

La contrepartie est la distance. À 36 000 km, la résolution au sol se compte en kilomètres, pas en mètres. Le Flexible Combined Imager, l’imageur principal de MTG-I2, travaille à 1 km sur ses canaux solaires et 2 km sur ses canaux thermiques en balayage de disque complet, et descend à 0,5 km et 1 km en mode haute résolution, d’après la fiche mission publiée par eoPortal. L’Institut royal météorologique de Belgique résumait l’écart, dans une note du 13 décembre 2022, par le passage de 5 km à 1 km pour l’observation d’un orage. Cinq fois plus fin dans chaque direction, soit vingt-cinq fois plus de pixels pour une même surface au sol — et un plancher qui reste kilométrique.

Deuxième contrepartie, géométrique celle-là : un satellite posté au-dessus de l’équateur regarde les hautes latitudes de biais. Plus on monte vers le nord, plus l’angle de visée s’incline, plus un pixel s’étale au sol et plus l’épaisseur d’atmosphère traversée augmente. La qualité n’est pas la même sur le Sahel et sur la Scandinavie.

Deux satellites, deux tâches : le disque complet et le balayage rapide

MTG-I2 ne prend la place de personne. MTG-I1, devenu Meteosat-12 à sa mise en service, est posté à 0° de longitude et assure le balayage du disque terrestre complet. MTG-I2 doit rejoindre 9,5° Est et s’y consacrer au service d’imagerie rapide sur l’Europe, selon les pages programme de l’ESA.

La répartition explique pourquoi il fallait un troisième satellite pour obtenir une cadence que le premier ne pouvait pas fournir. Un imageur géostationnaire balaie mécaniquement la scène : sur un disque terrestre complet, l’opération prend un certain temps, et pendant ce temps il ne fait rien d’autre. Restreindre le champ à l’Europe et à l’Afrique du Nord permet de recommencer beaucoup plus souvent. Mais il faut alors renoncer au reste du disque — Atlantique, Afrique australe, Moyen-Orient — c’est-à-dire à la couverture qui fait justement l’intérêt d’un satellite géostationnaire.

D’où la division du travail : un satellite garde la vue d’ensemble, l’autre fait la boucle rapide. La cadence de 2,5 minutes n’est donc pas une amélioration apportée à un engin existant. C’est un service supplémentaire, rendu possible par le simple fait d’avoir deux exemplaires en orbite au lieu d’un. Les deux fonctionnent ensemble, et l’un ne rend pas l’autre obsolète.

Une image d’Europe toutes les 150 secondes : le mouvement plutôt que la netteté

Le chiffre qui résume cette mission est celui de la cadence : 2,5 minutes, soit un cycle de répétition de 150 secondes sur l’Europe et l’Afrique du Nord. Il est souvent lu comme une promesse d’images plus précises. Il ne dit rien de la précision.

Fréquence et résolution sont deux grandeurs distinctes. La résolution mesure le plus petit détail discernable sur une image : c’est elle qui passe de 5 km à 1 km. La fréquence mesure l’intervalle entre deux images successives : c’est elle qui passe à 150 secondes. Augmenter la seconde ne rend aucune image plus nette. Elle rend le mouvement lisible.

Sur un orage, la différence est pratique. Un cumulonimbus se développe verticalement en quelques minutes ; son sommet peut monter de plusieurs kilomètres et percer la tropopause dans l’intervalle qui sépare deux clichés espacés d’un quart d’heure. À cette cadence, le prévisionniste voit deux états et doit interpoler ce qui s’est passé entre les deux. À 150 secondes, il voit la croissance du sommet, l’étalement de l’enclume, la direction dans laquelle la cellule se propage et le rythme auquel elle le fait. Ce n’est pas un gain de détail, c’est un gain de temps.

Côté utilisateur, c’est ce changement de régime qui est mis en avant. Thomas Blackmore, responsable scientifique au Met Office, le formulait ainsi le 19 août 2026 : « C’est un peu comme passer d’une série d’instantanés à quelque chose de bien plus proche d’un flux vidéo en direct depuis l’espace. »

Le reste du saut instrumental se lit dans le nombre de canaux et dans le temps de balayage global. Le FCI dispose de 16 canaux spectraux répartis de 0,3 à 13,3 µm, contre 12 pour SEVIRI, l’imageur de la génération précédente. Chaque canal isole une bande de longueurs d’onde et donne accès à une propriété différente de la scène : température du sommet des nuages, présence de vapeur d’eau à une altitude donnée, distinction entre glace et gouttelettes, poussières. Et le disque complet est balayé en 10 minutes, contre 15 minutes pour SEVIRI. Meteosat Seconde Génération, toujours en service, assure déjà un balayage rapide sur l’Europe, à une cadence plus lente.

