Le 27 février 2026, la revue Urban Science a mis en ligne une étude consacrée au devenir à long terme des toitures végétalisées, signée Taylor Wishart et Michael L. McKinney, de l’université du Tennessee. Sur 46 installations suivies dans dix États du sud-est des États-Unis, 47,8 % étaient encore activement gérées et 45,7 % avaient été abandonnées ou déposées. Le chiffre a été largement repris à partir du 12 août 2026, cinq mois et demi après la parution, et lu comme un verdict sur la performance de ces toitures. Il n’en est pas un : l’étude ne mesure ni température, ni consommation d’énergie, ni volume d’eau retenu. Elle mesure la survie d’installations après leur pose. Ce qu’elle décrit est une faille contractuelle et organisationnelle — celle-là même que le droit français laisse ouverte.

Ce que l’étude d’Urban Science établit exactement

La publication a pour titre What Is the Long-Term Fate of Green Roofs?. Elle est parue dans Urban Science, volume 10, numéro 3, article 124, sous licence Creative Commons CC BY, et porte le DOI 10.3390/urbansci10030124. Trois registres bibliographiques indépendants — Crossref, OpenAlex et Semantic Scholar — donnent la même date de mise en ligne : le 27 février 2026. La vague de reprises du mois d’août 2026 est un relais médiatique, pas une parution.

Un échantillon de 46 toitures dans dix États

L’enquête porte sur 46 toitures végétalisées réparties dans dix États du sud-est des États-Unis, une région de climat subtropical humide. Au moment du recueil des données, 22 d’entre elles, soit 47,8 %, étaient activement gérées. Vingt et une, soit 45,7 %, avaient été abandonnées ou déposées. Le reste — trois installations, soit 6,5 % obtenus par soustraction et non par une valeur publiée — correspond à des toitures en réfection ou de statut inconnu.

Les auteurs résument ainsi leur résultat principal : « Seules 47,8 % des toitures étaient activement gérées au moment du recueil des données, tandis que 45,7 % avaient été abandonnées ou déposées. »

Une méthode d’enquête, pas une campagne de mesure

Le protocole combine une enquête structurée auprès des gestionnaires et le recours à des registres publics. Chaque toiture reçoit un statut — gérée, abandonnée, déposée, en réfection, inconnu — et une intensité de gestion. Les associations entre ces statuts et les caractéristiques des bâtiments sont testées par tests exacts de Fisher et par régression logistique. Aucun capteur, aucune sonde, aucun relevé de consommation n’intervient dans ce dispositif : il s’agit d’un travail de suivi administratif et documentaire.

Ce qui n’a pas pu être vérifié ici

Le texte intégral est en accès ouvert sous licence CC BY, mais le serveur de l’éditeur renvoie une erreur 403 aux requêtes automatisées. Le résumé a donc été relevé à l’identique dans trois registres bibliographiques indépendants. La période exacte de collecte, la définition opérationnelle d’une toiture « abandonnée », le taux de réponse à l’enquête et les résultats détaillés de la régression logistique ne sont pas repris ici : ils n’ont pas pu être lus directement à la source.

« Abandonnée ou déposée » : ce que le chiffre de 45,7 % mesure, et ce qu’il ignore

Les reprises ont traduit ce résultat par l’idée que près de la moitié des toitures « ne fonctionnaient plus comme prévu ». L’étude, elle, écrit « abandonnées ou déposées », et l’écart entre les deux formulations est décisif. Le premier énoncé suggère une performance dégradée. Le second décrit un statut de gestion.

Le détail est donné par Taylor Wishart dans The Conversation du 12 août 2026 : sur les 21 toitures concernées, 9 ont été abandonnées, c’est-à-dire qu’elles ont perdu leur végétation faute du moindre entretien, et 12 ont été entièrement déposées. Une toiture déposée n’existe plus : elle a été retirée du bâtiment. Une toiture abandonnée n’est pas une toiture qui rafraîchirait moins bien qu’annoncé : c’est une toiture dont plus personne ne s’occupe.

La distinction n’est pas un détail de vocabulaire. L’étude ne comporte aucune mesure de température de l’air, aucune mesure de température intérieure, aucun relevé de consommation d’énergie et aucun volume d’eau retenu. Elle ne dit donc rien de ce que produit une toiture végétalisée correctement entretenue. Elle dit combien, dans cet échantillon, sont restées en service. Confondre les deux revient à transformer un constat de gouvernance en verdict technique, ce que les auteurs n’écrivent nulle part.

Dans cet échantillon, le seul facteur significativement associé à l’échec est le changement de propriétaire

C’est le résultat le plus net de l’étude. Les auteurs écrivent : « Le changement de propriétaire était significativement associé à l’échec de la toiture (test exact de Fisher, p = 0,001), aucune toiture gérée n’ayant connu de changement de propriétaire après installation. »

Deux éléments méritent d’être lus séparément. Le premier est statistique : l’association entre vente du bâtiment et abandon de la toiture ressort avec une valeur p de 0,001. Le second est arithmétique et, à sa manière, plus parlant encore : parmi les toitures encore activement gérées, aucune n’avait connu de changement de propriétaire depuis son installation. Pas une.

Taylor Wishart le formule ainsi dans sa vulgarisation : « Chaque fois qu’un bâtiment changeait de mains, les toitures végétalisées finissaient abandonnées ou purement et simplement déposées. » Le résumé de l’étude n’en explicite pas le mécanisme. Ce qu’une vente interrompt est en revanche facile à énumérer : une toiture végétalisée suppose un savoir, un contrat d’entretien, une ligne budgétaire et quelqu’un qui sache qu’elle existe. Ces quatre éléments ne se transmettent pas automatiquement avec les murs. L’échec décrit n’est donc pas un échec de la plante, du substrat ou de l’étanchéité : c’est une rupture de continuité entre deux propriétaires successifs.

La certification LEED n’a rien changé au sort des toitures étudiées

L’étude teste également l’effet de la certification environnementale LEED, très répandue aux États-Unis. Le résultat est négatif dans les deux dimensions examinées : la certification n’est associée ni à la persistance de la toiture, ni à l’intensité de sa gestion. Obtenir le label n’a donc pas protégé les installations.

Les auteurs en tirent une conclusion qui vise directement les politiques publiques : ce sont la continuité institutionnelle et la gestion dans la durée qui déterminent le sort des toitures. Et ils avertissent que « les incitations fondées sur l’installation peuvent surestimer le nombre de toitures végétalisées fonctionnelles ». Autrement dit, compter les toitures posées revient à compter des intentions, pas des équipements en service.

Trois bénéfices distincts que les reprises confondent

Avant d’aller plus loin, il faut séparer ce que l’on met couramment dans le même sac. Une toiture végétalisée est créditée de trois effets différents, qui ne se mesurent pas au même endroit, ne se valent pas en niveau de preuve et n’ont pas le même ordre de grandeur.

Le rafraîchissement de l’air extérieur

C’est le bénéfice le plus souvent invoqué et le plus fragile des trois. La fiche « Toiture végétalisée » de « Plus fraîche ma ville », startup d’État de l’ADEME mise à jour le 22 octobre 2024, décrit une réduction modérée et localisée de la température de l’air : au maximum 0,5 °C à Paris, et jusqu’à 1,5 °C à Hong Kong pour une toiture intensive. La fiche s’appuie pour ces valeurs sur des travaux publiés (Munck, 2013 ; Jim, 2015) qui ne sont pas consultés ici.

La nuance compte d’autant plus que la demande sociale, elle, porte sur la rue : c’est le sujet des vagues de chaleur urbaines, dont on mesure la progression jusque dans la fréquence des jours à plus de 40 °C mesurée à Bordeaux. Sur ce terrain précis, David Ramier, chargé de recherche au Cerema Île-de-France, indiquait en 2019 que les mesures conduites avaient bien montré un rafraîchissement de la température de surface de la toiture, mais n’avaient pas apporté d’éléments significatifs sur l’effet des toitures végétalisées sur les îlots de chaleur urbains. Trois grandeurs sont donc en jeu, à ne pas mélanger : la surface du toit, l’air ambiant du quartier, et l’intérieur du bâtiment.