Imageurs Meteosat : SEVIRI (Seconde Génération, satellites lancés entre 2002 et 2015) et FCI (Troisième Génération). D’après la fiche mission eoPortal, les pages programme de l’ESA et le communiqué ESA de mars 2023.
CaractéristiqueSEVIRI — Meteosat Seconde GénérationFCI — Meteosat Troisième Génération
Canaux spectraux1216, de 0,3 à 13,3 µm
Résolution au sol1 à 3 km1 km (solaire) et 2 km (thermique) en disque complet ; 0,5 km et 1 km en mode haute résolution
Balayage du disque complet15 minutes10 minutes
Balayage rapide sur l’Europeassuré, à cadence plus lente150 secondes (2,5 minutes)
Détection des éclairsabsenteinstrument dédié, continu, jour et nuit

Sondage de recherche surveillant l'ouragan Satellite au-dessus de la Terre effectue des mesures des paramètres météorologiques Éléments de cette image fournis par la NASA

Quatre caméras, mille images par seconde : l’éclair comme signe avant-coureur

Le second instrument de MTG-I2 est le Lightning Imager. Sa description par l’ESA tient en quelques chiffres : quatre télescopes optiques identiques montés sur une tête commune, des détecteurs lus à 1 kHz — mille lectures par seconde —, une bande spectrale étroite centrée autour de 777 nm, une résolution au sol d’environ 10 km, et une surveillance continue de plus de 80 % du disque terrestre visible depuis l’orbite géostationnaire, de jour comme de nuit.

La cadence de lecture est ce qui rend l’instrument possible. Un éclair est un événement bref : à la fréquence d’un imageur de nuages, il tombe entre deux images et n’existe pas. Mille lectures par seconde le rattrapent. Quant à la résolution de 10 km, elle suffit à la fonction : l’instrument ne cherche pas à localiser un impact au mètre près, il cherche à savoir où et à quel rythme un nuage se décharge.

Reste la question qui fait l’intérêt de la mesure : pourquoi compter les éclairs aide-t-il à prévoir autre chose que des éclairs. Le mécanisme passe par le courant ascendant. À l’intérieur d’un cumulonimbus, l’air monte et emporte des particules de glace dont les collisions séparent les charges électriques, qui s’accumulent jusqu’à la décharge. Plus le courant ascendant est violent, plus le nuage s’électrise. Or c’est ce même courant qui maintient les grêlons en altitude assez longtemps pour qu’ils grossissent, et dont l’effondrement produit les rafales descendantes. L’activité électrique n’est pas un phénomène parallèle à la violence de l’orage : elle en est un sous-produit direct.

De là le chiffre le plus délicat du sujet. L’Institut royal météorologique de Belgique, le 13 décembre 2022, documentait un écart de 15 à 30 minutes entre un sursaut brutal d’activité de foudre et l’apparition d’un phénomène violent au sol. C’est une corrélation observée, à l’échelle d’un ensemble de cas. Ce n’est pas un préavis garanti pour une commune donnée : un sursaut peut ne rien produire au sol, et un phénomène violent peut survenir sans sursaut préalable. Le chiffre décrit une tendance statistique, pas un compte à rebours.

Le gain n’est pas le même partout, et il n’est pas de même nature que celui des réseaux au sol. Ceux-ci localisent très précisément les impacts nuage-sol, et sur un territoire aussi instrumenté que la France, ils font déjà ce travail. Leur couverture se dégrade en revanche au-dessus des mers et des zones peu équipées. Le satellite voit partout dans son champ, et il voit aussi l’éclair intra-nuage, le plus fréquent et souvent le premier à se déclencher. Les deux systèmes ne se substituent donc pas l’un à l’autre : l’apport est décisif au-dessus de l’Atlantique ou du Sahel, marginal au-dessus de la vallée du Rhône. Le même instrument observera aussi les cellules convectives que certains grands incendies fabriquent au-dessus d’eux-mêmes.

Du satellite au bulletin : ce que la donnée traverse avant d’être utile

L’ESA annonce, dans son communiqué du 2 juillet 2026, que la constellation MTG pleinement opérationnelle produira au moins cinquante fois plus de données que les satellites Meteosat Seconde Génération. Le facteur est parlant, mais il ne se convertit pas en meilleure prévision par simple multiplication. Il désigne d’abord une charge.