Le confort thermique intérieur

À l’intérieur, l’effet est mieux établi. La même fiche de l’ADEME retient une baisse médiane de la température intérieure du bâtiment de 3 °C. C’est un gain de confort d’été qui se joue sous la toiture, pour les occupants du dernier niveau, et non dans la rue. Il se combine avec l’isolation et l’inertie du bâti, un domaine où ce que le nouveau DPE 2026 change pour un logement donne un autre repère. À la différence d’un équipement actif comme le fonctionnement d’une pompe à chaleur, une toiture végétalisée agit passivement, sans consommation, mais aussi sans réglage possible.

La gestion des eaux pluviales

C’est le bénéfice le mieux documenté en France, et le seul à s’appuyer sur des mesures françaises de terrain. David Ramier résumait la mesure ainsi en 2019 : « une toiture végétalisée en région Île-de-France est capable de retenir entre 50 et 70 % du cumul des eaux de pluie annuelles », la fourchette dépendant de l’épaisseur du substrat. Le Cerema a par ailleurs instrumenté un dispositif expérimental de 600 m² à Orléans, suivi en continu pendant deux ans, pour évaluer une toiture à zéro rejet.

Les trois bénéfices attribués aux toitures végétalisées, ordre de grandeur et niveau de preuve. Sources : fiche « Toiture végétalisée » de « Plus fraîche ma ville » (ADEME), mise à jour du 22 octobre 2024 ; entretien avec David Ramier (Cerema Île-de-France) du 19 juillet 2019 ; communiqué du Cerema du 16 mai 2017.
BénéficeGrandeur mesuréeOrdre de grandeurNiveau de preuveSource
Rafraîchissement de l’air extérieurTempérature de l’air autour du bâtimentAu maximum 0,5 °C à Paris ; jusqu’à 1,5 °C à Hong Kong pour une toiture intensiveLe plus fragile des trois : effet modéré et localiséFiche ADEME, 22 octobre 2024, d’après Munck (2013) et Jim (2015)
Confort thermique intérieurTempérature à l’intérieur du bâtimentBaisse médiane de 3 °CDocumentéFiche ADEME, 22 octobre 2024
Gestion des eaux pluvialesVolume de pluie retenu sur l’année50 à 70 % du cumul annuel en Île-de-FranceMesuré et documenté en FranceDavid Ramier (Cerema), 19 juillet 2019 ; dispositif de 600 m² à Orléans suivi deux ans

Ce que la loi française oblige vraiment : installer, pas entretenir

En France, l’obligation de végétaliser ou de solariser certaines toitures découle de l’article 101 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite Climat et résilience. Elle est codifiée à l’article L171-4 du code de la construction et de l’habitation, dont la version en vigueur date du 28 mai 2026.

Le seuil et les paliers

Le déclenchement tient à une surface : le code vise notamment les bâtiments ou parties de bâtiments à usage de bureaux ou d’entrepôt lorsque l’opération crée plus de 500 m² d’emprise au sol. La proportion de toiture concernée augmente par paliers : au moins 30 % à compter du 1ᵉʳ juillet 2023, 40 % à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, puis 50 % à compter du 1ᵉʳ juillet 2027. Ces dates sont celles du code lui-même. Des commentaires juridiques retiennent le 1ᵉʳ janvier 2024 comme point de départ du premier palier, au titre du décret n° 2023-1208 du 18 décembre 2023 : les textes d’application sont postérieurs à la loi et en fixent les modalités, mais c’est la rédaction du code qui fait foi ici. Certains commentaires évoquent également un seuil relevé pour des opérations d’extension ou de rénovation ; il n’est pas repris ici, faute d’avoir été lu dans le texte du code.

Aucune obligation d’entretien, aucun contrôle, aucune sanction

C’est le point central, et il est simple à énoncer : l’article L171-4 ne comporte aucune disposition d’entretien, de maintien en état, de contrôle après réception ni de sanction en cas d’abandon. L’obligation française est une obligation de poser, pas une obligation de faire vivre. Si vous êtes copropriétaire ou occupant d’un bâtiment concerné, il ne faut donc pas attendre du code de la construction et de l’habitation qu’il impose au propriétaire de maintenir la végétation en état : la loi s’arrête au permis.

Le texte laisse d’ailleurs un choix au maître d’ouvrage entre un procédé de production d’énergies renouvelables, un système de végétalisation, ou tout autre dispositif aboutissant au même résultat. Rien n’impose la végétalisation en tant que telle. Le dispositif français compte donc, lui aussi, des installations à la pose — la métrique dont les auteurs de l’étude américaine disent qu’elle peut surestimer le nombre de toitures réellement fonctionnelles.

Bon à savoir — L’obligation de l’article L171-4 ne se confond pas avec une obligation de toiture végétalisée. Au-delà de 500 m² d’emprise au sol créée, le maître d’ouvrage peut satisfaire à l’exigence par des énergies renouvelables, par un système de végétalisation ou par tout autre dispositif aboutissant au même résultat. Depuis le 28 mai 2026, un revêtement réflectif peut en outre être demandé en contrepartie d’une exonération. Pour un projet précis, l’autorité compétente en matière d’autorisation d’urbanisme est l’interlocuteur.

toit recouvert de végétation

Depuis mai 2026, le revêtement réflectif figure dans le code, en contrepartie d’une exonération

La version en vigueur depuis le 28 mai 2026 de l’article L171-4, modifiée par l’article 47 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, ajoute une possibilité nouvelle. Le code prévoit désormais que « l’autorité compétente en matière d’autorisation d’urbanisme peut […] subordonner tout ou partie de ces exonérations à l’intégration d’un revêtement réflectif en toiture ».

La portée de cette phrase mérite d’être bornée. Le revêtement réflectif ne remplace pas la végétalisation dans le régime général : il intervient comme contrepartie possible lorsqu’une exonération à l’obligation est accordée. Son régime reste par ailleurs à préciser : le code renvoie à un décret en Conseil d’État pour en fixer les critères. L’état d’avancement de ce décret n’a pas pu être vérifié à la source et n’est donc pas décrit ici. Des pourcentages de couverture spécifiques au revêtement réflectif circulent dans des analyses juridiques secondaires ; ils ne sont pas repris, faute de vérification dans le code.

Ce que coûte l’entretien, et pourquoi il échappe aux dispositifs d’incitation

L’entretien d’une toiture végétalisée n’est pas un poste théorique. Taylor Wishart en détaille la nature : désherbage manuel, arrosage, remplacement de plants, réparation du système d’irrigation, inspection des drains. Le coût annuel aux États-Unis y est décrit comme allant « de quelques cents à plus de 3 dollars le pied carré par an » selon la nature des travaux. À titre de simple repère de lecture, et non comme une donnée de l’étude, 3 dollars le pied carré équivalent arithmétiquement à environ 32 dollars le mètre carré.

En France, la fiche de l’ADEME donne 5 à 20 € par m² et par an pour l’entretien, et 25 à 300 € par m² pour l’installation, avec 60 à 90 € pour une toiture extensive, 100 à 150 € pour une semi-intensive et 200 à 300 € pour une intensive. Ces deux séries ne se comparent pas frontalement : devises, années de référence, périmètres et types de toitures diffèrent.

Le contraste porte ailleurs. Un dispositif d’incitation peut parfaitement contractualiser la durée : le crédit d’impôt « Green Roof » de la ville de Philadelphie couvre 50 % du coût de construction de la toiture, dans la limite de 100 000 dollars, mais impose à son bénéficiaire un engagement d’entretien de cinq ans après achèvement. C’est précisément la clause qui manque à l’obligation française, laquelle ne conditionne rien à la survie de l’installation.