Cinquante fois plus de données, c’est cinquante fois plus à recevoir, à stocker, à corriger, à formater et à faire entrer dans des chaînes de traitement qui n’ont pas été dimensionnées pour ce débit. Chaque canal supplémentaire du FCI demande sa propre chaîne d’étalonnage. Chaque produit nouveau — la carte d’activité électrique en est un — demande d’être caractérisé avant qu’un modèle de prévision numérique puisse l’assimiler sans dégrader ses propres résultats. Ce travail se compte en mois. C’est lui, bien plus que le vol de trente-six minutes, qui explique le décalage entre un lancement et un effet visible dans un bulletin.

En France, Météo-France indique recevoir et traiter les données brutes de Meteosat avant de les mettre à disposition des prévisionnistes et de les intégrer aux modèles de prévision numérique du temps. L’imagerie satellite y arrive comme une source parmi d’autres, aux côtés des radars, des stations au sol, des sondages et des sorties de modèles.

Un satellite météorologique ne mesure pas la pluie au sol, ne voit pas ce qui se passe sous la couche nuageuse, et ne déclenche aucune alerte. Il fournit des observations. La mise en vigilance d’un département reste une décision humaine, prise à partir de l’ensemble des moyens disponibles.

Trois mois pour une image, douze pour une prévision : la leçon de MTG-I1

Le précédent existe, et il est daté. MTG-I1 a décollé le 13 décembre 2022 sur une Ariane 5. Sa première image a été diffusée le 18 mars 2023, soit trois mois et cinq jours plus tard. À cette occasion, l’ESA annonçait une recette en vol de douze mois avant la diffusion opérationnelle des données aux services météorologiques, et une mise à disposition à partir de la fin 2023.

La distinction entre ces deux dates est celle qui compte pour un lecteur. La première image démontre que l’instrument fonctionne, que l’optique est en place et que la chaîne de transmission tient. Elle ne démontre pas que les mesures sont justes. La recette en vol consiste précisément à établir cette justesse : allumer chaque canal, mesurer en orbite les défauts optiques et thermiques réels de l’instrument — qui ne sont jamais exactement ceux mesurés au sol —, comparer ses relevés à des références connues, et en déduire les tables d’étalonnage qui transformeront un signal électrique en température de sommet de nuage. Une belle image n’est pas une mesure exploitable.

Pour le Lightning Imager de MTG-I1, la bascule vers un usage opérationnel des données est intervenue à partir de 2024.

Pour MTG-I2, les indications disponibles ne pointent pas exactement le même jalon. L’ESA annonce la recette en vol complète et l’entrée en service opérationnel pour 2027. EUMETSAT laisse entendre que les premières images arriveront plus vite que pour MTG-I1, sans avancer de date. Les deux énoncés ne se contredisent pas : ils ne mesurent pas la même étape. Une première image plus précoce que trois mois reste compatible avec un service opérationnel en 2027.

Huit ans et demi de service, quatre imageurs à user

Deux durées circulent au sujet de ces satellites, et elles ne désignent pas la même chose. La durée de vie en orbite pour laquelle la plateforme MTG-I est conçue est de 8,5 ans. La quantité d’ergols embarquée, elle, correspond à 10,7 ans de fonctionnement. Le second nombre est une réserve de carburant, pas une durée de mission : il donne la marge dont dispose l’opérateur, notamment pour les manœuvres de maintien à poste et pour la désorbitation finale.

Cette durée de vie commande tout le calendrier du programme. MTG compte six satellites — quatre imageurs et deux sondeurs — pour assurer environ vingt ans de service d’imagerie et quinze ans et demi de service de sondage. Quatre imageurs pour vingt ans, avec 8,5 ans de vie utile chacun : le compte se fait tout seul. Il en reste deux à lancer après MTG-I2.

La logique est la même que celle qui avait présidé à Meteosat Seconde Génération, dont les quatre satellites ont été mis en orbite entre 2002 et 2015. Un satellite météorologique géostationnaire n’est pas un objet unique : c’est un poste de travail à occuper sans interruption. D’où l’obligation périodique de relancer des engins qui font, vus du sol, la même chose que leurs prédécesseurs — et d’où la question de ce que deviennent les précédents, un sujet qui se pose à toutes les constellations en orbite aujourd’hui.