Repères de coûts pour une toiture végétalisée, France et sud-est des États-Unis. Sources : fiche « Toiture végétalisée » de « Plus fraîche ma ville » (ADEME), mise à jour du 22 octobre 2024 ; Taylor Wishart dans « The Conversation », 12 août 2026. Les deux séries ne sont pas comparables entre elles.
PostePérimètreOrdre de grandeurSource et date
Installation, toiture extensiveFrance60 à 90 € par m²ADEME, 22 octobre 2024
Installation, toiture semi-intensiveFrance100 à 150 € par m²ADEME, 22 octobre 2024
Installation, toiture intensiveFrance200 à 300 € par m²ADEME, 22 octobre 2024
Installation, fourchette d’ensembleFrance25 à 300 € par m²ADEME, 22 octobre 2024
Entretien annuelFrance5 à 20 € par m² et par anADEME, 22 octobre 2024
Entretien annuelÉtats-UnisDe quelques cents à plus de 3 dollars le pied carré par anTaylor Wishart, 12 août 2026

Pourquoi ces 45,7 % ne se transposent pas à la France

L’échantillon est strictement américain : 46 toitures dans dix États du sud-est des États-Unis, sous climat subtropical humide, dans un cadre juridique et fiscal différent du droit français. Aucune donnée française ou européenne n’entre dans cette étude. Le taux de 45,7 % décrit ce corpus et lui seul ; il ne dit rien du parc français, dont l’état de gestion n’est pas documenté ici.

Un deuxième garde-fou s’impose sur la solidité de la reprise. Il n’existe pas, à ce jour, de couverture indépendante de cette étude : l’unique article de vulgarisation est signé par l’autrice elle-même dans The Conversation, puis republié tel quel par Phys.org et d’autres sites sous licence Creative Commons. Ces republications ne constituent donc pas des vérifications indépendantes, mais des copies d’un même texte d’auteur.

Ce qui se transpose, en revanche, n’est pas un pourcentage : c’est un mécanisme. Une obligation qui s’arrête à la pose, une incitation qui ne conditionne rien à la durée, un changement de propriétaire qui efface la mémoire de l’équipement — ces trois ingrédients ne sont pas propres au Tennessee. Côté français, la connaissance du vieillissement progresse par ailleurs : le Cerema poursuit une thèse sur le vieillissement des substrats et de l’étanchéité et son influence sur les capacités de rétention comme sur les performances hydriques et thermiques.

Attention — Cette étude ne permet pas d’écrire qu’une toiture végétalisée sur deux serait inefficace, ni qu’un tel taux d’abandon existerait en France. Elle ne date pas d’août 2026 mais du 27 février 2026. Elle ne mesure aucune température. Et son détail méthodologique — période de collecte, taux de réponse, régression logistique — n’a pas pu être lu à la source, le texte intégral étant inaccessible aux requêtes automatisées malgré son accès ouvert.

Ce qu’il faut retenir

  • L’étude d’Urban Science a été mise en ligne le 27 février 2026 ; sa large reprise du mois d’août 2026 est un relais, pas une parution.
  • Les 45,7 % désignent des toitures « abandonnées ou déposées » dans un échantillon de 46 installations situées dans dix États du sud-est des États-Unis, et non une performance thermique dégradée.
  • Dans cet échantillon, le seul facteur significativement associé à l’échec est le changement de propriétaire du bâtiment ; aucune toiture encore gérée n’en avait connu depuis sa pose.
  • Les trois bénéfices attendus n’ont pas la même robustesse : la rétention des eaux pluviales est mesurée en France, de 50 à 70 % du cumul annuel en Île-de-France ; le gain de confort intérieur est documenté, avec une baisse médiane de 3 °C ; le rafraîchissement de l’air extérieur est modéré et localisé.
  • En France, l’article L171-4 du code de la construction et de l’habitation impose d’installer au-delà de 500 m² d’emprise au sol créée, avec des paliers de 30 %, 40 % puis 50 % ; il n’impose ni entretien, ni contrôle, ni sanction après la pose.
  • La question utile n’est donc pas de savoir si les toitures végétalisées servent à quelque chose, mais qui en assure l’entretien, sur quelle ligne budgétaire, et ce qu’il advient de cet engagement le jour où le bâtiment est vendu.

FAQ — Toitures végétalisées, entretien et obligation légale

L’étude sur les toitures végétalisées date-t-elle d’août 2026 ?

Non. La publication de Taylor Wishart et Michael L. McKinney dans Urban Science a été mise en ligne le 27 février 2026, sous le DOI 10.3390/urbansci10030124. Trois registres bibliographiques indépendants, Crossref, OpenAlex et Semantic Scholar, donnent cette même date. Ce qui s’est produit le 12 août 2026, c’est la publication par l’autrice d’un article de vulgarisation dans The Conversation, puis sa republication sur d’autres sites. Il s’agit d’un relais médiatique intervenu cinq mois et demi après la parution scientifique.

Que signifie exactement le chiffre de 45,7 % ?

Il désigne la part des toitures de l’échantillon qui avaient été abandonnées ou déposées au moment du recueil des données : 21 installations sur 46, dont 9 abandonnées, c’est-à-dire privées de tout entretien et de leur végétation, et 12 entièrement retirées du bâtiment. C’est un statut de gestion, pas une mesure de performance. L’étude ne relève aucune température, aucune consommation d’énergie et aucun volume d’eau retenu.

Ce résultat concerne-t-il les toitures végétalisées françaises ?

Non. L’échantillon compte 46 toitures réparties dans dix États du sud-est des États-Unis, sous climat subtropical humide, dans un cadre juridique et fiscal différent du droit français. Aucune donnée française ou européenne n’y figure. Le taux de 45,7 % ne peut donc pas être appliqué au parc français, dont l’état de gestion n’est pas documenté par cette publication. Ce qui se discute d’un pays à l’autre, c’est le mécanisme d’abandon, pas la proportion.

La loi française oblige-t-elle à entretenir une toiture végétalisée ?

Non. L’article L171-4 du code de la construction et de l’habitation, issu de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, impose d’installer un procédé d’énergies renouvelables, un système de végétalisation ou tout autre dispositif aboutissant au même résultat au-delà de 500 m² d’emprise au sol créée. Il ne comporte aucune disposition d’entretien, de maintien en état, de contrôle après réception ni de sanction en cas d’abandon.

Qui doit payer l’entretien d’une toiture végétalisée ?

Le code de la construction et de l’habitation ne désigne personne et ne prévoit ni contrôle ni sanction sur ce point : la charge relève des règles applicables au bâtiment et des contrats passés par son propriétaire. C’est précisément la zone grise que l’étude américaine documente, puisque le changement de propriétaire y est le seul facteur significativement associé à l’abandon. Pour un projet ou un bâtiment précis, l’autorité compétente en matière d’autorisation d’urbanisme est l’interlocuteur.

Combien coûte l’entretien d’une toiture végétalisée ?

La fiche « Toiture végétalisée » de « Plus fraîche ma ville », mise à jour le 22 octobre 2024 par l’ADEME, indique 5 à 20 € par m² et par an pour l’entretien, et 25 à 300 € par m² pour l’installation selon le type de toiture. Aux États-Unis, l’autrice de l’étude évoque de quelques cents à plus de 3 dollars le pied carré par an. Les deux séries ne sont pas comparables : devises, années, périmètres et types de toitures diffèrent.

Faut-il en conclure que les toitures végétalisées sont inutiles ?

Non, et l’étude ne le dit pas : elle porte sur la gouvernance des installations, pas sur leur efficacité. Les bénéfices restent documentés, avec des niveaux de preuve inégaux. La rétention des eaux pluviales est mesurée en France, de 50 à 70 % du cumul annuel en Île-de-France selon le Cerema. Le gain de confort intérieur est documenté, avec une baisse médiane de 3 °C selon l’ADEME. Le rafraîchissement de l’air extérieur, lui, est modéré et localisé.

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