Prochaine étape : positionnement à 9,5° Est, premières images, service en 2027

La séquence qui doit s’ouvrir le 27 août 2026 à 22 h 10 CEST ne se referme pas trente-six minutes plus tard. Si le tir se déroule comme prévu, viennent d’abord les manœuvres de circularisation et la dérive jusqu’à 9,5° Est, puis l’allumage des instruments et une première image dont la date n’est pas annoncée, puis la recette en vol, dont l’ESA situe l’achèvement et l’entrée en service opérationnel en 2027.

Aucune de ces étapes n’a d’effet sur la saison orageuse en cours. Les prévisions et les vigilances de cet automne reposeront sur les moyens déjà en service : Meteosat-12 à 0°, les satellites de la génération précédente, les radars et les réseaux au sol. Le bénéfice attendu de MTG-I2 porte sur les saisons suivantes.

Les repères à surveiller sont donc au nombre de trois : la confirmation de la séparation et de l’acquisition du signal dans les heures qui suivent le décollage, l’annonce de la première image, et le passage en service opérationnel annoncé pour 2027. Le premier se joue en quelques heures. Les deux autres se comptent en mois, et rien n’en est acquis tant que le décollage lui-même ne l’est pas.

FAQ — le lancement de MTG-I2 et ce qu’il change

Quand MTG-I2 doit-il décoller ?

Le décollage est programmé le 27 août 2026 à 22 h 10 CEST, soit 17 h 10 à l’heure de Guyane, depuis le Centre spatial guyanais, avec une fenêtre de tir de 2 h 30 selon l’ESA. La séparation du satellite doit intervenir environ trente-six minutes après le décollage, d’après le communiqué de mission d’Arianespace du 20 juillet 2026. Au 27 août 2026, ni l’ESA ni Arianespace n’avaient publié de compte rendu de tir : une fenêtre peut se refermer sans décollage, et un report reste possible.

Une image toutes les 2,5 minutes, qu’est-ce que cela change concrètement ?

Cela ne change pas la netteté des images, mais la lisibilité du mouvement. Avec un cliché toutes les 150 secondes sur l’Europe et l’Afrique du Nord, un prévisionniste voit la croissance verticale d’un cumulonimbus, l’étalement de son enclume et sa direction de propagation au lieu de les déduire de deux états espacés d’un quart d’heure. Sur des phénomènes qui se développent en quelques minutes, c’est un gain de temps d’observation.

MTG-I2 remplace-t-il MTG-I1 ou Meteosat-12 ?

Non. MTG-I1, devenu Meteosat-12 à sa mise en service, reste posté à 0° de longitude et continue d’assurer le balayage du disque terrestre complet. MTG-I2 doit rejoindre 9,5° Est et se consacrer au balayage rapide de l’Europe. Les deux satellites remplissent des fonctions différentes et fonctionnent ensemble.

Comment un satellite détecte-t-il des éclairs depuis 36 000 km ?

Le Lightning Imager compte quatre télescopes optiques identiques montés sur une tête commune, dont les détecteurs sont lus mille fois par seconde dans une bande spectrale étroite centrée autour de 777 nm. Cette cadence de lecture permet de saisir un phénomène trop bref pour apparaître sur une image de nuages ordinaire. La résolution au sol est d’environ 10 km, et la surveillance couvre en continu plus de 80 % du disque terrestre visible, éclairs intra-nuage compris.

Le satellite pourra-t-il déclencher une alerte aux orages ?

Non. Un satellite météorologique fournit des observations : images, températures de sommet de nuage, cartes d’activité électrique. Il ne mesure pas la pluie au sol, ne voit pas sous la couche nuageuse et n’émet aucune alerte. La mise en vigilance d’un département reste une décision de prévisionnistes, prise à partir des radars, des stations au sol, des modèles et de l’imagerie satellite ensemble.

À partir de quand les données de MTG-I2 amélioreront-elles les prévisions ?

L’ESA annonce la recette en vol complète et l’entrée en service opérationnel pour 2027. EUMETSAT indique que les premières images devraient arriver plus vite que pour MTG-I1, qui avait livré la sienne trois mois et cinq jours après son lancement, sans avancer de date. Aucune amélioration n’est donc à attendre pour la saison orageuse en cours.

Pourquoi la séparation du satellite ne signifie-t-elle pas qu’il est en service ?

Le lanceur dépose le satellite sur une orbite de transfert géostationnaire : une ellipse très allongée dont l’apogée frôle l’altitude de destination mais dont le périgée reste bas. C’est ensuite la propulsion du satellite qui circularise l’orbite, redresse son inclinaison et l’amène à sa longitude de travail — une phase qui se compte en semaines. Viennent ensuite l’allumage des instruments et la recette en vol, qui se comptent en mois.